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Comment devenir traducteur spécialisé ?
Thread poster: Claudia Iglesias

Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:07
Member (2002)
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+ ...
Nov 18, 2003

Il s'avère qu'avant d'être traducteur on n'est rien du tout et qu'avant d'être spécialiste on est généraliste.
(Je ne veux pas aborder le thème des tarifs, juste celui de l'apprentissage)

Il me semble qu'un bon moyen pour apprendre est d'être révisé par un spécialiste. J'ai eu l'occasion de travailler comme cela parce que j'en ai ressenti le besoin, et j'ai donc déduit de ce qui me revenait comme traductrice la part du réviseur. Je pense bien que cela ne peut pas durer éternellement, mais étant donné que j'apprends des révisions, je me dis que c'est un "investissement en formation". Que pensez-vous de cette formule et en connaissez-vous d'autres pouvant permettre aux généralistes de se spécialiser ?

[Désolée, Jean-Luc de t'avoir faussé compagnie dans l'autre fil]

[Edited at 2003-11-18 22:45]


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 05:07
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On en apprend toujours :-) Nov 18, 2003

Salut Claudia

Je coupe et colle sur qui était resté en plan dans l'autre fil, après ton départ, et qui se rapporte plus à ton commentaire

Claudia Iglesias

Il me semble qu'un bon moyen pour apprendre est d'être révisé par un spécialiste.



Tout Ă  fait d'accord sur ce point Claudia.

Tout à fait d'accord aussi avec l'importance des compétences, de l'expérience et de la conscience professionnelle qui poussent et aident à rechercher et travailler pour la meilleure traduction possible.

Outre une certaine part de "talent" naturel, cette "compétence" s'acquiert et il faut bien commencer quelque part. On a tous été débutants, inexpérimentés et contents d'apprendre, de progresser au contact d'autres collègues.

Faire d'excellentes traductions, ce n'est pas la science infuse. On ne sort pas "traducteur infaillible" d'une école ou d'un DESS. On y acquiert des bases qu'il faut travailler et que l'on développe souvent sur le tas, au fur et à mesure de ses projets, et grâce aux autres aussi, notamment les réviseurs... We learn a lot from our mistakes.

JL


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Juan Jacob  Identity Verified
Mexico
Local time: 22:07
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+ ...
Mon avis... Nov 18, 2003

Chère Claude Églises, cher M. Béret-Gauloise-au-bec-un-peu-ventru.

J'apprécie toujours vos interventions, et j'ose à peine montrer le bout de mon nez... mais, dans ma spécialité, bien loin du degré de difficulté des vôtres (je ne fais QUE traduire des films), une seule chose m'est certaine: je commetrai TOUJOURS des erreurs sauf, et encore, si quelqu'un révise ma traduc.
C'est donc mon avis: je me considère "un spécialiste" dans ma branche, certes, mais je ne serai jamais (presque) parfait que si quelqu'un d'autre est là pour me signaler mes points faibles.
Avouons-le donc, chers collègues : même si nous nous considérons "spécialistes", il est très facile que notre "self confidence" nous fasse glisser sur des peaux de banane que nous croyions disparues depuis longtemps... grave erreur !

Salut.

Juan.


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:07
Member (2002)
Spanish to French
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Révision vs. révision Nov 18, 2003

Juan, je n'avais pas pensé à cela, je ne parle pas de révisions "normales", je parle de révisions de spécialistes parce que confrontés aux différents termes spécialisés nous ne sommes pas sûrs de faire le bon choix.
Pour moi la révision "normale" est celle qui va détecter une faute de frappe, une faute d'orthographe ou choisir une autre expression. Pour les révisions de spécialistes, je me souviens de Nancy qui parlait de vannes (je crois bien), ou d'une question posée par VictorHugo au sujet d'une trad. médicale. Je situe cette révision à un tout autre niveau.

On apprend plus de la deuxième révision que de la première, je dirais que dans une révision normale on va se dire "oui, bien sûr" et dans une de spécialiste "ah, bon ?".


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Juan Jacob  Identity Verified
Mexico
Local time: 22:07
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+ ...
Ă€ plus forte raison ! Nov 19, 2003

Chère Claudia.
Les révisions dont je parle se situent au niveau du : "Oui, bien sûr."
Dans votre cas, le "Ah, bon ?" est donc encore plus que nécessaire > voir le "Danger de mort" de Geneviève soulevé il y a quelques jours. (Mes traductions de films mettent rarement les gens en danger de mort, sauf pour les oreilles sensibles aux gros mots !).
Re-donc : se faire réviser toujours.
Nos vemos.
Juan.


