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Un syndicat de traducteurs peut-il faire de la politique ?
Thread poster: Paul VALET

Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 04:24
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Feb 18, 2007

Un syndicat professionnel étant fait pour défendre et promouvoir ses membres et la profession qu'ils exercent, il est par nature habilité à faire de la politique, au moins dans ces limites.

Il ne s'agit alors pas de politique politicienne, mais de politique au sens de la représentation des intérêts des traducteurs, devant les élus (impôts professionnels, liberté syndicale , etc.), comme devant les autres personnes concernées par ces intérêts (administrations clientes, et autres).

En considérant la composition des syndicats de traducteurs en termes de nationalités, je me demande si ces institutions ne souffrent pas d'un complexe d'extranéité pour s'engager vraiment dans l'action vis-à-vis de la sphère publique.

Considérez par exemple que s'appeler la Société Française des Traducteurs n'est la même chose que s'appeler la Société des Traducteurs Français.

Dans le second cas on n'aurait que (aux exceptions près) des traducteurs connaissant la France et ses institutions depuis l'enfance et disposant du droit de vote dans ce pays à toutes les élections.

Dans le premier, on a un certain nombre de membres qui ne sont pas français de naissance, et qui ne le sont pas systématiquement devenus depuis.
Ne sont-ils pas de ce fait plus distanciés par rapport à l'action politique ? N'ont-ils pas des craintes de s'engager, ou de se voir rejetés dans des actions de ce genre, par xénophobie ? Ne préférent-ils pas s'occuper de politique dans leur pays d'origine ?

Par ailleurs certains membres de ces syndicats résidant à l'étranger, qu'ils soient français ou non, peuvent se sentir peu impliqués par certaines contingences françaises.

Ces traits sont probablement caractéristiques des syndicats de traducteurs.

Un syndicat de traducteurs n'a-t-il pas, pour ces raisons, moins de chance de se faire entendre dans le pays de sa nationalité (car il a forcément une nationalité unique) que d'autres qui, n'ayant pas cette dimension "multinationale", peuvent paraître plus "audibles" aux élus et autres interlocuteurs ?

Paul





[Edited at 2007-02-18 14:10]


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Patricia Lane  Identity Verified
France
Local time: 04:24
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Votre message sous-jacent est inquiétant Feb 18, 2007

Bonjour,

Ce qui transparaît en filigrane dans votre message me met personnellement mal à l'aise.

Paul VALET wrote:

Considérez par exemple que s'appeler la Société Française des Traducteurs n'est la même chose que s'appeler la Société des Traducteurs Français.

Dans le second cas on n'aurait que (aux exceptions près) des traducteurs connaissant la France et ses institutions depuis l'enfance et disposant du droit de vote dans ce pays à toutes les élections.



Sans même effleurer la portée politque de ce deuxième paragraphe -- ce qui serait contre les règles de ce forum (une des règles qui me semble légitime - elles ne le sont pas toutes, mais ça, c'est un autre sujet) -- surtout dans le contexte de préparations aux élections, quelques commentaires s'imposent:

1. Adhérer à un syndicat professionnel n'est pas toujours une obligation, c'est un choix et on le fait en toute connaissance de cause. Je note que vous êtes membre de la SFT.

2. Si son appellation vous dérange, vous pouvez créer une autre organisation à l'image de vos souhaits (nous sommes en république, pardi!). A voir si elle serait reconnue ou si elle ne pourrait dépasser le statut d'une association Loi 1901.

2. Pour les professions libérales réglementées, à ma connaissance, c'est une obligation d'être membre de l'ordre (des médecins, des avocats etc..). Dans ce cas, si l'adhésion était limitée aux seuls détenteurs de la nationalité française (et on peut être français sans avoir connu "ses institutions depuis l'enfance" ceci dit!), que pensez-vous adviendrait de notre système médical par exemple? Nous sommes déjà, dans de nombreux endroits, en pénurie de médecins et d'infirmières.


Dans le premier, on a un certain nombre de membres qui ne sont pas français de naissance, et qui ne le sont pas systématiquement devenus depuis.
Ne sont-ils pas de ce fait plus distanciés par rapport à l'action politique ? N'ont-ils pas des craintes de s'engager, ou de se voir rejetés dans des actions de ce genre, par xénophobie ? Ne préférent-ils pas s'occuper de politique dans leur pays d'origine ?


Qu'est-ce que vous insinuez? Développez donc!

