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Y a quelque chose qui me turlupine, quand mĂŞme :-)
Thread poster: Jean-Luc Dumont

Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 16:18
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Dec 12, 2003

Salut

Je ne sais combien de fois (pas plus tard qu'il y a 5 minutes), j'ai vu des offres de boulot de traduction où l'agence ou le traducteur, cherchant d'autres traducteurs pour un projet, n'avait même pas la présence d'esprit et/ou la délicatesse de préciser le domaine ou mettre un extrait du texte à traduire...

Et malgré cela, il est précisé qu'une grande qualité de traduction est attendue et requise, of course, et que le prix le plus bas possible doit être proposé.

Et, en dépit de cela, il ya des traducteurs qui postulent.

Comment peut-on se proposer pour un boulot sans savoir de quoi "il retourne", sans une idée de la spécialisation requise et du niveau de difficulté. Comment peut-on dire : "oui, moi, je peux vous le faire pour 5 centimes/mot sans connaître le domaine ni le délai".

Un petit texte de 200 mots, dans un domaine auquel le traducteur ne connait rien à, disons, six "généreux" cents du mot - pour pas faire "cheap" et compte tenu de la concurrence affamée...mais c'est à gerber.

Ah, j'oubliais presque : c'est aussi urgent - bien-sûr c'est toujours "pour hier", à croire que les traducteurs travaillent mieux dans l'urgence.

Cela fait 12 dollars pour deux heures de boulot...au moins et potentiellement mal fait...

De quoi se poser des questions...sur tout et tous

JL


PS - Je le gardais pour la bonne bouche : Translators with minimum rate need not apply - lire "minimum fees" comme me corrige (elle aime bien me le faire) Esther

[Edited at 2003-12-12 22:17]

[Edited at 2003-12-13 00:01]


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BTPLV  Identity Verified
Local time: 16:18
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Qui se ressemble s'assemble Dec 12, 2003

Bonsoir,

Je pense que cela s'explique par un principe économique élémentaire : il existe des fournisseurs pour tous les types de clientèle et des clients pour chaque type de fournisseur.
Si tu ouvres un commerce de bijoux en toc à 2 euros, ne t'attends pas à y recevoir une clientèle fortunée, tout comme les personnes qui achètent un bijou à 2 euros ne s'attendent pas à recevoir de l'or et des diamants.
Le bijouteries de luxe reçoivent une clientèle riche et se gardent bien de proposer du toc.
Le marchand de bagues en toc fait de la publicité tapageuse. Le bijoutier reste sobre et met discrètement en valeur la qualité de ses produits.
Pour le reste, il ne sert à rien de porter des jugements de valeur sur les fournisseurs ou les clients. Une bonne part de leurs motivations nous échappe, de toute façon. Si j'étais croyant, je pense que la seule prière que je formulerais urbi et orbi serait : "rendez-leur la dignité qu'on leur a volée".
Nos pires ennemis sont en nous-mĂŞmes.

Bonne soirée,
Pierre


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Patricia Posadas  Identity Verified
Spain
Local time: 15:18
Member (2002)
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Motivations Dec 12, 2003

J'étais en train de me faire la même réflexion juste avant de lire le message de Jean Luc. Tout de même, il y a peut-être d'autres explications voire d'autres motivations.

La demande est incomplète. Alors peut-être que les personnes ayant répondu voulaient juste des informations supplémentaires. Je l'ai fait moi aussi, répondre pour demander:-) Ou passer un tarif et indiquer: pourvu que ce soit dans mon domaine de spécialisation ou pourvu que ce ne soit pas trop technique.

Mais c'est vrai que je ne le fais plus, je réponds de moins en moins, seulement si je pense être vraiment qualifiée pour le faire et à un tarif raisonnable. Au début je répondais en fonction de ma charge de travail, mauvais critère;-)

Bon WE!

Patricia

[Edited at 2003-12-12 23:00]


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Dec 12, 2003



[Edited at 2003-12-17 00:50]


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 16:18
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certaines réponses doivent être pour information Dec 12, 2003

[quote]Patricia Posadas wrote:

La demande est incomplète. Alors peut-être que les personnes ayant répondu voulaient juste des informations supplémentaires. Je l'ai fait moi aussi, répondre pour demander:-) Ou passer un tarif et indiquer: pourvu que ce soit dans mon domaine de spécialisation ou pourvu que ce ne soit pas trop technique.
quote]

Merci de relativiser Patricia. Je pense aussi que certaines réponses ne sont pas des offres mais simplement des demandes de précisions.

J'ai réagi pour cette dernière annonce, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Merci Pierre pour commentaire, dicton et proverbe

Bien d'accord sur tous les points avec Esther - mais si plus souvent que tu ne penses... Ah des coûts de batte à encourir...


