Mobile menu

Encore un fil sur les prix
Thread poster: Jean-Marie Le Ray

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Member
Italian to French
+ ...
Nov 23, 2004

Salut la compagnie,

Vu qu'on parle toujours de prix de misère, je voudrais pour une fois aborder la question vue sous un autre angle.
Selon vous le tarif de 0,2 Euro (j'ai bien écrit 0,2 et non pas 0,02) par mot est-il un plafond, ou peut-il aisément être franchi sans tomber dans l'exagération, compte tenu bien sûr de toutes les variables qui peuvent entrer en ligne de compte quand on évalue une traduction.
J'aimerais bien avoir vos avis sur la question.
Ciao, Jean-Marie


Direct link Reply with quote
 

Harry Bornemann  Identity Verified
Mexico
English to German
+ ...
Mais oui ! Nov 23, 2004

victorhugo wrote:
...Selon vous le tarif de 0,2 Euro (j'ai bien écrit 0,2 et non pas 0,02) par mot est-il un plafond, ou peut-il aisément être franchi sans tomber dans l'exagération, compte tenu bien sûr de toutes les variables qui peuvent entrer en ligne de compte quand on évalue une traduction...

Quoi fait monter le prix ?

- difficulté du contenu
- forme (PowerPoint, glossaire, ..)
- rareté du direction de traduction
- consistance parfaite
- groupe cible
- ...

Accumulons les idées


Direct link Reply with quote
 

Alan Boydell  Identity Verified
France
Local time: 21:04
French to English
+ ...
No problem Nov 23, 2004

Aurons-nous jamais l’occasion de rendre un texte parfait ?
Je ne le pense pas. Je pense qu’il y aura toujours moyen de s’approcher un peu plus de la perfection pour tout texte donné. Alors tout dépend de ce pour quoi le client est prêt a payer. S’il est prêt à me payer de sorte que je puisse passer la journée à lui fignoler 800 mots, il a toutes les libertés d’exiger un style ou une qualité particulière de ma part. On a alors le temps de faire un va et vient d’épreuves au fur et a mesure de la traduction pour vraiment avoir quelque chose qui réponde aux critères exigeants de ce client.
Dans cette perspective, le plafond…

Une collègue de la traduction financière (et non des moindres) a failli me voir étouffer sur mon croissant lorsqu’elle a déclaré le plus naturellement du monde que son ‘plancher’ était de 40 centimes par mot (oui, oui, d'Euros) et que cela tourne régulièrement autour de 50-55. Et à ce prix là, elle a une liste d’attente de parfois plusieurs mois ! Il y a des personnes qui passent des heures et des heures a écrire, ne serait-ce qu’un paragraphe du « mot du président » de leur rapport annuel par exemple, alors ils désirent que la même attention aille dans l'élaboration de celui-ci en anglais – et ils sont prêts a payer pour cela ! Pourquoi pas ?

Personnellement, mon grand objectif dans la vie, c’est d’essayer de tourner plus souvent autour de 10-11 et moins souvent autour de 8 centimes par mot ! Alors ne soyez pas inquiétés par ce j'écris : je suis bien des vôtres. Mais si certains sont capables, en terme de qualité et de marketing de répondre aux demandes du très haut de gamme, c’est une très bonne choses pour eux, comme pour nous qui profitons du raffinement de l’image de notre profession !


Direct link Reply with quote
 

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Member
Italian to French
+ ...
TOPIC STARTER
Devinette Nov 23, 2004

Alan Boydell wrote:

Une collègue de la traduction financière (et non des moindres) a failli me voir étouffer sur mon croissant lorsqu’elle a déclaré le plus naturellement du monde que son ‘plancher’ était de 40 centimes par mot (oui, oui, d'Euros) et que cela tourne régulièrement autour de 50-55. Et à ce prix là, elle a une liste d’attente de parfois plusieurs mois !



En Italie je vois des prix qui sont plus bas - en valeur absolue - que ceux que je pratiquais en 1986 ! (non, je ne plaisante pas). Un peu comme si depuis bientôt 18 ans le coût de la vie avait baissé au lieu d'augmenter...
Donc, ce que je voudrais chercher à déterminer (si possible) c'est quelle peut et doit être la position (j'entends, le tarif) des traducteurs de métier qui savent faire leur boulot, entre ces deux extrémités.
Je suis d'accord cependant qu'il y a une forte composante marketing qui entre en ligne de compte.

