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Les derniers francophiles qui nous aiment et qui sont "déçus".
Thread poster: Thierry LOTTE

Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 06:30
Member (2001)
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Nov 19, 2003

Encore un témoignage sur la disparition progressive du Français en tant que véhicule culturel : celui-ci nous vient du Portugal que l’on ne peut pourtant pas accuser de “French Bashing”… Les Portugais seraient plutôt, au contraire, Francophiles (et ils ont bien du mérite…).
Veuillez trouver ci-dessous la traduction française d’un article de la presse Portugaise qui nous en dit un peu plus sur le phénomène…

Traduction © “ Courrier International “ Nº 680 :

WWW.courrierinternational.com

Au Portugal, le français s'étiole
Alors que la langue de Molière a longtemps été la langue de formation des élites portugaises, elle s'efface au profit de l'anglais, faute de moyens et de volonté.

VISÃO (extraits)
Lisbonne

Au lieu de s'indigner de la baisse de l'utilisation de sa langue dans le monde, la France ferait mieux de se pencher sur les raisons profondes du phénomène. Durant les dernières décennies, ses dirigeants politiques ont continué à se comporter avec l'inconscience de celui qui pense être un phare, alors que les voies mondiales ont déserté ses abords depuis belle lurette.
En 1988, une vingtaine d'écrivains portugais ont été accueillis en France, dans le cadre d'une initiative officielle destinée à promouvoir notre littérature. Reçus à la Sorbonne, ils se sont tous montrés parfaitement capables de s'adresser à l'assistance en français. L'académicien Maurice Druon a fait parvenir un petit mot à la table de notre délégation : "L'Europe sera une réalité le jour où une vingtaine d'écrivains français seront capables de parler portugais comme ces écrivains portugais parlent français." Ce message plein de bonnes intentions pourrait difficilement être renouvelé aujourd'hui. A l'époque, déjà, j'avais commencé mon intervention par une mise en garde : "J'appartiens à la dernière génération pour laquelle l'apprentissage culturel s'est fait en français."
Quinze ans plus tard, le recul se révèle alarmant et il est devenu pratiquement impossible de trouver une personne de moins de trente ans qui écrive, parle ou lise couramment le français. Les canaux par lesquels la culture se répand sont désormais essentiellement anglophones, et pas seulement à cause du cinéma américain et d'Internet. La place de la presse française s'est réduite : Le Nouvel Observateur et L'Express ont cédé la place à Time et à Newsweek, et je pense que les lecteurs d' El País sont plus nombreux au Portugal que ceux du Monde .
Mon cas personnel n'échappe pas à ce mouvement de transfert, et je ne peux pas être soupçonné de trahison envers la langue que j'ai toujours considérée comme ma deuxième langue et fréquentée avec le même plaisir (et moins de désinvolture, naturellement) que ma langue maternelle.
Mis à part les changements dus aux profondes modifications de la demande d'apprentissage d'une deuxième langue à l'école (la mondialisation avance en anglais), cette progressive disparition du français est sans l'ombre d'un doute la conséquence de la fragilisation des institutions culturelles et de leur action à l'étranger. Les journaux portugais ont récemment publié des informations alarmantes sur les difficultés financières que traverserait l'Alliance française.
Pendant cinquante ans, celle-ci a été pour des milliers de Portugais la porte vers Paris et la France, quand voyager était un rêve accessible seulement à quelques privilégiés. Ainsi, selon le journal Público, l'Alliance française de Lisbonne risque de fermer ses portes si le gouvernement français ne remédie pas à la situation financière catastrophique dans laquelle elle se trouve. La diminution du nombre d'élèves est une des raisons de la crise. A tel point que la situation se propage aux dix-huit autres établissements de l'Alliance française présents sur le territoire portugais. La fermeture, l'été dernier, de l'Alliance de Braga ressemble à une déroute de la langue française dans une région économiquement dynamique et innovante, siège d'une université réputée. Si Braga ne veut plus de son Alliance française, quelle cité en voudra encore ?
Il y a des décisions politiques qui asphyxient : Público fait allusion à certaines décisions prises à Paris et qui ont dangereusement compromis les chances de survie de l'institution. Je ne peux juger sur la seule base d'un article de journal, mais je n'ai guère de mal à imaginer que le coupable est le virus de la rationalisation, qui sévit depuis quelques années parmi les dirigeants européens et fait ses premières victimes dans le domaine culturel. L'Alliance française, tout comme d'autres institutions culturelles, fait les frais de l'action de dirigeants incapables de voir plus loin que le bout de leur législature. Ceux-là mêmes qui pousseront les hauts cris en contemplant le déclin.