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Yannick MARCHEGAY
France
Local time: 05:07
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Et c'est pas tout... Nov 19, 2003

Un autre problème intimement lié (et auquel je suis confronté en ce moment) : comment se faire donner des travaux dans ladite spécialité alors qu'on n'est pas à proprement parler spécialisé ?
En clair, quand on veut débuter dans un domaine (la localisation dans mon cas) et qu'on n'a pas d'expérience, comment se forger cette expérience ? En forgeant me direz-vous, d'accord, mais est-ce aussi simple...


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 05:07
Member (2001)
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Spécialiste en matière générale (Pierre Dac) Nov 19, 2003

Claudia Iglesias a Ă©crit :



Que pensez-vous de cette formule et en connaissez-vous d'autres pouvant permettre aux généralistes de se spécialiser ?




Oui bien sûr:
S’intituler, à l’instar de Pierre Dac, « Spécialiste en matière générale » !…

Ce n’est pas une plaisanterie facile et pourtant, comme mon ami Jean-Luc, j’en suis friand.

Ce que je veux dire, c’est que tout traducteur « débutant » passe par une phase « généraliste » car il n’est pas encore connu de ses clients, ou de ses futurs clients qui lui feront confiance en tant que traducteur spécialisé. En effet, ces derniers (des agences en général), auraient tendance à rechercher des traducteurs « débutants » spécialisés en « Chirurgie Neurologique » (Diplôme de Chirurgien Neurologiste exigé) pour traduire des textes du Lithuanien vers l’Espagnol à 0.04 Euros le mot source…
Devant la carence de candidats, l’agence confie la traduction à un Russophone qui accepte le « deal » et fait de son mieux, même si ses lacunes techniques font courir un risque mortel aux futurs « patients » espagnols…
Si de nombreux décès ne se produisent pas dans l’immédiat (voir le Forum incité par Geneviève Von Levetzow sur la Responsabilité du Traducteur), cette même agence confiera, dans le même domaine et à un tarif similaire, d’autres traductions à ce même traducteur qui les acceptera.
Peu à peu, ce traducteur pourra se prévaloir de l’étiquette « Spécialiste en traductions médicales » - et qui ne sera pas usurpée puisqu’il pourra se prévaloir de plusieurs traductions avalisées par une Agence qui aura, parfois, pignon sur rue.

En ce qui me concerne, je suis spécialisé en Commerce International et Finances et je peux justifier de 20 ans d’expérience en ce domaine: sans manquer de contrats, j’estime à moins de 2 % les traductions qui me sont confiées dans ce domaine particulier.
Je suis également spécialisé dans la littérature de Science Fiction : je lis environ 5 romans en trois langues sources par mois, et ce depuis 20 ans.
RĂ©sultat commercial: 0 %.
Suis-je donc, dans ce cas, un spécialiste?


Juan Jacob a Ă©crit :



J'apprécie toujours vos interventions, et j'ose à peine montrer le bout de mon nez... mais, dans ma spécialité, bien loin du degré de difficulté des vôtres (je ne fais QUE traduire des films), une seule chose m'est certaine: je commettrai TOUJOURS des erreurs sauf, et encore, si quelqu'un révise ma traduc.
C'est donc mon avis: je me considère "un spécialiste" dans ma branche, certes, mais je ne serai jamais (presque) parfait que si quelqu'un d'autre est là pour me signaler mes points faibles.



Je pense que Juan est trop modeste : le « Public des Traducteurs » - je veux dire ceux qui comprennent deux ou trois langues « sources » et qui, fanatiques de la V.O se montre impitoyable :
Il trouvera toujours de bonnes raisons de critiquer le sous-titrage…
Je fais partie de ces « imbéciles béats et satisfaits d’eux-mêmes » car, jusqu’il y a peu, j’ignorais (et ignore encore dans 95 % des cas) les contraintes techniques de ce Job – très spécialisé – de traducteur de sous-titres.

