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Off topic: Ah Que c'est seulement du Sesse de la Drogue et du Rokanerolle
Thread poster: Thierry LOTTE

Thierry LOTTE  Identity Verified
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Jan 13, 2004

Dans le toujours si indispensable (et parfois si drôle…) Courrier International j’ai trouvé cet article qui m’a bien fait rire… L’auteur en est Stuart Berman (Responsable des pages musique au magazine Eye Weekly de Toronto) et j’ai bien peur qu’un jour ou l’autre, nous ne soyions tous concernés d’une façon ou d’une autre.

www.courrierinternational.com


SOMBRER DANS LE RIDICULE OU BIEN SE RÉINVENTER

Pourquoi les rock stars vieillissent mal en général
David Bowie, Mick Jagger, Paul McCartney, Bob Dylan, Tom Waits : ils ont la soixantaine ou presque et continuent de dominer la scène rock. Mais comment durer dans cette musique qui tire son essence d'une révolte et d'une énergie sexuelle toutes juvéniles ? L'analyse d'un critique musical canadien.


TORO
Toronto
Avant que Pete Townshend ne soit soupçonné de pédophilie, ce qui catapulta le morceau des Who The Kids Are Alright [Les enfants sont sympas] en tête de la liste des chansons les plus malencontreuses de tous les temps, ce qui l'embarrassait le plus, c'était ce célèbre passage de My Generation où il disait qu'il espérait mourir avant de devenir vieux ["Hope I'll die before I get old"]. Depuis cinquante ans, le rock a réussi à venir à bout de redoutables adversaires qui avaient pourtant juré sa perte, de l'extrême droite aux groupes religieux, en passant par le disco ou La Macarena. Mais il y a un ennemi qu'il n'est pas parvenu - et qu'il ne parviendra jamais - à vaincre : la vieillesse.
La profession de foi des Who en 1965 était on ne peut plus claire : s'ils devaient un jour choisir entre le dentier et la tombe, les vrais rebelles préféreraient la tombe. La peur de vieillir a toujours été une composante aussi essentielle du rock que le sexe ou les drogues, comme en attestent When I'm Sixty-Four [Quand j'aurai 64 ans] des Beatles, l'impitoyable "What a drag it is getting old" [Quelle barbe de devenir vieux !] de Mick Jagger dans Mother's Little Helper, les avertissements de David Bowie dans Changes ( "Look out you rock'n'rollers/Pretty soon now you're gonna get a little older" [Prenez garde, les rockers/Votre jeunesse n'est pas éternelle]) ou encore la célèbre déclaration de Neil Young : "It's better to burn out than to fade away" [Mieux vaut exploser en vol que s'éteindre à petit feu], une phrase que Kurt Cobain a suivie au pied de la lettre et qu'il a écrite noir sur blanc avant de se tirer une balle dans la tête, à l'âge de 27 ans.
Mais, ces dernières années, beaucoup de dieux du rock ont succombé à des maladies résolument anti-rock'n'roll, des maladies de vieux. George Harrison est mort d'un cancer, Joe Strummer d'une crise cardiaque et Maurice Gibb d'un arrêt cardiaque consécutif à une occlusion intestinale. (John Entwistle des Who a au moins eu la décence de mourir d'une bonne vieille overdose de cocaïne.) Ceux qui sont toujours debout ont bien été contraints de se regarder dans le miroir. Malheureusement, tous n'en ont pas conclu que les pantalons en cuir moulants ne leur allaient plus comme avant...
Pour ce qui est de vieillir, les rockers partent avec un net désavantage sur les autres artistes. A Hollywood, les acteurs qui prennent de la bouteille ne sont pas mis au ban de la société, ils sont récompensés par des oscars. Ce vieux schnock de Sean Connery, par exemple, peut encore espérer figurer sur la liste des cinquante personnalités les plus sexy du moment. Le peintre Salvador Dalí continuait de faire des ravages à 70 ans bien sonnés. Et quand l'écrivain William Burroughs est mort, à 83 ans, il avait quasiment acquis le statut de rock star.
Même dans les autres genres musicaux, comme le jazz, la country et le blues, l'âge est synonyme de respect et donne l'occasion de se réinventer ou d'accéder au statut de star, comme l'ont prouvé Johnny Cash ou les membres du Buena Vista Social Club, qui sont revenus sur le devant de la scène bien après l'âge de la retraite. Dans la country et le blues, on témoigne des conneries que l'on a faites, et le recul et la sagesse qu'apporte la vieillesse rendent cette démarche encore plus authentique. Le rock, lui, parle plutôt des conneries que l'on a envie de faire : tout est dans la menace et dans la provocation, deux choses qui deviennent franchement peu crédibles dans la bouche d'hommes à la calvitie naissante et qui remplissent mal leurs pantalons moulants... Le rock n'est pas la seule forme de divertissement qui s'appuie sur le sex-appeal juvénile pour se vendre, mais c'est la seule qui en tire son essence même. Ne nous voilons pas la face : si des morceaux fondateurs comme I Want to Hold Your Hand [des Beatles] et You Really Got Me [des Kinks] nous procurent des frissons, c'est autant une affaire d'hormones que de guitare électrique.
