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Off topic: De Wi-Fi et de mini-vélo pliable...
Thread poster: ALAIN COTE
ALAIN COTE  Identity Verified
Local time: 09:37
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Sep 12, 2003

... ou comment parler de tout et de rien sous prétexte que l'on veut recommander une lecture.

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À l'ère de la Grande Toile, quoi de plus banal que d'envoyer par courriel quelques photos à sa douce maman, à son frère aîné ou à un vieil ami ? C'est ce que j'ai fait tout récemment, en envoyant quelques images de mon petit vélo pliable. La réaction d'étonnement que cela a suscité fut telle que je me suis dit : "Tiens donc, peut-être que les copains et pines de Prrroz auront la même réaction de surprise ! Essayons un peu pour voir."

Voici donc, tout d'abord, une première photo qui montre le machin une fois tout déplié.

www.quebec-japon.com/velo1.JPG

Pour les autres pays, je ne saurais dire, mais ici ces minuscules vélos sont déjà très répandus. À un point tel que plus personne ne se retourne sur votre passage. C'est d'ailleurs ce qui m'a décidé à faire le grand bond vers ce petit achat. Avec ma face blême d'Occidental et de traducteur qui passe le plus clair de son temps dans une pièce sombre éclairée uniquement par les reflets d'un affreux écran d'ordinateur, je passe déjà difficilement inaperçu sur la piste cyclable de Nagareyama, alors je désirais autant que possible un vélo discret, et comme les petits vélos pliables sont aujourd'hui en vogue, le problème ne se posait pas.

Si vous regardez bien la photo, vous verrez qu'il y a un petit sac à l'arrière du vélo, sous la selle. Il suffit d'ouvrir la fermeture éclair, d'extraire le sac, de plier le vélo, de le recouvrir du sac et de fermer. Le tour est joué.

www.quebec-japon.com/velo2.JPG

Au risque de passer encore pour un représentant subliminal et sublimement minable de la firme Kleenex, voici par ailleurs une troisième photo, qui montre bien le peu d'espace qu'occupe le vélo une fois dans son sac. Victor me pardonnera, je n'ai rien trouvé de mieux.

www.quebec-japon.com/velo3.JPG

Prouesse du génie technique japonais, direz-vous ? Détrompez-vous, le fabricant de mon petit vélo n'est nul autre que Coleman, bien connu sur toute la planète pour ses articles de plein-air.

Que tirer comme conclusion ? Hum (ronflez, dirait Reverso/Sylver), eh bien qu'il est possible de faire le traducteur ou la traductrice un peu partout tout en maintenant la forme et en voyageant. Imaginez un peu ! Vous parcourez les routes de la planète sur votre mini-vélo, avec un sac léger qui contient une brosse à dents, des sous-vêtements de rechange et une paire de pantoufles...

Vous descendez de l'avion, prenez le train ou le bus, direction la campagne, roulez quelques dizaines de kilomètres en prenant soin de ne pas vous frapper trop souvent le genou droit contre la petite manette de changement de vitesse, sur le guidon. Fatigué ? Il vous suffit de descendre de vélo (descendre est un très grand mot, vous êtes déjà très bas...) au prochain arrêt d'autobus, de plier et ranger le vélo, puis d'attendre le bus qui vous mènera à la prochaine ville.

Arrivé à l'hôtel de luxe, à l'auberge de jeunesse miteuse ou chez MacDonald, vous pouvez consacrer quelques heures à la traduction, grâce à la connexion Wi-Fi de votre PC portable ( http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/2003/09/internet.asp ).

(Note pour les esprits les plus lents : c'était ça, la lecture recommandée...)

Une fois terminé le travail, un petit saut dans le bain, une bonne bouteille de vin, un sommeil réparateur (ça, c'est la version hôtel de luxe, pour l'auberge miteuse et le McDo, le scénario est légèrement différent), puis vous êtes prêt à reprendre la route, répétant ce scénario chaque jour pendant des mois, voire des années. Sans vouloir imposer quoi que ce soit, je vous suggère toutefois fortement un pays au climat assez chaud, ce petit vélo n'est probablement pas très stable sur la banquise. Quant à la superficie du territoire national, n'ayez crainte, vous ne tournerez pas en rond, votre mini-vélo n'ayant pas été conçu pour ceux qui rêvent de porter le maillot jaune. Prévoyez 15 ans en moyenne pour parcourir l'île principale de l'archipel nippon ou la Floride. Pour les sous-vêtements et les pantoufles je ne sais pas, mais pour la brosse à dents, il est préférable de la remplacer au moins tous les 2 mois (sauf si vous volez celle de l'hôtel de luxe, auquel cas il faut changer aux dix jours), autrement vous aurez les dents jaunes, à défaut du maillot...


