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Thread poster: ALAIN COTE
Off topic: ThaĂŻlande et traduction
ALAIN COTE  Identity Verified
Japan
Local time: 01:03
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À suivre... Aug 16, 2003


sylver wrote:
Bon, sur ce, il faut que je vous laisse. J'ai un déménagement à terminer, quelques trads à faire ...rien d'inhabituel, en fait, mais je doute pouvoir participer bcp dans les qqs jours qui viennent.


Dommage, c'est vraiment trĂšs intĂ©ressant, toute cette histoire avec un petit h. Essaye quand mĂȘme de rester en vie et de ne pas te marier trop souvent d'ici ton prochain rĂ©cit...


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sylver
Hong Kong
Local time: 00:03
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2 mois d'avance sur la noel Oct 30, 2003

Le mystĂšre de la chaussure,
Par Sylver

Être un expat signifie gĂ©nĂ©ralement se dĂ©patouiller avec un certain nombre de diffĂ©rences, une nouvelle culture, un nouveau climat, la nourriture, mais aussi s'accomoder de trucs saugrenus et inattendus.

C'etait le matin, un matin blĂšme, en bonne part du Ă  la brume Ă©paisse de mon cerveau ensuquĂ© par le sommeil Ă  cette heure indue. Qu'est que j'avais bien pu avoir en tĂȘte pour aller courrir Ă  6 heures du mat? Ca avait l'air d'une bonne idĂ©e, le jour d'avant, mais lĂ , le matin, Ă©tendu en vrac sur le matelas de ma bicoque 5 Ă©toiles, j'Ă©tais plus aussi convaincu des mĂ©rites de l'exercice matinal.

AprĂšs quelques minutes de tergiversations lĂ©targiques, je me retrouvais assis sur le palier, chaussure Ă  la main. J'enfilais la chaussure gauche Ă  tĂątons, puis, sur le point de faire de mĂȘme avec la droite, je glissais machinalement la main dedans, reflexe futile pour gagner quelques secondes et retarder le moment d'y aller.

Toutefois, si ma main est rentrée avec nonchalence, elle en est ressortie si vite que je manquais de basculer en arriÚre.

Toute la chaussure était inondée, remplie d'une substance visqueuse, gluante, et répugnante. La chaussure vibrait par grandes pulsations, telle un gong sur l'autel du sacrifice. Bang, bang, bang, bang.

Une sensation d'angoise et de dégout m'envahit soudain. Je sentais une présence hostile et sourde, un défi muet, l'inconnu, mais aussi une excitation croissante devant l'aventure qui se présentait à moi. Je savais déjà avec une conviction implacable que la chose qui squattait mes pompes n'avait rien d'humain.

N'Ă©coutant que mon courage, j'empoignais fermement la gaudasse tragique, tel un catcheur qui mesure son adversaire, puis, sans prĂ©vĂ©nir, je la secouais violemment pour Ă©jecter le monstre matinal hors de sa taniĂšre -enfin, la mienne. C'Ă©tait ma grole, tout de mĂȘme.

Le coeur battant d'anticipation, je me préparais à ma premiÚre rencontre du quatriÚme type*

AprĂšs quelques secondes de lutte frĂ©nĂ©tique, ne voilĂ  t'y pas que je vois dĂ©bouler un gros crapaud complĂštement dĂ©bousolĂ©. Le pauvre, il a les yeux qui roulent comme des toupies dans ses orbites, c'est tout juste si il sait oĂč sont ses pattes et sa queue (il en a pas, d'ailleurs, c'est vous dire qu'il Ă©tait dĂ©boussolĂ©). Putain de lui. Et mon aventure, alors?

La morale de l'histoire? Fallait pas pioncer dans mon godillot!

Manque de bol, soit il est obstiné, soit il se croit à Luna parc, mais j'ai acquis depuis une expérience et une efficacité peu commune en TEXP (procédure d'extraction pour crapaud - Toad EXtraction Process, ndt.)

Cela dit, je comprends pas. Je serais une jolie princesse, bon Ă  la rigueur je comprendais, mais Ă  moins qu'il ne s'agisse d'un prince homo particuliĂšrement optimiste, je vois vraiment pas pourquoi y s'obstine. je vais quand mĂȘme pas embrasser tout ce qui sort de mes pompes, non?

Entre ça et ces saloperies de poules (celles avec les plumes et le bec) qui braillent comme des concierges de banlieue dĂšs que je fais mine de me payer un sieston (le repos du guerrier, aprĂšs m'ĂȘtre frittĂ© avec le crapaud), et qui mangent les bananes du jardin avant que puisse y toucher. Un de ces quatres, vous allez voir, je vais en chopper une et et lui arranger la tronche.