Alors, quand le rocker vieillissant se rend compte qu'il n'a plus la pêche d'antan, plusieurs possibilités s'offrent à lui : 1) faire semblant qu'on est toujours en 1967 et croiser les doigts pour que personne ne s'aperçoive que le temps a passé (la méthode McCartney) ; 2) tenter par tous les moyens de surfer sur les nouvelles vagues musicales et s'encanailler avec des gens moitié plus jeunes pour montrer qu'on est toujours dans le coup (le syndrome Mick Jagger) ; 3) accepter ses rides, assumer pleinement son statut de vieil enfoiré et en profiter pour imposer une vision du monde désabusée et déjantée à un public entièrement acquis (la méthode du vieux sage excentrique à la Neil Young, Tom Waits et Bob Dylan).
Cela ne veut pas dire que les rockers doivent à tout prix se désexualiser pour continuer d'exister. Quand David Bowie s'est produit dans le cadre du festival Area2, à l'été 2002, l'éclat de ses boucles blondes et de ses dents impeccablement blanches avait de quoi faire pâlir le soleil estival. Mais, au lieu de se contenter d'intercaler des morceaux de son disque de 2002, Heathen, entre ses plus grands succès, il a exhumé de son répertoire des morceaux obscurs et moins connus de la fin des années 70, comme Stay et Be My Wife, qui cadraient parfaitement avec les thématiques de Heathen. Bowie a su donner une nouvelle vie à tous ces vieux morceaux.
Là où ça se gâte pour l'idole du rock vieillissante, c'est quand elle consacre plus d'efforts à entretenir son image qu'à chercher à la réinventer. Paul McCartney a beau avoir accompli des choses remarquables comme arrangeur et comme bassiste, il sera toujours "le mignon des Beatles". Mais il se donne tellement de mal pour coller à son personnage d'auteur-compositeur de chansons d'amour un peu bébêtes qu'il n'a rien produit d'intéressant depuis Band on the Run, avec les Wings, en 1973.
D'accord, il a sorti en douce deux albums techno dans les années 90 (sous le pseudo de "The Fireman") et s'est essayé à la musique classique (Liverpool Oratorio), mais cela ressemblait plus à une façon de meubler son temps libre qu'à autre chose... Puis le 11 septembre 2001 lui a donné un prétexte pour organiser une tournée nostalgique en 2002 ; il aurait même sauvé l'Amérique en interprétant Hey Jude pour la 7 487 694e fois dans des stades de hockey... Cette année, à l'occasion de la sortie de son album live Back in the US, McCartney a fait de nouveau les gros titres pour avoir subrepticement inversé la fameuse signature Lennon-McCartney sur les morceaux des Beatles pour lesquels il estimait sa participation plus importante. Que l'on soit ou non d'accord avec cette permutation, la manoeuvre montre à quel point McCartney est hanté par son héritage.
C'est encore pire pour Jagger : son image de prédateur sexuel et de mauvais garçon ne pouvait en aucun cas résister à son évolution vers l'aristocratie de la pop [il a été anobli le 12 décembre par le prince Charles]. L'homme tient toujours une forme olympique, cela ne fait pas de doute, mais l'âge n'a rien apporté de plus à son oeuvre, bien au contraire. Entendre un sexagénaire se plaindre de ne pas trouver une fille avec qui s'éclater [comme dans Satisfaction ], cela n'a rien de touchant, c'est sordide. Et puis comment prendre la menace apocalyptique de Sympathy for the Devil au sérieux après avoir vu le documentaire de 2001 Being Mick, qui montre l'ancien "midnight rambler" se pavaner dans des garden-parties ultrasnobs et lancer des baisers à Kate Winslet et à sir Elton ?
Contrairement à tant de leurs pairs, les Stones sont sortis des années 60 avec une crédibilité intacte et se sont brillamment adaptés à la période disco, avec des tubes de la fin des années 70 comme Miss You (sans doute parce que Jagger était toujours fourré au Studio 54). Mais leurs récentes tentatives pour se moderniser - comme le fait d'avoir recruté les Dust Brothers, superproducteurs de l'ère électro, pour incorporer du rap dans leur album de 1997 Bridges to Babylon - paraissent particulièrement forcées et ternes (sans doute parce que Jagger n'a jamais mis les pieds dans une fête hip-hop de Brooklyn). Mais, bon, au moins jusqu'ici se donnaient-ils la peine de sortir de nouveaux albums pour justifier la démesure croissante de leurs concerts. La tournée Forty Licks de l'automne 2002 a été organisée dans le seul but de promouvoir l'album du même nom, une énième compilation qui, il faut le reconnaître, incluait une nouvelle chanson d'une humilité inhabituelle, intitulée Losing My Touch [Je ne suis plus dans le coup] - mais, comme par hasard, c'est justement celle que Mick a laissé chanter à Keith.
[…]

