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Homerus - a new way to read "the Illiad" (in French)
Thread poster: Thierry LOTTE

Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 13:20
Member (2001)
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Oct 10, 2004

Hello Dear colleagues,

Hereunder a very interesting point of view about a way to approach Homerus “Illiad”.

I have found it in “Courrier International”.


Dans le monde en 2004 comme à Troie au XIIIe siècle avant J.-C., la guerre est, selon Baricco, ce moment de beauté absolue qui donne un sens à l’existence. La paix ne sera possible que le jour où nous aurons créé une autre beauté, aussi fulgurante mais infiniment plus douce.


Lire l’Iliade ces temps-ci n’est pas un acte anodin. Lire ou “récrire” l’Iliade, comme je viens de le faire. Nous sommes en temps de guerre. Et même si je continue à penser que le mot “guerre” est inapproprié pour désigner ce qui se passe actuellement dans le monde, nous sommes assurément à une époque où une certaine barbarie orgueilleuse, associée pendant des millénaires à l’expérience de la guerre, fait à nouveau partie de notre quotidien. Batailles, assassinats, violences, tortures, décapitations, trahisons. Héroïsmes, armes, plans stratégiques, volontaires, ultimatums, déclarations. Toute l’atroce et lumineuse panoplie qui fut, en des temps immémoriaux, le bagage d’une humanité combattante, est remontée à la surface de l’abîme où l’on la croyait enfouie plus profondément que ça. Dans un tel contexte, même les détails ont une signification particulière. Lire l’Iliade en public est un détail, mais pas n’importe lequel. En clair, je veux dire que l’Iliade est un récit de guerre, sans aucune prudence et sans demi-mesure. Elle a été composée pour chanter les louanges d’une humanité combattante, de façon que la mémoire en dure éternellement et parvienne jusqu’au dernier des hommes, en louant encore et toujours la beauté solennelle et l’émotion irrémédiable qu’a été et que sera à jamais la guerre. On parle sans doute en d’autres termes de cette épopée sur les bancs de l’école, mais tel est le cœur du récit : l’Iliade est un monument dédié à la guerre.
Quel sens cela a-t-il, à une époque comme celle-ci, de consacrer tant d’espace, de temps et d’attention à un monument à la guerre ? Comment se fait-il que, avec toutes les histoires qui existent, nous soyons attirés par celle-ci, telle une lumière échappée des ténèbres de notre temps ? On ne peut apporter de réponse à cette question que si l’on est capable de comprendre ce qui nous lie à tous les récits de guerre – pas seulement à celui-ci –, de comprendre cet instinct qui nous pousse à ne jamais cesser de les raconter. C’est une question très complexe que je ne saurais résoudre ici tout seul. Ce que je peux faire, en revanche, c’est m’en tenir à l’Iliade et faire état de deux réflexions qu’elle m’a inspirées, au cours d’une année de travail en étroit contact avec ce texte.
Tout d’abord, l’un des aspects les plus surprenants de l’Iliade, c’est la force – la compassion, dirais-je même –, avec laquelle nous sont transmises les raisons des vaincus. C’est une histoire écrite par les vainqueurs, et pourtant, on se souvient aussi, et avant tout, des Troyens : Priam, Hector, Andromaque, et quelques personnages mineurs comme Pandaros ou Sarpédon. Cette capacité surnaturelle d’être la voix de l’humanité tout entière et pas seulement de soi-même, je l’ai retrouvée en travaillant sur le texte : j’ai découvert que les Grecs avaient transmis, entre les lignes de ce monument à la guerre qu’est l’Iliade, la mémoire d’un amour obstiné de la paix. On ne s’en aperçoit pas à la première lecture, aveuglé comme on l’est par l’étincellement des armes et des héros. Mais dans la pénombre de la réflexion apparaît une Iliade inattendue, autrement dit sa part féminine. Ce sont souvent les femmes qui énoncent, sans médiation, le désir de paix. Reléguées en marge du combat, elles incarnent l’hypothèse obstinée, presque clandestine, d’une civilisation différente, libérée du devoir de la guerre. C’est dans le livre VI, petit chef-d’œuvre de géométrie sentimentale, qu’elles le disent le plus clairement. Dans un moment