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LES 120 APHORISMES D’IBN EZRA
A la lecture de son œuvre, et à l’extrême rigueur technique de ses prévisions, basées sur les directions des aspects, on peut penser qu’Ibn Ezra cultivait quelque peu le culte de la fatalité. Cependant, il n’en est rien. Il affirmait lui-même que l’astrologie s’appliquait aux phénomènes physiques, qu’il appartenait à l’être humain d’accepter les transits, favorables aussi bien que défavorables, pour en modifier le cours en les acceptant consciemment. Pour interpréter correctement le « jugement des astres », l’astrologue se devait donc d’être un sage, ne confondant pas le domaine de l’événementiel et celui de l’âme qui seule relève du spirituel. Ce qui était une philosophie couramment répandue parmi les astrologues de l’époque.
Le texte qui sera commenté ici fait partie du 8e chapitre d’un ouvrage de Abraham Ibn Ezra, « Le commencement de la Sagesse », datant du XIIe siècle, traduit par Raphael Levy et Francisco Cantera en 1939 (Edition Ascella). On en trouve également une traduction de Meira Epstein aux Editions Arhat. Il est considéré par les experts comme l’un des premiers textes fondateurs de l’astrologie traditionnelle.
DE L’INFLUENCE DE LA LUNE
1 - Parce que la Lune est proche de la terre et accélère son mouvement, elle accroît la force des planètes en conjonction en leur communiquant sa force, même si elle ne reçoit aucune influence de ces dernières. Elle transfère la lumière d’une planète à l’autre. Cela ressemble à un nouveau-né dont les germes se développent progressivement jusqu’à ce qu’ils soient accomplis, puis décroissent graduellement jusqu’à ce que leurs effets ne soient plus visibles et qu’ils disparaissent du monde.
C’est pourquoi les Anciens disaient qu’elle influence toutes les délibérations et le début de n’importe quel type d’interrogation. Durant sa phase ascendante, les circonstances sont favorables (si ces dernières s’y prêtent…) et de même l’interrogation de la personne porte ses fruits. Tout ce qui commence à ce moment-là rencontrera le succès, et à l’inverse… si les circonstances sont défavorables. Ils ajoutaient que pour la personne qui pose la question, vous devez observer l’Ascendant et son maître, ce qui est désiré étant représenté par le 7e signe avec son (ses) maître(s), et établir le lien de la Lune avec ce dernier.
Commentaire : Selon Ibn Ezra, le septième signe doit être décompté à partir du signe dans lequel figure l’Ascendant de la question, considéré comme 1. Le signe Ascendant est ici considéré tout entier comme l’origine de la question, et son maître comme le significateur de la question elle-même. Chaque maison suivante de la question est assimilée globalement à un signe, soit trente degrés.
Nombre d’auteurs s’y réfèrent pour déterminer le temps de réalisation de la réponse, en considérant que cette dernière est périmée dès lors que pour Jupiter et Saturne (ces règles étant établies à l’époque dans les limites du septénaire), ou les planètes en cause dans la question et dans la réponse, ont atteint les limites des signes où ces planètes figuraient lors de la formulation de la question.
En ce qui concerne « la maison de ce qui est désiré », Ibn Ezra semble ici réduire sa représentation au 7e signe et à « son ou ses maîtres ». Cette signification a été largement étendue par la suite, et chez nombre de praticiens de l’astrologie horaire actuels, qui étudient la configuration des maisons en tant que telle, le « maître de la réponse » (tout comme le maître de la question est celui de l’Ascendant), est considéré comme celui du secteur directement concerné par la nature de la question.
Par exemple :
- Moi, mon intention, mon interrogation, la sincérité et les raisons d’être de ma question, ce qu’il en adviendra pour moi, etc., pour le maître de la maison I
- Les protagonistes directs de la question (en tant que « l’autre », opposé à la maison I), les contrats, les alliés, le mariage, pour la maison VII.
- L’achat d’un logement, les transformations dans le foyer pour la maison IV, les enfants, les amours, les sentiments de l’autre, pour la maison V.
- La santé pour la maison VI et XII.
- Le travail pour la maison X (maison VI pour les artisans et commerçants), la société, les circonstances sociales, l’amitié, la notoriété publique, la politique, pour la maison XI.