Bon week-end Ă  tous



[Edited at 2003-12-12 23:18]


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BTPLV  Identity Verified
Local time: 16:18
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Tout le plaisir fut pour moi Dec 12, 2003

Il ne fallait pas dire : "Merci Pierre pour commentaire, dicton et proverbe".

Il y a longtemps que je suis blasé face aux annonces d'agences de casting linguistique qui cherchent sans cesse des figurants pour la série "For peanuts".

Non non, à vrai dire, je venais de dévorer un petit livre, mordre une pomme et battre le tapis et il me restait encore suffisamment d'énergie pour frapper le clavier - aller au bout de mes pulsions les plus abjectes.

Douce nuit !
Pierre

PS : tu vois comment on devient à force de traduire les spécifications & paramètres des boulons à bride !


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Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Local time: 16:18
Member
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Comme cela est joliment dit ! Dec 14, 2003

BTPLV wrote:

Il y a longtemps que je suis blasé face aux annonces d'agences de casting linguistique qui cherchent sans cesse des figurants pour la série "For peanuts".



Salut la compagnie.

C'est le seul bémol que je mettrais au succès mérité de Pro Z (Cf. http://www.proz.com/topic/16650 ).

La question des prix est récurrente dans les forums (je fréquente essentiellement le français et l'italien), mais j'imagine qu'il en va de même dans les autres langues, et la politique de Pro Z est sans équivoque en la matière : la législation US interdit toute limitation à ce sujet.

Par ailleurs, ce site ayant une audience mondiale, il est clair que nul ne pourrait imposer un seuil de tarif mondial.

Toutefois, d'après mon expérience en Italie, où les tarifs sont notoirement plus bas qu'en France ou que dans les pays d'Europe du Nord, certaines offres que je vois sur Pro Z me ramènent de 17 ans en arrière, puisqu'elles n'arrivent même pas - ou qu'elles atteignent à peine - les prix qui se pratiquaient ici en 1986, année de ma première traduction.

Y'a donc de quoi se poser des questions, car ce nivellement par le bas ne peut que nuire à nos conditions de travail et au niveau de professionnalisation de l'ensemble de la profession. C'est en tout cas ce que je constate tous les jours sur le marché italien, où certaines agences décrochent encore des adjudications publiques avec des prix en dessous de 15 Euros la page (200 mots), l'offre moins-disante étant le seul critère de sélection.
Quant à la qualité...

C'était juste une réflexion. Ciao,

Jean-Marie

P.S. Une idée au passage : en relisant « ...il est clair que nul ne pourrait imposer un seuil de tarif mondial », je me dis qu'un site tel que Pro Z pourrait peut-être "conseiller" au lieu d'imposer, ce qui ne contreviendrait -je pense- à aucune législation et aurait le mérite de donner des "indications" en la matière



[Edited at 2003-12-14 05:32]


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ALAIN COTE  Identity Verified
Local time: 00:18
Japanese to French
Paradoxe Dec 14, 2003

victorhugo wrote:
l'offre moins-disante étant le seul critère de sélection.


... paradoxalement, l'offre moins-disante en dit long sur la qualité du résultat à espérer.



Simple gag, nous savons tous que c'est un peu plus complexe que ça. Que personne ne sorte la hache de guerre...


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 12:18
Member (2002)
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Ă€ qui la faute ? Dec 14, 2003

C’est l’éternelle discussion sur les bas tarifs.

Moi j’ai connu le monde de la traduction en pleine période de mondialisation, d’Internet et de ProZ. Le hasard a voulu que je me trouve à ce moment là dans un pays du sud, vous savez, un de ceux où l’on ne peut vivre de ce métier, où il y a des écoles de traduction privées qui ne tiennent pas compte du marché, où l’on croit que toute secrétaire bilingue est bilingue et donc traductrice, où tout professeur de langues est sensé être capable de faire de bonnes traductions, où les traductions se font le soir après le « boulot », etc, etc. Mais grâce aux outils que j’avais en main mon école n’a pas été le marché local ou la mentalité environnante, mais un site international où l’on entend tous les sons de cloche, où l’on côtoie toute sorte de traducteurs, ayant fait des études de traduction, n’en ayant pas fait, avec ou sans expérience, de pays où la traduction est considérée un métier et d’autres où elle n’est que le moyen d’arrondir des fins de mois difficiles...

Je me disais (et je continue à me le dire, mais avec un peu plus de nuances) qu’il suffisait de mettre à la portée de ceux qui ont perdu leur dignité, comme dit Pierre, ou j’ajouterai de ceux qui n’ont jamais su que dignité et traduction pouvaient aller de paire, les moyens que j’avais eu moi pour bien démarrer.
J’ai essayé.
Le tarif local standard (payé au traducteur) se situe aux environs de 20-24 pesos par mot. Les agences payent un peu moins (17-20). J’ai connu des gens qui traduisaient pour 15. Je croyais avoir tout vu quand j’ai connu quelqu’un qui avait dégotté un contrat enviable pour beaucoup, toutes les traductions d’une entreprise minière, à 10 pesos. Pour les grosses agences, le summum c’est les traducteurs en poste interne. Parce qu’elles, elles ont compris qu’il faut aller chercher le client à l’étranger, et sous-traiter avec des locaux rémunérés à salaire fixe. Elles assument les risques de non payement (elles peuvent, et c’est une des choses qui fait le plus peur aux traducteurs autonomes que j’ai connus), elles sont extrêmement exigeantes sur la qualité, et l’on se dispute une place chez elles pour pouvoir « vivre de son métier » ou de ce pour quoi on a étudié.