suspendu, vide, dérobé à la bataille, Hector entre dans la ville et rencontre trois femmes, et c’est comme s’il accomplissait un voyage sur l’autre face du monde. A y regarder de plus près, les trois femmes implorent, chacune avec la tonalité sentimentale qui lui est propre, une seule et même chose : la paix. Sa mère l’invite à prier. Hélène l’invite à se reposer à ses côtés (peut-être l’invite-t-elle à quelque chose de plus). Andromaque, enfin, lui demande d’être un père et un époux avant d’être un héros et un combattant. Ce dernier dialogue, tout particulièrement, est une synthèse d’une clarté presque didactique : deux mondes possibles se dressent l’un en face de l’autre, qui ont chacun leurs raisons, celles d’Hector – plus rigides, plus aveugles – et celles d’Andromaque – modernes et tellement plus humaines. N’est-il pas admirable qu’une civilisation machiste et guerrière comme celle des Grecs ait choisi de transmettre, pour toujours et à jamais, la voix des femmes et leur désir de paix ?
La part féminine de l’Iliade, c’est la voix des femmes qui nous l’enseigne. Mais, ensuite, une fois qu’on l’a entendue, on la retrouve partout : floue, imperceptible, mais incroyablement tenace. Je sens très fortement sa présence dans les innombrables passages de l’Iliade dans lesquels les héros parlent au lieu de combattre. Le récit est peuplé de débats interminables et d’assemblées qui n’en finissent jamais. On cesse de les détester quand on commence à comprendre ce qu’ils sont : un moyen de différer le plus possible la bataille. La parole est l’arme avec laquelle ils suspendent la guerre. Tant qu’ils discutent de la façon dont ils doivent faire la guerre, ils ne la font pas ; et c’est toujours pour eux un moyen de se sauver. Plus tard, lorsqu’ils vont pour de bon sur le champ de bataille, ils se transforment en héros aveugles, oublieux d’une quelconque échappatoire, fanatiquement dévoués au devoir. Mais, avant cela, avant, il y a un temps long, féminin, un temps de lenteurs pleines de sagesse et de regards en arrière, comme regardent les enfants.
Cette forme de réticence du héros, c’est en Achille, bien entendu, qu’elle s’incarne de la façon la plus éclatante. C’est lui qui, dans l’Iliade, met le plus de temps à descendre sur le champ de bataille. C’est lui qui, telle une femme, assiste à la guerre de loin, en jouant de la cithare et en restant aux côtés de ceux qu’il aime, lui qui est pourtant l’incarnation la plus cruelle et la plus fanatique, littéralement surhumaine, de la guerre. La géométrie de l’Iliade est, en ce sens, d’une précision vertigineuse. C’est dans les passages où le triomphe de la culture guerrière est le plus patent que l’inclination féminine pour la paix est la plus tenace et la plus durable. A la fin, c’est en Achille que surgit la part inavouable de tous les héros, dans la clarté sans médiation d’un langage explicite et définitif. Les mots qu’il prononce devant l’émissaire envoyé par Agamemnon, dans le livre IX, sont peut-être le cri de paix le plus violent et le plus incontestable que nos pères nous aient légué :
“Il n’est rien, pour moi, qui vaille la vie, pas même les richesses que s’est acquises naguère la bonne ville d’Ilion, aux jours de la paix, avant qu’ici vinssent les fils des Achéens ; non, pas même celles qu’enferme le seuil de pierre de Phœbos Apollon, le Décocheur de flèches, dans Pythô la Rocheuse. On enlève bœufs, gras moutons ; on achète trépieds et chevaux aux cris blonds : la vie d’un homme ne se retrouve pas ; jamais plus elle ne se laisse ni enlever ni saisir, du jour qu’elle est sortie de l’enclos de ses dents*.”
Ce sont des mots qu’Andromaque aurait pu prononcer ; pourtant, dans l’Iliade, c’est Achille qui les prononce, lui, le grand prêtre de la religion de la guerre. C’est pour cette raison qu’ils résonnent avec une telle autorité. A travers cette voix, l’Iliade laisse entrevoir une civilisation que les Grecs ne furent pas capables d’ériger, mais dont ils avaient eu l’intuition, qu’ils connaissaient et conservaient même dans un recoin secret et protégé de leur esprit. Mener à bien cette intuition, c’est peut-être ce que l’Iliade nous propose comme héritage, comme tâche et comme devoir.