LE TRANSFERT DE LA LUMIERE
Ce concept apparaît comme une constante chez tous les interprètes médiévaux de l’astrologie horaire. En résumé, si les deux significateurs sont reliés entre eux par un luminaire ou une autre planète (rapide en particulier), la planète en position intermédiaire sert de relais pour transférer l’influence d’un des deux significateurs à l’autre. L’accomplissement de la question est dans ce cas lié à la perfection de l’aspect (instant de l’aspect exact) opéré par le porteur de lumière à l’une ou l’autre des planètes significatives de l’interrogation.
Si un astre transfère la lumière du maître de l’Ascendant au maître de la chose désirée, la chose s’accomplira par son intermédiaire.
Les planètes directes favorables sont utiles [à la bonne réalisation de la question] qu’elles reçoivent ou non la lumière et le seront d’autant plus qu’elles reçoivent la lumière [de la Lune].
Les planètes défavorables le sont par nature, mais si elles reçoivent la lumière d’une autre planète, leur influence maléfique sera atténuée et d’autant plus que l’angle formé sera un sextile ou un trigone.
LA LUNE, PORTEUSE DE LUMIERE
Si la Lune évolue en elle-même [« vide de course », sans former d’aspects ou formant des aspects dépassés aux planètes relevant de la question], cela signifie que la question était futile, ou que rien de ce que souhaite le questionneur ne peut arriver.
La Lune séparative indique que les choses sont déjà arrivées. Si elle figure en conjonction séparative ou en aspect séparatif au maître de la question, il y aura un bénéfice si ce dernier est favorable et un dommage s’il induit un traumatisme.
D’un autre côté, si la Lune a déjà dépassé la zone de l’aspect ou évolue en direction séparative par rapport au maître de l’Ascendant, soit la personne n’a pas su tirer parti des circonstances bénéfiques à la réalisation de sa question en temps voulu, soit ces circonstances n’existaient pas, ou n’existent plus.
Commentaire : on appelle « futile » une question qui n’a pas de véritables fondements ou qui a été posée sans conviction ou interrogation réelle de la part du demandeur.
Ainsi, un vœu ou un souhait surgissant dans l’esprit de la personne (sous l’effet des tendances éveillées par un transit lunaire) ne correspond pas nécessairement à la réalité d’une situation objective. La personne y a pensé, mais rien n’est venu confirmer ce désir au niveau événementiel. Le transit lunaire étant terminé, il n’existe plus de transfert de lumière (lunaire) favorisant sa réalisation.
Exemple : la demande portant sur les résultats d’un rendez-vous professionnel, la conjonction séparative, le sextile ou le trigone de la Lune à Jupiter, maître de la question, laisse présager une issue favorable voire un contrat. Un carré séparatif Saturne-Lune, des hésitations, des retards. La lumière s’éloignant du maître de la question, il est vraisemblable que la réponse sera négative ou induira des obligations de peu d’intérêt.
De la même façon, on considérera comme « futile » une question basée sur une hésitation entre deux situations, donc imprécise tout comme l’était l’état d’esprit du questionneur. Ce qui ressortira nettement dans l’analyse horaire.
Plus la question est nette, et nécessairement unique, ne portant que sur une seule situation, plus la réponse le sera. En un temps donné, il ne peut exister également qu’une seule réponse à une question, de la même façon que dans un thème de naissance, la représentation de la personne et ses tendances innées sont celles-là et rien d’autre. Qu’elle l’accepte ou le refuse, elle devra faire avec, sa capacité d’intégrer ces tendances et de les utiliser à bon escient, et les circonstances extérieures faisant le reste. C’est la raison pour laquelle il n’est pas possible de reposer la question immédiatement.
Tout l’art de l’astrologue est donc d’étudier les retombées de la question, notamment sur les partenaires éventuels et les circonstances favorables ou défavorables à la réalisation du projet. C’est surtout sur ce plan que l’on trouve nombre d’interprétations divergentes et faisant l’objet de controverses entre les praticiens de cette approche.
Si l’astre reçoit la lumière de la Lune en phase ascendante, les choses se passeront bien, si c’est le contraire, il y aura des difficultés.
S’il existe plusieurs planètes en relation avec la Lune, ces facteurs multiples favoriseront l’accomplissement du projet.
Si plusieurs astres sont en aspects avec la Lune, cela permettra de démultiplier les sources de réalisation. Si aucune planète n’est en aspect avec la Lune, cela indique un manque d’énergie dans la question [apathie, indifférence, absence de réelle motivation ?].
