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Off topic: Ils sont fous ces japonais...
Thread poster: Thierry LOTTE

Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 01:24
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Nov 16, 2004

Ils sont fous ces Japonais !

Même nos amis anglais commencent à s’en apercevoir !

Voici un article de la presse anglaise cité par « Courrier International » :

Quote :

JAPON - Signe extérieur d’extravagance




Ça commence par un engourdissement qui gagne les lèvres, la langue et la bouche. Puis on est saisi de spasmes et la gorge enfle. En quelques minutes, on perd ses facultés mentales et la parole, puis on devient bleu. Dans les cas extrêmes, il y a perte de conscience dans les trente minutes ; la mort suit peu après. A ce moment-là, si on a la chance de pouvoir encore comprendre ce qui se passe, on se dit probablement : “Zut, je savais bien que j’aurais dû choisir la viande.” D’habitude, je ne songe pas à la mort quand je m’apprête à faire un bon dîner, mais aujourd’hui c’est différent. Je suis en train d’arpenter les élégantes ruelles de Ginza, à Tokyo, à la recherche d’un resto très chic – le Wa Na Fu Club –, qui, selon l’élite locale, sert le meilleur fugu de la ville.
C’est l’une des bizarreries les plus étranges de ce pays qui regorge de plats étranges : le fugu, appelé chez nous poisson-globe, est extrêmement toxique et, à moins d’être préparé avec une précision extrême, peut vous tuer en quelques instants. Ses organes vitaux sont gorgés de tétrodotoxine – qui est l’une des toxines les plus puissantes qui soient, des centaines de fois plus puissantes que le cyanure, et dont une dose infinitésimale suffit à vous faire passer rapidement de vie à trépas. Sa présence serait due aux énormes quantités de fruits de mer que consomme le fugu. Même si seulement trois fugu sur cinq contiennent ce poison mortel, il n’y a aucun autre moyen de savoir si un poisson en recèle que de faire examiner ses organes vitaux. Ce qui n’empêche pas les Japonais, toujours avides de frissons, d’engloutir des tonnes de fugu, ce qui entraîne chaque année la mort d’une centaine de personnes. La tétrodotoxine étant présente dans le sang, le cœur, le foie et l’appareil reproductif de l’animal, on ne peut qu’espérer que le chef du Wa Na Fu sait ce qu’il fait. “Tout cuisinier qui en prépare doit avoir une licence, qui s’obtient après une formation spéciale”, explique l’intéressé. Celle-ci dure trois ans au total et se termine par un examen difficile.
La légende veut que les gourmets ajoutent un peu de poison, juste assez pour engourdir les lèvres et leur permettre de flirter dangereusement avec l’idée de la mort. Tout cela est bien sûr parfaitement illégal. Si les mythes qui entourent le fugu sont puissants, son histoire baigne dans le mystère. “Ça a probablement commencé pendant la période Edo, quelque part entre 1600 et 1868”, explique le japonologue Alex Kerr. “Ce fut une époque de grand raffinement et d’extravagance, où chacun s’efforçait de faire mieux que les autres. La gastronomie occupait alors une place centrale dans la mode et le fugu a sans doute été le dernier chic en la matière.” Jadis comble de la décadence, le fugu a pénétré il y a peu le milieu de la bohème et a conquis les artistes, les yakuzas, les acteurs de kabuki et les yuppies.




Andrew Spooner
The Independent on Sunday



Andrew Spooner a dit :



La légende veut que les gourmets ajoutent un peu de poison, juste assez pour engourdir les lèvres et leur permettre de flirter dangereusement avec l’idée de la mort. Tout cela est bien sûr parfaitement illégal.



Je confirme.
Au moins trois de mes collègues japonais m’ont raconté la même histoire, mais j’ai toujours eu du mal à y croire. Pourtant je crois que c’est une manière bien japonaise et romantique de se suicider. L’écrivain et prix Nobel Yasunari Kawabata s’est bien suicidé avec de la toxine de Fugu et non pas au cyanure comme l’a écrite une vaine presse occidentale (sans doute cela aurait fait un trop long article d’expliquer ce qu’était le fugu).

Andrew Spooner (quel nom marrant pour un chroniqueur gastronomique, non) ? a écrit :



Jadis comble de la décadence, le fugu a pénétré il y a peu le milieu de la bohème et a conquis les artistes, les yakuzas, les acteurs de kabuki et les yuppies.




Alors là, je me perds en conjectures et je requiers l’avis des japonisants de ce forum !

Andrew Spooner ajoute également :



C’est l’une des bizarreries les plus étranges de ce pays qui regorge de plats étranges.





… Et c’est un Anglais qui nous dit ça !!!


Aujourd’hui nous sommes mardi, et, comme tous les jeudis, j’aimerais vous conter une anecdote personnelle :

Lors d’un de mes nombreux voyages professionnels au Japon – voulant toujours être plus japonais que les Japonais eux-mêmes – j’ai voulu goûter au fameux fugu.
Cela participait peut-être d’une démarche tenant plus du saut en parachute (dont j’ai parlé dans un autre forum) ou du saut à l’élastique (dont mon excellent collègue Sylver a parlé dans un autre) que de la gastronomie, mais le fait est là.

Je me trouvais à Osaka en compagnie d’un collègue japonais plus âgé (j’ai oublié le terme technique en japonais) et ce dernier, étonné de ma requête, m’a emmené au marché au poisson, où, disait-il, il avait un vieux copain.
Sur place, je me trouve en face d’un charmant vieux monsieur visiblement à l’avant dernier stade de la maladie de Parkinson ce qui ne laissa pas de me remplir d’inquiétudes diverses à en croire la réputation d’extrême délicatesse et de précision microchirurgicale nécessaire à la découpe et à la préparation du fameux Fugu. Mon collègue et ami – très psychologue – m’a rassuré (en anglais) en m’indiquant que c’était un des aides de son ami qui serait chargé de l’opération.

