Working languages: Spanish to French French to Spanish | Alice BUREAU Saint-Jean-Pied-de-Port, Aquitaine, France Local time: 10:32 CEST (GMT+2)
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More Less | | PRO-level points: 44, Questions answered: 19 | Sample translations submitted: 2 Spanish to French: Préface d'"Art à basque" de Paul Azoulay General field: Art/Literary Detailed field: Art, Arts & Crafts, Painting | Source text - Spanish Souvenir, recuerdo de alguna ciudad o pueblo visitado, podemos pensar que en el mundo actual este tipo de objetos no tengan lugar. El turista busca y ha buscado siempre, ese objeto diferenciador que le recuerde de un modo agradable su presencia en un lugar concreto, que le recuerde ese momento de evasión y que le permita seguir haciéndolo desde su ubicación en algún lugar de la casa. Esos objetos, normalmente pequeños y que pueden ser también pensados como regalo, hacen referencia las más de las veces a un edificio, a un objeto, a un tipo de indumentaria o a un prototipo del habitante del lugar, son algo peculiar y en todos los casos son objetos que definen, de algún modo, la identidad del lugar visitado. Poniéndonos al otro lado del objeto, al lado de quien lo crea, de quien lo idea y de quien lo comercializa, vemos que la búsqueda de materiales e imágenes, diseños, colores o tipos ha contado con la colaboración de pintores, ceramistas, fotógrafos, ebanistas.... de un amplio abanico de artistas y profesionales que han intentado plasmar en sus obras, aquellas características que tradicionalmente les han definido tanto a ellos como a sus lugares de procedencia. El resultado ha sido variado a lo largo sobre todo del siglo XX y ha experimentado cambios que pueden rastrearse hasta nuestros días.
En un museo como es el Museo Vasco de Bilbao, un museo cuyas colecciones abarcan las expresiones culturales de una sociedad concreta y definida, el pueblo vasco, encontramos los “originales” de esos objetos y muchas veces, las versiones a las que hayan dado lugar. Y ello porque cada uno de esos objetos representa la imágen de una realidad creada desde el imaginario colectivo y es en si mismo una expresión cultural. Platos, tazas, jarras de agua o vino, banderines, alpargatas, trajes, muñecos...... el abanico de posibilidades es amplio. Sin embargo y desde el hoy en el que nos encontramos, diría que hay un cambio en el tipo de objeto demandado y que una de las razones es la atención dada por las museos a sus espacios de venta, a la Tienda del Museo. El turista cultural como se denomina en la actualidad, busca lo peculiar desde lo original, y los museos sacan de entre sus colecciones aquellos objetos que más demanda el público. Las tiendas de los museos son así junto con las tiendas de artesanías populares y los bazares, los puntos en los que el turista busca ese “recuerdo” que llevarse a casa. Ese cambio de actitud va poco a poco manifestándose en nuestro entorno y en nuestros souvenirs o regalos para llevar a casa o a los amigos y también, en su momento, quedará reflejada en las colecciones de algunos museos como el nuestro. Hasta entonces, y fieles a las actuales colecciones y a una moda que comienza a ser algo chic, aproximémonos a los objetos que las páginas siguientes nos muestran, y que son tan variados como variada ha sido y es la vida cotidiana en nuestros territorios.
Dra. Amaia Basterretxea
Directora
Euskal Museoa. Bilbao. Museo Vasco | Translation - French On peut penser que le souvenir, qui nous rappelle une ville ou un village visité, est un type d'objet qui n'a pas sa place dans le monde actuel. Le touriste recherche et a toujours recherché cet objet distinctif qui lui rappelle de façon agréable sa présence dans un lieu concret, ce moment d'évasion, et qui lui permet de continuer à le faire depuis son emplacement dans un endroit quelconque de la maison.
Ces objets, en général de petite taille et qui peuvent également être offerts en cadeau, font référence la plupart du temps à un monument, à un objet, à un type de costume ou à un prototype de l'habitant des lieux : il s'agit de quelque chose de singulier, et dans tous les cas ce sont des objets qui définissent, d'une certaine façon, l'identité du lieu visité.