Jean-Marie


[Edited at 2004-11-23 10:47]


Direct link Reply with quote
 

sylver  Identity Verified
Local time: 04:04
English to French
Prix, service et marketing Nov 23, 2004

En avant propos, je tiens à féliciter Jean Marie, qui le premier dans l'histoire de Proz (A ma connaissance, du moins), soulève la question "Jusqu'où on peut aller au niveau des prix".

D'habitude, on ne parle que de prix de misère, et je suis bien content d'échanger des idées sur une perspective plus positive. Quelques réflexions suscitées par ce fil:

Bien sûr, le prix doit être en relation avec le service fourni. Toutefois, je dois admettre que si mes clients étaient prêts à me payer 2 euros par mot, je serais probablement prêt à accepter. Et s'ils insistaient, j'accepterais éventuellement davantage.

Je n'ai jamais vu de tablettes en pierre gravées par le tout puissant avec le prix des traductions, et de toute évidence, il y a toutes sortes de prix sur le marché, de 0,01 euros à 0,6 euros par mot (voire davantage). Donc, à priori, aucun plafond -ni plancher.

Cela dépend de ce que tu es capable de négocier. Le prix que tu es capable de facturer, dépend à 100% de ce que tu es capable de négocier. Il n'y a aucun autre paramètre qui entre en jeu. Si tu es capable de négocier 2 euros du mot, tu as 2 euros du mot

On peut donc reformuler la question: "Comment négocier plus?"

De façon plus concrète, comme c'est au traducteur de présenter son devis, le prix est limité en premier lieu à ce que le traducteur a le courrage/audace/culot/décence* de demander.

(*adjectif au choix, c'est une question de point de vue)

La première limite à ce qu'un traducteur peut demander, c'est ce qu'il demande. Le gars qui répond systématiquement "0,08 Euros" n'a aucune chance d'atteindre 0,10 Euros.

Vous imaginez le client lui dire "je veux payer plus?". Si l'on excepte les politiciens corrompus, ça n'a guère de chances de se produire.

Bien sûr, le gars va dire "Oui, mais si je demande 0,10 euros, le client va se dire que c'est trop cher, et aller voir ailleurs"...

Et c'est là le premier obstacle à facturer plus cher. Pour demander plus cher, il va devoir commencer à demander plus cher. Il va devoir commencer par changer son attitude.

(Ce n'est *que* le premier obstacle)

Maintenant, le gars qui demande régulièrement 0,08 se sent à l'aise avec ce tarif. Il sait qu'il a des chances raisonnables de l'obtenir et qu'il ne veut pas travailler à moins de toute façon, donc ça ne le gène pas de "gaspiller" les clients qui payent moins.

J'appellerais ça sa zone d'avoir. La quantité d'avoir avec laquelle il se sent à l'aise. S'il demandait bcp plus, il se dirait "Putain, franchement j'exagère" et si on lui proposait bcp moins, il refuserait en rigolant.

Donc cette zone de confort, c'est sa capacité à avoir.

Il y a un principe selon lequel avant d'être capable avoir, il faut être capable de gaspiller. Cela peut paraître étrange au premier abord, mais en y réfléchissant bien...

Prenons par exemple le gars qui possède une Ferrari, mais celle-ci est en réalité bien au dessus de sa capacité à avoir. Et s'il l'égratignait? Le gars est terrifié à l'idée d'un accident.

Le gars est visiblement incapable d'avoir cette voiture, même si son nom est marqué sur la carte d'immatriculation. Il est incapable de gaspiller cette voiture, et donc incapable de l'avoir, véritablement.

Il ne possède pas vraiment cette voiture. C'est la voiture qui le possède. Il serait incapable de se dire "cette voiture m'emmerde, je vais la foutre à la poubelle" ou "bof, si je la casse, c'est pas grave, j'en achète une autre".

Imaginez-vous en train de monter dans une voiture qui coûte 50 ans de votre salaire. Ca a de quoi faire flipper. T'égratigne le siège en cuir et tu te retrouves endetté pour les 2 ans à venir!

Avant d'être capable d'avoir, il faut être capable de gaspiller. Pour en revenir à notre traducteur à 0,08 euros, il est tout à fait capable de gaspiller des offres 0,04 euros (et même de leur rire au nez), mais pas à 0,08 euros. A 0,08 euros,... "Oui monsieur. Pour demain? Certainement, monsieur. ..."