Bref, cela ressemble fort à une impasse, et je continue à penser que ce site est une excellente école pour apprendre et faire ouvrir les yeux à ceux qui n’ont jamais vu autre chose.

Et je n’ai pas encore trouvé mieux pour lutter contre le nivelage par le bas des tarifs que de s’interdire de pratiquer des tarifs nationaux à échelle internationale.

Les offres à tarifs dérisoires...laissez passer. Je l’ai compris quand j’ai connu les gens disposés à travailler pour 15 pesos, puis pour 10, je crois qu’ils sont pris dans un cercle infernal. Mais il y aura toujours quelqu’un disposé à les prendre.


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 16:18
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Domaine et délai Dec 14, 2003

Je tiens à préciser que mon "étonnement" portait surtout sur le fait que l'annonce ne faisait mention d'aucun domaine ni délai pour la traduction - un document très court et urgent. Et que ce n'était pas la première fois que j'observais cela. Je ne me vois pas répondre à une telle annonce, et encore moins proposer un prix "bas" dans (l'absence de) ces conditions.

Le triptyque de la traduction :

Domaine (spécialisation/difficulté)

Délai (stress/difficulté/besoins)

Prix (motivation/besoins)

Tableau final - Traduction de qualité (suivant le talent de l'artiste avec une petite dose de sujectivité)


Le seul "côté" du triptyque qui puisse paraître une constante, au départ, est le domaine. Et là même, le degré et la notion de spécialisation du traducteur sont subjectifs. Les autres "panneaux" varient ou sont plus ou moins acceptables en fonction du contexte économico/linguistique et des compétences (liées au domaine) de chaque traducteur.

Claudia

D'accord avec toi dans les grandes lignes.

Je n'ai jamais cherché à encourager la zizanie ou à envenimer la situation entre traducteurs du Nord ou du Sud, même si c'est plus souvent sur les points Est-Ouest que portent les commentaires. Dans les fils précédents sur le sujet j'ai souvent pris position pour le Sud, ou plutôt pour la réalité auxquels les traducteurs sont confrontés.

Le monde de la traduction, comme le site, est "global" ; mais les niveaux de vie sont différents suivant les régions ou pays, quand ce n'est pas entre la ville et la "campagne" dans un même pays. Donc, les besoins (relatifs) et les jugements sur ce qui fait qu'un tarif est raisonnable ne peuvent que différer.

Cela dit, comme Jean-Marie, je constate que les tarifs offerts aux traducteurs en France et aux USA sont plus bas qu'il y a 15 ans. Si l'on rapporte cela à l'inflation et à l'augmentation du coût de la vie, ce "bas" blesse.

A qui la faute ? Serait-ce la rançon d'Internet qui permet, en quelque sorte, une "délocalisation" des services de traduction. Seulement pour une petite partie, ce serait trop simple. Il y a aussi qu'il y a de plus en plus de traducteurs, dans un même pays et partout dans le monde. D'un autre côté, la demande et les besoins en traduction ont explosé. Alors pourquoi les tarifs restent-ils aussi bas au niveau du traducteur, compte tenu du temps et des compétences requises ?

Pour prendre l'exemple de la France ou des USA. Il y a des traducteurs qui prennent des boulots à 5 centimes/mot en France. Ils acceptent des prix bas pour la France pour différentes raisons : manque d'expérience, besoin d'argent urgent ou compromis pour acquérir un nouveau client/de l'expérience dans un nouveau domaine. Pas de mal à ça. A chacun suivant ses besoins, comme disait l'autre. On fait ce qu'on peut, je suis sûr qu'ils accepteraient 8 centimes, si les tarifs moyens étaient à 10.

Les "maquilladoras" de la traduction sont-elles possibles ? Je ne le crois pas. Il ne s'agit pas de fabriquer des bassines plastiques ni même de l'assemblage des pièces d'une voiture ou d'un ordinateur -ce qui nécessite une main d'oeuvre qualifiée mais pas de parler une autre langue.

La matière première de la traduction c'est la matière grise : les compétences linguistiques et techniques du traducteur. Jusqu'à preuve du contraire, celles-ci ne sont pas indépendantes du traducteur.

Donc, pour offrir des traductions pas chères il faut que, s'il souhaite vivre décemment, le traducteur - avec les compétences linguistiques requises - se trouve déjà ou aille s'installer dans un pays où le coût de la vie est très bas.