Les traducteurs, de toutes nationalités, établis en France confrontent les mêmes soucis "politiques" (vous parlez sûrement des charges sociales et fiscales, cf votre autre fil) que les citoyens français (quelle que soit la manière dont cette nationalité a été acquise). Un traducteur de nationalité française ne va pas mieux ou plus défendre son "bifteak" qu'un traducteur d'une autre nationalité!

S'il faut être français pour s'engager dans l'action politique de cette nature ou avoir le courage de le faire, excusez-moi, mais combien de français sont des moutons de panurge? Combien ne savent pas / n'osent pas / pensent que c'est inutile? Depuis quand la capacité et la volonté sont relatives à citoyenneté?

Il faut par ailleurs différencier action politique pure et défense de ses intérêts professsionnels et financiers. Certes, il y a des points de liaison, mais aussi des éléments bien distincts.


Par ailleurs certains membres de ces syndicats résidant à l'étranger, qu'ils soient français ou non, peuvent se sentir peu impliqués par certaines contingences françaises.


Alors, à vos yeux, il n'est légitime d'être adhérent à un syndicat QUE s'il on est ET citoyen ET résident du pays où opère ce syndicat?

Le but d'un tel organisme n'est pas seulement de défendre les intérêts de la profession au niveau juridico-fiscal dans un pays donné. Ce serait terriblement réductionniste.

Et finalement, je note que la SFT est membre de l'UNAPL, qui regroupe les syndicats représentatifs de toutes les professions libérales et que c'est par elle, principalement, que la voix de ces professions est exprimée.

Patricia

nationalité: française et américaine, établie en France.
membre de la SFT

[Edited at 2007-02-18 10:54]

[Edited at 2007-02-18 11:00]


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Bruno Magne  Identity Verified
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La législation française interdit Feb 18, 2007

à tout ressortissant étranger, même titulaire d'un permis de séjour, de faire de la politique.

Un traducteur de nationalité étrangère, NON NATURALISÉ français, est tout à fait libre de s'inscrire à un syndicat pour défendre les intérêts de sa catégorie et peut donc participer à toute manifestation publique organisée à cette fin.

Mais si, par exemple, il participe à un débat sur une chaîne télévisée ou sur une radio et qu'il y prend la parole pour dénoncer les actions du gouvernement français, en France ou à l'étranger, il commet un délit et le gouvernement français peut le déclarer persona non grata et l'expulser SOMMAIREMENT de France.

Il en va de même ici au Brésil, où le dernier expulsé a été José Bové, car il avait participé, passivement, à l'arrachage d'un champ de maïs transgénique expérimental.

Cordialement

Bruno


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Paul VALET  Identity Verified
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Où voyez-vous objectivement vos craintes ? Feb 18, 2007

Patricia Lane wrote:

2. Si son appellation vous dérange, vous pouvez créer une autre organisation à l'image de vos souhaits


Où voyez-vous qu'elle me dérangerait ? Je crois qu'elle est parfaitement dénommée, ne serait-ce que par rapport à sa composition, et que si elle n'existait pas il faudrait l'inventer. Ne serait-ce pas l'analyse des mots qui vous mettrait plutôt mal à l'aise ?

2. Pour les professions libérales réglementées, à ma connaissance, c'est une obligation d'être membre de l'ordre (des médecins, des avocats etc..).

Ne confondez-vous pas ordre et syndicat ? La SFT n'est pas un ordre mais un syndicat, ce sont deux genres différents. Un ordre professionnel est un organisme auquel il est obligatoire d'appartenir quand on fait partie d'une profession instituée en ordre.

Mais les membres des ordres professionnels sont libres par ailleurs d'adhérer ou non à des syndicats professionnels.

Il est vrai que les ordres professionnels semblent parfois jouer aussi un rôle de syndicat, avec des avantages spécifiques en raison de leurs contacts avec les autorités.

Ne sont-ils pas de ce fait plus distanciés par rapport à l'action politique ? N'ont-ils pas des craintes de s'engager, ou de se voir rejetés dans des actions de ce genre, par xénophobie ? Ne préférent-ils pas s'occuper de politique dans leur pays d'origine ?


Je n'insinue rien, je pose une question. Vous ne pouvez sans doute pas y répondre si vous avez la double nationalité et aucun accent étranger.