Pour augmenter ses prix, il va falloir qu'il soit suffisament à l'aise pour risquer de gaspiller des offres à 0,08 euros.

En d'autres termes, il faut qu'il puisse simplement se dire "Ben si je l'ai pas, je m'en fous".

Une des façons d'y arriver pourrait être d'obtenir une telle abondance de travaux à 0,08 qu'il se moque d'en rater un. (C'est juste une des possibilités). L'idée c'est de se mettre en position de gaspiller.

Une fois qu'il en est à ce stade, il peut commencer à demander 0,10 euros à ses nouveaux clients, par exemple. Comme il a déjà assez de travail à 0,08, il peut se permettre de risquer que le nouveau client refuse. Il en est au stade où il peut commencer à avoir 0,10. A force de demander 0.10 euros à ses nouveaux clients, il va se faire une petite clientèle qui paye 0,10 euros.

S'il est capable de fournir le service correspondant, cette petite clientèle à 0,10 va grossir au point où il va pouvoir se permettre de monter les prix avec ses anciens clients à 0,08 euros.

Il est arrivé dans une situation où il est confortable avec 0,10 euros, et le cycle peut recommencer, tant qu'il est capable de fournir le service correspondant, et qu'il est capable d'obtenir une abondance de client potentiels.

Donc pour résumer mon opinion sur le sujet, il y a trois facteurs qui déterminent le prix, par ordre d'importance:

1. La capacité à avoir
2. La capacité à obtenir des clients potentiels (Marketing)
3. La capacité à fournir le service (Qualité/délais/relation client,...)

A suivre...**

Sylver

**Désolé, j'ai encore pas mal de travail à terminer.


Direct link Reply with quote
 

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Member
Italian to French
+ ...
TOPIC STARTER
Eh ben dis donc! Nov 23, 2004

C'est plus Sylver qu'il va falloir t'appeler, c'est Gold! Voire Goldfinger (in the noze...)

sylver wrote:

En avant propos, je tiens à féliciter Jean Marie, qui le premier dans l'histoire de Proz (A ma connaissance, du moins), soulève la question "Jusqu'où on peut aller au niveau des prix".



Oui, merci, merci...

Bon, commençons à parler de choses sérieuses.
Je trouve ton raisonnement excellent de bout en bout. Que du bon sens.

Petit préambule, pourquoi ce fil ?

Parce que je suis en train de mettre la dernière main à mon site (ça fait jamais que deux ans que je dois le faire), et je veux y aborder dessus la question prix. Je sais qu'il y en a qui rechignent à le faire, vu le nombre de variables qui rentrent en jeu, mais c'est un choix délibéré, ça permet de faire un premier tri. Et vu que je veux m'adresser en majorité à un public anglo-saxon, eux sont beaucoup plus directs que nous (les latins...). Ils vont voir de suite le prix, si ça va, on run, sinon, on va voir ailleurs.

Je dois donc fournir une fourchette. Et la première fourchette qui m'est venue c'est entre 0,14 et 0,2 par mot sur le texte cible, ce que je considère correct au niveau italien (où les prix sont notoirement bas, comme je l'ai déjà expliqué).

Et puis en y réfléchissant bien, je me suis dit: Oui, mais si je m'enferme dans une fourchette trop étroite, je pourrai plus en sortir. Et là j'ai commencé à être assailli de scrupules. Est-ce que j'exagérerais pas en demandant plus ? Alors je me suis interrogé, non pas pour savoir si je pouvais demander plus, mais plutôt si j'étais capable de fournir un travail d'une qualité suffisante pour demander plus. Et je me suis répondu OUI ! (Comme dit l'autre, c'lui-là il se fait les questions et les réponses tout seul.)
Trève de plaisanterie, là je rejoins Sylver à 100%.

J'ai alors eu le besoin de demander des conseils. D'où ce fil.

sylver wrote:

Je n'ai jamais vu de tablettes en pierre gravées par le tout puissant avec le prix des traductions, et de toute évidence, il y a toutes sortes de prix sur le marché, de 0,01 euros à 0,6 euros par mot (voire davantage). Donc, à priori, aucun plafond -ni plancher.