Quand la Lune se trouve dans la zone où figurent des planètes maléfiques, rien ne peut être accompli correctement si l’une de ces planètes figure dans le signe ascendant.
Si la Lune figure sur l’axe du MC dans les mêmes conditions, ce sera pire car cela annonce de la peur ou une maladie ; si elle se trouve dans la maison cadente, elle indiquera de la peur mais non une maladie.
LES SIGNIFICATEURS
LE MAITRE DE LA QUESTION
Si le Maître de l’Ascendant est dans sa triplicité et si les maîtres de cette triplicité sont en aspect avec lui, ceux qui sont près de lui viendront à son aide.
Si le maître de l’Ascendant est dans une position de faiblesse (exil, chute), il ne peut pas contrôler totalement la chose désirée.
S’il entre en conjonction avec une planète favorable ou défavorable, le résultat dépend de la force respective de chaque planète.
Si le maître de l’Ascendant communique sa force au maître de la maison consultée, la personne désirera fortement la chose, mais si le maître de la chose souhaitée communique sa force au maître du signe ascendant, la chose se réalisera sans aucune difficulté.
Commentaire : Selon divers commentateurs modernes, la force du maitre de l’Ascendant appliquant peut n’exprimer qu’une intention personnelle. Autrement puissante serait la force du maître de la chose souhaitée en position appliquante qui se communique au maître de l’Ascendant, dans la mesure où la réponse dépend d’un facteur extérieur favorable au projet.
Si le pronosticateur [planète de la réponse] est en position de communiquer sa force [position appliquante), la chose s’accomplira exactement comme la personne le souhaite. S’il est direct, les choses se réaliseront au mieux. S’il reçoit des interférences, des événements interviendront qui détruiront la chose désirée.
En position où son action est freinée, contrariée (chute, exil, planète pérégrine, ou sous l’Ascendant), cette dernière indique l’absence de satisfaction, les obstacles, une position inconfortable, comme s’il se trouvait pas dans un pays qui ne lui convient pas. .
En particulier l’astre en aphélie souligne que la situation sera particulièrement difficile (comme un cheval qu’il faut dompter, écrit Ibn Ezra), en périhélie, il évoque un homme déchu de sa grandeur. S’il est en position accidentelle, quelque chose interviendra qui mettra un terme à la consultation.
En outre, si les pronostiqueurs sont en position de réception mutuelle, cela indique que quelque chose se prépare et que le demandeur n’y a pas encore pensé.
LE MAITRE DE LA REPONSE
Si la planète de réception [le maître de la réponse ou le signifié], est dans une position défavorable, elle laisse supposer une difficulté.
Si elle est en passe d’inverser son mouvement [rétrogradation], elle annonce l’absence de succès, des difficultés ou une destruction. Si son mouvement devient direct, elle améliorera la chance en la matière, la force de la réalisation, et son ascension.
Si la planète est dans un signe fixe, elle annonce que la chose désirée sera sûre et stable. Dans un signe mutable, les résultats seront variables, dans un signe double, qu’une partie de la chose sera constante, qu’une autre sera modifiée.
NEGOCIATION DE LA REPONSE
PLANETES FAVORABLES OU DEFAVORABLES
Résumé : Un astre qui se trouve dans sa dignité signale un événement très important. Il en va ainsi pour une position d’un des significateurs en exaltation, triplicité, domicile, terme, décan compatible, position angulaire ascendante. Cette position « confortable » assure la maîtrise de la situation et un entourage favorable au questionnement.
Une planète favorable pronostique toujours une chance, une défavorable une difficulté. Cependant si la planète défavorable figure dans son lieu d’exaltation, l’effet sera positif même s’il inclut souffrance ou chagrin.
Si les planètes favorables sont dans une position opposée à leurs manifestations, dans la maison de leur exil, de leur chute ou dans une maison cadente et s’il n’existe aucun aspect les reliant à l’Ascendant, elles n’exerceront aucune influence. De même, l’influence d’une planète défavorable dans ces positions en sera réduite.
Si une planète favorable est en position ascendante et si elle est la seule dans cette position, son influence ira croisant.