Ce que ces artistes perdent en potentiel commercial, ils le gagnent en inspiration - et, pour des chanteurs qui auraient pu partir à la retraite il y a trente ans avec des millions en poche, cela vaut bien plus qu'un nouveau disque d'or. Les rockers qui vieillissent avec grâce ne cessent de réinventer leur mythologie au lieu de s'y complaire. C'est pourquoi ils sont prêts à démonter le mythe pour voir les morceaux qui méritent de renaître sous une nouvelle forme et ceux qui sont bons à jeter à la poubelle. En fin de compte, ils font ce que l'on attend d'eux : parler de leur génération, de l'âge qu'ils ont aujourd'hui.


Stuart Berman*


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Samy Boutayeb  Identity Verified
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Et Johnny ? Jan 13, 2004

Tiens, on n'y parle pas de notre Johnnynnoxydable, dans "Courrier International" ?

Bon, il sait faire parler de lui le vert rocker...

Donc, amis traducteurs, le jour venu, pensez à troquer le clavier contre la guitare...

A+

Samy


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TTV  Identity Verified
France
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BE THE RAIN Jan 15, 2004

"be the rain" by neil young

save the planet for another day
"attention shoppers, buy with a conscience and save"
save the planet for another day
"save alaska! let the caribou stay"
don't care what the governments say
"they're all bought and paid for anyway"
save the planet for another day
"hey big oil, what do you say?"

we were runnin' through the night
never knowin' if we would see the light
paranoid schizophrenic visions
livin' in fear of the wrong decisions

we got to wake up
we got to keep goin'
if they follow us
there's no way of knowin'

we got a job to do
we got to
save mother earth

be the ocean when it meets the sky
"you can make a difference, if you really try"
be the magic in the northern lights
"six days....six nights"
be the river as it rolls along
"it has three eyed fish and it's smellin' strong"
be the rain you remember fallin'
"be the rain, be the rain"

yeah rain was fallin' and we're soakin' wet
hail is beatin' down on our heads
the wind is blowin' through our hair
faces frozen in the frigid air