Le combat redevient très vite une option possible

Comment accomplir un tel devoir ? Comment faire pour persuader le monde de suivre son penchant pour la paix ? Il me semble que l’Iliade a, là aussi, des choses à nous apprendre. Et elle le fait dans son aspect le plus évident et le plus scandaleux : sa part masculine et guerrière. Indiscutablement, cette épopée présente la guerre comme l’issue pour ainsi dire naturelle de la coexistence humaine. Mais elle ne s’en tient pas là, elle dit quelque chose de bien plus important, d’insupportable même : elle chante la beauté de la guerre et elle le fait avec une force et une passion mémorables. Il n’est presque aucun héros dont on ait oublié la splendeur, morale et physique, au moment du combat. Il n’est presque aucune mort qui ne soit un autel, richement décoré et orné de poésie. La fascination pour les armes est constante et l’admiration pour la beauté esthétique des mouvements de troupes sans bornes. Dans la guerre, tous les animaux sont splendides et la nature est toujours solennelle lorsqu’elle est appelée à servir de décor au massacre. On a l’impression que tout – des hommes à la terre – trouve dans l’expérience de la guerre le moment de son plus haut accomplissement, esthétique et moral : comme le sommet glorieux qui ne trouve son accomplissement que dans l’atrocité de l’affrontement mortel. Dans cet hommage à la beauté de la guerre, l’Iliade nous oblige à nous souvenir de quelque chose de gênant, mais d’inexorablement vrai à la fois : pendant des millénaires, la guerre a été pour les hommes un événement dans lequel l’intensité – la beauté – de la vie se manifestait dans toute sa puissance et dans toute sa vérité. C’était quasiment la seule possibilité qu’avait l’être humain de changer son destin, de trouver sa vérité, d’accéder à une conscience éthique élevée. Face aux émotions anémiques de la vie et à la médiocrité morale du quotidien, la guerre remettait le monde en marche et projetait les individus par-delà leurs frontières habituelles, dans un lieu de l’âme qui devait leur sembler, finalement, le point d’arrivée de toutes leurs quêtes et de tous leurs désirs.
Je ne parle pas de temps lointains et barbares : il n’y a pas si longtemps, des intellectuels raffinés comme Ludwig Wittgenstein et Carlo Emilio Gadda cherchèrent avec obstination la première ligne, le front, dans une guerre inhumaine, persuadés que c’était là le seul endroit où ils pouvaient se trouver eux-mêmes. Ce n’étaient assurément pas des êtres faibles, dépourvus de moyens ou de culture. Pourtant, comme ils en ont témoigné dans leurs journaux, ils vivaient encore dans la conviction que cette expérience limite pouvait leur offrir ce que la vie quotidienne n’était pas en mesure d’exprimer. Cette conviction qui était la leur reflète les contours d’une civilisation, toujours vivante, dans laquelle la guerre est le point nodal de l’expérience humaine, le moteur du devenir. Aujourd’hui encore, à une époque où, pour la majorité des êtres humains, l’idée d’aller au combat n’est guère qu’une hypothèse absurde, on continue à alimenter la vieille flamme de l’esprit guerrier avec des guerres vécues par procuration, à travers les corps de soldats professionnels. Cette attitude trahit notre incapacité fondamentale à trouver un sens à la vie sans passer par ce moment de vérité. La fierté masculine mal dissimulée qui a accompagné les dernières exhibitions guerrières, en Occident comme dans le monde musulman, laisse entrevoir un instinct que le choc des guerres du xxe siècle n’a évidemment pas su apaiser. L’Iliade racontait ce système de pensée et cette sensibilité en leur donnant un mot synthétique et parfait : la beauté. La beauté de la guerre – jusque dans ses moindres détails – dit sa place centrale dans l’expérience humaine : elle traduit l’idée que rien d’autre, dans cette expérience, n’existe véritablement.