[Edited at 2003-09-12 07:11]


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 02:37
Member (2001)
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+ ...
Quel joli petit vélo à guidon chromé au fond de la cour !! Sep 12, 2003



montre le machin une fois tout déplié.



ou bien :



copains et pines de Prrroz



Bon ! On avaitdit qu’il y avait « Drapeau Blanc », mais faut quand même pas provoquer la bête (sur le point de partir en vacances) avec « Le petit vélo pliable II – Le retour ».

Lacan m’a fait des promesses, et pour l’instant, je tiens son ectoplasme en respect mais il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’il se déchaîne à nouveau…

J’espère pouvoir le tenir en respect jusqu’à mon départ.

PS : Il y a deux photos qui ressemblent à des accessoires de sado-masochisme, mais la photo " intégrale" de l'objet "tout déplié" me fait penser à ce merveilleux roman de George Perec dont je recommande la lecture à tous mes collègues et à qui j'ai piqué le titre (à un mot prêt)pour en faire "l'objet" de mon "Posting"...


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ALAIN COTE  Identity Verified
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Ca va encore dévier ! Sep 12, 2003

Je saute sur l'occasion pour demander conseil. Thierry est le deuxième à mentionner Georges Perec sur le forum francophone (si ma mémoire est bonne, le premier fut Sylvain).

Je n'ai jamais lu cet auteur et suis sur le point de pitonner frénétiquement sur www.amazon.fr pour combler cette lacune, mais avant de me ruiner j'aimerais savoir quels sont les indispensables pour un illettré, un ignorant, un déplugué et un rustre comme moi.

Des suggestions ?


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 02:37
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Et à une ponctuation près Sep 12, 2003

Thierry LOTTE Ă©crit:

...la photo " intégrale" de l'objet "tout déplié" me fait penser à ce merveilleux roman de George Perec dont je recommande la lecture à tous mes collègues et à qui j'ai piqué le titre (à un mot prêt)pour en faire "l'objet" de mon "Posting"...



Bonjour !

A un mot et une ponctuation près. Le titre du bouquin de Pérec est en effet une question (essentielle): Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

Alain, je suis épaté que tu ne connaisses pas déjà Pérec. Je trouve très souvent dans tes posts un ton qui me le rappelle dans cette façon de "magnifier" (ne prends pas ça comme un compliment ) les petits détails de la vie quotidienne, ou dans ces petites "manies" (ne prends pas ça comme une critique ) consistant à recenser ces petits gestes ou courts instants.
Pérec adorait faire des listes (cf "Je me souviens"), classer, trier, ordonner sa pensée ("Penser/Classer") ... tout en se lançant des défis incroyables, des sortes de jeux qui font de ses livres des prouesses d'écriture (le plus célèbre étant "La disparition", un roman entier et très long écrit sans que la lettre E n'y apparaisse une seule fois, et qui raconte justement cela ! Difficile à lire, j'en conviens, pas l'idéal pour commencer avec Pérec).
Mais ses livres sont inclassables. "W ou le souvenir d'enfance", "La vie mode d'emploi" (une très bonne introduction), "Un homme qui dort"... et le petit vélo bien sûr, qui d'un sujet pas super drôle (un soldat s'apprête à partir en Algérie) fait un bonheur de lecture.
Ne trouvant pas d'extrait ici, je vous propose quelques-uns des "Je me souviens" :

Je me souviens
de Lester Young au club Saint Germain ;
il portait un complet de soie bleu avec une doublure de soie rouge

Je me souviens
du tac-tac

Je me souviens
d'un anglais manchot qui battait tout le monde
au ping-pong à Château d'Oex

Je me souviens
de Ploum Ploum tra la la

Je me souviens
qu'un ami de mon cousin Henri
restait toute la journée en robe de chambre
quand il préparait ses examens.

Je me souviens
que dans le livre de la jungle Bagheera est la panthère ,
Mowgli le petit homme, et les bandar-logs les singes
(mais comment s'appelle l'ours et le serpent ?).

Je me souviens
que Fausto Coppi avait une amie
que l'on appelait la dame blanche.

Je me souviens
d'un fromage qui s'appelait la vache sérieuse
(la vache qui rit lui a fait un procès et l'a gagné).


Bonne journée !
Sylvain.

[Edited at 2003-09-12 07:23]


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ALAIN COTE  Identity Verified
Local time: 09:37
Japanese to French
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Tout s'explique ! Sep 12, 2003

Sylvain Leray wrote:
Alain, je suis épaté que tu ne connaisses pas déjà Pérec. Je trouve très souvent dans tes posts un ton qui me le rappelle dans cette façon de "magnifier" (ne prends pas ça comme un compliment ) les petits détails de la vie quotidienne, ou dans ces petites "manies" (ne prends pas ça comme une critique ) consistant à recenser ces petits gestes ou courts instants.