En nous plaçant de l'autre côté de l'objet, du côté de celui qui le crée, celui qui le conçoit et celui qui le commercialise, on peut remarquer que la recherche de matériaux et d'images, de dessins, couleurs ou types, a compté sur la collaboration de peintres, céramistes, photographes, ébénistes..., d'un large éventail d'artistes et de professionnels qui ont essayé d'exprimer dans leurs œuvres ces caractéristiques qui, traditionnellement, les ont définis, tout comme leurs lieux de provenance. Le résultat a été varié, en particulier tout au long du XXème siècle, et a subi des changements que l'on peut suivre à la trace jusqu'à nos jours.
Dans un musée tel que le Musée Basque de Bilbao, dont les collections embrassent les expressions culturelles d'une société concrète et définie, le peuple basque, nous retrouvons les « originaux » de ces objets, et très souvent, les versions qu'ils ont probablement engendré. Cela parce que chacun de ces objets représente l'image d'une réalité créée à partir de l'imaginaire collectif, et il s'agit en soi d'une expression culturelle. Assiettes, tasses, carafes d'eau ou de vin, fanions, espadrilles, costumes, poupées... l'éventail des possibilités est large.
Cependant, et dès aujourd'hui, je dirais qu'un changement s'opère dans le type d'objet demandé, et qu'une des raisons d'une telle évolution est l'attention particulière portée par les musées aux espaces de vente, à la Boutique du Musée. Le touriste « culturel », comme on l'appelle aujourd'hui, recherche ce qu'il y a de particulier dans l'original, et les musées font ressortir de leurs collections ces objets les plus réclamés par le public. Ainsi les boutiques des musées sont, tout comme les magasins d'artisanat populaire et les bazars, les endroits privilégiés par les touristes en quête de ce « souvenir » à ramener à la maison.
Ce changement d'attitude se manifeste de plus en plus dans notre entourage et dans les souvenirs ou cadeaux que nous rapportons chez nous ou que nous offrons à nos amis, et ainsi, le moment viendra où cette évolution se reflétera dans les collections de certains musées comme le nôtre.
Jusqu'alors, fidèles aux collections actuelles et à une mode qui commence à devenir plutôt chic, étudions avec attention les objets réunis dans les pages suivantes, et qui sont aussi variés que l'a été et continue à l'être la vie quotidienne dans nos territoires.
Amaia Basterretxea
Directrice
Euskal Museoa. Bilbao. Musée Basque | French to Spanish: Préface d'"Art à basque" de Paul Azoulay 2 General field: Art/Literary Detailed field: Art, Arts & Crafts, Painting | Source text - French SOUVENIRS, OBJETS DE CURIOSITE, ŒUVRES D’ART ?
Les souvenirs achetés par les voyageurs du monde sont des objets parfois bien humbles. Productions d'artisans, quelquefois distractions d'artistes, ces supports de mémoire sont généralement passés du stade "travaillés main" à la production industrielle. Le dessin est devenu estampe, la gravure mécanique a fait place à la carte postale. La photographie, encore rare au XIXe siècle, est banalisée par l'instantané numérique du XXIe siècle. De nos jours et malgré la démocratisation universelle de l'image, le touriste moyen achète un objet fétiche qui le conforte dans son impression d'être sorti de chez lui. En effet, plus besoin d'expositions universelles pour découvrir le vaste monde et l'espace sidéral, ils sont chez soi sur l'écran, autrefois de la télévision, aujourd'hui du téléphone mobile ou des divers ordinateurs. L'objet concret a cependant toute sa place dans cet environnement virtuel. Il rassure l'internaute et lui apporte une présence sensuelle. Mais, de souvenir affectif l'humble objet peut-il devenir plaisir esthétique ? Les recueils gravés et imprimés des costumes du monde au XVIe siècle dépaysaient le lecteur d’alors et lui permettaient soit de voyager en pensée soit de se souvenir d’un déplacement à l’étranger, aventure rare et précieuse pour le plus grand nombre. Ce sont les premières images distribuées du costume et des mœurs des Basques, en plus de quelques vues cavalières des principales villes. Les pèlerinages chrétiens généraient depuis le Moyen Age les premières images pieuses. Plus près de nous, les enluminures des missels d'autrefois gardaient un charme précieux que les bondieuseries industrielles du Lourdes d'aujourd'hui nous ont fait oublier. Les vieilles images plaisent aux nostalgiques d'une civilisation évanouie éprise de qualité, mais sans doute n'ont-elles plus le pouvoir fétiche des gourdes plastiques et des boules de neige qui enferment le monument visité (vénéré ?) qu’il faut avoir vu. Le souvenir aimé n'est pas toujours le plus beau, à l'exemple du jouet préféré de l'enfant dont la valeur affective est indépendante de l'état de conservation ou du regard critique de l'adulte. Le maître mot du souvenir est la fidélité, à la fois dans le sens de l'attachement au sujet et de la reproduction perçue comme authentique du même sujet.
