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Off topic: Maria Kalogeroupolos et la traduction...
Thread poster: Thierry LOTTE

Thierry LOTTE  Identity Verified
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Sep 10, 2004

Ceci est un titre “piège” qui n’a rien à voir ni de près ni de loin avec la traduction, si bien que si John me le fait sauter je ne pourrais en aucune manière lui en vouloir.

C’est juste pour attirer l’attention sur quelqu’un qui chante en plusieurs langues, et qui le fait comme personne ne l’a jamais fait : Maria Kalogeropoulos, native de New York, mais plus Grecque qu’il n’est possible.

Vous la connaissez mieux sous le nom de Maria Callas. Mais l’avez-vous déjà entendue ? Ou bien vue ? (Dieu qu’elle était belle…!)

En ce qui me concerne, cela fait presque deux jours que j’écoute toute ma collection et il me reste encore plusieurs heures de bonheur. J’en pleure sur mon clavier…

Bien entendu, en tant que fanatique quasi ayatollesque d’opéra, je peux vous dire que ces 50 dernières années, il y a eu de meilleures “techniciennes” parfois tout aussi bouleversantes que Callas, mais aucunes n’a pu se hisser à son niveau dramatique. En plus de cela, Maria Callas était d’une beauté à tomber parterre…

Il va sans dire qu’elle était nettement moins bonne dans le répertoire de Wagner, Mozart ou Richard Strauss, mais peu importe : on ne peut pas “tout” chanter… Si vous voulez des tuyaux pour interprètes de ces trois génies, n’hésitez pas à me contacter : je suis intarissable sur ce sujet.

En résumé, au vingtième siècle il y a eu une dizaine de ténors (dont trois encore sont en activité, bien qu’un un peu fatigués) mais seulement une “lyrica spinta assoluta” : Maria Callas
N’oublions pas que la voix de Maria Callas couvrait sans peine quatre octaves !

Si vous en avez l’occasion, n´hésitez pas à l’écouter, vous serez plus qu’agréablement surpris.

Désolé d’avoir abusé de votre temps de lecture…

PS : Jolie Biographie en français de Maria Callas par “Pierre Jean Remy” : “Callas, une vie” aux éditions Ramsay – 1978 -.
Plusieurs dizaines d’autres en d’autres langues… Elle en valait la peine !

PS 2 : ne boudez pas votre futur plaisir et écoutez...


[Edited at 2004-09-10 02:10]


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Jean-François Pineau  Identity Verified
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Une chanteuse grecque qui chante en plusieurs langues ? Sep 10, 2004

Nana Mouskouri, bien sûr !
Ah s'cusez-moi… Le chant classique, c'est pas mon truc. Enfin, l'opéra lyrique en tout cas. Oh bien sûr, je ramollis dur quand j'entends l'air de Pamina dans la Flûte, Mimi dans la Bohème, les quatre derniers lieder de Strauss, Fischer-Dieskau dans Schubert ou les chants d'un compagnon errant de Mahler. Mais ça s'arrête là. Je ne ressens pas l'excitation à laquelle je vois de plus en plus de gens succomber autour de moi quand ils entendent du lyrique, et surtout de l'opéra italien. Je dois dire que les opéraphiles me fascinent un peu.
Les rares chanteurs -teuses qui m'ont laissé un vif souvenir à la radio étaient Kathleen Ferrier, Sena Jurinac ou encore Fritz Wunderlich. En plus, c'était pas des perdreaux de l'année. Mais je ne sais même pas si je les apprécierais encore aujourd'hui.
Bizarre, la voix humaine. Peut-être que c'est trop intime, finalement.

JF

À Lyon, pendant des mois, ma voisine du dessous me plantait l'air de Casta Diva dans le cœur tous les mercredis à 15 h 00 pétantes. Heureusement que ça durait pas des plombes. Elle écoutait que ça, une fois par semaine, à fond les ballons. Par The Callas, of course. Une mélomane monomaniaque. Je me suis toujours demandé ce qu'elle pouvait faire pendant cette orgie musicale.