we got to get there
alaska
we got to be there
before the big machines

we got a job to do
we got to
save mother earth

dream the hunter on the western plain
"the birds are all gone, where did they go?"
dream the fisherman in his boat
"he's comin' home empty, he's barely afloat"
dream the logger in the great northwest
"they're runnin' out of trees, they got to give it a rest"
(there's no other way to cut it)
dream the farmer in the old heartland
"corporate greed and chemicals are killin' the land"

next mornin' sun was up at dawn
she looked around and earth was gone
dark visions he had last night
he needed peace, he needed light

he heard the rumble and
he saw the big machines
the green army rose
it was a bad dream

he had a job to do
he had to
save mother earth

be the ocean when it meets the sky
"greek freighters are dumping crap somewhere right now"
be the magic in the northern lights
"the ice is melting!"
be the river as it rolls along
"toxic waste dumpin' from corporate farms"
be the rain you remember fallin'
"be the rain, be the rain"
save the planet for another day
"be the rain, be the rain"
be the river as it rolls along
"be the rain, be the rain"



©2003 Silver Fiddle Music ASCAP. Lyrics Reprinted by Permission. All Rights Reserved.


http://www.neilyoung.com/greendale_frames.html

NO COMMENT*

*Note du Traducteur: PAS DE COMMENTAIRE


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Susana Galilea  Identity Verified
United States
Local time: 23:47
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Ahhh, merci TTV... Jan 16, 2004

Merci, merci, merci. J'ai vu le "preview" du film la semaine dernière. Faudra y aller.

Amitiés,

Susana Galilea
Accredited Translator, EUTI
sgalilea@ispwest.com
www.accentonspanish.com


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 06:47
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+ ...
Rock and Pop troisième âge...est-ce que ça conserve ? Jan 16, 2004

Je trouve en effet que c'est encore Bowie qui s'en tire le mieux (rides comprises)... et sur le plan musical...

Mais pour 7 ou 8 sexagénaires, combien d'autres et des bons sont morts entre 25 et 35 ans de la drogue ou des ravages de l'alcool,quand ce n'est pas d'accidents cons ou suicidaires

Ah queuh côté français, Johnny paraît de moins en moins ridé mais pas plus éveillé sur les pochettes de ces CD ou à la TV. Eddy Mitchell (comme un bon vin) et Dick Rivers semblent immortels... Dick's middle name should be Otto... (d'aucuns vont jusqu'à dire que c'est le fils - et la face ? - caché de Sim)

Ces mecs qui semblaient vieux avant l'âge du fait de tous leurs excès dans les années 80... (Gainbourg faisait peine à voir) semblent entamer une nouvelle jeunesse...cure de jouvence ou progrès de la chirurgie esthétique...

Y a que le fou de Keith Richards qui a toujours eu l'air d'une momie et il ne boit pas de mauresques, lui.

JL

Ps - Putaing, j'ai failli oublier Tom Jones qui fait un come back... Je l'ai vu à la télé récemment...plus bronzé tu meurs et j'ai vraiment trouvé que sa chanson s'essoufflait... Quand je pense qu'il paraît que ses pantalons collants qui rehaussaient son organe les rendaient "toutes" folles ... je ne parle pas de sa voix


[Edited at 2004-01-16 05:56]


[Edited at 2004-01-16 23:16]


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 06:47
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Ah, Bowie ! Jan 16, 2004

Merci Jean-Luc, je pourrais ouvrir un nouveau fil entier consacré à Bowie !
Comme tu le dis, c'est certainement lui qui s'en sort le mieux. Après le creux de la vague des années 80, il produit depuis presque 10 ans des albums dignes de ceux de ses "grandes années" (74-81), avec une inspiration et une créativité toujours renouvelées.
Et ses concerts sont "vraiment" rock, à l'inverse de ceux de ses compères les Stones ou autres Pink Floyd, qui ne font que répéter sans cesse les mêmes postures et attitudes dépassées, et qui en deviennent vraiment lassants... à mon goût.