Il est bien facile pour ceux qui comprennent, plus ou moins - et c’est moi qui souligne -les V.O en Anglais, Espagnol, Catalan, Italien de critiquer ce qui apparaît en caractères surlignés en bas de l’écran et qui, parfois, donne l’impression d’avoir été « bâclé » : c’est ignorer les « contraintes » de cette « traduction spécialisée » trop souvent récompensée par des salaires de misère (si j’en crois un Forum récent à ce sujet) et par pratiquement aucune reconnaissance publique. Généralement, lors du « générique/crédits » du film, on aperçoit vaguement, en « surimpression » la mention : « Sous-titres: Titra Films » ou bien quelque chose dans le même genre…

Le seul – à ma connaissance – qui ait réussi à obtenir une reconnaissance du public la présence de son nom en tant que traducteur/sous titreur est Simon Mizrahi, maître d’œuvre des sous-titres Italiens Français des grands films des cinéastes des années 70: Ettore Scola, les Frères Taviani, pratiquement tous les Fellini après 1963, et j’en oublie beaucoup de cette période merveilleuse ou le Ciné Italien faisait partie du meilleur cinéma du monde…

Les « Sous titreurs » devraient bien nous donner un peu plus d’informations sur les contingences de leur « Job ». Je suis sûr que cela passionnerait plus d’un traducteur.

Bon!
Maintenant, une autre question plus particulièrement destinée aux Germanophiles:

Ma femme est Germanophone et ne parle pas le français. Je suis Francophone et ne parle pas l’Allemand. Nous communiquons en Espagnol et/ou en Anglais car nous vivons tous les deux à Barcelone (Vive l’Europe) depuis 5 ans.
Ce que Femme veut, Dieu le veut: elle a le « Satellite Astra » ce qui veut dire plusieurs dizaines de chaînes en allemand, mais seulement une seule (« ARTE ») en français ou en allemand, selon la connexion.
Quand nous regardons un film français avec des sous-titres en allemand, je suis, chaque fois, surpris par la pauvreté de la « traduction »: Comme indiqué précédemment, je ne parle pas allemand mais suis tout de même capable, de me rendre compte que tout l’argot et les « gros mots » de la V.O. française ne sont pas traduits… Serait-ce qu’il n’y a pas de « gros mots » en Allemand???
J’attends les commentaires de René, Sylvain et Geneviève… (lourdes responsabilités, n’est-il pas ? est-il ?)


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 05:07
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+ ...
L'ami Don Thierry Lotte Nov 19, 2003

Thierry

On ne s'enduit pas Ă  te lire
Fue un placer

Très intéressant et merci d'avoir partagé cela. D'accord aussi pour le commentaire sur Juan
Oui, ce cinéma italien nous manque...ou sont-ce ces années-là de nos vies...(Affreux sales et méchants, Nous nous sommes tant aimés, Padre padrone, Pain et chocolat)

Et moi aussi, le sous-titrage ça me plairait bien, mais pas au tarif d'un tailleur clandestin, esclave des temps modernes, dans un sous-sol moite de la Ville des Lumières (ancien fil Proz dont tu parles).

JL

[Edited at 2003-11-19 07:16]


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sylver  Identity Verified
Local time: 11:07
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Une expérience Nov 19, 2003

Je souscript tout à fait à l'idée de se faire corriger par un expert.

Y a deux ans et demi de ça, je repartais de zéro, et je ramais plus ou moins, quand une agence m'a contacté pour une trad de mécanique. Dans la famille, y a plusieurs personnes qui se débrouillent bien là-dedans, mais j'étais pas le mieux placé. Cela dit, j'avais pas vraiment le choix, financièrement parlant. La TM fournie était énorme, le glossaire pas trop mal non plus et j'avais suffisament le temps de faire le projet.

Je me suis lançé. J'ai appris en même temps. Quand je comprennais pas, j'allais puiser dans les revues techniques d'autres bagnoles pour comprendre, ou j'allais voir mon paternel pour un débrief rapide. On regardais les schémas, attendant le verdict "Ah, c'est juste un coussinet de bielle, ça!" Amen.

Quand j'ai fini le job, j'avais une liste de trucs dont je n'était pas sûr, ou que je n'avais pas trouvé, ni dans la mémoire, ni ailleurs.

J'ai pris mon portable et j'ai fait le tour des garagistes de la marque, jusqu'à ce que j'en trouve un qui soit d'accord pour lire les trucs dont je n'étais pas sûr, en échange d'une commission.

On y est resté quelque chose comme 6 heures à débroussailler tout ça, jusqu'à ce que la traduction soit compréhensible et logique du point de vue de l'utilisateur final (lui).

Après trois semaines de boulot, la trad a été approuvée sans problème (à juste titre, puisqu'elle était utilisable pour l'utilisateur). J'ai eu d'autres jobs du même types depuis, et bien que je ne sois toujours pas un fan, dans la plupart des cas, j'ai pas vraiment à me creuser pour le faire. C'est comme ça que j'ai acquis la "spécialisation", en apprennant sur le tas.