Qu'en est-il des "bascotilles" de Paul Azoulay ? L'auteur a inventé le mot et lui a rattaché les produits de l'artisanat basque touristique, de sa naissance originale au milieu du XIXe siècle à son exploitation répétitive au XXe siècle finissant. Il y adjoint peu à peu la notion d'art basque, embarrassant le critique et l'historien dont les catégories simples d'art français et d'art espagnol, d'art savant et d'art populaire sont bousculées. Le seul point commun à ces expressions est le sujet, le sujet basque. L'attachement au sujet de celui qui emporte un souvenir basque n'est pas mis en doute. Le touriste ou l'amateur est fidèle à ce qu'il a ressenti comme basque, même si c'est de façon erronée. En effet, le produit étiqueté "basque" peut être totalement artificiel, fabriqué en dehors du Pays basque et reproduire une invention quasi coloniale, le regard porté par des étrangers au pays. Tout le mouvement régionaliste du début du XXe siècle, baptisé "néo-basque", est suspect d'artifice. Il s'agit bien de la création d'un art original, mais dans le sens de la tradition régionaliste européenne, support d'ambitions idéologiques plus ou moins avouées: aspiration bourgeoise au maintien des hiérarchies sociales d'une civilisation rurale et artisanale garante de l'équilibre écologique avant la lettre et du "bon goût" de la tradition populaire ; ou encore affirmation d'une identité locale forte qui doit voir son aboutissement dans l'autonomie politique, le peuple "régional" donnant naissance à la nation. Le XIXe siècle voit l'émergence des identités nationales peu à peu reconnues jusqu'à la parcellisation européenne des traités de paix de 1918. Dans ce mouvement, trois provinces basques ibériques créent "Euzkadi" et le drapeau "Ikurriña". Les acteurs touristiques des provinces historiques du Pays basque français s'emparent de ces emblèmes nouveaux pour les détourner en images de dépaysement balnéaire, au même titre que la ferme labourdine, le bouvier, la lavandière ou la porteuse d'eau transformés en images d'Epinal. Le sérieux du sud industrieux et urbain alimente la frivolité du nord vendu aux hôteliers et aux agences de voyage qui privilégient la fête perpétuelle !
Autour de Bilbao et de Vitoria se crée une Ecole de peinture et de sculpture dont les artistes, Basques de naissance, prennent leur inspiration autant à Paris qu'à Madrid. Ils appliquent au sujet basque une esthétique internationale, avec une invention propre aux Basques, alliance de brutalité, de fausse naïveté et de couleurs stridentes ou sombres. Côté français, autour de la Réserve de Ciboure, club à la mode, gravitent des peintres non basques qui reproduisent à satiété des motifs traditionnels basques. A Bayonne, en revanche, l'Ecole de Dessin forme des artistes bayonnais susceptibles d'intégrer l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et d'entrer à l'Académie à la suite du "grand" Léon Bonnat. C'est par inadvertance que "l'Ecole de Bayonne" traite du sujet basque, son sujet de prédilection étant le portrait bourgeois et la peinture de genre.
La seule exception apportée à cette dichotomie nord – sud, Ciboure - Bayonne tient à un individu fusionnel : Ramiro Arrue le Basque. Né à Bilbao (Abando), formé à Paris, définitivement fixé à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, Ramiro allie les contraires. Il connaît la modernité et a tenté dans son oeuvre un cubisme sage ; il bouillonne du sang basque ibérique et apporte à sa peinture des types humains une puissance native ; doux de caractère et d'une sensibilité à fleur de peau, il traduit toutes les nuances du paysage basque avec sa palette. Mondain dans sa jeunesse, malgré sa timidité, il fraie avec les artistes cosmopolites de Ciboure et joue des rôles de Basque dans les films des années Trente. Apte à traiter tous les sujets, il se limite cependant au sujet basque. Enfin, il ne réserve pas son talent au grand art et s'amuse à créer des "bascotilles" : projets de carreaux de faïence, illustrations d'affiches, de livres ou d'almanachs, santons de crèche, enseignes de magasins, modèles de costume... Il mérite le titre de créateur d'une imagerie basque authentifiée par la simplicité et la puissance d’évocation. Au delà de l’artisan, Ramiro Arrue est un artiste de qualité. Ses peintures sont fortes à l’âge de la maturité. Leur renommée a souffert des faiblesses et répétitions dégradées de l'oeuvre à la fin de sa vie.