Une planète ne sera pas considérée comme dommageable lorsque la lumière d’une planète maléfique ne domine pas sa propre force. On considérera seulement qu’il existe quelque frein. Si l’aspect est dépassé d’un degré ou plus, on évoquera une peur qui n’aura pas beaucoup de conséquences. Il en sera de même pour une planète favorable : si cette dernière qui permet de pronostiquer tout ce qui est susceptible d’arriver ne forme pas un angle précis avec le signe Ascendant, on en conclura que les espérances de la personne ne se réaliseront pas.
Si les planètes bénéfiques figurent en aspects avec les planètes maléfiques, l’influence de ces dernières sera moins dommageable.
Si Jupiter est en aspect avec la planète favorable, il accroît son effet bénéfique. Vénus ne peut pas modifier la nature maléfique de Saturne sauf si Jupiter lui vient en aide [La lumière de Vénus se transfère dans ce cas à Saturne par le biais de Jupiter], Jupiter annule les « maléfices » de Saturne, mais Vénus annule bien davantage les difficultés induites par Mars que ne le fait Jupiter.
LES PLANETES DEFAVORABLES
Les planètes favorables ou défavorables en mauvaise position, ou qui scintillent annoncent quelque chose de très dommageable. Cependant, elles ne peuvent induire ni bien ni mal pour le demandeur du fait de leur faiblesse.
Si une planète maléfique se trouve située à l’Est du Soleil dans un signe où elle exerce une influence, et ne reçoit pas d’aspect défavorable d’une autre planète, elle sera néanmoins plus favorable qu’une planète scintillante ou rétrograde.
Si la maléfique contrôle la chose désirée et si le maître de l’Ascendant opère une conjonction avec elle, et si la Lune figure en carré ou en opposition à cette conjonction, même si la réponse est positive, la situation finale se révélera dommageable.
Si la maléfique communique sa force à une dominante, elle apportera dommage sur dommage; si une bénéfique communique sa force à une autre bénéfique, le jugement changera du mal en bien.
Si la maléfique se trouve dans un signe ascendant sur laquelle elle n’exerce aucun pouvoir, son influence sera moins destructrice; si elle est rétrograde, elle provoquera ennuis sur ennuis.
Si la planète maléfique est en position de pouvoir et figure à l’un des angles où dans l’une de ses positions de force, cette dernière sera considérée comme équivalente à la force des planètes favorable.
Si elle figure dans un signe étranger à son influence, cette dernière deviendra plus dommageable. De même si elle aspecte la planète [de la question] d’un carré ou d’une opposition et particulièrement si son influence est supérieure à celle du significateur. En revanche, si l’aspect est un sextile ou un trigone, sa mauvaise influence s’en trouvera réduite.
Si la maléfique contrôle la chose souhaitée, elle indique un délai en la matière, et que la chose ne peut pas se réaliser sinon au prix de préoccupations dommageables pour la personne.
PLANETES EN DEBUT ET FIN DE SIGNES
il s’agit-là d’une constante en astrologie horaire : l’astrologue recherche si la lumière d’un astre ou un changement de sa nature interfère dans les aspects formés entre les significateurs de la question. Si la réponse est négative, son influence ne s’exercera pas dans le cadre de la question.
N’importe quelle planète figurant dans les cinq premiers degrés d’un signe ou d’une maison, est considérée comme faible. Si elle est en position plus avancée, elle sera considérée comme relevant de la force de la maison.
N’importe quel astre figurant entre le début de la maison et le 15e degré possède un grand pouvoir.
Si la planète figure à la fin d’un signe, sa force sera perdue pour ce dernier et passera dans le signe suivant. Cependant, si la planète figure à 29° du signe, sa force demeurera dans le signe, car la planète exerce sa force sur trois degrés : celui où elle se trouve, le degré précédent et le degré suivant.
Ainsi, si une planète est en train d’opérer sa conjonction avec une autre, mais que cette dernière passe dans le signe suivant avant la conjonction totale, et si avant qu’elle la rejoigne, aucune autre planète n’entre en aspect avec la première, la chose s’accomplira tout de même après la période de doute ou de désespoir.
Commentaire : l’aspect dépassé, quelque soit sa nature, n’a donc pas d’effet sur la nature de la réponse. En effet, seul l’aspect en formation, est significatif et permet de déterminer le temps nécessaire pour la réalisation du projet.