Je ne me considère pas comme un spécialiste dans le sens "expert qui sait tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet", mais je peux traduire la plupart des textes de ce type (pas tous).

L'appellation "spécialiste" est souvent trompeuse, parce que les domaines sont vastes et qu'il y a des aspects qui nous sont totallement inconnus. Par exemple, j'ai fait du cyclisme pendant plusieurs années, et avec de milliers de kilomètres dans les jambes, je me considérais comme un spécialiste de la petite reine.

Un client note le fait et m'envoie un texte "cyclisme", d'une des meilleures marques sur le marché. Sûr de moi, j'accepte, sans même regarder le texte, qui m'a couté une nuit blanche et pas mal de cheveux de la même couleur. Vous les connaissez, vous, les propriétés des alliages de cadre?

A mon avis, la question n'est pas de savoir dans quoi on est spécialisé. c'est trop vague, et les clients ne s'en procupent pas, généralement. La traduction ç'est comme l'armée. Vous êtes chauffeur donc on vous met aux fourneaux. Vous êtes le dieux des imprimantes réseau donc on vous passe toutes les trads sur l'électro-ménager.

Pour moi, depuis deux ans, ça ce joue au coup par coup. Est ce que, compte tenu des délais, des références disponibles,... et de mes connaissances, je suis capable de le faire correctement?


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TTV  Identity Verified
France
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En vrac Nov 19, 2003

Oh lĂ , lĂ , que de sujets passionnants

- la SF c'est mon dada, Thierry, mais depuis moins longtemps que toi, alors si tu veux ouvrir un off-topic permanent, j'en serai ravi, j'ai beaucoup à apprendre et suis d'une curiosité avide dans ce domaine.

- le sous-titrage en allemand sur ARTE: je dois dire que je n'ai jamais essayé, je vais voir si c'est possible ici. Par contre, en ce qui concerne le sous-titrage d'une manière générale, qui a déjà été évoqué ici comme l'a dit JL, on constate souvent que les versions sous-titrées destinées au satellite/câble sont moins bonnes que les films en VF (du seul point de vue de la langue!), car beaucoup moins payées. Ca leur coûte moins cher de refaire traduire pour le câble/satellite que d'acheter les droits de la version VF du film!

- ça nous amène à la spécialisation et, à la différence de Claudia, je pense que cette question est indissociable du tarif: dans un monde idéal, chaque traducteur travaillerait uniquement dans son domaine de prédilection, mais comme il faut vivre le choix se fait plutôt, du moins en ce qui me concerne, sur des critères de tarif et de l'ensemble des relations avec la personne qui fournit la trad. Par exemple, j'aimerai être traducteur spécialisé en SF, mais vu les budgets des éditeurs français, c'est strictement impossible pour l'instant. A l'inverse, quand on a un "bon" client, qui vous trouve également "bon", il a tendance à vous proposer des trads dans divers domaines, et c'est parfois difficile (voire suicidaire) de refuser. Quand je dis "tendance", c'est en fait la grande majorité des cas.

- pour (tenter de) répondre à la question initiale de Claudia, "comment devenir un traducteur spécialisé", je pense donc que le seul moyen est de traduire uniquement dans le domaine où on se sent le plus à l'aise. Ca semble une évidence mais, vu les difficultés indiquées ci-dessus, ce n'est pas toujours réalisable. En plus, ça dépend du caractère de chacun. C'est aussi agréable de ne pas toujours travailler dans le même domaine. Concernant la révision par un autre traducteur, là aussi "dans l'idéal c'est l'idéal", mais ça me semble surtout être depuis quelques années un moyen supplémentaire pour les agences d'abaisser les tarifs des traductions, voire de les faire effectuer à bas tarif par un traducteur peu compétent et réviser à bas tarif par un traducteur compétent.


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 05:07
Member (2003)
German to French
Spécialisation Nov 19, 2003

TTV wrote:

- pour (tenter de) répondre à la question initiale de Claudia, "comment devenir un traducteur spécialisé", je pense donc que le seul moyen est de traduire uniquement dans le domaine où on se sent le plus à l'aise. Ca semble une évidence mais, vu les difficultés indiquées ci-dessus, ce n'est pas toujours réalisable. En plus, ça dépend du caractère de chacun. C'est aussi agréable de ne pas toujours travailler dans le même domaine. Concernant la révision par un autre traducteur, là aussi "dans l'idéal c'est l'idéal", mais ça me semble surtout être depuis quelques années un moyen supplémentaire pour les agences d'abaisser les tarifs des traductions, voire de les faire effectuer à bas tarif par un traducteur peu compétent et réviser à bas tarif par un traducteur compétent.