Mais il me paraît net que certains traducteurs, de par la nature de leur profession, sont amenés à changer de résidence, de pays, de ce fait ils peuvent hésiter à s'engager. L'obstacle de la langue, de l'accent, peuvent être aussi un frein, bien naturel, à ce genre d'engagement. Lisez la juge Eva Joly, vous verrez que des personnes n'ont pas hésiter à lui reprocher sa nationalité, et même son accent, dans l'exercice de sa fonction. Elle a fini d'ailleurs par retourner dans son pays d'origine à cause de cela.

Ce que je veux envisager ici ce sont les réalités vécues, les non-dits, pas les dogmes. Même si je suis ferme sur les libertés.

Qu'est-ce que vous insinuez?


Je n'insinue rien, je propose un échange,et je suis intéressé par tout témoignage concret sur le sujet, quel que soit son sens.

S'il faut être français pour s'engager dans l'action politique de cette nature ou avoir le courage de le faire, excusez-moi, mais combien de français sont des moutons de panurge?


Tout à fait d'accord, je n'ai pas dit le contraire.

Combien ne savent pas / n'osent pas / pensent que c'est inutile? Depuis quand la capacité et la volonté sont relatives à citoyenneté?


Tout à fait d'accord, la motivation et la capacité sont essentielles, en tout. Mais la citoyenneté donne des droits spécifiques, notamment électoraux, c'est une réalité. Donc si je n'ai pas certains droits électoraux, du fait de ma citoyenneté, quelle est mon pouvoir si je vais voir un élu qui sait que je ne peux pas participer aux élections dont il dépend ?

Alors, à vos yeux, il n'est légitime d'être adhérent à un syndicat QUE s'il on est ET citoyen ET résident du pays où opère ce syndicat?


Où voyez-vous que j'ai dit cela ?

Le but d'un tel organisme n'est pas seulement de défendre les intérêts de la profession au niveau juridico-fiscal dans un pays donné. Ce serait terriblement réductionniste.

Je suis bien d'accord, mais c'est l'angle spécifique de ma question, avec également l'angle sociologique, qui élargit substantiellement la question.

Et finalement, je note que la SFT est membre de l'UNAPL, qui regroupe les syndicats représentatifs de toutes les professions libérales

Je ne pense pas que tous les syndicats que vous évoquez soient membres de l'UNAPL. Ce n'est pas une obligation pour eux. La SFT elle-même n'en est membre que depuis peu, et elle l'a été bien après la création de l'UNAPL.

et que c'est par elle, principalement, que la voix de ces professions est exprimée.


Ca me paraîtrait un peu ambitieux pour l'UNAPL et insuffisant pour les traducteurs, comme pour les membres de toutes les autres professions libérales, qui ont toutes des spécificités. Nier ces spécificités c'est se condamner à être incomplétement représentés et défendus, y compris pour la diversité d'origine et de nationalités qui nous caractérise sans doute plus que d'autres professions (les huissiers de justice par exemple..).

Cordialement,

Paul

[Edited at 2007-02-18 13:20]


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Paul VALET  Identity Verified
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Il doit bien y avoir des exceptions Feb 18, 2007

Bruno Magne wrote:

à tout ressortissant étranger, même titulaire d'un permis de séjour, de faire de la politique.


Je ne suis pas un spécialiste des questions électorales, mais je sais que les citoyens des autres pays de l'Union européenne en particulier ont le droit de se présenter à certaines élections locales, et que nombre d'entre eux ont été élus ainsi. Il me semblerait d'ailleurs bien hasardeux de prétendre faire l'Europe sans ce minimum.

Je ne vois pas comment on pourrait les autoriser à être élus sans les autoriser à faire campagne électrorale.

Paul

[Edited at 2007-02-18 14:12]


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Yolande Haneder  Identity Verified
Local time: 04:24
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Politique et syndicats Feb 18, 2007

Bonjour Paul,

Je crois que la question est un peu plus compliquée.
Il ne faudrait pas mélanger le fait d'être natif d'un pays et le syndicalisme. Les syndicats sont là pour représenter les intérêts d'un groupe, ce n'est pas forcément exclusif de faire de la politique si on a les bons contacts.
A mon avis, il ne vous est pas empêché de descendre dans la rue si une telle loi ou une autre ne vous plait pas. D'autres groupes se voient plutôt comme un syndicat de "développement professionnel" ou pour atteindre une plus grande reconnaissance de la profession (en particulier de valoriser le travail du traducteur).

Par contre, si vous mêlez citoyenneté et syndicalisme, cela pourrait avoir deux graves conséquences:

- Tout d'abord exclureraient les traducteurs non français, aussi touchés par les développements de la traduction en France - eux aussi touchés par les nouvelles législations
- Cela impliqueraient des personnes comme moi à l'étranger mais avec les pleins droit de vote (pour les élection législatives, présidentielles) mais qui n'ont que faire des impôts et lois touchants les traducteurs en France.