PLANETES RETROGRADES
A l’astérisme 94 et 95, Ibn Ezra revient sur les planètes dont le mouvement est retardé (station en particulier), ou qui commencent à accélérer leur course, en les associant à la possibilité d’exhausser le vœu mais comme si la planète manquait de force pour le réaliser. Elle devra donc se trouver elle-même dans une position valorisant sa propre énergie pour devenir opérationnelle.
En revanche, il accorde une position « royale », donc totalement dominante dans le cadre de la question à tout significateur ou planète associée à la question figurant en conjonction au Soleil.
La planète qui rétrograde indique de la rébellion et la destruction de n’importe quel projet.
La planète qui est dans sa station directe est comme un homme qui ne sait pas ce qu’il doit faire, et les résultats sont mauvais. Dans la station rétrograde, il est comme un homme qui espère quelque chose et dont l’espérance ne sera pas vaine.
En résumé : la station planétaire retarde les effets de la réponse. Cependant, on constatera ici la différence entre les deux positions d’entrée et de sortie de rétrogradation. Pour Ibn Ezra, le peu d’énergie de la première position souligne l’hésitation, le recul devant la réalisation de la question, la seconde mûrie par la phase de réflexion de la rétrogradation, annonce une réalisation possible lors du retour à la phase directe. Ibn Ezra souligne ainsi dans l’alinéa 34, que le mouvement-retard de cette planète retarde d’autant la réponse positivement ou négativement. Cependant si Jupiter ou Saturne se trouve dans un signe cardinal, ils accéléreront la réalisation de la question.
POSITIONS DIVERSES
Si un astre est dans un signe qui correspond à sa nature, son pouvoir s’accroît. Dans le cas contraire, son pouvoir s’affaiblit.
Si l’astre figure en maison VI ou XII, il n’y aura pas dommage.
Une planète favorable située en maison VIII, n’indique ni bien ni mal, mais annonce un dommage irréparable si elle est défavorable.
Si une planète est située derrière celle qui porte la lumière, elle n’exerce pas d’influence, quelle que soit sa force. En revanche, son influence est très négative si elle rétrograde. Si elle devient directe durant la période en correspondance avec la question (le temps repérable de la réalisation), elle souligne que la chose ne se réalisera qu’en partie.
Traduction, synthèse et commentaires d’Irène Andrieu
| Translation - Spanish El Comienzo de la Sabiduría
Los 120 aforismos de Ibn Ezra
Leyendo su obra y el estricto rigor científico de sus previsiones, basadas en las direcciones de los aspectos, podría pensarse que Ibn Ezra fomentaba en cierta manera el culto del fatalismo.
Sin embargo, no era así. Él mismo afirmaba que la astrología se dedicaba a los fenómenos físicos y que correspondía a los seres humanos aceptar los tránsitos, tanto favorables como desfavorables, para modificar el curso de un acontecimiento.
Para interpretar correctamente el "juicio de los astros" el astrólogo debía ser un sabio, alguien capaz de no confundir el campo de lo fáctico y el del alma que sólo revela lo espiritual. Filosofía en boga entre los astrólogos de su época.
El texto que aquí comentaremos forma parte del capítulo 8 del libro de Abraham Ibn Ezra "El Comienzo de la Sabiduría" que data del siglo XIII, traducido por Raphael Levy y Francisco Cantera en 1939 (Ediciones Ascella). También existe una traducción de Meira Epstein (Ediciones Arhat). Este texto es considerado por los expertos como uno de los textos inaugurales de la astrología tradicional.
Sobre la influencia de la Luna
1- Debido a que la Luna está próxima a la Tierra y acelera su movimiento, ella acrecienta la fuerza de los planetas que se encuentran en conjunción comunicándoles su potencia, incluso sin recibir ninguna influencia de estos últimos. La Luna transfiere su luz de un planeta a otro. Esto se asemeja al fenómeno que se produce en los recién nacidos en el que los gérmenes se desarrollan progresivamente hasta su plenitud y comienzan a decrecer gradualmente hasta el momento en que sus efectos dejan de ser visibles y desaparecen.
Por esta razón los Antiguos sostenían que la Luna influencia todas las deliberaciones y el inicio de cualquier tipo de pregunta. Durante su fase ascendente, las circunstancias son favorables (si las mismas se prestan a ello...) y consecuentemente la interrogación de la persona rinde sus frutos. Todo lo que comienza en ese preciso momento tendrá éxito e inversamente si las circunstancias son desfavorables.