Les seuls qui m'embĂȘtent pas, c'est les geckos. Ceux lĂ , y font pas de bruits, et se contentent de becter les papillons qui sont trop cons pour regarder dans l'ombre avant d'aller flirter avec la lampe.

Et dans tout ça j'ai mĂȘme pas parlĂ© du couple canin -courtoisie du locataire prĂ©cĂ©dant- qui me laisse pas rentrer chez moi si je leur refille pas quelques croquettes (Ă  1 euro la boĂźte de PĂ©digrĂ© au poulet, enrichit en foie. Fichu racket!)

Je vous jure, y a des trucs qu'y vous disent pas dans le guide du routard!

Sylver

*Ici, il a trois types reconnus: Les hommes, les femmes et les travelos, donc forcĂšment, une rencontre du 4Ăšme type. CQFD

NB: C'est la premiĂšre fois que je gratte un truc de ce genre lĂ . J'espĂšre que c'est pas trop mauvais.


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TTV
France
Local time: 17:03
Member (2002)
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Elle me plaĂźt bien ton histoire Nov 1, 2003

J'adore les histoires. Et puis j'adore les crapauds. Tu sais que les crapauds retournent toujours pondre dans l'Ă©tang oĂč ils sont nĂ©s. C'est une vĂ©ritable migration, Ă  laquelle j'ai assistĂ© bien souvent. Ces nuits-lĂ , il arrive que les routes soient couvertes des tĂąches de ceux qui n'ont pas rĂ©ussi Ă  franchir "le mur de la circulation". D'ailleurs, sur certaines routes, il y a des passerelles pour eux. Ensuite, ils ont souvent des murs, en briques cette fois, Ă  surmonter. Des fois, nous en faisons passer avec un panier. Et puis, il y a le crapaud accoucheur, dont le mĂąle porte le petit sur le dos, bien avant les Snuggli. Et le crapaud buffle, et, et... tout un monde dans ta chaussure!

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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 17:03
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+ ...
Dur, dur !!! Nov 3, 2003

Salut Sylvain

Dans la série des 12 travaux d'un expat en Thaïlande, aprÚs ou avant celui du crapaud visqueux, as-tu déjà eu le plaisir ou dégoût de manger le fameux "durian", trÚs prisé dans ta contrée...?

Jean-Luc


[Edited at 2003-11-03 04:03]


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Nancy Lynn Bogar  Identity Verified
Canada
Local time: 12:03
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+ ...

MODERATOR
Dur, dur - c'est peut-ĂȘtre une cure ? Nov 3, 2003

Accrochez vos ceintures, car loin de la banalité est ce fruit le plus étrange de tout notre parcours. Nous l'avons "rebaptise" : fruit du diable. Un tel nom parce que son aspect épineux satanique cache une diablerie. N'y voyez pas là son aspect intérieur digne des plus grands fruits tropicaux, mais son parfum fourbe et épouvantable, tout droit remonte des enfers. Imaginez vous un Livarot en son stade aromatique subliminal et ajoutez-y une touche de relent cadavérique de charognard en etat de décomposition avancée
bienvenue dans le monde de DURIAN (qui rime avec effrayant). L'odeur est harcelante et nous avons mis plusieurs jours a trouver d'ou provenait ce cauchemar : égout ? Cadavre ? Poubelle ? Non, durian.
Et le pire, c'est que les malais en raffolent ! C'est pourtant vrai. De pleins camions vendent leurs cargaisons aux habitant excites
(est ce un envoûtement ?) On n'ose pas imaginer les conditions de travail du chauffeur ! Il n'y a pas de protection social dans ce pays ou quoi ?

Un jour, un brave homme nous offre une glace chacun. Pauline goûte la sienne, grimace et cherche la date de péremption sur le paquet (ce qui n'est pas bon signe !). Je viens alors la rassurer en goûtant sa glace pour lui montrer que tout allait bien. Mais le corps refuse ce genre d'offense, nous crachons énergiquement. Vous l'avez deviné, il s'agissait du durian.

Le goĂ»t est un apprentissage. Celui du durian va ĂȘtre long et douloureux. Aussi long que pour un nord amĂ©ricain Ă  la dĂ©couverte des fromages Corses.

http://www.tourdumondeenvelo.org/spip2/article.php3?id_article=139

N.


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 17:03
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+ ...
Aio ! Nov 3, 2003


Nancy Lynn Bogar wrote:

Imaginez vous un Livarot en son stade aromatique subliminal et ajoutez-y une touche de relent cadavérique de charognard en etat de décomposition avancée
.