En général les ordres professionnels sont les mieux placés pour se faire entendre et si un syndicat commence à faire de la politique, cela pourrait les détourner de leur premier intérêt - le soutien des traducteurs en France peu importe la situation pour des discussions d'ordre politique comme les votres (en premier lieu qui a plus le droit que d'autre de se faire entendre).

Si vous voulez faire de la politique bien à vous, mais je ne pense pas que c'est le premier intérêt de la SFT - elle se tourne plutôt vers un développement et une reconnaissance de la profession et à ce titre elle a déjà du pain sur la planche.


[Edited at 2007-02-18 14:12]


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Bruno Magne  Identity Verified
Local time: 23:24
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Il n'existe aucun texte européen Feb 18, 2007

relatif à la participation de citoyens étrangers dans des élections locales, en tant qu 'électeurs ou en tant que candidats. Cette question n'est pas supranationale et est du ressort exclusif de l'État membre de l'UE. Je me rappelle qu'il y a eu un débat à ce sujet en France ces derniers temps, mais, autant que je sache, aucune légilsation française ne permet à un étranger (ressortissant d'un pays de l'UE ou d'un autre pays) résidant légal de voter ou de se candidater à des élections, locales (= municipales) ou autres.


Je ne me souviens plus où j'ai appris qu'un étranger ne pouvait pas se mêler de politique politicienne, mais quand j'étais étudiant à Dijon, mes amis étrangers (la plupart l'était) restaient chez eux quand il y a avait des manifs contre le gouvernement [à l'époque, il y en avait beaucoup... ], car ils savaient qu'ils risquaient l'expulsion (ils étaient systématiquement contrôlés par les RG)



Bonne fin de dimanche

Bruno


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Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 04:24
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Distinguo Feb 18, 2007

Yolande Haneder wrote:


En général les ordres professionnels sont les mieux placés pour se faire entendre et si un syndicat commence à faire de la politique,


Les traducteurs ne constituent pas un ordre professionnel en France.

Cordialement,

Paul

[Edited at 2007-02-18 14:32]


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Paul VALET  Identity Verified
France
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C'est inexact Feb 18, 2007

Bruno Magne wrote:

autant que je sache, aucune légilsation française ne permet à un étranger (ressortissant d'un pays de l'UE ou d'un autre pays) résidant légal de voter ou de se candidater à des élections, locales (= municipales) ou autres.

Bruno


Extrait du site en ligne du Sénat français:

"Depuis la transposition de la directive 94/80/CE du 19 décembre 1994 relative au droit de vote aux élections municipales, les citoyens de l'Union européenne qui résident dans un État membre dont ils n'ont pas la nationalité disposent du droit de vote aux élections municipales dans l'État membre où ils résident, dans les mêmes conditions que les nationaux. Ils sont également éligibles dans l'État membre où ils résident.

En France, cette directive a été transposée par la loi organique n° 98-404 du 25 mai 1998, et les ressortissants des pays de l'Union européenne ont pu voter aux élections municipales pour la première fois en 2001. Quant aux autres étrangers, quelle que soit la durée de leur séjour dans notre pays, ils sont exclus du droit de vote."

Cordialement,

Paul


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Patricia Lane  Identity Verified
France
Local time: 04:24
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Clarifications Feb 18, 2007

Paul VALET wrote:

Patricia Lane wrote:

2. Si son appellation vous dérange, vous pouvez créer une autre organisation à l'image de vos souhaits


Où voyez-vous qu'elle me dérangerait ? Je crois qu'elle est parfaitement dénommée, ne serait-ce que par rapport à sa composition, et que si elle n'existait pas il faudrait l'inventer. Ne serait-ce pas l'analyse des mots qui vous mettrait plutôt mal à l'aise ?


Non, c'est plutôt l'exclusion inhérente à une Société de Traducteurs Français qui me gêne. Notre métier traverse les frontières et tisse des liens et de ponts entre nationalités, cultures, langues, peuples -- et c'est ça qui en fait un si beau métier. Ce serait terrible, à mes yeux, d'avoir une organisation professionnelle dont le nom même prône l'invese.



Ne confondez-vous pas ordre et syndicat ? La SFT n'est pas un ordre mais un syndicat, ce sont deux genres différents. Un ordre professionnel est un organisme auquel il est obligatoire d'appartenir quand on fait partie d'une profession instituée en ordre.