Sujet qui me titille depuis un an...
Je pense que ce que voulait dire Claudia, ce n'est pas forcément la révision imposée par une agence, mais plutôt la révision "délibérée" que le traducteur va demander à un traducteur (ou un spécialiste du domaine) compétent. Claudia parlait de "mentor", je crois, dans un autre fil.
Personnellement, ce serait pour moi une situation rêvée, avoir quelqu'un d'expérience qui puisse juger mes traductions (quitte à m'en prendre plein la poire) sur des critères techniques (c'est-à-dire qualité, cohérence et adéquation de la termino avec le domaine traité + qualité de la rédaction technique, c'est-à-dire concision, clarté et précision) et non sur de vagues critères rédactionnels, comme c'est trop souvent le cas avec les agences qui cherchent de faux prétextes (René saura de qui je parle).

J'ai pas le temps de développer, mais j'essaierai de revenir.
Bonne journée !
Sylvain

PS Quant à traduire uniquement dans le domaine en question, Thierry l'a très bien dit, ça me paraît utopique. On vous contactera toujours pour autre chose, et on ne peut pas non plus refuser tous les travaux qu'on nous propose pour attendre indéfiniment un job dans son domaine.

[Edited at 2003-11-19 09:13]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:07
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Commentaires pour tous Nov 19, 2003

Juan, tu dis
Avouons-le donc, chers collègues : même si nous nous considérons "spécialistes", il est très facile que notre "self confidence" nous fasse glisser sur des peaux de banane que nous croyions disparues depuis longtemps... grave erreur !

Ă€ plus forte raison !
Dans votre cas, le "Ah, bon ?" est donc encore plus que nécessaire > voir le "Danger de mort" de Geneviève soulevé il y a quelques jours.
-donc : se faire réviser toujours. [/Quote]
En aucun cas je ne voulais discuter de l’utilité ou de la pertinence de se faire réviser, mais de la révision comme moyen de spécialisation, aux frais de qui, comme recours personnel ou institutionnalisé et éventuellement l’existence d’autres moyens pour se spécialiser. C’est justement le fil de Geneviève sur le « Danger de mort » qui m’a poussée à demander cela, parce que « Abstenez-vous » et « Laissez cela aux spécialistes » ne me satisfait pas.

Yannick
En clair, quand on veut débuter dans un domaine (la localisation dans mon cas) et qu'on n'a pas d'expérience, comment se forger cette expérience ? En forgeant me direz-vous, d'accord, mais est-ce aussi simple...


Dans ton cas, puisque tu sais ce que tu veux, je te dirais de chercher dans l’annuaire (Directory) les traducteurs spécialisés en localisation et leur demander carrément s’ils sont prêts à t’aider dans le perfectionnement de cette spécialisation. Je ne crois pas au père Noël, et ces traducteurs ne se nourrissent pas d’eau fraîche, je pense qu’il faut que tu aies déjà pensé à comment compenser ou rémunérer les révisions. Peut-être que dès le premier contact cela vaut la peine de joindre une traduction faite par tes soins. Ceci dit j’aimerais avoir d’autres avis aussi.


Thierry et TTV tarifs
En effet, ces derniers (des agences en général), auraient tendance à rechercher des traducteurs « débutants » spécialisés en « Chirurgie Neurologique » (Diplôme de Chirurgien Neurologiste exigé) pour traduire des textes du Lithuanien vers l’Espagnol à 0.04 Euros le mot source…
Devant la carence de candidats, l’agence confie la traduction à un Russophone qui accepte le « deal » et fait de son mieux, même si ses lacunes techniques font courir un risque mortel aux futurs « patients » espagnols…


- ça nous amène à la spécialisation et, à la différence de Claudia, je pense que cette question est indissociable du tarif: dans un monde idéal, chaque traducteur travaillerait uniquement dans son domaine de prédilection, mais comme il faut vivre le choix se fait plutôt, du moins en ce qui me concerne, sur des critères de tarif et de l'ensemble des relations avec la personne qui fournit la trad. Par exemple, j'aimerai être traducteur spécialisé en SF, mais vu les budgets des éditeurs français, c'est strictement impossible pour l'instant. A l'inverse, quand on a un "bon" client, qui vous trouve également "bon", il a tendance à vous proposer des trads dans divers domaines, et c'est parfois difficile (voire suicidaire) de refuser. Quand je dis "tendance", c'est en fait la grande majorité des cas.