Le goĂ»t est un apprentissage. Celui du durian va ĂȘtre long et douloureux. Aussi long que pour un nord amĂ©ricain Ă  la dĂ©couverte des fromages Corses.



Canayenne

Qu'est-ce qu'y t'ont fait les fromages corses ?
Et d'abord on n'est pas susceptibles !@#!#@&%!

Signé
Bruccio Livarocci



[Edited at 2003-11-03 05:11]


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sylver
Hong Kong
Local time: 00:03
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Du rian, du rian Nov 3, 2003


JLDSF wrote:

Salut Sylvain

Dans la série des 12 travaux d'un expat en Thaïlande, aprÚs ou avant celui du crapaud visqueux, as-tu déjà eu le plaisir ou dégoût de manger le fameux "durian", trÚs prisé dans ta contrée...?

Jean-Luc


C'te question! Le durian est un fruit remarquable. (Et remarqué d'ailleurs, vu que niveau odeur, il ne passe pas facilement inapercut). L'odeur pose un sacré problÚme. Si tu as du durian à la maison, c'est tout le quartier qui est au courant, et aprÚs 2 jours, tu vas probablement vouloir louer une chambre d'hotel de l'autre coté de la ville.

Cela dit, je dois avouer que j'aime bien ça, en petite quantités (notion trÚs relative). Dans le domaine des fruits, important de noter qu'il n'y a pas que le durian, et de loin! En fait, aprÚs un an dans le pays, je découvre encore des fruit que je n'avais jamais goutés, et je suis rarement déçu. Et les fruits ne coutent rien ici.

Je me souviens m'ĂȘtre fait jeter par une copine qui m'accusait de gaspiller mon argent en payant la somme princiĂšre de 10 Bath (Env. 20 cents d'euro) pour un ananas complet...alors qu'elle les achĂštes Ă  2 bath piĂšce. (Inutile de me demander comment faire pour se reconvertir dans l'import export, j'en sais que dalle).

Ah, et puis, la diversité. "Lamyae", "Lambiaye", "Rambouten", "Litchi", autant de noms murmurés par les vendeurs ambulants de Bangkok, avec une discrétion qui ferait palir de jalousie plus d'une poissoniÚre à la criée. (6 heures du mat, haut-parleurs sur le toit. Tu captes que dalle à ce qu'y racontent, mais ça remplace facilement les coqs qui sévissent à la campagne)

Tiens, un autre truc Ă  rajouter Ă  la liste des douze travaux:

Imagines que tu rencontres une jolie fille dans les rues de Bangkok. Que dis je, jolie? Splendide, la peau mate, aussi douce que de la soie, des yeux de jade, des cheveux noir qui tombent naturellement sur ses reins. Un large sourire illumine son visage. Tu y es? Tu vois l'image?

Bien, maintenant, imagines-la en train de savourer un gros vers blanc, ou un cafard grillĂ©. Niveau sensation forte, ça bat tous les crapauds domestiques, et mĂȘme l'odeur du durian!

Cela dit, on s'habitue facilement (Ă  voir des jolies filles, s'entend)


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Nancy Lynn Bogar  Identity Verified
Canada
Local time: 12:03
Member (2002)
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+ ...

MODERATOR
Quelle inspiration ! Nov 4, 2003

Oui, Sylvain, j'y suis. Vrai, je ne regarde la fille des mĂȘmes yeux, mais l'image ....brrrr

Mais pour Jean-Luc, j'aurais dû indiquer plus clairement que j'ai cité là le carnet de bord d'un autre. Hé, ai-je brisé quelque loi ? Si oui, je m'y avais pas pensé John, qu'on l'efface tout de suite. Typical absent-minded professor, that's me. (En passant j'ai vielli d'un an le 21, le bras dans le plùtre, et attendant la chirurgie du 26. Pensez-y bien : je me sens un peu embrumée).

As for the cheese... t'as ben raisin mon JL ma fine bouche canayenne connaßt beaucoup mieux le cheddar frais Mais je préfÚre toujours les vins plus corsés

À+
N


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 17:03
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+ ...
Vers galants Nov 4, 2003

Sylvain

Erotisme tout chose,
Mater mĂȘme en Proz
Une mate beauté thaïe
Aux longs cheveux noirs
Jusqu'Ă  la taille
Qui gobe des vers...
Le voir pour le croire,
Sacré Sylver.