Dans de nombreux secteurs, l'on a vu que les "travailleurs" des pays riches ne peuvent résister à la concurrence des pays dit pauvres où la main d'oeuvre est bon marché. Voir, la Chine et les USA ; voir l'acier, la petite industrie. Première réaction des travailleurs "lésés", en "vouloir à ceux qui leur prennent leur travail", à première vue les ouvriers des pays pauvres, quitte à dire ou insinuer ou vouloir se persuader que la qualité "là-bas" n'est pas aussi bonne. Je passe sur les relents racistes suivant la géographie.

Deux erreurs :

On l'a vu avec l'exemple de l'industrie automobile américaine. La main d'oeuvre et la qualité des voitures américaines n'étaient pas meilleures. Pour des raisons socio-culturelles et économiques.

Le vrai responsable c'est l'employeur et la politique du plus gros profit au mépris de ses anciens employés et/ou de la qualité, suivant les cas.

Or, en ce qui concerne les traductions, si le critère principal est la qualité et si l'on considère - comme cela semble admis dans la profession - que la qualité exige que la traduction soit faite par un traducteur dans sa langue maternelle, alors les maquilladoras qui ne travaillent pas dans "leur langue" ont un gros problème de qualité car elles devront importer toute la matière première et la matière grise pour satisfaire ce critère.

Maintenant, l'exigence de la qualité du produit final passe par l'offre et la demande. Le décideur final c'est le client et l'acheteur final qui peut s'accommoder d'un compromis sur la qualité si le prix est très intéressant.

Si le fournisseur se fiche de la qualité et son client également alors vive la délocalisation et il faut que j'ouvre une crêperie.

Si les clients veulent plus que des traductions-machine ou de la mauvaise qualité, alors traducteurs de tous pays, unissez-vous pour faire cesser le nivellement par le bas et l'exploitation des traducteurs en général, par qui et où que ce soit.

Maintenant, l'on ne peut généraliser et il y a de bons traducteurs dans tous les pays, suivant les langues et les domaines de spécialisation. On ne peut mettre en concurrence ce qui n'est pas comparable.

Les tarifs en Inde sont moins chers qu'en Roumanie qui est plus chère que l'Italie où les tarifs sont moins moins chers qu'en France où c'est moins cher qu'aux USA. Qui est la maquilladora de qui ?

Doit-on faire des appellations contrôlées comme pour le Camembert et la feta ?

Certaines agences ou clients demandent et disent que les bonnes traductions en "francais" sont faites en France et par des Français... Well, je ne suis pas en France, est-ce que cela fait de moi un mauvais traducteur. Selon le pays où je vis, je pourrai être plus cher ou moins cher qu'un Français de France, et pas forcément meilleur ou moins bon.

JL

Le fil est parti sur une annonce parue dans Pro Z, mais ne vise pas Pro Z. C'est juste une observation sur ce qui se fait dans la profession, avec ou sans Pro Z. Le problème des tarifs est-il favorisé ou non par de tels forums, je ne sais pas. Mais l'idée de la recommandation "éthique" proposée par Jean-Marie me paraît excellente - a minima.

JL
[Edited at 2003-12-14 23:52]



[Edited at 2003-12-15 02:34]


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Dec 14, 2003



[Edited at 2003-12-17 00:20]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 12:18
Member (2002)
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JL Dec 15, 2003

Je tiens à préciser que mon "étonnement" portait surtout sur le fait que l'annonce ne faisait mention d'aucun domaine ni délai pour la traduction - un document très court et urgent. Et que ce n'était pas la première fois que j'observais cela. Je ne me vois pas répondre à une telle annonce, et encore moins proposer un prix "bas" dans (l'absence de) ces conditions.

Je sais, mais ça c’était dans ton message original et petit à petit la discussion avait dévié. J’ai pensé à faire signe en disant « je m’éloigne un peu plus du sujet » mais j'aurais fait encore plus long. Mais au sujet de ton message je n'avais rien à ajouter, sinon que je te donnais raison et que les seules éventuelles explications que j'y voyais étaient celles avancées par Patricia.

Claudia

AĂŻe ! Tu me fais peur

Je n'ai jamais cherché à encourager la zizanie ou à envenimer la situation entre traducteurs du Nord ou du Sud, même si c'est plus souvent sur les points Est-Ouest que portent les commentaires . Dans les fils précédents sur le sujet j'ai souvent pris position pour le Sud, ou plutôt pour la réalité auxquels les traducteurs sont confrontés.

