Mobile menu

La traduction implique-t-elle inéluctablement le doute ?
Thread poster: Paul VALET

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 03:06
English to French
+ ...
Oct 15, 2006

Bonjour,

Je discutais récemment avec un ami, traducteur anglophone d'excellente réputation, qui me disait qu'il passait deux tiers de son temps professionnel en traduction proprement dite, et un tiers en discussions sur sa traduction après l'avoir livrée.

Je tombais des nues.

Avez-vous toujours autant à défendre vos traductions ? contre qui ? contre quoi ?

Cordialement,

Paul VALET
www.gexcel.com

[Edited at 2006-10-15 07:33]


Direct link Reply with quote
 

Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:06
Member (2002)
Spanish to French
+ ...
Bonjour Paul Oct 15, 2006

Je trouve que ton titre n'illustre pas le contenu de ton message.

En effet, à la question posée dans le titre je répondrais "oui", par contre à la question posée dans le corps du message, je réponds "non".

Il m'est arrivé d'avoir à défendre ma traduction au moins deux fois, peut-être trois, et heureusement pas plus, parce que c'est usant et cela prend plus de temps que la traduction elle-même.

Le doute, c'est une autre question. Je doute, oui, mais entre le doute et la remise de la traduction je tranche et ne doute plus. Je peux atteindre ce niveau là avec l'aide extérieure ou en demandant des éclaircissements au client.

Claudia


Direct link Reply with quote
 

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 03:06
English to French
+ ...
TOPIC STARTER
Le doute chez autrui Oct 15, 2006

Claudia Iglesias wrote:

En effet, à la question posée dans le titre je répondrais "oui", par contre à la question posée dans le corps du message, je réponds "non".

Claudia


Bonjour Claude,

Je voulais dire le doute chez le client, et surtout ce qui peut en résulter: questions, critiques, discussions diverses.

Moi non plus, je n'ai pas eu autant à discuter mes traductions. Mais il est vrai que si l'on tombe sur un réviseur d'un profil particulier, ou si la traduction a présenté des caractéristiques particulières (manque de contexte) on peut avoir des surprises désagréables.

Je comprendrais d'ailleurs bien que le client puisse souvent avoir un doute. S'il ne connaît pas du tout notre langue et si l'enjeu est important pour lui (communication de grande entreprise cotée en bourse par exemple), il peut craindre qu'une mauvaise interprétation du moindre mot de son texte source n'ait une répercussion dramatique.

Par ailleurs, je sais qu'il y a des traductrices qui se font une spécialité de la critique, des traductions publiées en particulier, pour tenter de récupérer des marchés intéressants. Tout est alors possible.

Mais de là à poser autant de difficultés après livraison...

Cordialement,

Paul VALET
www.gexcel.com



[Edited at 2006-10-16 08:14]


Direct link Reply with quote
 
xxxmediamatrix
Local time: 23:06
Spanish to English
+ ...
Le seul doute... Oct 15, 2006

... que j'ai ressenti pendant mes 30 années de traduction est celle qui concernait la compétence de l'auteur du texte source en matière de rédaction dans sa langue de choix (pour ne plus utiliser le mot 'maternelle') et/ou en matière de sa matière.

Et a chaque fois (comme Claudia - 3, 4 fois, pas plus ...) que j'ai dû discuter ma traduction, j'au pu démontrer que le coupable fut... l'auteur.

De la sorte, j'ai réussi à donner à mes clients l'envie d'éviter la discussion...

MediaMatrix


Direct link Reply with quote
 

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 03:06
English to French
+ ...
TOPIC STARTER
Notre rôle est-il alors d'améliorer les textes sources ? Oct 15, 2006

mediamatrix wrote:

Et a chaque fois (comme Claudia - 3, 4 fois, pas plus ...) que j'ai dû discuter ma traduction, j'au pu démontrer que le coupable fut... l'auteur.

MediaMatrix


Ca m'est arrivé dernièrement.

A ce sujet j'ai entendu dire par des réviseurs chevronnés qu'il est habituel d'avoir affaire à de piètres rédacteurs, si bien que notre rôle serait souvent d'améliorer les textes à traduire...

Je trouve cela périlleux. Parfois il faut deviner ce qu'ils ont bien voulu dire.

Personnellement, je remets avec ma traduction un commentaire des problèmes rencontrés, si besoin, et des solutions que j'ai retenues. Avec la spécialisation par domaines, je crois que ce sont deux bons moyens d'avoir peu de discussions.