Faut-il exclure de « l’art basque » les nombreux artistes, étrangers au pays, mais séduits par le sujet basque ? A l’exemple de Louis Floutier qui traite abondamment dans ses peintures et ses céramiques de Quimper ou de Ciboure le sujet basque (mais à côté du sujet "grec" qui fait la spécificité du premier grès de Ciboure). Il n’y a pas d’unité de style chez ces peintres, seulement une unité de sujet. Il n’y a pas d’Ecole basque côté français comme on parle d’Ecole de Pont-Aven pour la Bretagne. Il y a seulement une école du réel, une approche réaliste des sujets avec le tempérament de chacun. Avec Ramiro Arrue c’est autre chose, une volonté de style qui aurait du faire des émules et générer une école. Malheureusement le caractère fier et réservé de l’artiste ne l’a pas permis. Nous n’avons droit qu’au plagiat mauvais. Paul Azoulay doit dédier son livre protéiforme à Ramiro. Objets populaires, objets curieux, objets nouveaux sont observés et revisités par Arrue. Il relève, dans des cahiers de dessin, tous les outils ruraux pyrénéens à fin d'illustrer les ouvrages de Jean Poueigh consacrés aux chansons populaires des Pyrénées ou au folklore des pays d'Oc. Arrue participe activement à la fondation du Musée Basque et de la Tradition bayonnaise dans les années Vingt et Trente. Il est curieux des outils du quotidien, étudiés avant leur obsolescence et leur envoi au grenier. Arrue s'inspire de la tradition pour créer des nouveautés basques décorées avec discrétion sans aucune volonté commerciale. Quel regard porterait-il aujourd’hui sur des objets plus clinquants : fausse ferreta en cuivre ou tissu basco-béarnais de plus en plus coloré ? La débauche commerciale éveillerait-elle sa curiosité ? Ce n’est pas sûr. Les produits touristiques appartiennent à une échelle des valeurs qui met en exergue l’objet ancien devenu rare et collectionné aujourd’hui. Au moment de leur production, ces objets souvenirs pouvaient être perçus comme vulgaires aux yeux des puristes. Mais, autrefois comme aujourd’hui, leur valeur est aussi affective. Ils expriment d’une certaine manière la considération que l’on porte à la contrée visitée et au peuple qui l’habite.
Olivier RIBETON
Conservateur du Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne | Translation - Spanish ¿RECUERDOS, CURIOSIDADES, OBRAS DE ARTE ?
Los recuerdos que compran los viajadores del mundo son objetos a veces muy mediocres.
Producciones de artesanos, a veces distracciones de artistas, en general estos soportes de memoria han pasado de la fase “hechos a mano” a la producción industrial.
El dibujo se ha convertido en estampa, el grabado mecánico ha sido substituido por la postal. La fotografía, poco común en el siglo XIX, se banaliza en el siglo XXI, gracias a la instantánea digital.
Hoy día, y a pesar de la democratización universal de la imagen, el turista medio compra un objeto fetiche que refuerza su impresión de haber salido de casa. De hecho, ya no son necesarias las exposiciones universales para descubrir el amplio mundo y el espacio sideral, se encuentran en casa en la pantalla, antes de la televisión, ahora del móvil o de los ordenadores.
Sin embargo, el objeto concreto ocupa un lugar significativo en este entorno virtual. Tranquiliza al internauta y le proporciona una presencia sensual. ¿Pero, de recuerdo afectivo el objeto mediocre puede convertirse en placer estético?