António Mega Ferreira*



* Ecrivain et philosophe, il publie régulièrement des chroniques dans la presse. Parmi ses derniers ouvrages parus : A Expressão dos Afectos (L'expression des sentiments), éd. Assiríos & Alvim, Lisbonne, 2001.

Courrier International
13/11/2003, Numero 680


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 06:30
English to French
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Un vrai carton Nov 19, 2003

Le français, lingua linda, se prend une valise et de plier bagages au Portugal.

Eh oui...bien pertinent cet article.

JL


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Marie SERRA  Identity Verified
Local time: 06:30
German to French
Difficile aussi pour les français Nov 19, 2003

Le manque de crédits touche non seulement l'Alliance Française, mais aussi les écoles françaises à l'étranger.
Le plus important réseau international d'écoles est le réseau français... ou était. Cela devient difficile pour les français et d'autres! Je n'ai pas de chiffres mais les étrangers par exemple d'amérique latine qui déménageaient souvent choisissaient de scolariser leurs enfants dans les établissements français à l'étranger. Nous avons ainsi rencontré des familles du monde entier à Berlin et Zurich (même des londoniens).
Maintenant?
Bonne journée.
Marie Serra


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co.libri
France
Local time: 06:30
German to French
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Je ne puis que confirmer... Nov 19, 2003

Thierry LOTTE wrote:

Il y a des décisions politiques qui asphyxient : Público fait allusion à certaines décisions prises à Paris et qui ont dangereusement compromis les chances de survie de l'institution. Je ne peux juger sur la seule base d'un article de journal, mais je n'ai guère de mal à imaginer que le coupable est le virus de la rationalisation, qui sévit depuis quelques années parmi les dirigeants européens et fait ses premières victimes dans le domaine culturel. L'Alliance française, tout comme d'autres institutions culturelles, fait les frais de l'action de dirigeants incapables de voir plus loin que le bout de leur législature. Ceux-là mêmes qui pousseront les hauts cris en contemplant le déclin.


António Mega Ferreira*



la justesse du propos, ayant travaillé dans une des ces institutions (Centre culturel et non Alliance Française). J'étais aux premières loges pour contempler le spectacle. Néolibéralisme à tout crin, marketing vide de toute volonté culturelle et éducative. Il faut dire aussi qu'il y avait un grand ménage de printemps à faire face à certains abus. Mais ces abus n'ont fait que se déplacer...
Il n'y a plus d'action éducative et linguistique, puisque d'un point de vue purement administratif, les "linguistiques" sont depuis 1995 (si je ne m'abuse) subordonnés aux "culturels" qui n'en sont plus. Ce sont la plupart du temps des managers (et souvent de mauvais).

A lire sur ce sujet: "La crise des institutions nationales d’échanges culturels en Europe" de François Roche (attention, je vous le recommande sans l'avoir lu).
http://www.dodille.com/publications/univers/collection.htm:
"La crise des institutions nationales d’échanges culturels en Europe


British Council, Instituts Goethe, Cervantès, Camôes, Alliances, centres culturels français ou italiens : les réseaux nationaux d'échanges cul­turels viennent de connaître, en cette fin de siècle, une crise profonde. Est-elle terminée ?

S'appuyant sur une étude attentive des politiques culturelles extérieures menées depuis vingt ans, révélant les dernières évolutions des ins­titutions, François Roche propose pour la première fois une analyse des rai­sons qui ont pu conduire, partout en Europe, aux difficultés, aux doutes et aux critiques.

Dans le village global où l'échange sincère court le risque de se confondre avec la communication, le modèle européen de coopération cul­turelle, tel que ce livre le définit, s'est pourtant renouvelé et adapté aux défis contemporains de la mondialisation.

Un livre très utile à tous ceux qui s'intéressent à la dimension internationale de la culture et à la manière dont sont menées concrètement les politiques d'échanges des pays européens."

F. Roche a été directeur du Centre culturel français de Florence.

Je ne continue pas sur le sujet, car ça m'énerve...

Hélène.

P.S. Si l'on ajoute à tout cela l'arrogance très fréquente (évidemment il y a des exceptions. Ouf...)de ces représentants du français à l'étranger, ça fait beaucoup.

P.S.2: l'Alliance Française a été "intégrée" au réseau des services culturels français, tout en conservant une certaine autonomie. Mes souvenirs précis quant à son statut administratif sont un peu flous (cela ne fait pourtant que 5 ans!)