Non, je ne confonds pas. Les traducteurs ne font pas partie d'une PL réglementée, et donc n'ont pas d'ordre. Je faisais un parallel pour illustrer les effets d'inclusion ou d'exclusion basée sur la nationalité.


Ne sont-ils pas de ce fait plus distanciés par rapport à l'action politique ? N'ont-ils pas des craintes de s'engager, ou de se voir rejetés dans des actions de ce genre, par xénophobie ? Ne préférent-ils pas s'occuper de politique dans leur pays d'origine ?

Je n'insinue rien, je pose une question. Vous ne pouvez sans doute pas y répondre si vous avez la double nationalité et aucun accent étranger.


En effet, je n'ai pas d'accent. Ni en français, ni en anglais. Je vous demandez de développer car, comme par hasard, la présidente actuelle de la SFT est américaine comme vous le savez.


Mais il me paraît net que certains traducteurs, de par la nature de leur profession, sont amenés à changer de résidence, de pays, de ce fait ils peuvent hésiter à s'engager. L'obstacle de la langue, de l'accent, peuvent être aussi un frein, bien naturel, à ce genre d'engagement. Lisez la juge Eva Joly, vous verrez que des personnes n'ont pas hésiter à lui reprocher sa nationalité, et même son accent, dans l'exercice de sa fonction. Elle a fini d'ailleurs par retourner dans son pays d'origine à cause de cela.


Je pense qu'il faut différencier "action politique" pure et défense des intérêts (y compris pécuniaires) de sa profession. Concernant Eva Joly, c'était bien facile de lui reprocher sa nationalité et son accent... trop dur de lui reprocher d'avoir levé le voile sur des sujets explosifs..... Comparons ce qui est comparable. Par ailleurs, difficile de pouvoir agir politiquement sans droit de vote....


Et finalement, je note que la SFT est membre de l'UNAPL, qui regroupe les syndicats représentatifs de toutes les professions libérales

Je ne pense pas que tous les syndicats que vous évoquez soient membres de l'UNAPL. Ce n'est pas une obligation pour eux. La SFT elle-même n'en est membre que depuis peu, et elle l'a été bien après la création de l'UNAPL.
[/quote]

Exact. Merci d'avoir précisé ma rédaction un peu raccourcie.


Bonne après-midi,

Patricia


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Bruno Magne  Identity Verified
Local time: 23:24
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Merci, Paul Feb 18, 2007

J'ignorais ce fait, sans doute parce que les informations à l'époque voyageaient très peu.

Cordialement

Bruno


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Paul VALET  Identity Verified
France
Local time: 04:24
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Réponses Feb 18, 2007

Patricia Lane wrote:

[
Non, c'est plutôt l'exclusion inhérente à une Société de Traducteurs Français qui me gêne.


Je n'ai rien proposé de tel.






En effet, je n'ai pas d'accent. Ni en français, ni en anglais. Je vous demandez de développer car, comme par hasard, la présidente actuelle de la SFT est américaine comme vous le savez.



Moi non plus je n'ai pas d'accent en français, en anglais c'est une autre paire de manches ! Mais comme je réside en France ça ne me pose actuellement pas de problème.
Mais j'ai assez vécu à l'étranger pour savoir que dans nombre de cas le fait d'y être étranger pose des difficultés spécifiques, qui pourraient décourager les volontés dans ce genre de contexte.

Quant à l'actuelle présidente de la SFT, c'est à elle qu'il faut que vous posiez la question, ainsi éventuellement qu'à d'autres responsables de la SFT qui sont ou ont été dans son cas. Est-ce que ça leur cause ou leur a causé des difficultés particulières ? Je ne peux pas répondre à leur place.

Par ailleurs, difficile de pouvoir agir politiquement sans droit de vote....


Oui, ça me paraît du bon sens. Mais peut-être qu'il y a des façons de tourner la difficulté ?

Cordialement,

Paul


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xxxmediamatrix
Local time: 22:24
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Quelques grains de sable d’un anglais expatrié depuis 30 ans Feb 18, 2007

Il y a un dicton qui circule parmi les 'expats' dans beaucoup de pays: 'On ne parle point ni de la politique ni de la réligion'. Tiens ! - ça fait partie des règles sur Proz.com aussi - donc ça doit être vrai quelque part…

Paul écrit :

En considérant la composition des syndicats de traducteurs en termes de nationalités, je me demande si ces institutions ne souffrent pas d'un complexe d'extranéité pour s'engager vraiment dans l'action vis-à-vis de la sphère publique.