Thierry, je profite honteusement de tes connaissances dans le domaine pour te demander une version du Dom Juan de Mozart que tu nous conseillerais ?
Merci de nous faire finir la semaine en musique !


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lien
Netherlands
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la voix Sep 10, 2004

Jef wrote:

Ah s\'cusez-moi… Le chant classique, c\'est pas mon truc. Enfin, l\'opéra lyrique en tout cas.

Je dois dire que les opéraphiles me fascinent un peu.

Bizarre, la voix humaine. Peut-être que c\'est trop intime, finalement.



Je pense que l\'opera ne s\'apprecie que plus tard dans la vie.

La voix devient un instrument.Tout a coup on est captive, envoute, cloue au sol par une voix.

On entend la voix monter, descendre, hesiter, trembler, reprendre, c\'est comme un oiseau perche qui s\'envole, qui tourne, qui plonge, qui remonte, c\'est vivant, c\'est ca la fascination. Il faut se laisser emporter, rentrer dans l\'instant, ce n\'est pas comme une chanson a la radio.Il faut ecouter avec un casque stereo.

Mes morceaux preferes sont nessum dorma et e lucevan le stelle par pavarotti, fabuleux. Essaye au moins une fois.

J\'aime aussi la voix de inva mulla shako dans l\'aria de lucy de lamermoor et celle de cecilia bartolli.

Bien sur, je ne connais pas tout,il y en a peut-etre d\'autres que j\'aimerais si je les connaissais.

Et l\'opera chinois.


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writeaway  Identity Verified

Local time: 06:53
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La Callas Sep 10, 2004

Thierry LOTTE wrote:

Ceci est un titre “piège” qui n’a rien à voir ni de près ni de loin avec la traduction, si bien que si John me le fait sauter je ne pourrais en aucune manière lui en vouloir.

C’est juste pour attirer l’attention sur quelqu’un qui chante en plusieurs langues, et qui le fait comme personne ne l’a jamais fait : Maria Kalogeropoulos, native de New York, mais plus Grecque qu’il n’est possible.

En résumé, au vingtième siècle il y a eu une dizaine de ténors (dont trois encore sont en activité, bien qu’un un peu fatigués) mais seulement une “lyrica spinta assoluta” : Maria Callas
N’oublions pas que la voix de Maria Callas couvrait sans peine quatre octaves !

Si vous en avez l’occasion, n´hésitez pas à l’écouter, vous serez plus qu’agréablement surpris.






[Edited at 2004-09-10 02:10]


Vous venez de découvrir Maria Callas?
Elle est toujours la référence assoluta pour une interprétation sans pareille. Il suffit d'écouter son "Pace, Pace" pour comprendre toute la magnitude et profondeur de cet aire.

Mais La Callas chantait principalement en italien et en français. Elle n'était jamais une vraie Wagnerienne, même si elle a chanté un peu (une role?) de Wagner à ses débuts. Mozart, Strauss etc? je ne crois pas. Elle n'avait pas du tout une voix pour Mozart.

Voici une site pour écouter d'autres voix splendides du 20ème siècle (qui, après tout, n'a pas commmencé en 1950).

http://www.bassocantante.com/opera/index.html

Maria Callas a toujours 'emporté' les auditeurs (et surtout les spectateurs) vers un monde sublime. Je vois que vous y êtes aussi!
Happy listening!





[Edited at 2004-09-10 11:53]


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Marie SERRA  Identity Verified
Local time: 06:53
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merci pour la pause musicale Sep 10, 2004

Une autre cantatrice: Natalie Dessay, qui a aussi été prenante dans Lucie de Lammermoor. En aperçu et pour son air des clochettes dans Lakmé de Delibes : Airs d'opéras français, Natalie Dessay, chez EMI classics (vous pouvez aussi travailler le français chanté, difficile souvent à comprendre à cause des techniques vocales)

L'Opéra de Lyon offre des spectacles de qualité. Avant, à Berlin et Zurich, j'ai été gâtée!