Las compilaciones grabadas e impresas de los trajes del mundo al siglo XVI cambiaban de ambiente al lector de aquella época y le permitían o viajar en pensamiento, o recordar un viaje al extranjero, aventura poco común y valiosa para la mayor parte de la gente. Son las primeras imágenes facilitadas del traje y de las costumbres de los Vascos, además de unas vistas caballeras de las principales ciudades. Los peregrinajes cristianos generaban a partir de la Edad Media las primeras imágenes devotas. En una época más contemporánea, las miniaturas de los misales de antaño conservaban un encanto precioso que las baratijas religiosas del Lourdes de hoy nos han hecho olvidar.
A los nostálgicos de una civilización desaparecida apasionada por la calidad les gustan las viejas imagenes, pero sin duda todavía no poseen el poder fetiche de las botellas de plástico y las bolas de nieve que encierran el monumento visitado (¿venerado?) que uno tiene que haber visto. El recuerdo querido no es siempre el más bonito, a ejemplo del juguete preferido del niño cuyo valor afectivo es independiente del estado de conservación o de la mirada crítica del adulto. El lema del recuerdo es la fidelidad, tanto en el sentido del apego al sujeto como en la reproducción percibida como auténtica del mismo sujeto.
¿Qué ocurre con las “bascotilles” de Paul Azoulay?
El autor ha inventado esta palabra relacionada con los productos de artesanía vasca turística, desde su creación original en la mitad del siglo XIX hasta su utilización repetitiva a finales del siglo XX.
Ha añadido poco a poco la noción de arte vasco, desconcertando al crítico y al historiano cuyas categorías simples de arte francés y arte español, de arte académico y arte popular, resultan perturbadas. Lo único que estas expresiones tienen en común es el sujeto, el sujeto vasco. No se pone en duda, para quien compra un recuerdo vasco, su apego al sujeto. El turista o el aficionado está fiel a lo que ha sentido como vasco, aunque sea de manera errónea. En efecto, el producto etiquetado como “vasco” puede resultar totalmente artificial, confeccionado fuera del País Vasco, y reproducir una invención cuasi colonial : el punto de vista de extranjeros.
Se puede sospechar que todo el movimiento regionalista de principios del siglo XX, llamado “neovasco”, sea engañoso. Sí se trata de la creación de un arte original, pero en el sentido de la tradición regionalista europea, soporte de ambiciones ideológicas más o menos confesadas : aspiración burguesa al mantenimiento de las jerarquías sociales de una civilización rural y artesana garante del equilibrio ecológico antes de tiempo, y del “buen gusto” de la tradición popular ; también afirmación de una identidad local fuerte que tiene que desembocar sobre la autonomía política, el pueblo “regional” dando luz a la nación.
El siglo XIX ve la emergencia de las identidades nacionales poco a poco legitimidas, hasta la parcelización europea de los tratados de paz de 1918. En este movimiento, tres provincias vascas ibéricas crean “Euzkadi” y la bandera “Ikurriña”. Los actores turísticos de las provincias históricas del País Vasco francés se apoderan de estos emblemas nuevos para transformarlos en imagenes de “exotismo” costero, al igual que la finca laburdina, el ganadero, la lavandera o la portadora de agua convertidos en imágenes de Epinal. ¡Lo serio del Sur industrioso y urbano alimenta la frivolidad del Norte vendido a los hosteleros y a las agencias de viaje que privilegian la fiesta perpetua!
En torno a Bilbao y Vitoria amanece una Escuela de pintura y escultura cuyos artistas, Vascos de nacimiento, sacan su inspiración tanto de París como de Madrid. Aplican al sujeto vasco una estética internacional, con una invención propia de los Vascos, alianza de brutalidad, falsa ingenuosidad y colores estridentes o oscuros.
En Francia, alrededor de la Réserve de Ciboure, club de moda, gravitan pintores no vascos que reproducen diseños tradicionales vascos en abundancia. En Bayona, en cambio, la Escuela de Dibujo forma artistas bayoneses susceptibles de ingresar en la Escuela de las Bellas Artes de París y entrar en la Academía como el “gran” Léon Bonnat. Es por inadvertencia que la “Escuela de Bayona” trata del sujeto vasco, siendo el retrato burgués y la pintura de género sus sujetos favoritos.