( . . . )

( Dans la SFT ), on a un certain nombre de membres qui ne sont pas français de naissance, et qui ne le sont pas systématiquement devenus depuis.
Ne sont-ils pas de ce fait plus distanciés par rapport à l'action politique ? N'ont-ils pas des craintes de s'engager, ou de se voir rejetés dans des actions de ce genre, par xénophobie ?


La lecture du profil de Paul nous informe qu'il n'a pas d'expérience personnelle de l'emploi ou la résidence dans un pays étranger - donc des conditions affectant le séjour des étrangers dans leur pays d'adoption*. Je pense dès lors que Paul est plutôt mal placé pour commenter les craintes (o non) des étrangers et leur volonté (ou non) de participer dans la p/Politique du pays hôte.

En l'an 1975, je m’étais engagé comme 'coopérant' dans un programme social au Guatemala - un programme hautement 'politique', avec des prétentions franchement 'Politiques' - et l'une des conditions pour obtenir mon permis de séjour était justement celle d'abstenir de toute action P/politique. Engagé pour deux ans, j’ai ‘choisi’ de partir après un an seulement - plutôt que me vois expulsé sommairement pour avoir fait rien d'autre que le boulot pour lequel j'étais engagé et pour lequel les autorités m'avaient accordé le fameux permis. Et j’ai appris par la suite que l’un de mes collègues autochtones avait été assassiné par les forces gouvernementales le lendemain de mon départ - et même qu’ils attendaient le départ du ‘gringo’ pour passer à l’acte. De telles expériences nous invitent à réfléchir (sans pour autant nous obliger à toujours craindre le pire…).

Il y a quatre ans lorsque j'ai fait la demande en vu d'obtenir la résidence définitive au Chili, j'ai dû signer une déclaration jurée selon laquelle je m'engageais à abstenir de tout militantisme politique sous peine de me voir retirer la résidence et me voir expulsé ‘sommairement’ (comme dit Bruno, à juste titre) du territoire. Ai-je peur ? Non. Mais je suis, et je resterai, prudent…

Il me semble qu'à la fin des années 1970, lorsque j'ai fait la même chose en Belgique, j'ai dû signer quelques chose de similaire. Tout en admettant que la situation a pu changer depuis lors - notamment depuis que certains étrangers établis en Belgique peuvent voter et être élus dans certaines élections - il reste vrai que les étrangers établis en Belgique, de quelque nationalité que ce soit, peuvent légitimement se sentir moins 'à l'aise' que leurs collègues de nationalité belge dès qu'il s'agit de la p/Politique.

Idem (pour l'essentiel) en ce qui concerne la Suisse, ou j'ai pris résidence au milieu des années 1980.

Pour ma part, bien que très intéressé (pour ne pas dire ‘concerné) par le sort de mes collègues ici au Chili, et bien qu’ayant participé dans divers débats sur ce thème dans le forum (privé) ‘Rincon Chileno’ ici sur Proz.com, je pense que l’essentiel des initiatives et de l’effort pour ‘changer les choses’ doivent venir des autochtones. Le rôle des étrangers est plutôt, je pense, celui de donner son appui professionnel basé sur son expérience des conditions soit dans son pays d’origine soit dans ceux ou il a pu accumuler des expériences et des connaissances pertinentes.

Entre, d’un côté un militant autochtone qui risque une amende, et d’autre côté un militant étranger qui, en prononçant exactement les mêmes mots, risquerait son permis de séjour - donc son foyer, son travail, et tout le reste - il y a une différence non négligeable. Donc la discrétion est de rigueur. Y compris, Paul, en France.

MediaMatrix

* Laissons du côté les quelques séjours que Paul aurait faits à l'étranger dans le cadre de secondement des entreprises françaises - nous savons bien que l'on n'est point affecté par les conditions locales dans de telles 'excursions' que l’on peut souvent assimiler à des vacances payées.


[Edited at 2007-02-18 15:40]


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JCEC  Identity Verified
Canada
Local time: 22:24
Member
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Pouce ! Feb 18, 2007

Il me semble qu'on commence à avoir fait le tour de la question et je verrouille ce fil avant que les échanges ne deviennent trop personnels.

Je vous serais reconnaissant de ne pas ouvrir d'autre fil sur le même sujet ou dans le but de poursuivre la discussion.

Merci pour votre compréhension.

Bon weekend,

John


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