Cela dépend de ce que tu es capable de négocier. Le prix que tu es capable de facturer, dépend à 100% de ce que tu es capable de négocier. Il n'y a aucun autre paramètre qui entre en jeu. Si tu es capable de négocier 2 euros du mot, tu as 2 euros du mot

On peut donc reformuler la question: "Comment négocier plus?"



Je pense que la vérité elle est là:

Cela dépend de ce que tu es capable de négocier, donc, comment négocier plus ?

On continue:

sylver wrote:

De façon plus concrète, comme c'est au traducteur de présenter son devis, le prix est limité en premier lieu à ce que le traducteur a le courrage/audace/culot/décence* de demander.

(*adjectif au choix, c'est une question de point de vue)

La première limite à ce qu'un traducteur peut demander, c'est ce qu'il demande. Le gars qui répond systématiquement "0,08 Euros" n'a aucune chance d'atteindre 0,10 Euros.



Je souligne encore: La première limite à ce qu'un traducteur peut demander, c'est ce qu'il demande.

sylver wrote:

Et c'est là le premier obstacle à facturer plus cher. Pour demander plus cher, il va devoir commencer à demander plus cher. Il va devoir commencer par changer son attitude.

(Ce n'est *que* le premier obstacle)



Je ne m'étends pas davantage sur ce qui suit, à quoi je n'ai rien à ajouter, ni à retrancher, sinon que j'aime bien les notions de « zone d'avoir », « zone de confort », et la chronologie finale :

sylver wrote:

Donc pour résumer mon opinion sur le sujet, il y a trois facteurs qui déterminent le prix, par ordre d'importance:

1. La capacité à avoir
2. La capacité à obtenir des clients potentiels (Marketing)
3. La capacité à fournir le service (Qualité/délais/relation client,...)

A suivre...**



** Eh bé mon garçon, dépêche-toi de finir ton mail (prononcer maille à la bordelaise, un truc qui n'a rien à voir ni avec la moutarde ni avec le courriel), et on attend la suite.

Ciao, Jean-Marie


Direct link Reply with quote
 
xxxsarahl
Local time: 13:04
English to French
+ ...
Pourquoi un plafond ? Nov 23, 2004

Ciao Jean-Marie,

j'ai l'impression que nous sommes la seule industrie à accepter des baisses de tarifs ! Et ça n'améliore pas l'image de la profession. J'attends avec impatience que quelqu'un pense enfin à aligner nos tarifs sur les indices classiques et logiques : hausse des prix, revalorisation du SMIC ou autre.

Je pense comme Sylver que dans notre profession non régulée, les tarifs reposent sur des perceptions, à commencer par celle du traducteur puisque les clients nous demandent nos tarifs. Avec le raisonnement de Sylver (que j'applaudis des deux pieds), the sky is the limit. Ce qui est tout à fait normal dans une industrie aux niches multiples.

En conclusion, je crois, comme tu le subodorais déjà, qu'annoncer une fourchette de prix pourrait te coincer dans ladite fourchette et te limiter à une niche et une catégorie de clients.

Mes deux eurodollars

Bonne journée

Sarah

ps. autant que les tarifs crèvent le plafond !


Direct link Reply with quote
 
Delphine Brunel  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Italian to French
Silver... Nov 24, 2004

Silver,
Tu as su dire clairement ce que mon petit cerveau pensait en vrac...
Merci !


Direct link Reply with quote
 

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Member
Italian to French
+ ...
TOPIC STARTER
Proziennes et Proziens, à vos claviers ! Nov 24, 2004

Re-salut

Alors, qu'est-ce qu'il se passe ? Vous êtes devenus muets, tout d'un coup ? Autant vous êtes loquaces dans les dizaines et dizaines de fils qui parlent de cacahouètes, autant je vous trouve muets comme des carpes sur celui-ci.
Ou peut-être ai-je eu la malchance de poster en même temps que l'ami Thierry, qui nous en a mis 5 d'un coup avec sa verve habituelle.
Il est trop bon le Thierry, hélas ! (;-))
Je vais être obligé de te citer pour concurrence déloyale...

Donc, tout ça pour dire que j'aimerais d'autres avis sur la question, vous devez bien en avoir quand même !

Autre chose. En général, quand on évalue une traduction, on ne calcule que les variables techniques, que je qualifierais de « matérielles » : difficulté, délais, combinaison linguistique, formats, mise en page, etc.