Musicalement vôtre
Marie


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Thierry LOTTE  Identity Verified
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Don Juan spécial pour Jef Sep 17, 2004

Jeff a écrit :



Thierry, je profite honteusement de tes connaissances dans le domaine pour te demander une version du Dom Juan de Mozart que tu nous conseillerais ?



Il existe tellement de bonnes versions de cet Opéra (pour moi parmi les 5 plus grands opéras de tous les temps…) qu’il paraît difficile d’en choisir une sans passer pour un Ayatollah Musical…

Dieu sait pourtant (ou Allah, Yaweh voire même qui que ce soit d’autre) combien l’Opera peut déchaîner les passions !

Ce spectacle (somme toutes qu’est-ce d’autre, à part un Art Absolu) ? est susceptible de provoquer chez les gens les plus calmes et cultivés des réactions dignes de supporters d’équipes de football : n’ai-je pas vu au Palais Garnier (Opera de Paris) des débuts de bagarres à la suite de la simple « ouverture musicale » de tel ou tel autre Opera dont les « supporters » avaient considéré le « Chef » comme « trop mou » ou bien au contraire comme « ayant un métro à prendre à la fin du spectacle » ?
Il ne s’agissait que d’embryons de « bagarres »… En ce qui concerne certaines « Mises en scène » (ou bien « mises en espace » comme l’on dit de nos jours…) les bagarres éclataient vraiment.

Effectivement, il est toujours un peu difficile pour les moins puristes d’entre nous d’admettre que « Cosi fan tutte » se passe dans un Mac Donald de Brooklyn et que Fiordiggili est une serveuse qui vit de ses charmes…

Dans d’autres cas, il est également difficile d’admettre que Don Juan est un grossiste de Coke et que Leporello est l’un de ses dealers (je n’invente rien…).
Quant à la Tétralogie Wagnérienne (pour ne pas parler de ses autres ouvrages) on lui a – du point de vue “mise en espace” – pratiquement tout fait !
Je me souviens avoir vu sur “Arte”,une production du Staat Opera de Sarrebruk, il y a moins de deux ans, où “Mime” se masturbait à la fin du deuxième acte de “Siegfried” en criant “ Faffner ¡ Faffner ¡ Faffner ¡” : ce qui correspond parfaitement au texte, mais m’a laissé quelque peu surpris, voire même perplexe…L’exégèse Wagnérienne y a sans doute perdu quelque chose que je n’ai pas entièrement saisi.

Je ne vais pas ici faire l’inventaire des mises en scènes ou relectures “créatives” du répertoire, car le sujet est sans fin…
Juste au passage, au “Lycéo”, le prestigieux Opéra de Barcelone (un des 10 plus grands du monde du point de vue “artistique”) j’ai vu de mes yeux vus le héro du “Bal Masqué” de Verdi se faire sournoisement violer par 12 hommes dans les toilettes d’une gare ferroviaire. Rien d’étonnant à Barcelone, si ce n’est la violence du propos…

En ce qui concerne donc le “Don Juan” de Mozart (c’est le véritable auteur…) je n’hésiterai donc pas à conseiller une version tout à fait moderne et “inattendue” de l’œuvre : Celle de Joseph Losey en DVD.

En effet - d’une façon tout à fait révolutionnaire - l’œuvre est représentée en costumes du XVIII eme siècle (scandaleux à mon avis), et suit, pas à pas, l’intrigue originale du XVII eme siècle tirée de la pièce de Tirso de Molina accompagnée des dialogues d’un certain Lorenzo Da Ponte, religieux défroqué à l’époque, mais d’un certain talent littéraire.