Je ne l’ai jamais ressenti comme cela, ce sont des sujets qui peuvent être gênants quand on les prend personnellement, ce n’est pas mon cas (euhhh on n’est pas beaucoup à prendre le contrepied d’ailleurs).
Je ne commente pas tout, mais en général je suis d’accord quand j’ai coupé

A qui la faute ? Serait-ce la rançon d'Internet qui permet, en quelque sorte, une "délocalisation" des services de traductions. en partie oui, mais ce serait trop simple. Pour prendre l'exemple de la France ou des USA. Il y a des traducteurs qui prennent des boulots à 5 centimes/mot en France. Ils acceptent des prix bas pour la France pour différentes raisons : manque d'expérience, besoin d'argent urgent ou compromis pour acquérir un nouveau client.

Oui, après avoir envoyé mon message je me suis dit que j’aurais dû en parler aussi. Dans tous les pays il y a des casseurs de prix, non ?



Donc pour offir des traductions pas chères il faut que, s'il souhaite vivre décemment, le traducteur - avec les compétences linguistiques requises - se trouve déjà ou aille s'installer dans un pays où le coût de la vie est très bas.
Il faudrait déjà en convaincre un certain nombre du fait qu’il est possible de vivre décemment de la traduction. Et que donc on ne peut pas se laisser entraîner par le courant en aval.

Deux erreurs :
On l'a vu avec l'exemple de l'industrie automobile américaine. La main d'oeuvre et la qualité des voitures américaines n'étaient pas meilleures. Pour des raisons culturelles et économiques.
J’ai pas compris l’allusion ici.

Le vrai responsable c'est l'employeur et la politique du plus gros profit au mépris de ses anciens employés et/ou de la qualité, suivant les cas.
Or, en ce qui concerne les traductions, si le critère principal est la qualité et si l'on considère - comme cela semble admis dans la profession - que la qualité exige que la traduction soit faite par un traducteur dans sa langue maternelle, alors les maquilladoras qui ne travaillent pas dans "leur langue" ont un gros problème de qualité car elles devront importer toute la matière première et la matière grise pour satisfaire ce critère.

Si je te suis, il faudrait convaincre les clients d’acheter...français, belge, canadien...quand ils sont Français, Belges, Canadiens.

Cela me rappelle une étude de marché que j’ai dû faire il y a quelque temps. J’en avais parlé à l’époque sur le forum. Elle devait se faire aux États Unis, en Espagne et en France et il fallait interviewer des responsables du rayon épicerie de supermarché et des grands cuisiniers. C'était pour un produit chilien, dérivé du vin (du verjus), qui est produit dans les pays viticoles (France, Italie...). Les personnes chargées de l’étude ont d’abord essayé de la faire en anglais (en France). Cela n’a pas marché avec les Français et c’est là que l’on a fait appel à moi. Un grand chef cuisinier m’a répondu, quand je lui ai demandé où il achetait ce produit, que d’abord il achetait les produits de sa région, s’il n’y en avait pas il achetait français, et si la France n’en produisait pas il achetait européen.
J’avais trouvé cette réponse assez percutante, illustrative de toute une mentalité intéressante comme phénomène culturel, mais en voie de disparition je crois bien.
Je me trompe peut-être, mais pensez-vous que l’on puisse continuer à raisonner de la sorte ? Ces grands chefs recherchaient des produits de qualité et ne regardaient pas nécessairement le prix. Ceux qui étaient le plus regardants recherchaient un bon rapport qualité-prix. Il y en a un qui m’a dit « Si c’est trop bon marché, c’est de la merde ». Alors...on pourrait établir un parallèle entre ces cuisiniers et les clients. Il y a des clients qui recherchent de la qualité et sont disposés à en payer le prix. Mais des grands chefs cuisiniers il y en a moins que de simples cuisiniers.

Si le fournisseur se fiche de la qualité et son client également alors vive la délocalisation et il faut que j'ouvre une crêperie.
Si les clients veulent plus que des traductions-machine ou de la mauvaise qualité, alors traducteurs de tous pays, unissez-vous pour faire cesser le nivellement par le bas et l'exploitation des traducteurs en général, par qui et où que ce soit.

Oui, c’est le sens de mon message. J’ai mis nivelage parce que mon nivellement avec un seul L était refusé par Word, mais mon cher Robert m’a autorisée à mettre nivelage.

Les tarifs en Inde sont moins chers qu'en Roumanie qui est plus chère que l'Italie où les tarifs sont moins moins chers qu'en France où c'est moins cher qu'aux USA. Qui est la maquilladora de qui ?

C’est aussi ce que je voulais dire. Il y a toujours mieux loti que soi et moins bien loti également. On ne peut pas non plus se mettre dans la poche de son voisin ni juger du prix de sa dignité. Mais la dignité a un prix, et on n’en a conscience et on ne peut le chiffrer que quand on sent qu’on est allé trop bas. Au sens propre comme au figuré. Et j’en parle en connaissance de cause, c’était une expérience saisissante. J’ai dépanné un ami, tarif local, niveau d’exigence exposant dix, mais le client final n’était pas local et c'était un procès dans lequel il y avait beaucoup d'argent en jeu, les avocats étaient Amé... pardon, Étatsuniens et Européens et j’ai su que j’étais allée trop bas (désolée pour le hors sujet).