Paul VALET


Direct link Reply with quote
 
xxxmediamatrix
Local time: 23:06
Spanish to English
+ ...
Dans bien des cas ... Oct 15, 2006

Paul VALET wrote:

Notre rôle est-il alors d'améliorer les textes sources ?



... je dirais que OUI!

En tout cas dans ma vie antérieure ou j'étais tour à tour (si non à la fois) traducteur, réviseur et rédacteur en chef d'une ligne de publications hautement techniques, mon souci principal était de rendre les informations lisibles et intelligibles pour les lecteurs - y compris dans la langue de l’auteur.

Avec en prime (façon de parler…) le fait que la majorité de nos lecteurs fut confrontée au problème supplémentaire d’avoir l’anglais ou le français (nos langues d’édition à l’époque) comme deuxième, troisième … nième langue seulement. Notre approche avait pour conséquence que tout, ou presque, fut publié en anglais international et en français international - deux langues malheureusement inconnues ici sur Proz.com…

Et si pour cela il fallait marcher sur les pieds - si délicats - des auteurs, tant pis !

Il est vrai toutefois que pour oser telle chose il vaut mieux connaître à fond la matière des documents en question… C’est d’ailleurs pour cela que l’organisme en question - comme beaucoup d’autres organisations internationales et entreprises multinationales - a toujours embauché comme traducteur ou rédacteur techniques non pas des professionnels des langues mais des ingénieurs avec de nombreuses années de pratique dans leur secteur.

Pour la petite histoire, j’ai étudié l’anglais et le français jusqu’à l’âge de 16 ans, comme ce fut l’obligation chez les ‘grammar schools’ britanniques des les années 60, pour obtenir - tout juste - les ‘O’ levels correspondantes. Je n’ai jamais étudié l’espagnol dans un cadre académique. N’empêche que grâce au pragmatisme de mes anciens employeurs (et de mes clients actuels) j’ai gagné ma vie pendant une trentaine d’années en mettant à profit tant mes études supérieures et mon expérience pratique de l’ingénierie que mes aptitudes (si j'ose dire...) en matière des langues, en commençant par l’anglais et le français internationaux et en rajoutant dernièrement l’espagnol.

Dans ce contexte - pour revenir vers le thème des ‘doutes’ et les discussions qui peuvent en découler - comme j’ai déjà mentionné j’ai eu peu de problèmes avec des auteurs. Par contre j’ai eu de nombreux ‘échanges’ avec d’autres ingénieurs, anglophones comme moi, qui prétendaient trouver nos publications ennuyeuses car écrites dans un anglais international dépourvu (dans la mesure du possible) des tournures de phrase et formes idiomatiques typiquement anglo-saxonnes mais qui constituaient autant de pièges pour la majorité de nos lecteurs. Mais là aussi j’avais toujours une réponse convaincante : mon salaire était payé majoritairement par des lecteurs ayant l’anglais comme 2ème, 3ème … nième langue.

Bref. Vive le lecteur !

MediaMatrix

[Edited at 2006-10-15 20:52]


Direct link Reply with quote
 
xxxNMR
France
Local time: 03:06
French to Dutch
+ ...
Mes deux centimes Oct 16, 2006

Pour moi le français est la langue source. D'abord, j'ai rarement à me défendre contre le client. J'aimerais bien qu'il y ait plus de doutes sur la traduction et que la communication soit meilleure ! La situation que décrit Paul est typique pour un traducteur qui est un expert reconnu dans son domaine. Dans la plupart des autres cas, les traductions sont revues par quelqu'un d'autre. Cela dépend alors sur qui on tombe, donc s'il y a des doutes on a à se défendre contre un relecteur.

Mais je suis entièrement d'accord avec Mediamatrix, quelquefois les textes à traduire sont absolument nuls et on a envie de les améliorer. Un exemple, j'ai traduit il y a quelque temps une brochure sur un haut-lieu touristique français. Style ampoulé, bourré de "la grandeur de la France". Les étrangers n'en ont rien à cirer, ce qu'ils veulent savoir c'est comment on y va et qu'est-ce qu'on peut y visiter. Et cela arrive régulièrement dans les textes marketing : souvent ils sont hyper-lourds. Prenez les parfums. Il n'y a rien à dire sur des parfums sauf que ça sent bon, donc pour fabriquer deux mille mots destinés à la presse, il faut creuser, et on donne dans le poétique. D'abord cela n'inspire pas le traducteur et ensuite cela fait ridicule dans les pays nordiques où les gens sont habitués à des textes plus factuels. Ce qui est gênant, ce n'est non seulement quand le rédacteur n'a pas de doute sur ses capacités à rédiger, mais aussi quand toute une équipe de rédacteurs s'y met (ou doit s'y mettre) pour faire du remplissage.