Los Antiguos sostenían que debían observarse el Ascendente y el Regente de la persona que consultaba y lo que se deseaba conocer estaba representado por el 7° signo con su o sus Regentes y se debía establecer el lazo entre la Luna y éste último.
Comentario: según Ibn Ezra, el séptimo signo debe comenzar a descontarse a partir del Signo en el cual aparece el Ascendente de la pregunta considerado éste como 1. El Signo ascendente es aquí considerado enteramente como el origen de la pregunta y su Regente como el significante de la cuestión en sí misma. Cada Casa siguiente de la Casa que representa la pregunta es asimilada globalmente a un Signo, o sea 30°.
Numerosos autores se refieren a ésto para determinar el tiempo de elaboración de una respuesta considerando que la misma caduca a partir del momento en que por Júpiter y Saturno o los planetas que intervienen en la pregunta y la respuesta han llegado a los límites del Signo donde se encontraban en el momento en que se formuló la pregunta (estas reglas se establecieron en aquel momento en los límites del septeno).
En lo que concierne a "la Casa de lo que es deseado" Ibn Ezra parece limitar su representación al 7° Signo y a "su o sus Regentes". Esta metodología fue ampliamente utilizada, incluso numerosos astrólogos horarios de la actualidad que estudian la configuración de las Casas en sí mismas consideran que el Regente de la Respuesta es el del sector directamente relacionado con la naturaleza de la pregunta (así como consideran que el Regente de la Pregunta es el mismo del Ascendente).
Por Ejemplo:
- Yo, mi intención, mi pregunta, la sinceridad y la razón de ser de mi pregunta, todo lo que
me sucederá, etc., para el Regente de la Casa I.
- Los protagonistas directos de la cuestión (en tanto que ocupan el lugar de "los otros", en
oposición a la Casa I), los contratos, los aliados, el casamiento, en la Casa VII.
- La compra de un inmueble, las transformaciones del hogar en la Casa IV, los hijos, el
amor, los sentimientos del otro, en la Casa V.
- La salud en las Casas VI y XII.
- El trabajo en la Casa X (Casa VI para los artistas y comerciantes), la sociedad, la vida
social, la amistad, la popularidad, la política, en la Casa XI.
LA TRANSFERENCIA DE LUZ
Este concepto aparece como una constante en casi todos los intérpretes medievales de la astrología horaria. En breve, si los dos significantes se relacionan entre sí por un luminar u otro planeta (particularmente si es rápido), el planeta en posición intermedia sirve de nexo para transferir o potenciar la influencia de uno de los significantes sobre el otro. De esta manera, el éxito de la demanda está ligado a la perfección de la aspectación (instante de la aspectación exacta) operada por el portador de luz hacia uno u otro de los planetas significativos de la interrogación.
Si un astro transfiere la luz del Regente del Ascendente al Regente de la cosa deseada, ésto se cumplirá por su intermediación.
Los planetas favorables directos son útiles [al cumplimiento de la cuestión] ya sea que reciban o no la luz pero lo serán mucho más si reciben la luz de la luna.
Los planetas desfavorables ya lo son por sí mismos pero su influencia maléfica se verá atenuada si reciben la luz de otro y, en mucha mayor medida, si el ángulo formado es un sextante o un trígono.
LA LUNA, PORTADORA DE LUZ
Si la Luna evoluciona en sí misma ["curso vacío", sin aspectarse con ningún planeta o formando aspectos que exceden a los planetas relevantes de la cuestión] debe interpretarse que la pregunta es fútil o que nada de lo deseado por el consultante puede llegar a pasar.
La Luna separativa indica que las cosas ya han sucedido. Si la Luna figura en conjunción separativa o en aspecto separativo con respecto al Regente de la pregunta habrá un beneficio si este último es favorable o un daño si este Regente induce un daño.
Por otro lado, si la Luna ya ha superado la zona de aspectación o evoluciona en dirección separativa con respecto al Regente del Ascendente, la persona no ha sabido aprovechar las circunstancias benéficas para realizar sus objetivos en el tiempo deseado o las circunstancias no existían o ya no existen más.
Comentario: se llama "fútil" toda pregunta que no tiene fundamentos sólidos o que ha sido formulada sin verdadera convicción o que directamente no es real.