(Thierry)Voilà pourquoi je ne voulais pas parler de tarifs. Si l’on aborde le problème des tarifs on va aborder le problème des « étrangers », non-natifs ou quelle que soit l’appellation contrôlée, alors qu’il y aura dans le marché des traducteurs improvisés, bien natifs et bien plus dangereux. S’il vous plaît, focalisons sur la formation et l’apprentissage.
(René TTV) J’étais bien loin de penser aux tarifs pour spécialité, comme quoi j’ai beaucoup à apprendre.

Si de nombreux décès ne se produisent pas dans l’immédiat (voir le Forum incité par Geneviève Von Levetzow sur la Responsabilité du Traducteur), cette même agence confiera, dans le même domaine et à un tarif similaire, d’autres traductions à ce même traducteur qui les acceptera.

Est ce que, compte tenu des délais, des références disponibles,... et de mes connaissances, je suis capable de le faire correctement?


Dans les faits, c’est effectivement comme cela que ça se passe, on va vous donner un document électronique parce que vous êtes disponible et pas parce que vous êtes spécialisé en électronique. Et c’est là que la conscience professionnelle intervient. À en croire les spécialistes que j’ai pu lire dans les forums, ma conscience professionnelle devrait me dicter « abstiens-toi », et moi je dis qu’elle peut me dicter cela ou aussi « cherche un réviseur en électronique et lance-toi » (je tiens à préciser que j’ai déjà été dans les deux cas, je me suis abstenue et je me suis lancée).
D’accord avec Sylver, il me semble aussi que nous sommes le meilleur juge de nos capacités. Et ce même jugement doit nous permettre de décider si on peut se lancer ou pas.


Généralement, lors du « générique/crédits » du film, on aperçoit vaguement, en « surimpression » la mention : « Sous-titres: Titra Films » ou bien quelque chose dans le même genre…


Un peu hors sujet, mais je voudrais dire que TV5 fait sous-titrer ses films vers l’espagnol au Québec et affiche toujours le nom des traducteurs. Je fais un coucou à Mayra Parra que j’ai eu l’occasion de rencontrer au Congrès de Buenos Aires.


Peu à peu, ce traducteur pourra se prévaloir de l’étiquette « Spécialiste en traductions médicales » - et qui ne sera pas usurpée puisqu’il pourra se prévaloir de plusieurs traductions avalisées par une Agence qui aura, parfois, pignon sur rue.

A mon avis, la question n'est pas de savoir dans quoi on est spécialisé. C'est trop vague, et les clients ne s'en préoccupent pas, généralement.


Effectivement, mais il n’y a pas que le client ou l’agence à responsabiliser dans ce cas, il y a aussi des collègues qui s’enveloppent d’un tel emballage cadeau qu’ils trompent sur la marchandise, donc une grosse partie de la responsabilité revient quand même au traducteur.


- pour (tenter de) répondre à la question initiale de Claudia, "comment devenir un traducteur spécialisé", je pense donc que le seul moyen est de traduire uniquement dans le domaine où on se sent le plus à l'aise. Ça semble une évidence mais, vu les difficultés indiquées ci-dessus, ce n'est pas toujours réalisable.

Plus qu’une évidence, je trouve que cela semble utopique. Cela ne sera possible que quand on sera spécialisé, pas en attendant de le devenir.


Concernant la révision par un autre traducteur, là aussi "dans l'idéal c'est l'idéal", mais ça me semble surtout être depuis quelques années un moyen supplémentaire pour les agences d'abaisser les tarifs des traductions, voire de les faire effectuer à bas tarif par un traducteur peu compétent et réviser à bas tarif par un traducteur compétent.



Je pense que ce que voulait dire Claudia, ce n'est pas forcément la révision imposée par une agence, mais plutôt la révision "délibérée" que le traducteur va demander à un traducteur (ou un spécialiste du domaine) compétent. Claudia parlait de "mentor", je crois, dans un autre fil.
Personnellement, ce serait pour moi une situation rêvée, avoir quelqu'un d'expérience qui puisse juger mes traductions (quitte à m'en prendre plein la poire) sur des critères techniques (c'est-à-dire qualité, cohérence et adéquation de la termino avec le domaine traité + qualité de la rédaction technique, c'est-à-dire concision, clarté et précision) et non sur de vagues critères rédactionnels, comme c'est trop souvent le cas avec les agences qui cherchent de faux prétextes).