Il y a ceux qui vieillissent bigrement bien (Neil Young, Lou Reed a aussi repris du poil de la bête à une époque, Bowie bien sûr) et ceux qui nous resservent toujours les mêmes recettes (les Stones, Bob Dylan quelle plaie lui aussi, Mireille Matthieu...). Quant à "Maca", il n'a jamais été vraiment rock, mais je me souviens l'avoir vu en concert quand j'avais 15 ou 16 ans, il mettait le feu... à condition d'être un fan des Beatles pour apprécier (et moi les Beatles je les avais dans mon biberon).

Bon, à défaut de Rock and Roll, j'ai des roulements à billes qui m'attendent (ça roule aussi, mais c'est pas très rock).

A quand un forum "musique" ?

Sylvain

PS: Otto : je m'incline, Sire !

PS 2 : Un article dans Libé justement, sur Dick "Otto" Rivers : http://www.liberation.fr/page.php?Article=170446

[Edited at 2004-01-16 08:40]

[Edited at 2004-01-16 10:20]


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Susana Galilea  Identity Verified
United States
Local time: 23:47
English to Spanish
+ ...
Eh, oh...touche pas mon Tom ! Jan 16, 2004

JLDSF wrote:
Quand je pense qu'il paraît que ses pantalons collants qui rehaussaient son organe les rendaient "toutes" folles ... je ne parle pas de sa voix
[Edited at 2004-01-16 05:56]


C'était pas le pantalon, c'était la belle p'tite danse niveau hanches...toujours là, d'ailleurs

Il faut tout expliquer, ou quoi

S.G.

[Edited at 2004-01-16 16:43]


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Geneviève von Levetzow  Identity Verified
Local time: 06:47
Member (2002)
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+ ...
David Bowie Jan 16, 2004

... tout à fait d'accord, je le trouve - je ne trouve pas les mots

Vous avez vu ses films ?

Geneviève


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 06:47
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+ ...
Bowie manie Jan 17, 2004

Bowie

Eh, Sylvain ! Quand Bowie chante "In the port of Amsterdam"... pas mal, non ?


Pour Geneviève à court de ... mots, oui .


Que dirais-tu à ceux qui ne voient en lui qu'un caméléon ou un anthropomorphe asexué. Oui, très bon dans ses films.

Version "groupie" :

"Avez-vous vu Bowie hier chez Beigbeder ? moi, j'ai bu ses paroles... Putain que ce mec est beau quand il sourit. Incredible. Il devrait donner l'adresse de son chirurgien à Sheila. [...]"


http://www.davidbowie.com/exclusives/#


Version branchée, rocknfolk intello :

David Bowie

Comme il y a vingt ans, l'homme qui vendit la new-wave au monde termine sa tournée européeene en France. Un show crépusculaire et torturé, à la mesure d'un artiste qui s'est toujours voulu autant spectateur qu'acteur de la pop-culture. À propos de Monstres Effrayants et autres Chiens de Diamant, en léger différé du Forest National de Bruxelles.

La pluie défile, fenêtre après fenêtre, sur l'Europe grise. Mêmes façades, mêmes zones industrielles, mêmes campagnes délavées. Loin semble la route mordorée de Hartford (Connecticut) encore baignée d'été indien, pour la première date de l'Outside Tour, comme loin sont aussi les kids déchaînés de Boston tandis que l'ange noir de l'industriel Trent Reznor s'accouplait incestueusement avec son père, le diable blond qui vendit la new-wave au monde. Plus loin encore semble le temps où on n'a pas eu à ce point envie de suivre étape par étape une tournée de David Bowie. Qu'on se rassure. L'homme n'a pas de nouveau 30 ans par la magie de quelque pacte Faustien. Non, le Pavillon de Paris n'existe plus, Bolan s'est crashé dans un platane, Lennon s'est fait shooter en bas de chez lui, Times Square a fini par ressembler à un quartier d'affaires et le Studio 54 ne rouvrira vraisemblablement plus jamais ses portes sur Bianca et Halston. Ce qui se passe en fait depuis la fin des années 80, C'est que Bowie est en train de surmonter le traumatisme. Une nouvelle génération outre-Atlantique le prend à nouveau comme modèle, et lui rappelle comment il a pavé par la rigueur de ses audaces esthétiques, dans les 70's des Eagles, Boston et autres Journey, la voie de l'alternatice rock. Et ce sont des Kurt Cobain et Billy Corgan, qui pourraient être ses enfants, qui le lui déclarent quand, dans son propre pays névrotiquement obsédé par la jeunesse, il ne recueille toujours que sarcasmes et insultes sans réserves. À moins qu'on ne lui reproche d'avoir toujours voulu être plus qu'un simple musicien rock - mais alors pourquoi avoir accueilli ses albums des années 70 avec une telle fièvre ? À moins, qu'on lui reproche aussi d'être resté lui-même, physiquement plus jeune que ne le sera jamais Noel Gallagher, artistiquement plus vif que ne le sera jamais aucun de ses malheureux suiveurs.