L’interprétation me paraît tout à fait honorable, si ce n’est celle du rôle de Don Ottavio interprété par Kenneth Rigel que, personnellement je n’aime pas et n’ai jamais aimé.

Pour environ 20 Euros, on dispose donc de près de trois heures d’Opéra, avec des interprètes exceptionnels, en couleurs, avec des décors et des costumes fabuleux et toutes ces sortes de choses.




[Edited at 2004-09-17 02:20]


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Thierry LOTTE  Identity Verified
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Luc Décygnes Oct 27, 2004

Pour les ceusses qui penseraient que j’ai exagéré dans mes vaseuses considérations sur les mises en scène actuelles des Opéras, je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire une critique des plus récente sur l’opéra le plus ancien du répertoire.



Quote

“ Le Canard Enchaîné du Mercredi 20 Octobre ”.

Le “ Couronnement de Poppée”, de Monteverdi, est le premier opéra dans l’histoire de l’opéra et aussi le premier opéra d’inspiration historique.

Néron, Poppée, Octavie, Sénèque, les partouzettes du Palatin, c’est fou, quand on y réfléchit, ce que le crime et l’adultère nous font plus bisquer que la vertu et la bonté.
Dans le “Couronnement”, on est servi. Le crime, l’avidité règnent dans un monde crépusculaire où l’amour peut être considéré encore comme un sentiment honorable. C’est du moins ce que la musique de Monteverdi veut nous faire entendre. Rien en effet de plus intense que les duos d’amour de Néron et de la Poppée. Mais, est-ce de l’amour ou plutôt le désir insatiable ? De toute façon, il n’y a pas un personnage à sauver. Tous sont des délinquants et appartiennent au maniérisme du crime. Quant aux nourrices, l’une comme l’autre possèdent dans leur réticule des bonbons à sucer de chez Locuste, le livret de Busenello est un chef-d’œuvre de cynisme et de joie de vivre. C’est un formidable “Pasticcio” pour célébrer la jeunesse et sa cruauté, et une manière de libertinage sous couvert d’épicurisme.

Le “Couronnement” que présente René Jacobs dans une mise en scène de David McVicar remet du “carpe diem” . Après une grande ouverture maniériste, où la Vertu, la Fortune et l’Amour se crêpent le chignon, nous sommes plongés dans le monde actuel des célébrités. Un Néron avec dreadlocks qui sniffe de la coke, qui se fait faire un petit avantage par le poète Lucain sur le cercueil de Sénèque. Une Poppée petite poupée au bord de la crise de nerfs quand on lui résiste. Une Octavie plaquée et qui grimpe aux rideaux. Un Sénèque faux cul, magouilleur et philosophe pour table ronde à la télé qui pisse de la bonne conscience sous lui. On est en plein pipole.
Les interprètes sont parfaits , la Antonacci en Néron est sublime, comme la Ciofi en Poppée. La von Otter est une Octavie de luxe, Antonio Abete en Sénèque possède la cautèle du personnage. Le contre-ténor Lawrence Zazzo est un Othon cocu au-delà de l’imaginable. Une révélation : la soprano Amel Brahim-Djeloul campe un petit valet, sorte de Kid, casquette sur l’oeil, le pied rappeur, ancêtre de Chérubin. Tout cela va de soi, tout cela est épatant.

Luc Décygnes

Théâtre des Champs-élysées, 21, 23 Octobre, 19h30.

Fin de citation

Vous aurez remarqué bien sûr la signature : cela fait 30 ans au moins que Luc Décygnes tient la critique balletomane et lyrique au “Canard”. Ce qui précède n’est pas, de loin, sa meilleure critique mais vous donne une idée de son talent.

Je ne sais pas qui se cache derrière son pseudo mais je m’en fous : j’aimerais bien écrire comme lui.