Exactement Sylvain
Il me semble que
Traducteur nul non spécialisé + révision d’un spécialiste d’une agence = traduction peut-être correcte, mais traducteur nul non réembauché.
Je crois que les agences recherchent le maximum pour le minimum.
Je parlais de
Traducteur non spécialisé + révision d’un spécialiste (rémunéré par le traducteur) + révision de l’agence = traduction correcte et traducteur réembauché.
Est-ce que cela vous paraît une hérésie de décompter de ma part la part du réviseur ?

J’ai eu la chance de trouver un mentor dans ProZ, et je ne parle pas d’un spécialiste, c’est carrément dans l’apprentissage de la traduction qu’il m’a aidée, et une traduction corrigée par lui devrait être bien mieux payée que ce que l'on me paye. Il le sait, mais il ne craint pas que je lui vole son pain, il le fait pour moi et pour que je devienne une bonne traductrice. Il me dit en rigolant qu’il faut bien que les pays riches aident le Tiers Monde. Cette générosité existe, il faut la chercher.
Mais je reviens Ă  ma question initiale.

Si je récapitule, pour devenir spécialiste on peut

    - se faire réviser par un spécialiste à ses frais
    - se lancer sans révision, se contenter de la révision de l’agence (qui pourrait ne pas être satisfaite ou qui pourrait être satisfaite à tort)
    - n’accepter que des traductions dans son domaine préféré (euhh, comment vais-je savoir si je n’aime pas le poisson cru si je n’en ai jamais mangé ? et comment je me les fais proposer si ce n’est pas encore ma spécialité ?)
    - se faisant discret sans rien dire en public pour pas montrer ses limites et prétendre être un spécialiste en tout.


En attendant, je suis le conseil de Thierry et de Pierre Dac et je deviens spécialiste en matière générale.


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sylver  Identity Verified
Local time: 11:07
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Excellente synthèse Nov 19, 2003

Claudia Iglesias wrote:


Si je récapitule, pour devenir spécialiste on peut

    - se faire réviser par un spécialiste à ses frais
    - se lancer sans révision, se contenter de la révision de l’agence (qui pourrait ne pas être satisfaite ou qui pourrait être satisfaite à tort)
    - n’accepter que des traductions dans son domaine préféré (euhh, comment vais-je savoir si je n’aime pas le poisson cru si je n’en ai jamais mangé ? et comment je me les fais proposer si ce n’est pas encore ma spécialité ?)
    - se faisant discret sans rien dire en public pour pas montrer ses limites et prétendre être un spécialiste en tout.


En attendant, je suis le conseil de Thierry et de Pierre Dac et je deviens spécialiste en matière générale.


Mais il y a deux possibilités qui n'ont pas été évoquées jusqu'à présent et qui pourtant devrait l'être :

1. Etudier les sujets qui nous interessent dans notre temps libre. Passer du temps à apprendre les bases qui nous permettront ensuite de comprendre de quoi on parle et d'intégrer le style généralement utilisé par les gens du milieu. C'est l'option que j'ai choisie, pour le moment

(Trouver des forums de pro de la branche, lire les sites Web de vulgarisation, et d'autres, moins vulgaires, acheter des livres spécialisés, et si possible se rendre sur le terrain - rien qui peut remplacer ça.

Récemment, j'ai traduit les specs pour la construction de la charpente métallique d'installations maritimes et j'ai béni le temps que j'ai passé à bosser dans le bâtiment. Pas que ça m'ait aidé pour la terminologie - quand tu bosses, tu reçois les instructions dans une langue, pas dans deux - mais ayant eu une expérience sur le terrain, je pouvais "voir" les travailleurs en train d'installer la chose.)

2. Education classique sur le sujet. Ca me branche pas personnellement, parce que le temps que j'ai passé sur les chaises de l'école (nous, on avait pas de bancs), c'était essentiellement du temps perdu.

Cela dit, j'ai déjà envisagé de prendre des cours de Thai, de Japonais, de Chinois et de programmation, sans parler du reste, donc je ne rejette pas cette possibilité.

Le vrai sujet pour moi, c'est pas tant de me spécialiser que de continuer à me former. Je me révolte contre la conception classique du "Tu vas à l'école, tu apprends (de moins en moins vrai), puis quand tu rentres dans la vie active tu bosses".