En effet, je devais avoir environ 16 ans, lorsqu'un jour un des mes frères aînés rentra à la maison aux petites heures du matin. Il devait être environ 4h00. Il était complètement saoul et décida de venir me voir dans ma chambre pour discuter de la vie en général, comme le fait tout homme saoul qui se respecte dans sa saoulitude et désire la partager.

Or, comme il me racontait dans le détail un tas de trucs sans intérêt, je le priai de quitter ma chambre et de me laisser dormir. Déçu, il décida de parler de choses plus intéressantes pour me faire plaisir. Alors qu'il ne trouvait de toute évidence rien à dire et s'enlisait dans un silence pâteux, il eut un éclair de génie et saisit à deux mains la couverture bleue sous laquelle j'essayais de dormir. Puis il se mit à me raconter l'histoire fantastique de cette couverture, qu'il avait connue bien avant que je ne vienne au monde, et qui constituait, à ses yeux (vitreux), un élément essentiel de notre patrimoine familial. Pour ma part, je n'y voyais qu'un moyen très pratique de me garder au chaud, et c'est en grelottant que j'ai dû écouter son récit, qui dura une bonne demi-heure, tirant timidement sur la couverture à chaque virgule de son interminable récit ponctué de relents d'alcool.

Récit sans le moindre intérêt, d'ailleurs, mais qui m'a profondément marqué et m'a permis de comprendre qu'aux yeux de qui sait voir, les objets, faits et gestes anodins du quotidien méritent parfois qu'on s'y arrête dans le détail, au cas où un membre de PrrrroZ, quelque part sur la planète à 4h00 du matin, souhaiterait qu'on vienne lui raconter une petite histoire sans importance.

Merci pour les explications sur PĂ©rec, je prends note et passerai bientĂ´t ma commande !

Alain


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 02:37
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Georges PĂ©rec Sep 12, 2003

Je cherche toujours un extrait du "petit vélo" en vain, mais voilà une petite présentation de l'encyclopédie yahoo! qui résume assez bien Pérec.

Écrivain français (Paris, 1936 — id., 1982).
Georges Perec a fait des études supérieures aux facultés des lettres de Paris et de Tunis. Sociologue de formation, son premier roman, les Choses (1965), lui vaut, avec le prix Renaudot, une réputation de moraliste de la société de consommation. Mais si Perec est un amoureux des inventaires, il ne se laisse pas si aisément, lui, cataloguer: Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour? (1966) est une histoire loufoque à la Queneau, son grand maître, et Un homme qui dort (1967), un roman de la dépression.

Il apparaît vite que cet homme de la volte-face mène en fait un projet continu, celui d'arpenter le monde, d'explorer le double univers du réel et du langage (Espèces d'espaces, 1974). Paraît en 1969 un ouvrage lipogrammatique, la Disparition, où la lettre «e» est délibérément exclue, suivi des Revenentes, écrit sans autre voyelle que celle-là. Il y aurait quelque facilité à ne voir, dans ces ouvrages, que les jeux gratuits d'un «oulipien» (membre de l'Oulipo, fondé en 1970). Ils signalent au contraire le principe organisateur de toute l'œuvre: constat de l'effacement, effort acharné de la restitution. C'est qu'il y a dans la vie même de Perec deux disparitions premières que l'écriture se donne à charge à la fois de redire inlassablement et de tenter de réduire: celle de son père, juif polonais tué à la guerre, au lendemain de l'armistice, celle de sa mère disparue à Auschwitz. «J'écris, dit-il, parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture.» Son œuvre apparaît alors comme une «autobiographie éclatée».



Dans W. ou le Souvenir d'enfance (1975), les réminiscences du temps de guerre s'allient à l'utopie noire de l'île de W., régie par les lois de la compétition sportive, et qui dérive dans l'absurde et l'horreur concentrationnaires. Je me souviens (1978) redit ce souci panique d'«essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose». Née de l'holocauste, l'œuvre de Perec culmine avec la Vie mode d'emploi, prix Médicis 1978. Il y décrit, avec la frénésie d'un linguiste fou de taxinomie et la rigueur d'un mathématicien féru de combinatoire, la vie d'un immeuble, des caves aux chambres de bonnes. Et de manière exemplaire, le héros, Bartlebooth, crée des aquarelles qu'un artiste de combles découpe en pièces de puzzle et que, patiemment, le même Bartlebooth s'acharne à recomposer: mode d'emploi de toute vie, héroïquement et dérisoirement attachée à reconstruire sur la destruction.




La gravité de l'enjeu de cette œuvre ne fait pourtant jamais prendre à Perec la pose d'un écrivain tragique. Investigateur malicieux du sens et du non-sens, il casse toujours l'angoisse d'une pirouette.