Ce que nous dit peut-être l’Iliade, c’est qu’aucun pacifisme, aujourd’hui, ne doit oublier ni nier cette beauté, faire comme si elle n’avait jamais existé. Dire et enseigner que la guerre est un enfer et rien d’autre est un dangereux mensonge. C’est horrible à dire, mais il faut se souvenir que la guerre est certes un enfer, mais un bel enfer. De tout temps, les hommes s’y sont précipités comme des phalènes attirées par la lumière mortelle du feu. Il n’y a pas de peur ni de dégoût de soi qui soient parvenus à les éloigner des flammes, parce que c’est là qu’ils ont toujours trouvé le seul moyen possible de se délivrer de la pénombre de la vie. Voilà pourquoi le vrai pacifisme, aujourd’hui, devrait non pas diaboliser la guerre à l’excès, mais comprendre que nous ne pourrons nous passer de la beauté que la guerre nous offre depuis toujours que le jour où nous serons capables d’une autre beauté. Construire une autre beauté est peut-être le seul chemin vers une paix véritable. Montrer que nous sommes capables d’éclairer la pénombre de l’existence sans avoir recours au feu de la guerre. Donner un sens fort aux choses, sans devoir les soumettre à la lumière aveuglante de la mort. Pouvoir changer son propre destin sans devoir s’emparer de celui d’autrui ; réussir à faire circuler l’argent et la richesse sans être obligés d’avoir recours à la violence ; trouver une dimension éthique, et la plus élevée qui soit, sans aller nécessairement la chercher aux confins de la mort ; se trouver soi-même dans l’intensité de lieux et d’instants autres que les tranchées ; connaître l’émotion à son paroxysme sans avoir recours au dopage de la guerre ou à la méthadone des petites violences quotidiennes. Une autre beauté, si vous voyez ce que je veux dire…
Aujourd’hui, la paix n’est guère plus qu’une convenance politique. Elle n’est certainement pas un système de pensée et une sensibilité très répandus. On considère la guerre comme un mal à éviter, bien sûr, mais on est loin de la considérer comme un mal absolu : à la première occasion venue, sous couvert de nobles idéaux, aller au combat redevient très vite une option possible. Un choix que l’on fait parfois avec une certaine fierté. Les phalènes continuent à se jeter dans la lumière du feu. Une ambition de paix réelle, prophétique et courageuse, je ne la vois que dans le travail patient et souterrain de ces millions d’artisans qui travaillent jour après jour à créer une autre beauté et l’éclat limpide de lumières qui ne tuent pas. C’est une entreprise utopique qui présuppose une confiance vertigineuse en l’homme. Mais je me demande si nous nous sommes encore jamais engagés aussi loin qu’aujourd’hui sur cette voie. C’est pour cela que je crois que personne ne pourra plus jamais abandonner ce chemin ou l’emprunter en sens contraire. Nous réussirons, tôt ou tard, à éloigner Achille de cette guerre meurtrière. Et ce ne seront ni la peur ni le dégoût qui le ramèneront chez lui. Ce sera une beauté différente, plus aveuglante que la sienne, et infiniment plus douce.


* Traduction française de Paul Mazon (Les Belles Lettres, 1937 et 1938).