Quid des variables « immatérielles » ? Telles que :
- formation/spécialisation du traducteur,
- nombres d'années de métier,
- expérience (qualitativement et quantitativement parlant),
- composante logistique (terminologique, bureautique),
etc.

Si j'ai oublié quelque chose, merci de compléter.

Répondez en masse ! Merci d'avance,

Jean-Marie


Direct link Reply with quote
 

co.libri
France
Local time: 21:04
German to French
+ ...
Jean-Marie Nov 24, 2004

Je pense que les "expériencés" peuvent répondre à cette question précise. Difficile pour les autres quand même...

Mais on lit, on lit


Direct link Reply with quote
 

Geneviève von Levetzow  Identity Verified
Local time: 21:04
Member (2002)
French to German
+ ...
Faut pas être déçu... Nov 24, 2004

Jean-Marie,

Sylver a tellement bien expliqué qu'il n'a presque plus rien à dire.

Calculer les impondérables... Difficile.

Je pense que c'est vraiment ce qu'a expliqué Sylver. Quelque soit son plafond personnel, un traducteur ayant suffisamment de travail peut se permettre de refuser les prix inférieurs.

Geneviève:)


Direct link Reply with quote
 

sylver  Identity Verified
Local time: 04:04
English to French
Suite. Nov 24, 2004

Que d'élogues! Quelqu'un à soif? Vous voulez boire quelque chose?



Dans mon post précédent, j'ai présenté les trois points qui me semblent influencer directement le prix des traductions.

Sauf erreur, les autres variables rentrent toutes dans une ou plusieurs de ces catégories.

Il est possible de détailler davantage chaque catégorie, et les variables immatérielles de Jean Marie peuvent jouer un rôle à différent niveaux, par exemple:

1. Capacité à avoir

Je crois que je vais laisser ce point de coté pour le moment. L'idée qu'il existe une capacité à avoir suffit pour le moment, mais si nous devions véritablement entrer dans le vif du sujet, il faudrait aborder pas mal de concepts philosophiques & religieux.

Toutefois, juste pour placer les valeurs immatérielles: L'expérience positive d'un traducteur contribue à sa capacité à avoir (Le gars qui a déjà été payé 0,12 euro du mot sait qu'il est possible d'obtenir 0,12)

Par contre, pour le gars qui s'est vu rire au nez à chaque fois qu'il demande plus de 0,08, l'expérience peut avoir l'effet contraire et le convaincre que "c'est le prix du marché".

Donc, l'expérience est un facteur, mais il faut faire la distinction entre expérience positive et négative (et les niveaux intermédiaires)

La compétence (qui peut résulter de la formation, de l'expérience, des composantes logistiques et de l'éthique professionnelle, entre autres) est la base de la confiance en soi, ce qui influence probablement la capacité à avoir, liée à la notion que la personne a de sa propre valeur.

Enfin bon, laissons ce point là pour le moment, pour passer au

2. Marketing/vente
Create a Want - traduit avec licence par "créer une demande, une envie". Le marketing est un jeu dont le but est d'obtenir des clients potentiels. Cela demande de :
- Trouver des clients potentiels - ou des façons de leur faire passer le message,
- Découvrir ce qu'ils veulent
- Leur offrir ce qu'ils veulent.

Le marketing est une balance entre le volume de communication sortantes et sa qualité (le volume étant plus important que la qualité).

A priori, je suppose que la plupart des clients souhaitent avoir un traducteur compétent, donc l'expérience, la formation, les logistiques... peuvent servir à convaincre le client que vous êtes un bon choix.

Mais le point clef du marketing...c'est qu'il faut le faire. Sans volume de communications sortantes, le CV parfait ne donnera pas grand chose. Le meilleur des sites Web est inutile si personne ne le visite...

Bon, sur ce, je vais me coucher - aucune chance que je termine ce point là ce soir, je tombe déjà de sommeil. La suite au prochain numéro. Bonne nuit.

Sylver


Direct link Reply with quote
 

Michael Bastin  Identity Verified
Spain
Local time: 21:04
English to French
+ ...
tarif minimum oui, maximum non Nov 24, 2004

Personnellement, j'indique mon tarif minimum sur le site, ce qui permet déjà de décourager certains clients.