[Edited at 2003-11-19 08:58]


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tradusport  Identity Verified
Portugal
Local time: 05:30
Portuguese to French
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et pourtant... Nov 20, 2003

Moi qui vis au Portugal, je ne peux malheureusement que souscrire tot ce que vous dites: Pire, j'ai été très triste d'apprendre que la Librairie Française de Lisbonne avait fermé ses portes...(dixit le Público!)Dommage. C'était pourtant une petite librairie sympa, un petit coin de " notre" culture.
Quant à l'Alliance française, il est évident que non seulement l'influenec des U.S et des Mac Do est grande, plus la colonisation des anglais dans le sud, etc etc...comme en plus cet organisme aurait dû se " rajeunir" depuis longtemps. Personnellement, chaque fois que j'ai voulu m'en rapprocher, je ne m'y suis jamais sentie " accueillie"...J'ai toujours une cette impression de " vaidade" dont parle quelqu'un ( dont j'ai oublié le nom)ci-dessus.
À l'heure où l'Europe se construit et se doit de se fortifier, de s'améliorer, etc..il est navrant de constater le peu de choses que connaissent les habitants d'un pays sur leurs voisins, leur culture, leurs coutumes, etc...et encore plus navrant de voir LE PEU D'INFORMATIONS dont disposent les gens ...La télévision par satellite par exemple se devrait de proposer au moins une chaîne de chaque pays européen au lieu de proposer des " paquets" vides de contenu avec une quantité de chaînes du style M6!!!!
Et bien que les Universitaires portugais se plaignent qu'en France le portugais soit considéré comme une langue secondaire, j'admire l'approche et le travail de Sylviane Sambor à Bordeaux, qui organise depuis plus de dix ans des Rencontres culturelles avec des écrivains portugais invités et un brassage de culture et de littérature durant quelques jours en lien avec le milieu littéraire de Porto. À mon avis c'est ce genre d'initiatives qu'il faudrait promouvoir et élargir, associer tous les aspects de la culture, sortir des cours magistraux de l'Alliance et susciter la curiosité. Cela bien sûr ne se fait qu'avec des moyens et tout le monde sait qu'en temps de crise...c'est la culture qui paie...


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Olga Cazan  Identity Verified
Italy
Italian to Romanian
+ ...
la situation en Moldavie Nov 27, 2003

J'ai également remarqué que la francophonie perd du terrain. A Chisinau, la capitale de la Moldavie, il y a une Alliance Française qui essaie de maintenir la langue française au niveau, mais les jeunes veulent apprendre l'angalis ou autres langues sauf le français. Pourquoi? Le français est de plus en plus moins demandé sur le marché de la traduction. En Moldavie, il y a beaucoup d'entreprises étrangères d'origine espagnole, italienne, allemande ou américaine. On n'a presque pas besoin du français dans le domaine de l'économie. L'Alliance Française est un bon outil culturel mais elle n'est pas suffisante pour déterminer le choix des jeunes. Malheureusement, l'économie est celle qui domine dans le domaine de la traduction et de la culture.

Olga


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Monique Laville  Identity Verified
Italy
Local time: 06:30
Italian to French
+ ...
Langue française Nov 27, 2003

Tout à fait d'accord avec ce qu'écrit Olga.

Le nombre de personnes qui apprennent le français est en nette diminution en Italie également.
Plus que culturelles, les raisons me semblent surtout économiques. Il faut admettre que les français sont arrogants et connaissent mal les langues étrangères, mais si l'arrogance d'un peuple et sa méconnaissance des langues étrangères étaient des raisons suffisantes pour amener les étrangers à ne pas apprendre la langue de ce peuple, comment expliquer l'engouement pour l'anglais?
Or, j'ai la nette impression que les produits exportés véhiculent la culture d'un pays plus rapidement et mieux que n'importe quel autre intermédiaire (produits de consommation, mais aussi culturels, tels que films, musique, livres, résultats de recherches économiques, scientifiques, etc.) et stimulent la curiosité de leurs utilisateurs. Actuellement ces produits disponibles sur le marché mondial proviennent en grande partie des Etats-Unis. Il est donc logique que l'intéret pour l'anglais soit important.
Peut-etre devrait-on se demander quels produits français peuvent stimuler la curiosité des étrangers au point de leur faire envisager l'apprentissage du français. L'avancement dans les domaines scientifiques et techniques, la littérature française actuelle, les parfums?
En tous les cas, j'envisage sérieusement d'apprendre le chinois!


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sylver  Identity Verified
Local time: 12:30
English to French
Produits américains? Nov 28, 2003

Monique Laville wrote:

Tout à fait d'accord avec ce qu'écrit Olga.