Comment, pourtant, si on a un jour été touché par le parfum de nostalgie originaire de "Heroes" ou "Golden Years", resté insensible à la vision dérangée et incroyablement humaine de tels "Shopping For Girls" sur Tin MachineII ? Comment, si on a un jour passé "Aladdin Sane" en boucle pour en comprendre la structure en forme de glissements tectoniques, ne pas vibrere à l'écoute de "A Small Plot Of Land" sur ce nouvel "Outside" ? Comment, si on a un jour vécu la new-wave comme une délivrance dans une décennie engluée dans le rock FM, ne pas être envahi d'une étrange sensation de déterritorialisation en entendant le dada-pop suffoqué de "We Prick You" encore une fois sur ce dernier "Outside" ? Pas besoin de convaincre Arnaud Meyer (le photographe coéquipier de cette virée bruxelloise) de la pertinence du sujet du jour. Il sait que David Bowie fait en général deux séances phtos por la presse mondiale avant de sortir un nouvel album, puis plus rien. Arnaud aime la musique, la mode et les belles choses en général, et David Bowie semble à ses yeux résumer tout cela et un peu plus, ce en quoi il n'a pas fondamentalement tort

[....]


David distribue poignées de main et bises : "Vous venez demain soir voir le show ?" et Arnaud reste stoïque jusqu'au moment où la porte se referme.

Pendant qu'on range le matos. Il réalise ce qui vient de se passer. Il y a quelques jours, Lou Reed l'a dégagé au bout de trois minutes avec sa morgue habituelle. Là il n'a rien compris : "Simplicité, générosité exemplaire, disponibilité du regard... C'est pas la peine de chercher... J'avais à peine le temps de formuler un truc que Bowie anticipait la pose rien qu'en lisant dans mon regard, comme s'il cherchait avant tout à me faire plaisir. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi beau, quel que soit l'angle de prise de vue, d'aussi logique et efficace, intelligent et fort, se livrer avec autant de générosité et de simplicité." Autant le dire clairement, Arnaud, plutôt du genre poisson malicieux et désinvolte, est en état de choc. Un peu comme Gilles Gailliot, l'attaché de presse de BMG, accueilli à Los Angeles par Bowie l'été dernier pour le premier jour de la promo mondiale, redescendant les marches du Château-Marmont en apesanteur : "Je lui ai apporté un livre qu'édite mon frère sur le sculpteur Henri Gaudier Brzeska, et aussitôt il m'a dit qu'il possédait quelques-uns de ses dessins dans sa collection, avant de me proposer, dans l'ordre, un café, un fauteuil, une cigarette, et d'évoquer, comme avec une vieille connaissance, Vienne, la Grotte de Chauvet, la revue l'Infini, avec une vivacité et une curiosité à une heure aussi matinale qui m'a fait complètement planer."

http://www.teenagewildlife.com/Appearances/Press/1996/0300/rockfolk.html

[Edited at 2004-01-17 00:15]


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Netherlands
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Ah, Ziggy Jan 18, 2004

There’s a starman waiting in the sky
He’d like to come and meet us
But he thinks he’d blow our minds


Ten, nine, eight, seven, six, five,
Four, three, two, one, liftoff

See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Colder than the moon
It's been so long
And I've been put on fire
With gasoline

I’m a mess without my, little china girl
Wake up mornings where’s my, little china girl



[Edited at 2004-01-18 16:39]


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