Certaines agences ou clients demandent et disent que les bonnes traductions en "francais" sont faites en France et par des Français... Well, je ne suis pas en France, est-ce que cela fait de moi un mauvais traducteur. Selon le pays où je vis, je pourrai être plus cher ou moins cher qu'un Français de France, et pas forcément meilleur ou moins bon.

Recherche identité désespérément
Tu as déjà la langue maternelle, tu es moins handicapé que moi

Ton « Claudia » m’a mise sur la défensive, sans toutefois me sentir visée. O, on débat et on essaie d’y voir plus clair, n’est-ce pas ? La mondialisation est arrivée sans mode d’emploi

(Esther, je te reviens)


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 16:18
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Au parfum Dec 15, 2003

Salut Claudia

Pardon si je n'ai pas été clair avec mon allégorie à la Détroit

Ce que je veux dire c'est que les coupables ce sont la rentabilité et le profit à outrance qui conduisent certaines agences et des clients à préférer économiser sur la traduction, traduire sur le dos des traducteurs. Si je suis traducteur - dans quelque pays "pas cher" de langue anglaise ou espagnole, et que je suis bon, cela me fera sûrement mal au coeur d'être payé 3 cents du mot alors qu'en habitant dans un autre pays - USA, Espagne ou GB, mes tarifs seraient 3 fois supérieurs. Mais cela, évidement, ne marche pas pour toutes les langues et pays.

Bien sûr - je ne suis pas naïf - pourquoi payer cher quand on peut l'avoir bon marché. Mais pour être logique le bon marché se paie autrement, généralement sur la qualité et / ou le long terme : le client ne revient pas.

Dans le domaine de la traduction, si je suis une agence et que je fais faire mes traductions vers le français par des "francophiles" dans des pays "bon marché", je n'aurais pas dans la plupart des cas une meilleure qualité que si la traduction est faite par des Francophones, dans leur langue maternelle. Est-ce que l'économie en vaudra la chandelle ? Tout dépend de la qualité du traducteur "francophile". Il/elle peut être meilleur(e) qu'un Français pur poil, suivant son éducation, sa motivation, sa conscience professionnelle et ses connaissances (techniques) dans le domaine.

J'ai lu un fil anglophone oĂą un traducteur demandait : exiger un traducteur de langue maternelle, est-ce de la discrimination ?

Je dirais que cela semble logique à première vue mais que cela peut être seulement une simplification des agences, pour limiter les risques. Les circonstances de la vie d'un traducteur font que la personne peut parler plusieurs langues a un très bon niveau. Mon père est né en Turquie, de mère russe et père français. Il a fait toute sa scolarité dans des établissements italiens - quelle était sa langue maternelle ? Ses meilleurs copains : un grec et un turc avec qui il parlait grec et turc, tous les jours.

Le premier ouvrier turc qu'il a voulu aider à acheter des poulets "vivants" sur un marché de Provence (thym, garrigue et tutti quanti) a eu peur croyant qu'il était de la police secrète turque.

Un traducteur dans une situation similaire a répondu, dans le fil, que pour lui ses langues maternelles étaient l'italien et l'anglais mais qu'avec un nom de famille arabe, il avait du mal a convaincre les agences.

Difficile de se faire une idée de la qualité d'un traducteur sans un échantillon de traduction ou sans avoir déjà travaillé avec la personne.

En ce qui concerne France, Belgique et Canada, etc... Tout dépend du document mais je sais que je ne pourrais être sûr de ma traduction pour le Canada ou la Belgique. Cela a déjà été abordé ici par Alain et Esther, je crois. Ma traduction serait, au minimum, à corriger par un traducteur du pays cible pour s'assurer du parfum local.

Cela rejoint ce que dit un traducteur indien. Un texte traduit par un anglais, né à Oxford et diplômé de Cambridge, ne sera pas aussi "lisible" en Inde que si lui, Indien, le traduit en anglais de l'Inde pour des lecteurs indiens.

JL



[Edited at 2003-12-15 01:16]

[Edited at 2003-12-15 02:38]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 12:18
Member (2002)
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vu de l'autre monde... Dec 15, 2003

Je ne sais pas ce que tu as en tête, mais j'ai tendance à voir exactement le contraire, c'est-à-dire que ce site offre une image déformée du monde de la traduction professionnelle, qui n'a rien à voir avec le marché réel, ni quant aux tarifs en vigueur, ni quant aux méthodes de recrutement de pigistes réguliers.


Je m’en doute. C’est pour cela que j’ai bien précisé que je suis née dans ce monde de la traduction et que je n’ai pas connu celui dont vous parlez toi, Jean-Luc, Jean-Marie (et les autres).
Es-tu sûre qu’il offre une image déformée de la traduction professionnelle ? Ne serait-ce pas la traduction professionnelle qui est en train de changer ? Quel est le marché réel ? Ne serait-il pas en train de changer également ?

