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Questions d'un japonisant débutant
Thread poster: Guillaume Fleury
Guillaume Fleury
Local time: 02:12
Spanish to French
+ ...
Jul 6, 2005

Chers collègues,

Je me permets de vous contacter car j'ai quelques interrogations sur la langue japonaise et sur le marché de la traduction s'y rattachant.

Je suis actuellement traducteur junior et je travaille à partir de l'anglais et de l'espagnol vers le français. La langue de Cervantes n'étant finalement pas très porteuse pour notre métier (du moins pour ma combinaison) et ne voulant pas me spécialiser uniquement avec l'anglais, je me suis penché sur la possibilité d'apprendre une langue que certains
appelleront "exotique" et aux yeux de beaucoup, porteuse, à savoir une langue asiatique. Cependant, si j'ai commencé à apprendre le japonais il y a environ 6 mois, je ne suis toujours pas sûr d'avoir fait le bon choix. J'hésitais en effet entre la langue du pays du Soleil levant et
celle de l'Empire du milieu. Après avoir vainement tenté de glâner plusieurs informations ici et là, je n'arrive toujours pas à me décider pour l'une ou l'autre langue.

Plusieurs facteurs influencent en effet ma décision :

1. La Chine a le vent en poupe en ce moment, contrairement à l'économie japonaise qui a tendance à stagner. Cependant, le Japon est déjà un pays post-industriel, générant par là même quantité de
documents techniques envoyés à l'étranger, alors que la Chine est encore dans sa phase de développement. À votre avis, comment se
profile l'avenir de la traduction à partir de ces langues vers le français ?

2. J'ai entendu tout et son contraire sur la difficulté supposée des langues asiatiques. J'en suis arrivé à une conclusion toute personnelle. J'ai comparé le nombre d'heures requis pour obtenir le niveau 1 du JLPT et le niveau 9 du HSK, et la relation est de 900 heures contre 3000. Confirmez-vous que le japonais est plus "facile" que le chinois ? Je possède en effet déjà deux langues de travail, en ajouter une troisième est déjà un défi en soi. Je ne voudrais pas commencer l'étude d'une langue pour me rendre compte par la suite que je ne la maîtriserai jamais suffisamment pour pouvoir la traduire.

3. Je prépare mon installation en tant que traducteur indépendant à Singapour. Même si cela reste anecdotique, vous n'êtes pas sans ignorer que la culture singapourienne est fortement sinisée. Ainsi, il me serait peut-être plus pratique d'apprendre le chinois sur place, même s'il est tout à fait possible de se faire des amis japonais et de continuer l'étude de la langue dans les nombreux centres linguistiques présents sur l'île.

4. Enfin, quelle est selon vous la langue qui apporte le plus de perspectives au niveau rémunération ? Tel que je vois les choses et telles qu'elles me l'ont été expliquées, il y a énormément de traducteurs chinois, ou non, vivant en Chine et qui pratiquent donc des prix défiant toute concurrence. Cela ne me semble pas être le cas du japonais, car les niveaux de vie au Japon et dans les pays francophones dotés d'une industrie langagière ne permettent pas, à mon sens, de pratiquer des tarifs ridiculement bas.

J'espère vraiment que vous pourrez m'aider avec toutes ces questions.

Merci pour vos réponses,
Guillaume Fleury


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Elodie Rousseau
Mexico
Local time: 12:12
English to French
+ ...
Je voudrais pas te décourager, mais... Jul 6, 2005

cela fait plus de 15 ans que j'ai commencé à étudier le Japonais et je ne le parle toujours pas parfaitement, même si j'ai commencé en seconde, obtenu une licence de japonais aux Langues O, vécu 7 ans au Japon, étudié dans des universités japonaises. Quand aux 900 heures supposées pour passer le JLPT de niveau 1, je crois qu'on peut les multiplier par 10, voir plus !! Je l'ai passé en 1998, presque 10 ans après mes premiers cours. Il me semble donc difficile d'étudier le japonais, en parallèle à une activité professionnelle, avec comme objectif de vivre de la traduction JPN-FRA dans un futur proche.

Quant aux débouchés de la traduction du japonais au français, il faut savoir que la plupart des agences traductions japonaises préfèrent faire traduire d'abord du japonais à l'anglais, puis de l'anglais dans les autres langues européennes. C'est vrai qu'elles payent mieux que les agences européennes ou américaines, quelquefois le double, mais à mon avis, les demandes sont sporadiques et il est difficile de vivre uniquement de la traduction du japonais vers le français.

Une dernière chose, si j'allais vivre à Singapour, je ne me poserais pas trop de question et étudierais le chinois, car si je ne m'abuse, c'est une des langues officielles et il y a une importante communauté chinoise.