Le nombre de personnes qui apprennent le français est en nette diminution en Italie également.
Plus que culturelles, les raisons me semblent surtout économiques. Il faut admettre que les français sont arrogants et connaissent mal les langues étrangères, mais si l'arrogance d'un peuple et sa méconnaissance des langues étrangères étaient des raisons suffisantes pour amener les étrangers à ne pas apprendre la langue de ce peuple, comment expliquer l'engouement pour l'anglais?
Or, j'ai la nette impression que les produits exportés véhiculent la culture d'un pays plus rapidement et mieux que n'importe quel autre intermédiaire (produits de consommation, mais aussi culturels, tels que films, musique, livres, résultats de recherches économiques, scientifiques, etc.) et stimulent la curiosité de leurs utilisateurs. Actuellement ces produits disponibles sur le marché mondial proviennent en grande partie des Etats-Unis.

J'ai jamais été particulièrement bon en Géographie, mais j'appellerais plutôt ça l'Asie du sud est.
Je peux même pas me souvenir de la dernière fois où j'ai tenu un "made in USA" dans mes pattes.


Il est donc logique que l'intéret pour l'anglais soit important.
Peut-etre devrait-on se demander quels produits français peuvent stimuler la curiosité des étrangers au point de leur faire envisager l'apprentissage du français. L'avancement dans les domaines scientifiques et techniques, la littérature française actuelle, les parfums?
En tous les cas, j'envisage sérieusement d'apprendre le chinois!

Et moi, j'ai commençé des cours de Thai.

Stimuler la curiosité pour la langue française? Mais elle existe déjà. Quel que soit le pays, ses dames veulent toutes découvrir le French kiss. Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que c'est, mais je fait de mon mieux selon mes inclinaisons (faut avoir un penchant).

Bon, plus sérieusement, je ne ressent pas le besoin de jouer les missionnaires pour la langue française. C'est une belle langue, mais aussi, et il faut le reconnaitre, une langue très difficile à apprendre, par rapport à l'anglais. A l'heure actuelle, le volume de communications internationalles augmente de façon exponentielle, et il nous faut une langue commune, et une seule, pas 20. Ca aurait pu être le Français, mais manque de bol, c'est les rosbifs qui nous ont fauché le beefsteak.

D'un point de vue objectif, l'anglais présente de bonnes caractéristiques. 26 lettres, au coeur du code ASCII (Jamais de problèmes à ce niveau là. Alain ou Thierry pourrait sans doute nous parler des merveilles de l'unicode et du plaisir qu'il y a à essayer de taper en Japonais). Une grammaire simple et directe, un très grand nombre d'ouvrages de référence (dictionnaires, glossaires,...), "The Works"

Quelle qu'elle soit, il nous faut une langue commune, et je pense que l'anglais satisfait pleinement aux exigences de la communication. Le but de la langue, c'est essentiellement de faciliter la communication, et en l'absence d'une langue commune, la communication à l'echelle planétaire reste impossible. La traduction est une solution temporaire et imparfaite, à mon sens.

L'Asie émerge en temps que puissance économique, et IMO, il n'est pas du tout impossible que dans les années à venir, l'Asie devienne LA puissance économique dominante. Pourtant, je ne pense pas qu'une des langues asiatiques en vienne à remplacer l'anglais. L'économie n'est pas le seul facteur.


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Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 06:30
Member
Italian to French
+ ...
Un article éclairant Dec 1, 2003

http://www.lefigaro.fr/international/20031201.FIG0095.html

Sûr que c'est pas prêt de s'arranger...

Ciao, Jean-Marie


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Monique Laville  Identity Verified
Italy
Local time: 06:30
Italian to French
+ ...
Consultats Dec 1, 2003

Merci Victor Hugo.
Tiré de l'article indiqué "...ne comprennent pas que le président Jacques Chirac et le gouvernement affichent de grandes ambitions pour la France sur la scène internationale alors que, dans le même temps, les moyens humains et financiers (...) sont en régression constante».

Pour ma part, j'ai pu constater récemment en demandant des informations à un certain consulat , que les services auxquels je me suis adressée n'avaient pas l'air de crouler sous le travail!
Je précise que j'habite en Italie depuis 18 ans et que ce n'est pas la première fois que je dois faire cette constatation.
Par ailleurs, je déplore la totale indifférence envers les français vivant à l'étranger, en Italie du moins (j'ai vécu aussi à Rome), les contraignant à se débrouiller lamentablement sur place quand ils ne font pas partie de ces "clubs" au sein desquels circulent les informations utiles.
Quelle expérience ont les français de leur séjour à l'étranger s'ils restent confinés dans leur milieu? Et que peuvent-ils apporter au pays dans lequel ils séjournent?


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