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Jean-François Pineau  Identity Verified
Local time: 06:53
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Pourquoi certains metteurs en scène versent dans l'outrance et le débridé ? Oct 27, 2004

J'imagine parfois, dans un accès de légèreté (c'est pratique, j'ai pas besoin de me forcer), que c'est pour eux le seul moyen de se désennuyer d'avoir à habiller le 78e Didon et Enée, la 421e Tétralogie, le 212e Fidelio et qu'ils renvoient au public en miroir la farce de son inclination musicale monomaniaque. À lire le programme de salles de concert qui nous proposent en menu type une ouverture de Mozart, un 2e concerto de Brahms et une 6e de Beethovsky, j'ai comme une indigestion. Je ne sais pas s'il existe un autre domaine que la musique où la consommation de productions culturelles baigne à ce point dans la sempiternelle même rivière qu'elle en prend l'eau.

Bon, à part ça, John Peel est mort hier et sa vie/sa mort nous prouve au besoin deux choses : premièrement, qu'il ne faut jamais prendre de vacances quand on a toute sa vie travaillé sans relâche. Deuxièmement qu'on peut intéresser un large public aux nouvelles musiques émergentes (même si non « savantes »), ce qu'il aura fait sa vie durant et on peut dire que la musique populaire ambitieuse se porte bien au Royaume-Uni depuis 30 ans, peut-être avec plus d'éclat que partout ailleurs.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/3955369.stm
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-384568,0.html
http://www.zeit.de/2004/36/John_Peel


[Edited at 2004-10-27 09:19]


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sylver  Identity Verified
Local time: 13:53
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Stupétrifié Oct 27, 2004

Thierry LOTTE wrote:


Pour les ceusses qui penseraient que j’ai exagéré dans mes vaseuses considérations sur les mises en scène actuelles des Opéras, je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire une critique des plus récente sur l’opéra le plus ancien du répertoire.



Quote

“ Le Canard Enchaîné du Mercredi 20 Octobre ”.

Le “ Couronnement de Poppée”, de Monteverdi, est le premier opéra dans l’histoire de l’opéra et aussi le premier opéra d’inspiration historique.

Néron, Poppée, Octavie, Sénèque, les partouzettes du Palatin, c’est fou, quand on y réfléchit, ce que le crime et l’adultère nous font plus bisquer que la vertu et la bonté.
Dans le “Couronnement”, on est servi. Le crime, l’avidité règnent dans un monde crépusculaire où l’amour peut être considéré encore comme un sentiment honorable. C’est du moins ce que la musique de Monteverdi veut nous faire entendre. Rien en effet de plus intense que les duos d’amour de Néron et de la Poppée. Mais, est-ce de l’amour ou plutôt le désir insatiable ? De toute façon, il n’y a pas un personnage à sauver. Tous sont des délinquants et appartiennent au maniérisme du crime. Quant aux nourrices, l’une comme l’autre possèdent dans leur réticule des bonbons à sucer de chez Locuste, le livret de Busenello est un chef-d’œuvre de cynisme et de joie de vivre. C’est un formidable “Pasticcio” pour célébrer la jeunesse et sa cruauté, et une manière de libertinage sous couvert d’épicurisme.

Le “Couronnement” que présente René Jacobs dans une mise en scène de David McVicar remet du “carpe diem” . Après une grande ouverture maniériste, où la Vertu, la Fortune et l’Amour se crêpent le chignon, nous sommes plongés dans le monde actuel des célébrités. Un Néron avec dreadlocks qui sniffe de la coke, qui se fait faire un petit avantage par le poète Lucain sur le cercueil de Sénèque. Une Poppée petite poupée au bord de la crise de nerfs quand on lui résiste. Une Octavie plaquée et qui grimpe aux rideaux. Un Sénèque faux cul, magouilleur et philosophe pour table ronde à la télé qui pisse de la bonne conscience sous lui. On est en plein pipole.
Les interprètes sont parfaits , la Antonacci en Néron est sublime, comme la Ciofi en Poppée. La von Otter est une Octavie de luxe, Antonio Abete en Sénèque possède la cautèle du personnage. Le contre-ténor Lawrence Zazzo est un Othon cocu au-delà de l’imaginable. Une révélation : la soprano Amel Brahim-Djeloul campe un petit valet, sorte de Kid, casquette sur l’oeil, le pied rappeur, ancêtre de Chérubin. Tout cela va de soi, tout cela est épatant.