Le post de Sylver est vraiment bien fait et reprend tous les éléments, difficile donc d'en dire bcp plus)

Comme tous les autres secteurs, la loi de l'offre et de la demande est de mise en traduction. Si vous êtes un traducteur toujours occupé à vos tarifs habituels, il devient facile d'oser plus, et à force cela devient une habitude. Et lorsque la conjoncture est mauvaise, il est toujours possible de proposer un peu pour avoir plus de chance de décrocher un job.

Les clients qui paient mieux peuvent se permettre d'être exigeants, mais ce n'est pas une loi absolue. Et il suffit d'un problème pour qu'il décide d'aller chercher ailleurs un service identique à un prix inférieur, il suffit de googler, et c'est parti. Par contre, si le service est de qualité, il y réfléchira à deux fois avant de risquer la qualité pour gagner quelques euros.

Demander plus se justifie aussi par les efforts marketing qui permettent justement d'être contactés par des clients directs ou d'en décrocher davantage, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Les agences de traduction sont faciles à trouver, elles sont nombreuses et desservent les clients directs. Ces derniers sont par contre plus difficiles à trouver pour le commun des traducteurs. Il ne suffit pas d'envoyer son CV...

Un traducteur qui consacre son temps et son énergie à faire sa promotion passe forcément moins de temps à traduire, aussi faut-il que les jobs qu'il décroche soient mieux rémunérés. De plus ses frais fixes augmentent (webmaster, hosting, référencement, publicité, etc.).

Enfin voila, on a rien sans rien.



[Edited at 2004-11-25 01:31]


Direct link Reply with quote
 

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 21:04
Member
Italian to French
+ ...
TOPIC STARTER
tarif minimum oui, maximum non, suite... Nov 25, 2004

Michael Bastin wrote:

Personnellement, j'indique mon tarif minimum sur le site, ce qui permet déjà de décourager certains clients.



Oui, c'est exactement la conclusion qui s'est imposée à moi après avoir lu les différentes interventions.

Michael Bastin wrote:

Le post de Sylver est vraiment bien fait et reprend tous les éléments, difficile donc d'en dire bcp plus

(...)

Demander plus se justifie aussi par les efforts marketing qui permettent justement d'être contactés par des clients directs ou d'en décrocher davantage, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Les agences de traduction sont faciles à trouver, elles sont nombreuses et desservent les clients directs. Ces derniers sont par contre plus difficiles à trouver pour le commun des traducteurs. Il ne suffit pas d'envoyer son CV...

Un traducteur qui consacre son temps et son énergie à faire sa promotion passe forcément moins de temps à traduire, aussi faut-il que les jobs qu'il décroche soient mieux rémunérés. De plus ses frais fixes augmentent (webmaster, hosting, référencement, publicité, etc.).

Enfin voila, on a rien sans rien.



Là, je crois qu'on touche à l'un des secrets de ce qui a changé profondément notre profession depuis l'avènement d'Internet : plus que jamais la traduction est devenue communication et les traducteurs doivent intégrer le marketing dans leur façon de pratiquer le métier.
Je crois que c'est Sylver (toujours lui !), qui disait quelque part que, désormais, le travail du traducteur c'est 60% de traductions et 40% de marketing.
Et comme dit Michael, c'est bien un des critères qui autorisent à demander plus (bien sûr en donnant pour acquis qu'on donne de la qualité au client, faute de quoi tous ces efforts seraient peine perdue).
Allez, ciao.

Jean-Marie


Direct link Reply with quote
 


To report site rules violations or get help, contact a site moderator:

Moderator(s) of this forum
Andriy Bublikov[Call to this topic]

You can also contact site staff by submitting a support request »

Encore un fil sur les prix

Advanced search






SDL Trados Studio 2017 Freelance
The leading translation software used by over 250,000 translators.

SDL Trados Studio 2017 helps translators increase translation productivity whilst ensuring quality. Combining translation memory, terminology management and machine translation in one simple and easy-to-use environment.

More info »
LSP.expert
You’re a freelance translator? LSP.expert helps you manage your daily translation jobs. It’s easy, fast and secure.

How about you start tracking translation jobs and sending invoices in minutes? You can also manage your clients and generate reports about your business activities. So you always keep a clear view on your planning, AND you get a free 30 day trial period!

More info »



All of ProZ.com
  • All of ProZ.com
  • Term search
  • Jobs