Lorsque j’ai commencé à me faire les mêmes réflexions que tu te fais (grâce aux commentaires, critiques, coups de gueule que l’on voit ici), je me suis aussi demandé pourquoi on y trouvait des traducteurs « professionnels, qualifiés, expérimentés, qui vivaient bien de leur métier, qui n’avaient pas besoin de ProZ comme fournisseur de clients, qui résidaient dans des pays où la traduction était un métier digne de ce nom, etc, etc. ». Je me disais que si dans ce site on ne trouvait plus que des Sud-américains, des Indiens et des ...(complétez avec ce que vous voulez, je ne veux pas continuer à vexer du monde) il n’aurait plus aucune valeur et à ce moment là, oui, ce serait ce qu’on lui a reproché (à tort, mais ce n’est que mon avis), une foire de traducteurs bon marché.
Je n’ai pas trouvé de réponse à toutes mes questions, et je n’ai jamais demandé aux traducteurs qui correspondent à cette description « pourquoi ». J’imagine que la réponse n’est pas facile à trouver non plus.
Mais je me suis dit que leur (votre) présence était indispensable pour que l’on puisse « tirer vers le haut ». Qui en bénéficierait ? Tout le monde. Parce que tout le monde a intérêt à faire valoir le métier, la qualité, le professionnalisme (même si ce mot commence à être galvaudé, surtout dans les forums).

Les tarifs les plus élevés que j'aie vus sur ProZ.com dépassent rarement la moitié de ce que les agences convenables paient aux États-Unis (à New-York, tout au moins).

Tout est relatif comme disait Jean-Luc.
Un traducteur Étatsunien me disait il y a deux ans que le tarif était de 0,10 $ US /mot (je ne rentre pas dans le détail technique/ non technique).
J’ai réalisé une traduction (à mes débuts) pour une agence de ce pays. Cette agence travaillait pour une agence canadienne et le client final était Nestlé (Suisse). Le prix payé était 0,05. Évidemment, on ne pouvait pas payer plus, puisqu'il fallait en laisser pour tous les intermédiaires. Ce sont ces anecdotes qui permettent de tirer des leçons. Conclusion : ce n'était pas une agence convenable ? Peut-être. Mais ils ont payé le prix annoncé, ils étaient donc corrects. En tout cas, c'était une agence à éviter si on avait mieux.

On demande des soumissions pour faire de la traduction d'emballages et l'on donne un "test" à traduire et à soumettre avec l'offre de service. Or quiconque a effectivement fait de la traduction d'emballage est à même de reconnaître que le "test" représente le contenu intégral de ce qui figurera sur l'emballage.

J’ai mieux.
Il y a ceux qui postent la traduction dans les KudoZ. Et quand on leur demande pourquoi ils traduisent dans cette paire qui n’est pas la leur ils ont le culot de dire que leur traducteur vers le français est malade ou a oublié de traduire une page. Il y en a un qui a fait le coup au moins deux fois, mais il sait désormais que je l’ai à l’oeil. Je suis d’accord, c’est révoltant. Il faut squasher, indépendamment du nombre de questions. Le règlement ne peut pas prévoir tous les cas d’abus, mais nous pouvons réagir quand nous l’identifions. Celui qui le présente comme test donne en plus l’espoir...vicieux tout ça.

En terme de mots, ce n'est pas beaucoup, et il n'est pas difficile pour une agence de le faire à répétition sans attirer l'attention

Pas tant que ça. Si l’on prévient les modérateurs on les suivra plus particulièrement.

-- à la différence de celles qui donnent 2 000 mots différents à chacun des postulants, jusqu'à ce que leurs 10 000 ou 12 000 mots soient entièrement traduits gratuitement.

Ça, c’est un autre problème. Il y en a qui ont suggéré d’imposer de mettre l’intégralité des tests sur la page d’offre de job sur ProZ. C’est une idée, mais malheureusement utopique. Il s’avère que les « agences » (entre guillemets, parce que ce sont seulement certaines agences), font du chantage. Et ça marche. Non seulement avec les tests, ça marche aussi pour le Blue Board (c’est l’explication que je me donne quand je vois des clients très réguliers, qui ont un historique de jobs « copieux » et qui n’ont jamais été évalués. Comment expliquez-vous cela ?)

Par ailleurs, le coût n'est pas le seul facteur dans le choix des traducteurs, ni même la qualité. Et ici, je dois dire qu'il y a des choses qui m'échappent. Pourquoi, par exemple, tant de compagnies canadiennes font-elles faire leurs traductions à New-York à un coût plus élevé qu'au Canada? Ou pourquoi une agence d'ici pour qui je travaille à l'occasion et qui a un bureau à Paris me supplie d'accepter une traduction de l'anglais au français pour la France (à 0.15/mot, pas des pinottes), comme s'il était impossible de trouver quelqu'un à Paris? Mystère et boule de gomme!