[Edited at 2006-10-16 08:47]


Direct link Reply with quote
 

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 03:06
English to French
+ ...
TOPIC STARTER
Est-ce que ça ne devrait pas être l'inverse ? Oct 17, 2006

NMR wrote:

La situation que décrit Paul est typique pour un traducteur qui est un expert reconnu dans son domaine.


Pourquoi un expert reconnu dans son domaine devrait-il voir ses traductions plus mises en doute qu'un non-expert ?

Paul


Direct link Reply with quote
 

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 03:06
English to French
+ ...
TOPIC STARTER
N'est-ce pas préjudiciable aux indépendants ? Oct 17, 2006

mediamatrix wrote:

Il est vrai toutefois que pour oser telle chose il vaut mieux connaître à fond la matière des documents en question… C’est d’ailleurs pour cela que l’organisme en question - comme beaucoup d’autres organisations internationales et entreprises multinationales - a toujours embauché comme traducteur ou rédacteur techniques non pas des professionnels des langues mais des ingénieurs avec de nombreuses années de pratique dans leur secteur.



J'ai déjà rencontré ce genre d'organismes. En fait ils embauchent souvent des retraités, anciens ingénieurs ou autres.

C'est sans doute excellent pour la qualité de la traduction technique. Mais si ce sont des retraités qui jouissent déjà d'une retraite et d'un patrimoine accumulé pendant des années de vie d'ingénieur, ces organismes ne les font-ils pas travailler de façon anti-économique, c'est-à-dire à des prix anormalement bas pour les qualifications qu'ils ont ?

On peut alors imaginer que la motivation de ces traducteurs est de s'occuper intelligemment plus que de gagner leur vie...

Cordialement,

Paul VALET
www.gexcel.com

[Edited at 2006-10-18 01:25]


Direct link Reply with quote
 
xxxmediamatrix
Local time: 23:06
Spanish to English
+ ...
Une raison, parmi d'autres Oct 18, 2006

Paul VALET wrote:

NMR wrote:

La situation que décrit Paul est typique pour un traducteur qui est un expert reconnu dans son domaine.


Pourquoi un expert reconnu dans son domaine devrait-il voir ses traductions plus mises en doute qu'un non-expert ?

Paul


J'au pu observer que le but des auteurs dans de telles consultations consiste souvent, non pas à questionner la traduction qui vient d'être délivrée par le traducteur, mais à approfondir sa propre connaissance du sujet proprement dit. Ils cherchent souvent aussi à élargir ses connaissances de la terminologie utilisée dans la langue cible (car bon nombre d'auteurs sont en fait des lecteurs avides de textes écrits dans la langue cible).

En effet, n'est-il pas 'intelligent' mettre à profit ses contacts avec des experts? Et n'est-il pas plus discret (lire, moins gênant) lorsqu'on peut le faire auprès d'un 'simple' traducteur au lieu de confronter ses pairs pour leur poser des bêtes questions sur des points qu'on devrait déjà maîtriser si l'on prétend déjà rédiger des textes sus le sujet?

MediaMatrix


Direct link Reply with quote
 
xxxmediamatrix
Local time: 23:06
Spanish to English
+ ...
Sur l'embauche des retraités, anciens ingénieurs ... Oct 18, 2006

Paul VALET wrote:

En fait ils embauchent souvent des retraités, anciens ingénieurs ou autres.

C'est sans doute excellent pour la qualité de la traduction technique. Mais si ce sont des retraités qui jouissent déjà d'une retraite et d'un patrimoine accumulé pendant des années de vie d'ingénieur, ces organismes ne les font-ils pas travailler de façon anti-économique, c'est-à-dire à des prix anormalement bas pour les qualifications qu'ils ont ?

On peut alors imaginer que la motivation de ces traducteurs est de s'occuper intelligemment plus que de gagner leur vie...