Alessandro Baricco
La Repubblica
(Roma)


Homère revisité
Le texte que nous publions est la postface du nouveau livre d’Alessandro Baricco, Omero, Iliade (Feltrinelli, 2004). Cet ouvrage est né d’un grand projet de relecture du poème d’Homère destiné à la scène et actuellement à l’affiche en Italie. Alessandro Baricco a démonté le texte, puis l’a découpé en 24 monologues + 1, qui correspondent à la voix d’autant de personnages de l’Iliade, ainsi qu’à celle de l’aède qui raconte, à la fin, le siège et la chute de Troie. Baricco a totalement éliminé du texte les dieux, pour se concentrer sur les humains. Pourquoi le choix de l’Iliade ? “Jouir du récit d’une guerre me semble un remède efficace pour éloigner le désir (tragique mais légitime) de jouir en faisant la guerre”, explique Baricco.



L’auteur
Né à Turin en 1958, Alessandro Baricco est abonné aux prix littéraires et aux premières places sur les listes des meilleures ventes, en Italie et à l’étranger. Mais l’auteur de Soie (Gallimard, coll. “Folio”, 2001) et de Sans sang (Albin Michel, 2003) est aussi un formidable passeur. Il a animé des émissions sur la littérature et sur l’opéra à la télévision, fondé un atelier d’écriture et créé l’expérience Totem, spectacle itinérant mêlant lecture de textes, sons et images. Nous avons publié plusieurs de ses textes, notamment un article sur le plaisir de la lecture dans CI n° 679, du 6 novembre 2003, et sur la restauration de La Fenice dans CI n° 681, du 20 novembre 2003.








[Edited at 2004-10-10 17:46]


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co.libri
France
Local time: 13:20
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Thanks, Thierry Oct 11, 2004

a very unteresting article.

Il y a de quoi méditer...

H.


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 13:20
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The beauty of war ? How can one say this ? Oct 11, 2004

The part on the description of war and the respect of the enemy by the Greeks was interesting. Although one may wonder if Achilles was that respectful of Hector's corpse and where was the humanity in what he did to it.

"Well, he killed my best friend, I was not gonna be nice to him". Who do you think I am, an (a)esthete warrior ?"

"C’est horrible à dire, mais il faut se souvenir que la guerre est certes un enfer, mais un bel enfer. De tout temps, les hommes s’y sont précipités comme des phalènes attirées par la lumière mortelle du feu. Il n’y a pas de peur ni de dégoût de soi qui soient parvenus à les éloigner des flammes, parce que c’est là qu’ils ont toujours trouvé le seul moyen possible de se délivrer de la pénombre de la vie. Voilà pourquoi le vrai pacifisme, aujourd’hui, devrait non pas diaboliser la guerre à l’excès, mais comprendre que nous ne pourrons nous passer de la beauté que la guerre nous offre depuis toujours que le jour où nous serons capables d’une autre beauté. Construire une autre beauté est peut-être le seul chemin vers une paix véritable. Montrer que nous sommes capables d’éclairer la pénombre de l’existence sans avoir recours au feu de la guerre. Donner un sens fort aux choses, sans devoir les soumettre à la lumière aveuglante de la mort."

Quand les riches font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.
When the rich wage war it's the poor who die. Jean-Paul Sartre

Maybe the author should have worked on the movie version "Troy". Maybe he did. His comments sound like an "Hollywoodization" of wars.
Wars, starting with the Trojan war, are the consequences of the ambitions, caprices or calculations of more or less sane rich and powerful leaders or kings. Nothing to be fascinated with in reality!

How can one beautify war, at any time in history ? Oh yeah it brings out the best in people... courage, bravery, friendship... and true manliness ? Tell that to the mother who lost a 18 year old son or daughter, or to the little girl who now has two beautiful plastic arms/hands thanks to a very beautifully designed and clever toy-like mine (prosthesis and mine sometimes made in the same country), or to the former athlete with "fantom" limbs (3 of them).

"we cannot do without the beauty of war until we are capable of another beauty ?"
You fool, are you out of your mind ? If it is so horrible to say, maybe it is not a good thing to say. Well instead of writing this, the author should go and pee and shit in his pants while bombs are falling on his head. And then he can tell us about the beauty of that.

War destroys all beauty. What about the arts, the human body, nature, a nice glass of wine..., the smell of freshly baked bread... We already have beauty in this world.