Nancy Lynn Bogar wrote:

Oui, Sylvain, j'y suis. Vrai, je ne regarde la fille des mĂȘmes yeux, mais l'image ....brrrr

As for the cheese... t'as ben raisin mon JL ma fine bouche canayenne connaßt beaucoup mieux le cheddar frais Mais je préfÚre toujours les vins plus corsés



Plus le cheddar est fort plus le vin doit ĂȘtre "corsĂ©"
TrÚs bon, Nancy, tu sais Î Ciboire épicé
Désolé pour le bras, vieille branche...à ta santé


J'avais bien compris qu'il s'agissait du carnet de voyage d'un autre. Aucune étourderie de ta part. Je jouais juste sur la réputation de susceptibilité des Corses.


PoĂšte, quand je bois tes vers
C'est dans un verre Ă  pied
Avec un verre dans le nez
Je pique du nez dans les vers

Soudain un pied sort d'un vers
Et quand le vers perd ses pieds
Ses pieds chaussé de vair
Il devient ver de terre
Qui s'entĂȘte et persĂ©vĂšre
Cherchant un pied oĂč s'appuyer
Pour se verser un verre
Sans en renverser

Il fait un pied de nez
Au nez de tous les vers
Il est ouvert Ă  tous les verres
Il est tout vert le ver

Il ne prend pas son pied
Son pied chaussé de vair
A boire les vers du PoĂšte
Il préfÚre les verres
Quand il y voit au travers
Obscurs sont les vers du PoĂšte
Car les pieds du PoĂšte
Ne sont pas chaussés de verre

Ces vers me sont sortis du nez
Avec leurs pieds chaussés
Chaussés de leurs obscurités
Le verre m'a échappé
Et c'est la vérité


Moralité
Un vers, ça va, mais deux vers font pairs vers

Pierre-Olivier Fineltin

]

[Edited at 2003-11-04 03:52]


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Sylvain Leray  Identity Verified
France
Local time: 17:03
Member (2003)
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Juste pour le plaisir Nov 4, 2003

Pour rebondir sur le poÚme cité par JL...


JLDSF wrote:

PoĂšte, quand je bois tes vers
C'est dans un verre Ă  pied
Avec un verre dans le nez
Je pique du nez dans les vers

(...)


Mon pĂšre est marinier
dans cette péniche.
Ma mĂšre dit "La paix niche
dans ce mari niais".
Ma mĂšre est habile
mais ma bile est amĂšre,
car mon pÚre est sévÚre
ont les pieds fragiles.

(...)

Bobby Lapointe

[Edited at 2003-11-04 09:16]

[Edited at 2003-11-04 09:17]


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sylver
Hong Kong
Local time: 00:03
English to French
Would you like Nov 17, 2003

Dans notre mĂ©tier, nous sommes bien placĂ©s pour savoir qu’une « petite » faute de sens sur un mot peut ĂȘtre une source inĂ©puisable de quiproquos cocasses. Cela m’est arrivĂ© avec chacune des langues que je parle – ou baragouine, selon le cas. Français, anglais, italien, allemand, il y a toujours eu des gaffes. En Allemagne, je me souviens avoir passĂ© dix bonnes minutes pour expliquer Ă  mes hĂŽtes surpris que, dans un pays civilisĂ©, les Ɠufs ne sont pas un dessert, pour dĂ©couvrir trois jours plus tard que Eis signifie « glace » (et n’est pas une dĂ©clinaison spĂ©ciale du terme allemand pour « Ɠuf »).

Mais je crois qu’entre toutes les langues, la plus risquĂ©e pour le voyageur audacieux, c’est le ThaĂŻ. AprĂšs avoir habitĂ© Ă  Bangkok pendant plus de 6 mois, j’ai dĂ©couvert pourquoi les chauffeurs de taxi qui me ramenaient Ă  la maison avaient de drĂŽles de rĂ©actions. Ben, oui, tous les soirs, je rentrais dans le taxi et je donnais le nom de mon quartier, d’un ton jovial, Ă  la plus grande surprise du gars enfoncĂ© dans son train-train quotidien, et son siĂšge, Ă©ventuellement. Oh, un dĂ©tail. En ThaĂŻ, l’intonation compte, et avec mon ton jovial, ce que je disais en rĂ©alitĂ©, c’était « Je t’aime ».