J'espère ne pas avoir été trop négative. En tout cas, bon courage que ce soit pour le chinois ou le japonais.
Peut-être que d'autres collègues auront des avis plus positifs.
Qu'en penses-tu Sarah ?

Cordialement

Elodie


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lien
Netherlands
Local time: 19:12
English to French
+ ...
RĂ©ponse Jul 6, 2005

Guillaume Fleury wrote:

Plusieurs facteurs influencent en effet ma décision :

2. J'ai entendu tout et son contraire sur la difficulté supposée des langues asiatiques. J'en suis arrivé à une conclusion toute personnelle. J'ai comparé le nombre d'heures requis pour obtenir le niveau 1 du JLPT et le niveau 9 du HSK, et la relation est de 900 heures contre 3000. Confirmez-vous que le japonais est plus "facile" que le chinois ? Je possède en effet déjà deux langues de travail, en ajouter une troisième est déjà un défi en soi. Je ne voudrais pas commencer l'étude d'une langue pour me rendre compte par la suite que je ne la maîtriserai jamais suffisamment pour pouvoir la traduire.



Je voulais répondre, mais finalement j'y renonce. Je passerais pour une idéaliste invétérée.


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Geneviève von Levetzow  Identity Verified
Local time: 19:12
Member (2002)
French to German
+ ...
Sus aux dits d'Élodie;) Jul 6, 2005

Guillaume,

Les réflexions d'Élodie sont tout à fait justes.

Et il ne faut pas oublier un aspect très important, traduire d'une langue à l'autre (même dans le technique) signifie connaître la culture (au sens très large) de ces deux langues.

Je remarque tous les jours dans mes deux paires de langues actives (all-fr/fr-all) que beaucoup de collègues ont des difficultés de traduction parce que cette culture de tous les jours leur manque.
Et ce sont des langues européennes, avec une culture tout de même plus ou moins commune. Et des caractères communs !

Mais le japonais... avec ses deux codes de caractères et une culture qui ne s'est ouverte au reste du monde qu'au 19ème siècle...

Ceci dit, j'adore le Japon, et Kyoto est ma ville préférée (de celle que j'ai visitées).

Il est tout Ă  fait possible de vivre plus qu'honnĂŞtement de la traduction avec des paires de langues peu exotiques.

Geneviève:)


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xxxsarahl
Local time: 10:12
English to French
+ ...
Une langue facile ? Jul 6, 2005

J'avoue avoir du mal Ă  comprendre le concept de langue facile ou difficile...

Selon le DLI (Defense Language Institute), la langue étrangère la plus difficile à apprendre serait... l'anglais parce qu'il y a plus d'exceptions que de règles.

En ce sens, le japonais ressemble beaucoup à l'anglais, je l'ai appris au feeling comme l'anglais. A la différence de langues comme le français ou l'allemand avec ses déclinaisons, règles de grammaire et autres, donc plus faciles à acquérir par la transpiration, les autres demandant plus d'inspiration.

Cela dit, j'ai aussi une théorie personnelle, je crois que chacun a une affinité personnelle pour un certain type de langue, un peu comme certains préfèrent les PC et d'autres les Mac pour schématiser. En ce qui me concerne, j'ai appris le japonais très rapidement et très facilement ; la dernière année de mon BA j'ai suivi des cours EN japonais, et non plus DE japonais, un tiers des étudiants des cours en question étaient japonais. Par contre, je n'ai jamais vraiment accroché à l'allemand alors que j'y ai consacré plus de temps qu'au japonais.

Je crois donc qu'il y a deux éléments à prendre en compte : la personne et l'environnement. Je pense qu'Elodie a raison de te conseiller le chinois si tu vis à Singapour. Maintenant, je ne sais pas de combien de temps tu disposes, mais pourquoi pas le chinois ET le japonais ? Les idéogrammes sont très proches, en général je comprends un texte chinois grosso-modo, alors si tu as du temps et si l'aventure te tente, pourquoi pas ?

Mon grain de riz

Sarah


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Guillaume Fleury
Local time: 02:12
Spanish to French
+ ...
TOPIC STARTER
Merci Jul 6, 2005

Merci Ă  toutes pour vos conseils !

Quelques réflexions qui me viennent à l'esprit...je n'ignore absolument pas qu'il faille comprendre la culture de la langue que l'on traduit, je m'en rends compte tous les jours dans mes paires de langues actuelles. Je reviens d'ailleurs d'un contrat de travail à Toronto, où j'avais aussi passé du temps en échange, et il est vrai que certaines logiques typiquement anglo-saxonnes me déconcertent encore quelque peu...Cela étant, si je continue le japonais, j'irai bien sûr passer des séjours studieux dans le pays. Hors de question de me dire traducteur en ayant seulement suivi des cours de langue, si poussés soient-ils.
Concernant les pratiques de traduction au Japon, je crois que mes craintes ont été vérifiées...j'imaginais déjà que la traduction du japonais au français était loin d'être pléthorique, je ne pensais tout de même pas qu'ils faisaient tout traduire d'abord vers l'anglais...c'est à en desespérer d'apprendre autre chose que la langue du perfide Albion !
Et si je parviens à m'installer à Singapour, je pense y rester pour environ 5 ans, peut-être plus. Ce sera une bonne base pour découvrir le reste de l'Asie, qui me fascine de plus en plus.