J'ai 27 ans, j'ai encore plein de choses à apprendre, plein de trucs que je ne sais pas. Quand je toucherais la cinquantaine, je suppose que ce sera toujours le cas, et ça ne me gène pas. Par contre ça me gènerais de ne pas en savoir plus que ce que je sais maintenant.


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CristĂłbal del RĂ­o Faura  Identity Verified
Spain
Local time: 05:07
English to Spanish
+ ...
Le quid Nov 19, 2003

1. Etudier les sujets qui nous interessent dans notre temps libre. Passer du temps à apprendre les bases qui nous permettront ensuite de comprendre de quoi on parle et d'intégrer le style généralement utilisé par les gens du milieu. C'est l'option que j'ai choisie, pour le moment

(Trouver des forums de pro de la branche, lire les sites Web de vulgarisation, et d'autres, moins vulgaires, acheter des livres spécialisés, et si possible se rendre sur le terrain - rien qui peut remplacer ça.
[/quote]


Je crois que c'est ça le plus important. Seule la maîtrise du sujet que tu travailles t'aidera lorsque tu te trouveras devant des textes mal rédigés, ambigus, des termes utilisés incorrectement, ce qui malheureusement est bien souvent le cas.


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TTV  Identity Verified
France
German to French
Spécialisation Nov 19, 2003

Je trouve le sujet et les interventions passionnantes et je trouverai dommage, Claudia, d'en rester à la conclusion "spécialiste en matière générale".

J'ai dit moi-même que c'était utopique de se spécialiser dans un seul domaine, pour les raisons évoquées. Par contre, c'est tout aussi utopique de se "spécialiser dans tous les domaines" (bien que ça me plairait bien, l'idée des encyclopédistes et des "honnêtes hommes" m'a toujours séduit, et je pense que cette soif de savoir et de nouveauté est partagée par la plupart des traducteurs, c'est un des principaux intérêts du boulot).

Donc, pour quelqu'un qui débute, il faut s'ouvrir à de nombreux domaines, mais pas à tous. Par exemple, il est difficile de se spécialiser à la fois en mécanique et en aéronautique. Je pense qu'après quelques textes dans un domaine, on se rend compte si on est "doué" ou non pour ça, c'est-à-dire si l'on comprend ce qu'on traduit, ce qui est pour moi un impératif. Je parle ici des "grands domaines". Par contre, si on a une traduction sur les boules de billard (ça m'est arrivé!), personne n'est spécialiste de ce genre de traductions et personne ne le sera. Dans ce cas, il faut se renseigner auprès des spécialistes du domaine. Ca m'arrive souvent de téléphoner dans des boîtes (maintenant des mails) et on tombe souvent sur des techniciens prêts à vous faire partager leurs connaissances, et souvent enchantés de le faire (je dirais que la proportion d'échec de ce genre de tentatives est de l'ordre de 5%).

Pour ce qui est de se spécialiser dans des "grands domaines", il faut, comme dit Sylver, s'informer, par tous les moyens, et souvent il est aussi important, voire plus, de bien connaître le domaine dans la langue cible que de bien connaître la langue source.

Pour les "grands domaines", je dois dire que je n'avais pas bien compris la notion de révision évoquée par Claudia. Effectivement, cette idée de se faire réviser par un collègue est séduisante. En tout cas, je suis prêt à le faire, donc à aider quelqu'un dans mes domaines de spécialité. A l'inverse, si quelqu'un pouvait me donner quelques "cours" d'électricité, ça m'intéresserait bien. J'ai toujours eu du mal à comprendre ce domaine.

Ca m'amène à un dernier point, et qui fait que je suis assez d'accord avec l'ensemble de ce qui a été dit et que je ne suis pas un "forcené de la spécialisation": une traduction n'est jamais spécialisée dans un seul domaine. Par exemple, je suis "spécialisé" en mécanique (ça veut dire que je comprends la mécanique), mais à l'heure actuelle il n'existe pas un appareil mécanique qui ne comporte des éléments électroniques par exemple, ma "bête noire": donc je suis bien obligé de m'ouvrir à d'autres domaines, et c'est tant mieux. Donc on a toujours à apprendre et toujours besoin de l'avis d'autres. Autre exemple: je suis "spécialisé" en études économiques, mais beaucoup moins porté sur les termes financiers et boursiers. Or, les études que je traduis en comportent aussi+:)

VoilĂ , c'est un peu long, mais je crois qu'il y a encore beaucoup Ă  dire!


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