De esta manera, un deseo surgido en una persona ( bajo el efecto de tendencias motivadas por un tránsito lunar) puede no corresponderse necesariamente con la realidad de una situación objetiva. La persona piensa en "eso" pero nada confirma ese deseo como fáctico. Acabado el tránsito lunar se termina la transferencia de luz (lunar) que favorezca la realización del deseo.
Ejemplo: se consulta sobre los posibles resultados de una cita profesional, la conjunción separativa, el sextante y el trígono de la Luna en Júpiter, Regente de la cuestión, presagia un resultado favorable, posiblemente un contrato. Una cuadratura separativa Saturno-Luna, indica dudas, retrasos. Si la luz se aleja del Regente de la cuestión es de esperar una respuesta negativa o que el trato conllevará a obligaciones poco interesantes.
De igual manera, se considera como "fútil" toda pregunta basada en una duda entre dos situaciones o imprecisa, tanto como el estado emocional de duda o imprecisión del consultante, algo que aparecerá, sin lugar a dudas en el análisis horario.
Cuanto más precisa, única y basada en una situación inequívoca es la pregunta mayor será la precisión de la respuesta.
En un tiempo determinado sólo puede existir una única respuesta a una pregunta, así como en un tema de nacimiento, la representación de la persona y sus tendencias innatas son unas específicas y no otras. Aunque la persona las acepte o las rechace, con su capacidad de integrar estas tendencias y de utilizarlas sensatamente, deberá obrar con ellas en tanto las circunstancias exteriores harán el resto.
Esta es la razón por la cual no es posible replantear una pregunta en lo inmediato.
La habilidad del astrólogo reside en estudiar las reincidencias de la pregunta, fundamentalmente sobre los compañeros eventuales y las circunstancias favorables o desfavorables para la realización de un proyecto.
Es, sobre todo, desde esta perspectiva que encontramos la mayor cantidad de interpretaciones divergentes y de diferendos entre los profesionales de esta disciplina.
Si el astro recibe la luz de la luna en fase ascendente, las cosas van a salir bien, si se produce lo contrario, van a salir mal.
Si se encuentran varios planetas relacionados con la Luna, estos múltiples factores van a favorecer el éxito del proyecto.
Si varios astros se encuentran aspectados con la Luna, ello permitirá multiplicar las posibilidades de realización. Si ningún planeta se encuentra aspectado con la Luna, nos encontramos frente a una falta de energía del caso [apatía, indiferencia, ausencia real de motivación?].
Cuando la Luna se encuentra en la zona donde figuran planetas maléficos, nada puede llevarse a cabo correctamente si uno de esos planetas figura en el Signo Ascendente (AS).
Si la Luna figura sobre el eje del medio (MC) en las mismas condiciones, la situación será peor ya que esto anuncia miedo o enfermedad y si se encuentra en la Casa Descendente (DS) esto indicará miedo pero no indicará enfermedad.
LOS SIGNIFICANTES
EL DUEÑO DE LA CUESTIÓN
Si el Regente del Ascendente está en su triplicidad y si los Regentes de la misma están aspectados con él, aquellos planetas que se encuentren próximos concurrirán en su ayuda.
El Regente del Ascendente no podrá controlar totalmente la cuestión deseada si está en una posición de debilidad (exilio, caída) en tanto que si entra en conjunción con un planeta, ya sea favorable o desfavorable, el resultado dependerá de la fuerza respectiva de cada uno.
Si el Regente del Ascendente transmite su fuerza al Regente de la Casa consultada, la persona deseará vivamente la cosa pero, si el Regente de la cosa deseada transmite su fuerza al Regente del Signo Ascendente, la cosa se realizará sin ninguna dificultad.
Comentario: según algunos divulgadores modernos, la fuerza del Regente del Signo Ascendente correspondiente sólo puede expresar una intención personal. Otro poder tendría la fuerza del Regente de la cosa deseada en posición correspondiente a aquel que se comunique con el Regente del Ascendente en la medida en que la respuesta dependa de un factor exterior favorable al proyecto.
Si el pronosticador [planeta de la respuesta] está en posición de transmitir su fuerza [posición correspondiente], la cosa se realizará exactamente como la persona lo desea. Si esta correspondencia es directa, la cosa se realizará aún mejor. Si recibe interferencias, se producirán eventos que destruirán la cosa deseada.