Et puis, il y a le rituel du repas, quand je veux aller manger avec des amis. Il m’a fallut 1 an et demi pour trouver la clef du mystùre. Voici une transcription fidùle de la discussion à l’heure du repas :

Moi : Tu as déjà mangé ?
Elle : Non
Moi : Tant pis, je vais manger tout seul
Elle : Je viens avec toi
Moi : Mais tu as déjà mangé ?
Elle : Non.
(...)
Moi : Mais pourquoi tu ne m'as pas attendu? On avait dit qu'on mangeait ensemble.
Elle : Mais, je n’ai pas mangĂ©
Moi : Alors pourquoi tu me dis que tu as dĂ©jĂ  mangĂ© ? Je ne comprends pas. Tu as mangĂ© ou tu n’as pas mangĂ© ?
Elle : Non
Moi : Attends, tu te paye ma binette. Tu viens de me dire que tu n’as pas mangĂ© puis maintenant tu me dis que tu as mangĂ©. J’y pige plus que dalle.
Elle : (Petite mine contrite – ultra craquant) C’est pas grave. On va manger ?
Moi : (Ma colùre fondant comme neige au soleil) T’as raison. Pas la peine de s’exciter. Y a qu’a y aller, je verrais bien si tu manges ou pas.

Absurde ? J’ai jouĂ© cette petite scĂšne ubuesque une bonne centaine de fois. Je la connais par cƓur. Il y a mĂȘme une bonne trentaine de fois oĂč je suis allĂ© manger tout seul, mĂ©ditant sur l’étrangetĂ© de ces gens qui veulent manger avec vous et qui ne vous attendent mĂȘme pas 5 minutes.

Pour ceux qui sont intĂ©ressĂ©s dans le fin mot de l’histoire, « Kin krao leyan » en ThaĂŻ, m’avait Ă©tĂ© traduit par « As-tu dĂ©jĂ  mangĂ© ? », alors que littĂ©ralement, c’est « MangĂ© ou non ? ». Deux rĂ©ponses logiques: « Kin lĂ©ou » (dĂ©jĂ  mangĂ©) ou « yan » (non, sous entendu, je n’ai pas mangĂ©),
 sauf qu’avec la traduction prĂ©cĂ©dente, j’avais dĂ©duit que « yan » signifiait « dĂ©jĂ  » 

Ce genre de trucs, ça arrive tout le temps, mais y a pire :

Étant relativement galant et gĂ©nĂ©reux (mon fleuriste fait des soldes), j’emmĂšne souvent mes amies au restaurant, au cinĂ©ma, et, comme vous l’avez peut ĂȘtre compris, mon ThaĂŻ n’étant pas des plus Ă©voluĂ©s (ça s’amĂ©liore, mais
), j’utilise la formule « Aow mai ? » qui signifie « est ce que tu veux », en mimant plus ou moins l'activitĂ© concernĂ©e. Ça fait un an et demi, et une de mes amies vient enfin d’oser m’apporter une prĂ©cision d’usage sur la formule : Oui, ça veut bien dire « est ce que tu veux
 mais ça ne s’utilise *que* dans le contexte que vous avez sans doute dĂ©jĂ  devinĂ©. Autant pour la galanterie.

Les ThaĂŻs sont dĂ©finitivement tolĂ©rants - Merci M. Boudha, dans n'importe quel pays europĂ©en, j'aurais les joues rouges sang - mais ça ne facilite pas l'apprentissage. Je me demande combien d’autres subtilitĂ©s linguistiques il me reste Ă  apprendre.


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Spain
Local time: 17:03
Member (2001)
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+ ...
Parlez-moi de moi, il n'ya que ça qui m'intéresse... Nov 25, 2003

J’ai travaillĂ© 10 ans dans une compagnie Japonaise et me suis rendu prĂšs de 30 fois au Japon. C’est dire si j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux japonais
!

À chaque fois que l’on me demandait mon nom de famille ou que je prĂ©sentais ma carte de visite (le cĂŽtĂ© Ă©crit en caractĂšres occidentaux) je notais une lĂ©gĂšre crispation sur les traits de mon interlocuteur, voire mĂȘme une certaine tension
 Son oeil frisait et je sentais nettement qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour ne pas rigoler.

Explication : mon nom de famille est “LOTTE” et au Japon, c’est une marque archiconnue de chewing-gum et de confiseries et en “Romani” il s’écrit exactement de la mĂȘme façon.

C’est un peu comme si en France je m’appelais “M. Hollywood Chewing-gum” ou bien “M. Malabar” ou encore “M. Carambar” – ou bien, (encore pire
 !) “Sr. Chupa Chup ”en Espagne.

Par contre en Corée, le pied !
Pas risible du tout, bien au contraire
 La famille LOTTE (dont certains ancĂȘtres ont Ă©migrĂ© au Japon il y a prĂšs de 80 ans pour y crĂ©er une affaire de confiseries) est considĂ©rĂ©e comme une des plus riches du pays et possĂšde de nombreuses entreprises.
À SĂ©oul, d’ailleurs, je descendais au grand hĂŽtel “LOTTE” ce qui me valait un traitement particulier de la direction (on ne sait jamais
).


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