Sur ce nous nous sommes rendus chez une de ses “vieilles amies” (qui avait au moins 20 ans de moins que lui et qui était de toute évidence une excellente amie) qui nous a préparé le fugu. Les parties crues en sashimi et les parties cuites avec de bizarres champignons japonais très minces et longs de 15 centimètres.
C’était très bon, mais je me demande si tout cela vaut le risque et surtout le prix faramineux qui en est demandé.

Le lendemain, toujours bon pied bon œil, quand je lui ai demandé quels étaient les premiers symptômes d’intoxication, mon ami m’a répondu que j’avais passé la période critique et qu’il était prêt, si besoin était, à me rédiger et à me signer un certificat officiel de « Consommateur de Fugu », ce qui m’a prouvé, si besoin était, son sens de l’humour et ses aptitudes de psychologue.




[Edited at 2004-11-16 21:10]


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xxxsarahl
Local time: 16:24
English to French
+ ...
Quelques erreurs ! Nov 16, 2004

tu ne croyais pas que l'emmerderesse constructive allait te lâcher comme ça mon cher ?

1. Kawabata s'est suicidé au gaz, grande première, les écrivains japonais préfèrent le noble seppuku.

2. L'ère Edo n'était ni raffinée ni élégante, c'est une époque très violente, l'ère des samouraï si tu préfères. Les anthropologues te diront que les raffinements, les arts etc. sont développés pendant les périodes de paix, ère Heian dans le cas du Japon et pas du tout l'ère Edo.

Sinon, ton article est très intéressant, merci !


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ALAIN COTE  Identity Verified
Local time: 08:24
Japanese to French
Faut pas exagérer quand même Nov 17, 2004

sarahl wrote:

2. L'ère Edo n'était ni raffinée ni élégante, c'est une époque très violente, l'ère des samouraï si tu préfères. Les anthropologues te diront que les raffinements, les arts etc. sont développés pendant les périodes de paix, ère Heian dans le cas du Japon et pas du tout l'ère Edo.


Quand même, là, tu y vas un peu fort ! L'époque Edo est une période de paix relative, c'est bien connu, avec la réunification du pays par le gouvernement militaire des Tokugawa. C'est aussi une période de redéfinition du code du samouraï, puisqu'il trouve désormais difficilement sa place dans un nouvel ordre social stabilisé qui a mis fin à plusieurs siècles de guerres intestines. Quant au raffinement et à l'élégance, Edo a quand même vu le développement de la fameuse culture urbaine, qui s'épanouit principalement à Osaka et Edo (Tokyo) malgré les autorités. Du point de vue culturel, Edo, c'est la très florissante ère Genroku (fin XVIIè début XVIII). La culture urbaine de l'époque Edo, c'est le théâtre kabuki, le théâtre de marionnettes, la chanson accompagnée au shamisen, le roman en prose, le haïku, les estampes qui représentent les scènes des quartiers de plaisir et les paysages... bref, la culture bourgeoise du monde flottant, que désigne bien le concept d'iki : l'élégance raffinée en tout, la justesse du mot, de l'habillement et du comportement (pour emprunter les mots d'un anthropologue que j'ai connu), le tout assaisonné d'une certaine arrogance face au cadre social rigide que veulent imposer les autorités.

Pour le fugu, Thierry, je suis loin d'être un connaisseur mais j'ai lu ici et là qu'il était déjà consommé sous l'ère Jômon, donc quelques milliers d'années avant J-C. Les autorités ont voulu l'interdire sous Edo, et ça a donné ce que ça donne toujours quand on interdit... J'ai aussi lu quelque part qu'il mange beaucoup de plancton animal, pas des fruits de mer. Mais j'arrête là, je n'y connais rien. Et j'ai pas l'intention d'en manger, il y a déjà assez de trucs qui m'assassinent lentement mais sûrement dans mon assiette en ce 21è siècle.

[Edited at 2004-11-17 04:35]


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Marie SERRA  Identity Verified
Local time: 01:24
German to French
Réponse au vénérable mangeur de Fugu avec attestation Nov 17, 2004

La recherche de l'excellence comprend le savoir-faire pour préparer ce poisson mortel. La compétence du cuisinier a son prix...
J'imagine que la personne qui mange ce poisson se sent membre d'une élite. "Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es"...

Je ne vois rien d'étrange à cette pratique, très ancienne. La roulette russe qui ne dépend que du hasard me paraît beaucoup + dangereuse...

Comme dit Alain, les pollutions diverses nous contaminent par ailleurs.

Bonne journée et bon appétit
Marie


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Emérentienne
France
Local time: 01:24
English to French
AAAaaaaah ! (expression d'un profond soulagement) Nov 17, 2004

ALAIN COTE wrote:
Pour le fugu,
i pas l'intention d'en manger[/quote]

Grâce soit rendue à Dieu, car, à lire ainsi les descriptions lolotiennes des pratiques diététiques nipponotiennes, nos oreilles se sont agrandies d'effroi, nos yeux se sont figés en gelée et des frissons glacés nous ont parcouru l'arête dorsale en sautillant affreusement : nous avons craint un instant pour ton avenir, Ô Vénéneux Râble, et nous étions toute chose à l'idée que le venin d'un funeste et perfide destin piscivore puisse un jour te ravir à tout jamais à notre humble mais profonde vénération, point.

Moi, ça tombe bien, j'aime pas le poisson. Ca sent pas bon et y a des arêtes partout.

Cécile


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