Dans certains cas, oui, c’est vrai, ils embauchent des retraités, anciens ingénieurs ou autres. Pour ma part, j'étais embauché, en 1978, par une association européenne dont les activités sont connues à tous et à toutes les Européens sans exception, comme traducteur technique français--> anglais, cela à l'âge de 27 ans et après avoir étudié et pratiqué l'ingénierie. Au moment de mon engagement je ne parlais point le français mais ça c'est une autre histoire... En l'an 2000 je me suis offert une préretraite très anticipée (faits le calcul!) - et depuis lors ce même organisme est l'un de mes clients, effectivement dans le scénario décrit par Paul.

Pourquoi cherchent-ils à faire faire les traductions techniques à l'extérieur? Car il y a une quinzaine d'années ils ont vu chuter la demande pour des traductions techniques français > anglais jusqu'à un niveau rendant le maintien d'un traducteur 'in-house' (moi, en l'occurrence) peu ou pas rentable (et moi, j'ai dû me reconvertir rapidement pour garder un emploi et maintenir la valeur de mon 'patrimoine accumulé pendant des années', comme dirait Paul, mais ça aussi c'est une autre histoire).

Dans cette situation, comment faire le jour où il y a effectivement une traduction technique à faire? Il leur est difficile trouver un traducteur suffisamment spécialisé dans leur secteur en dehors des organismes nationaux qui sont membres de l'association elle-même - et cela peut créer un conflit d'intérêts. Ils ont le choix, donc, entre un freelance inconnu ou un ex-employé connu. Enfin, il n'y a point de choix à faire!

Est-ce que je suis en train de 'casser le marché'? Certainement pas! Eux, ils non pas besoin de sacrifier la qualité pour obtenir un bon prix. Moi je n'ai pas besoin de brader mes services. Ils m'offrent un prix bien supérieur à Eur 0.20 le mot source ; j'accepte - en leur rappelant gentillement qu'à ce prix-là ils font une bonne affaire! Entre-temps, certains 'outsourcers' ici présents sur Proz n'ont sans doute pas encore compris que je puisse pratiquer des prix honnêtes et honorables établis sur base de ma compétence, mon expérience et les lois du marché européen, malgré le fait que je suis installé actuellement au Chili (mas ça c'est encore une autre histoire).

J'avoue avoir rit en lisant:

On peut alors imaginer que la motivation de ces traducteurs est de s'occuper intelligemment plus que de gagner leur vie...


Si, 'on peut imaginer telle chose'. Je l'ai imaginé moi-même pendant un bref moment.

En fait, je connais quelques-uns dans cette catégorie. J'ai observé que ces gens-là font un peu de traduction pour remplir leurs loisirs excessifs pendant un certain temps - souvent moins d'un an, rarement plus que deux. Dans bien des cas, ça continue jusqu'au moment où leurs clients se rendent compte qu'ils ne se maintiennent plus 'à l'heure' dans leurs anciennes spécialités ; ou jusqu'ils se laissent prendre par d'autres activités ; ou jusqu'au jour où la maladie les oblige à sortir du marché. Mais là aussi c'est loin d'être mon cas, la traduction étant toujours une partie essentielle (mais de loin minoritaire) de mes activités de 'préretraité volontaire devant gagner sa vie pour profiter pleinement des années qui lui restent malgré un patrimoine non-négligeable accumulé pendant une trentaine d’années comme employé d’organismes de renom européens établis dans trois des pays les plus confortables, financièrement parlant, du Vieux Continent'.

Bref. Gare aux stéréotypes et aux généralisations!

MediaMatrix


Direct link Reply with quote
 


To report site rules violations or get help, contact a site moderator:

Moderator(s) of this forum
Andriy Bublikov[Call to this topic]

You can also contact site staff by submitting a support request »

La traduction implique-t-elle inéluctablement le doute ?

Advanced search






memoQ translator pro
Kilgray's memoQ is the world's fastest developing integrated localization & translation environment rendering you more productive and efficient.

With our advanced file filters, unlimited language and advanced file support, memoQ translator pro has been designed for translators and reviewers who work on their own, with other translators or in team-based translation projects.

More info »
TM-Town
Manage your TMs and Terms ... and boost your translation business

Are you ready for something fresh in the industry? TM-Town is a unique new site for you -- the freelance translator -- to store, manage and share translation memories (TMs) and glossaries...and potentially meet new clients on the basis of your prior work.

More info »



All of ProZ.com
  • All of ProZ.com
  • Term search
  • Jobs