Je note donc bien que certaines d'entre vous me conseillent d'apprendre le mandarin. Cela étant, pensez-vous que les tarifs pratiqués avec cette langue vaillent la peine de l'apprentissage ? Je ne voudrais pas que vous pensiez que je réagis uniquement en termes de revenus, mais c'est un aspect tout de même non négligeable de notre profession. Si j'avais fait LEA anglais-chinois dès le départ, je ne poserais pas cette question maintenant. Seulement, j'ai déjà 26 ans, ce qui pour apprendre une langue asiatique est peut-être un peu tardif, à moins que je n'accepte d'être opérationnel qu'à 40 ans...Je me sens attiré par les cultures chinoise et japonaise pour des raisons différentes, mais je n'arrive toujours pas à trancher.

De plus, je vois et j'entends tellement de traducteurs se plaindre de la concurrence acharnée de certaines personnes qui cassent les prix du marché. Je me dis que le niveau de vie en Chine étant ce qu'il est, pourrais-je réellement demander un peu plus que pour les langues occidentales ?

En tout cas, merci beaucoup pour vos conseils, n'hésitez pas à enrichir de nouveau ce fil de conversation.

Guillaume


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ckatsidonis  Identity Verified
Belgium
Local time: 02:12
English to French
+ ...
Mon opinion depuis Singapour... Jul 7, 2005

Salut Guillaume,

Si tu arrives à t'installer à Singapour, ce qui n'est pas gagné d'avance vu que dire aux autorités : « Je suis traducteur francophone » est un peu l'équivalent « je suis traducteur eskimo » à Brazzaville, fais-moi signe... on causera traduction et d’autres choses.

Pour ce qui est du choix des langues, attends d'être à Singapour... tu verras. Moi, durant mes études j'ai étudié un peu le japonais, qui m'avait littéralement fasciné mais je n’ai malheureusement pas pu continuer. Ensuite, en arrivant à Singapour, je me suis mis à étudier le chinois à l'Université nationale et franchement, même si c'était passionnant, je dois avouer que cela ne m’a pas servi à grand-chose et, le rythme de travail de l’île étant assez effréné, j’ai dû arrêter. Ça demande pas mal de dévouement et de temps c’te langue-là. Je me suis finalement mis à apprendre l’indonésien/malais, beaucoup plus simple grammaticalement (avec certaines similarités avec le français) et d’une culture méconnue en Europe mais non moins intéressante.

Aussi, la situation des langues à Singapour est extrêmement complexe même si apparemment, il s’agît d’un havre de multilinguisme réussi (selon ce que le gouvernement local veut nous faire croire). Si tu veux apprendre le japonais, va au japon. Si tu veux apprendre le chinois, va à Pékin.

En gros, ne te fais pas d’illusions sur le marché des langues et de la traduction à Singapour. Il est quasiment inexistant. Si j’avais le choix, je ne reviendrais pas à Singapour (pas pour la traduction en tout cas), malgré la qualité de vie dont on joui une fois installé.

Crois-moi, je sais de quoi je parle. Mon expérience est (très) récente (depuis 18 mois à Singapour).

Charalambos


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 18:12
Flemish to English
+ ...
Copine japonaise Jul 7, 2005

Va au Japon et cherche une copine/femme japonaise. La mieilleure façon de vivre une langue est de devoir pratiquer la langue chaque jour.
Le vitesse à laquelle tu va assimiler le vocabulaire sera nettement plus haute. Bien sûr, pour connaître les hiragana/katakana/kanji et la grammaire, il faudra étudier au moins trois ans.


[Edited at 2005-07-07 06:21]


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Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 19:12
English to French
+ ...
Pour l'amour des mots Jul 8, 2005

Williamson wrote:

Va au Japon et cherche une copine/femme japonaise. La mieilleure façon de vivre une langue est de devoir pratiquer la langue chaque jour.
Le vitesse à laquelle tu va assimiler le vocabulaire sera nettement plus haute. Bien sûr, pour connaître les hiragana/katakana/kanji et la grammaire, il faudra étudier au moins trois ans.


[Edited at 2005-07-07 06:21]


Que ne ferait-on pas pour l'amour des mots? Mais en plus, il faut être fidèle ... un minimum!

Paul


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