Luc Décygnes

Théâtre des Champs-élysées, 21, 23 Octobre, 19h30.

Fin de citation

Vous aurez remarqué bien sûr la signature : cela fait 30 ans au moins que Luc Décygnes tient la critique balletomane et lyrique au “Canard”. Ce qui précède n’est pas, de loin, sa meilleure critique mais vous donne une idée de son talent.

Je ne sais pas qui se cache derrière son pseudo mais je m’en fous : j’aimerais bien écrire comme lui.


Tu viens de me dégouter de l'opéra moderne.

Et moi donc, pauvre inculte qui croyait encore à la pureté de l'opéra!

Créativité ou perversion du lard?


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 06:53
Member (2001)
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...Et bien dansez maintenant ! Dec 7, 2004

Et bien dansez maintenant !...

Pour ceux qui pensaient que j’exagérais quand je parlais des « nouvelles mises en espace » destinées avant tout à « choquer le bourgeois » et à révéler l’absence totale d’inspiration artistique personnelle chez certains de nos « metteurs » (comme les appelle Alphonse Boudard) je ne résiste pas au plaisir de vous citer in extenso le dernier article de Luc Décygnes dans le « Canard Enchaîné » :


JAN FABRE
(Sur la pisse de danse)

JAN FABRE s’est déjà hissé en déjà plus d’une décennie au rang d’icône de la danse. Quelle danse, demandez-vous ? Protéiforme. Enorme cacophonie du corps, le corps humains dans tous ses états, Dans « Crying Body », Fabre se livre à une exégèse hystérique de tout ce que le corps sécrète. Autant dire que l’exercice du don des larmes du brave Ignace (de Loyola, s’entend) est rapidement enfoncé. C’est qu’on chiale en grand. On risquerait même l’inondation. Si une dame un peu espagnole ne venait recueillir dans un de ces sacs en plastique pour poissons rouges ces larmes et cette sueur. Car ça transpire un brin chez ces trois couples hétéros auxquels il faut ajouter deux gouzettes bon teint.
Tout ce ramdam est parti pour durer des heures. On prendrait bien ses aises pour une petite ronflette si on n’était pas tiré par un bruit insidieusement aquatique. On ouvre un oeil et que voit-on ? Une des muses, la patte en altitude, qui, ayant soulevé sa robe afin de nous découvrir un délicieux petit triangle, laisse échapper le jet bien dru de ses blondes urines.
Larmes, sueur, urine, pourquoi pas ? C’est dans la continuité des secrétions. Mais voilà, une flaque ne suffit pas. Aussitôt quatre autres muses se mettent de conserve à pisser. Mais pas trois gouttes, comme ça, en passant, per la belezza. Non, de vraies fontaines. Aussitôt un zig assez Cro-Magnon s’en vient faire des claquettes dans ces petites mares, armé d’un parapluie, tout en chantonnant « Singing in the rain », éclaboussant le divin pipi. Par la suite, il en boira, l’infâme. Et même s’en gargarisera. Un saint Nicolas qui passe et se fait pisser dessus, un petit curé qui confesse une paroissienne en s’astiquant le poireau pour finir par le coincer entre deux pages de son missel ne sont que des variations frivoles dans cette grande messe des écoulements. Pour la divine liqueur amoureuse, il faudra attendre les 15 dernières minutes du spectacle avant le grand alléluia éjaculateur. C’est long, quinze minutes de branlade, et pour la danse ? Ça, il ne faut pas en demander trop à la fois.

Luc Décygnes

(Canard Enchaîné du 1 er Décembre 2004)


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