[Edited at 2003-09-12 13:18]

[Edited at 2003-09-12 13:18]


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TTV  Identity Verified
France
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La Révolution passera par le vélo, camarade Sep 12, 2003

« La révolution passera par le vélo
La révolution passera par le vélo,
Camarade,
Ah la bicyclette!
Elle te permet d'aller
Cinq fois plus vite que le piéton,
Tu dépenses cinq fois moins d'énergie.
Et tu vas cinq fois plus loin.
En vérité, je te le dis camarade,
La révolution passera par le vélo »
Julos Beaucarne

Magnifique, ce petit vélo! Je me disais, Alain, il commence à avoir un petit vélo dans la tête, mais quand on voit les photos, on ne peut être qu'admiratif.

Ah le vélo! Ca me rappelle une anedocte.

Il y a longtemps de ça, au siècle dernier, j'avais environ 15 ans, une mes activités estivales consistait à "trimbaler" à vélo la baby-sitter d'un couple de connaissances, pendant ses journées de repos (suite à une remarque du genre "tiens, tu connais l'anglais, toi?). Cette jeune anglaise, bien plus âgée que moi, était ma foi fort bien de sa personne. Et bien sûr, nulle en mécanique. Son vélo ayant une fâcheuse tendance à "dérailler", c'était bibi qui s'y collait à tous les coups. Un jour, il fallait que je l'emmène à la piscine, distante d'environ 15 kms. Arrivé là-bas, bien sûr, elle se faisait "draguer" par tous les loulous du coin, et elle en rajoutait! Elle commençait à me courir sérieusement sur le système! Enfin, heureusement, l'heure du retour était revenu. Nous voilà repartis. Quelques kilomètres plus loin, bien sûr, le vélo déraille! Là j'ai dit, ma grande, tu te débrouilles, moi je rentre. Quand je l'ai vu arriver deux heures plus tard, furieuse, couverte de cambouis, j'ai rigolé un bon coup. Mais bon, elle savait remettre une chaîne +:)


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 02:37
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+ ...
Sans 'e' Sep 12, 2003

Merci beaucoup Sylvain

Extrait de "La disparition"...ça fait tout drôle sans "eux"...


JL


Un champion d'aviron grimpa sur un pavois, galvanisant un instant la population. Il fut fait roi illico. On l'invita à choisir un surnom sonnant; il aurait voulu Attila III; on lui imposa Fantomas XVIII. Il n'aimait pas. On l'assoma à la main. On nomma Fantomas XXIII un couillon à qui l'on offrit un gibus, un grand cordon, un stick d'acajou à cabochon d'or. On l'accompagna au Palais Royal dans un palanquin. Il n'y arriva jamais : un gai luron, criant «Mort au Tyran ! A moi, Ravaillac !» l'ouvrit au rasoir. On l'inhuma dans un columbarium qu'un commando d'ahuris profana huit jours durant sans trop savoir pourquoi.


Autre lipo-suction :

Anton

Voyl n’arrivait pas à dormir. Il alluma. Son jaz marquait minuit vingt. Il

poussa un profond soupir, s’assit dans son lit, s’appuyant sur son polochon.

Il prit un roman, il l’ouvrit, il lut ; mais il n’y saisissait qu’un imbroglio

confus, il butait sur un mot dont il ignorait la signification.




[Edited at 2003-09-12 19:46]


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
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+ ...
The English Baby-Sitter Sep 12, 2003

Remake de l'Eté meutrier

avec René Souchon...déchaîné

JL

[Edited at 2003-09-12 19:50]


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 02:37
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Je ne peux pas résister... Sep 13, 2003

... au plaisir de vous soumettre la version lipogrammique péréquienne du poème Voyelles d'Arthur Rimbaud, dans la Disparition. L'original d'abord, suivi du pastiche.

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches Ă©clantantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprĂŞme Clairon plein des strideurs Ă©tranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud (Poésies)
(septembre 1871)



VOCALISATIONS

A noir (Un blanc), I roux, U safran, O azur :
Nous saurons au jour dit ta vocalisation :
A, noir poilu d'un scintillant morpion
Qui bombinait autour d'un nidoral impur,

Caps obscurs ; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d'anis ?
I, carmins, sang vomi, riant ainsi qu'un lis
Dans un courroux ou dans un alcool mortifiant ;

U, scintillations, ronds divins du flot marin,
Paix du pâtis tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savoir aux grand fronts imprima ;

O, finitif clairon aux accords d'aiguisoir,
Soupirs ahurissant Nadir ou Nirvâna :
O l'omicron, rayon violin dans son Voir !

Arthur Rimbaud

Georges Perec (La disparition)


Et pour la amateurs de jeux de lettres de cet ordre, un lien excellent : http://pages.infinit.net/mou/mtt.htm
(le haïku y est d'ailleurs évoqué)

[Edited at 2003-09-13 14:46]


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