[Edited at 2004-10-12 06:36]


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Parrot  Identity Verified
Spain
Local time: 13:20
Member (2002)
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Hi Thierry Oct 13, 2004

I've updated an old posting that relates to this. You might want to read "Unresolved Linguistic Riddles" in this thread: http://www.proz.com/topic/24252

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co.libri
France
Local time: 13:20
German to French
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Attention aux nuances Oct 24, 2004

JLDSF wrote:

The part on the description of war and the respect of the enemy by the Greeks was interesting. Although one may wonder if Achilles was that respectful of Hector's corpse and where was the humanity in what he did to it.

"Well, he killed my best friend, I was not gonna be nice to him". Who do you think I am, an (a)esthete warrior ?"

"C’est horrible à dire, mais il faut se souvenir que la guerre est certes un enfer, mais un bel enfer. De tout temps, les hommes s’y sont précipités comme des phalènes attirées par la lumière mortelle du feu. Il n’y a pas de peur ni de dégoût de soi qui soient parvenus à les éloigner des flammes, parce que c’est là qu’ils ont toujours trouvé le seul moyen possible de se délivrer de la pénombre de la vie. Voilà pourquoi le vrai pacifisme, aujourd’hui, devrait non pas diaboliser la guerre à l’excès, mais comprendre que nous ne pourrons nous passer de la beauté que la guerre nous offre depuis toujours que le jour où nous serons capables d’une autre beauté. Construire une autre beauté est peut-être le seul chemin vers une paix véritable. Montrer que nous sommes capables d’éclairer la pénombre de l’existence sans avoir recours au feu de la guerre. Donner un sens fort aux choses, sans devoir les soumettre à la lumière aveuglante de la mort."

Quand les riches font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent.
When the rich wage war it's the poor who die. Jean-Paul Sartre

Maybe the author should have worked on the movie version "Troy". Maybe he did. His comments sound like an "Hollywoodization" of wars.
Wars, starting with the Trojan war, are the consequences of the ambitions, caprices or calculations of more or less sane rich and powerful leaders or kings. Nothing to be fascinated with in reality!

How can one beautify war, at any time in history ? Oh yeah it brings out the best in people... courage, bravery, friendship... and true manliness ? Tell that to the mother who lost a 18 year old son or daughter, or to the little girl who now has two beautiful plastic arms/hands thanks to a very beautifully designed and clever toy-like mine (prosthesis and mine sometimes made in the same country), or to the former athlete with "fantom" limbs (3 of them).

"we cannot do without the beauty of war until we are capable of another beauty ?"
You fool, are you out of your mind ? If it is so horrible to say, maybe it is not a good thing to say. Well instead of writing this, the author should go and pee and shit in his pants while bombs are falling on his head. And then he can tell us about the beauty of that.

War destroys all beauty. What about the arts, the human body, nature, a nice glass of wine..., the smell of freshly baked bread... We already have beauty in this world.


[Edited at 2004-10-12 06:36]


JL, ou alors j'ai mal compris ton post en anglais ou encore mal compris le texte de Baricco (les deux sont fort possibles), mais il me semble que tu vas un peu vite en besogne. La fascination de la guerre existe, on ne peut pas le nier et c'est ce que Baricco appelle "beauté" ici, ce qui est "littérarisé" et élevé au rang de mythe (je crois que le contexte actuel nous en donne des exemples). La beauté de l'horreur, provoquée par les hommes, celle qui les pousse vers le feu des canons... Il est bien évident que face à l'horreur de la réalité, cette fascination s'effondre.
Et cette littérarisation est dangereuse, il le dit lui-même.
Évidemment cette "beauté" est du côté des vainqueurs... du côté grec, homérien...

Et pourquoi ne pas le dire ? Dire n'est pas accepter...

Désolée pour le français, mais mon anglais lycéen seconde langue n'est pas à la hauteur...
Désolée aussi si j'interprète mal et le texte et le message de JL
Ceci dit, je comprends ô combien sa réaction.



[Edited at 2004-10-24 16:25]


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