La única excepción a esta dicotomía Norte-Sur, Ciboure-Bayona, se debe a un individuo fusional : Ramiro Arrue “el Vasco”. Nacido en Bilbao (Abando), formado en París, definitivamente establecido en Ciboure y Saint-Jean-de-Luz, Ramiro asocia los contrarios. Conoce la modernidad y ha tentado en su obra un cubismo moderado ; hierve de la sangre vasca ibérica y proporciona a su pintura de los tipos humanos una potencia natural ; con un carácter dulce y una sensibilidad a flor de piel, traduce con su paleta todos los matices del paisaje vasco.
Hombre de mundo en su juventud, a pesar de su timidez, se relaciona con los artistas cosmopólitas de Ciboure y desempeña papeles de Vasco en las películas de los años Treinta. Aunque sea apto para tratar todos los sujetos, se limita al sujeto vasco.
Por último, no sólo dedica su talento al Arte Grande sino también se divierte en crear “bascotilles” : proyectos de azulejos, ilustraciones de carteles, de libros o de almanaques, figuritas del belén, letreros de tiendas, modelos de traje... Merece el título de creador de imagenes vascas autentificadas por la simplicidad y el poder de evocación.
Más allá del artesano, Ramiro Arrue es un artista de calidad. Sus pinturas son intensas a la edad de la madurez. Su fama padeció de las debilidades y repeticiones degradadas de la obra en los últimos años de su vida.
¿Hay que excluir del “arte vasco” los muchos artistas, extranjeros pero seducidos por el sujeto vasco? Citemos como ejemplo a Louis Floutier que trata abundentemente en sus pinturas y sus cerámicas de Quimper o de Ciboure el sujeto vasco (pero al mismo tiempo que el sujeto “greco” que es la especificidad del primer gres de Ciboure).
No hay una unidad de estilo entre estos pintores, sólo una unidad de sujeto. No existe una Escuela vasca en Francia como se habla de Escuela de Pont-Aven para la Bretaña. Sólo se destaca una escuela del real, un enfoque realista de los sujetos con el temperamento de cada uno.
Con Ramiro Arrue es algo más, una voluntad de estilo que hubiera tenido que dar luz a émulos y generar una escuela. Desafortunadamente, la personalidad digna y reservada del artista no lo ha permitido. Sólo podemos contar con unas malas copias.
Paul Azoulay debe dedicar su libro polifacético a Ramiro. Objetos populares, objetos curiosos, objetos nuevos están observados y revisitados por Arrue. Recoge, en cuadernos de dibujo, todas las herramientas rurales piríneas con el fin de ilustrar las obras de Jean Poueigh dedicadas a las canciones populares de los Piríneos o al folclore de los países de Oc.
Arrue participa de manera activa a la creación del “Musée Basque et de la Tradition bayonnaise” en los años Veinte y Treinta. Está curioso por las herramientas corrientes, estudiadas antes de que se vuelvan obsoletas y sean enterradas en el desván. Arrue se inspira de la tradición para crear novedades vascas decoradas con discreción sin ninguna volunta comercial. ¿Cómo consideraría hoy unos objetos más de relumbrón : falsa ferreta en cobre o tejido vasco-bearnés cada vez más colorado? ¿La orgía comercial despertaría su curiodidad?
Eso no es cierto. Los productos turísticos pertenecen a una escala de valores que pone de relieve el objeto antiguo que se ha vuelto raro y que se colecciona hoy. En el momento en que fueron producidos, los puristas podían considerar como vulgares estos recuerdos. Pero, antaño como hoy, su valor también es afectivo. De un cierto modo expresan el respeto que uno tiene para el lugar visitado y la gente que vive allí.
Olivier RIBETON
Conservador del Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne | More Less | | Master's degree - Université de Pau et des Pays de l'Adour | | Years of translation experience: 2. Registered at ProZ.com: Mar 2011. | | N/A | French to Spanish (Université de Pau et des Pays de l'Adour, France) Spanish to French (Université de Pau et des Pays de l'Adour, France) | | N/A | | Adobe Acrobat, Adobe Photoshop, Dreamweaver, Indesign, Microsoft Excel, Microsoft Office Pro, Microsoft Word, File Maker, Homesite, Paint Shop Pro, QuarkXPress, SDL TRADOS | | About me No content specified | This user has earned KudoZ points by helping other translators with PRO-level terms. Click point total(s) to see term translations provided.
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