Bizarre, effectivement. Un excellent traducteur Européen connaissant très bien le marché canadien m’a dit un jour : « Les Canadiens sont de bons terminologues mais les Français sont de bons traducteurs ».
J’essaie de comprendre, j’essaie...

[Edited at 2003-12-15 03:32]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 12:18
Member (2002)
Spanish to French
+ ...
Ça bouge Dec 15, 2003

Si je suis traducteur - dans quelque pays "pas cher" de langue anglaise ou espagnole, et que je suis bon, cela me fera sûrement mal au coeur d'être payé 3 cents du mot alors qu'en habitant dans un autre pays - USA, Espagne ou GB, mes tarifs seraient 3 fois supérieurs.

À condition de savoir que « tu es bon » et que tes tarifs, ailleurs, pourraient être 3 fois supérieurs.
Comment sait-on ce que l’on vaut ? Je sais comment on sait ce qui se passe ailleurs, mais sa propre valeur, comment la connaît-on ? J’ai ma petite idée, mais j’aimerais en entendre d’autres.

Tout dépend de la qualité du traducteur "francophile". Il/elle peut être meilleur(e) qu'un Français pur poil, suivant son éducation, sa motivation, sa conscience professionnelle et ses connaissances (techniques) dans le domaine.

Donc ? Il est difficile d’établir une règle, n’est-ce pas ?

J'ai lu un fil anglophone oĂą un traducteur demandait : exiger un traducteur de langue maternelle, est-ce de la discrimination ?
Je dirais que cela semble logique à première vue mais que cela peut être seulement une simplification des agences, pour limiter les risques. Les circonstances de la vie d'un traducteur font que la personne peut parler plusieurs langues a un très bon niveau.

Un autre éternel débat celui-là. Je plaide la cause de ceux qui sont jugés pour leur nom, leur nationalité ou pour leur pays de résidence. Donnez leur l’occasion de montrer ce qu’ils valent avant de juger. Et tant qu’on parle de jugement, si l’on essayait de se poser un peu moins en juges ce serait pas mal non plus (et je parle en général, je ne vise personne en particulier). Plus qu’un moyen de limiter les risques cela peut être tout simplement un moyen d’éliminer des candidats et de réduire le travail de sélection.

Un traducteur dans une situation similaire a répondu, dans le fil, que pour lui ses langues maternelles étaient l'italien et l'anglais mais qu'avec un nom de famille arabe, il avait du mal a convaincre les agences.

Tu sais, j’ai la nationalité française et mon mari a un nom bien français. Mon côté rebelle doit y être pour quelque chose dans ma volonté de ne pas l’afficher. C’est une façon de me révolter contre les préjugés de ce genre, j'en fais une lutte de tous les jours.

Difficile de se faire une idée de la qualité d'un traducteur sans un échantillon de traduction ou sans avoir déjà travaillé avec la personne.

Bingo ! C’est exactement ce que je dis « donnez une chance avant de juger ».

En ce qui concerne France, Belgique et Canada, etc... Tout dépend du document mais je sais que je ne pourrais être sûr de ma traduction pour le Canada ou la Belgique. Cela a déjà été abordé ici par Alain et Esther, je crois. Ma traduction serait, au minimum, à corriger par un traducteur du pays cible pour s'assurer du parfum local.
Cela rejoint ce que dit un traducteur indien. Un texte traduit par un anglais, né à Oxford et diplômé de Cambridge, ne sera pas aussi "lisible" en Inde que si lui, Indien, le traduit pour des lecteurs indiens.


Tu ne traduis donc que pour le marché français ?
Cela fait pas mal de temps que je me suis faite à l’idée que quand je traduis, la plupart du temps c’est pour un site web, et qu’il n’aura pas trois versions d’espagnol et trois versions de français. Il en aura une pour chaque langue, avec un drapeau on ne peut plus réducteur.

Permettez-moi une métaphore.

Vous connaissez les tremblements de terre ? Vous en avez vécu ?
Quand on naît sur une terre de tremblements de terre, qu’on est élevé dans les alertes « tremblement de terre » à la maison, à l’école, qu’on a acquis les réflexes de mise à l'abri, de dégagement d'issues, etc., on vit avec comme si c’était quelque chose de naturel. Et tout d’un coup l’on rencontre un étranger tout blême, tout ému et encore ébranlé par la secousse et l’on prend conscience de cette différence.
J’ai l’impression que beaucoup sentent la terre bouger pour la première fois.
Ce n’est pas moi qui la fais bouger, donc inutile de me regarder. Mais la terre bouge, et il vaut mieux être préparé pour les tremblements. Et cette préparation ne pourra se faire qu'ensemble.

[Edited at 2003-12-19 02:11]


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