En una posición donde su acción se vea frenada, contrariada (caída, exilio, planeta errante, o bajo el Ascendente) nos señala ausencia de satisfacción, obstáculos, de una posición poco confortable, como si se encontrara en un lugar que no le conviene.
Un astro en afelio indica que la situación será particularmente difícil (como un caballo que hay que domar, dijo Ibn Ezra), en perihelio, evoca a un hombre que ha perdido su poder, su dignidad, que ha sido despojado de su grandeza. Si su posición es accidental esto nos advierte que algo intervendrá de manera tal que pondrá fin a la consulta.
Por otra parte, si los pronosticadores se encuentran en posición de recepción mutua, esto nos indica que se está preparando algo en que el consultante ni siquiera ha pensado.
EL REGENTE DE LA RESPUESTA
Si el planeta de recepción (regente de la respuesta o significante) está en una posición desfavorable, debemos suponer dificultades.
Si el planeta está en camino de invertir su movimiento (retrogradación) nos anuncia dificultades, fracaso o destrucción. Si su movimiento es directo aportará beneficios, la fuerza de la realización y su ascenso.
Si el planeta se encuentra fijo en un Signo anuncia que la cosa deseada será estable y segura. En un signo cambiante los resultados serán variables, en un Signo doble nos anuncia que una parte de la cosa deseada será constante y otra sufrirá modificaciones.
NEGOCIACIÓN DE LA RESPUESTA
PLANETAS FAVORABLES O DESFAVORABLES
Resumiendo: Una astro que se encuentra en su dignidad (o apogeo) subraya un acontecimiento muy importante. Esto es así para uno de los significantes en posición de exaltación, triplicidad, domicilio, término, decanato compatible, posición de ángulo ascendente. Esta posición "confortable" asegura el dominio de la situación y un contexto favorable a la demanda.
Un planeta favorable siempre pronostica una oportunidad, uno desfavorable una dificultad.
Sin embargo, si el planeta desfavorable aparece en su lugar de exaltación el efecto será positivo aún si implica sufrimiento o pena.
Si los planetas favorables se encuentran en oposición a sus manifestaciones, en la Casa de exilio, de caída o en la Casa descendente y si no existe ninguna aspectación que los relacione con el Ascendente, no podrán ejercer ninguna influencia, igualmente, se verá atenuada la influencia de un planeta desfavorable que se encuentre en esta posición.
Si un planeta favorable está en posición ascendente y si es el único en esta posición su influencia irá aumentando.
Un planeta no será considerado dañino cuando la luz de un planeta maléfico no domine su propia potencia, se considerará simplemente la existencia de un freno. Si la aspectación supera un grado o más, ésto sólo hará alusión a cierto miedo que no tendrá consecuencias graves.
Será lo mismo para un planeta favorable: si el planeta que debe pronosticar todo aquello susceptible de suceder no forma un ángulo preciso con el Signo Ascendente concluiremos sin dudar que los deseos de la persona no se cumplirán.
Si los planetas benéficos figuran aspectados con los planetas maléficos, la influencia de estos últimos será menos perjudicial.
Si Júpiter se encuentra aspectado con el planeta favorable, acrecienta su efecto benéfico.
Venus no puede modificar la naturaleza maléfica de Saturno salvo que lo ayude Júpiter (la luz de Venus se transfiere a Saturno por efecto oblicuo de Júpiter), Júpiter anula los efectos maléficos de Saturno pero, Venus anula mucho más los escollos planteados por Marte que Júpiter.
LOS PLANETAS DESFAVORABLES
Los planetas favorables o desfavorables, en una mala posición o que centellean, anuncian algo muy dañino. Sin embargo, no pueden provocar ni bien ni mal para el consultante gracias a su posición de debilidad.
Si un planeta maléfico se encuentra al este del Sol, en un Signo donde ejerce cierta influencia y no es aspectado desfavorablemente por otro planeta, ejercerá un poder más favorable que un planeta centellante o retrógrado.
Si el planeta maléfico controla la cosa deseada y si el Regente del Ascendente está en conjunción con él, y si la Luna aparece en cuadratura o en oposición a esta conjunción, aún si la respuesta es positiva en lo inmediato la situación final será perjudicial.
Si el planeta maléfico transfiere su poder a un dominante aportará perjuicio tras perjuicio; si un planeta benéfico comunica su fuerza a otro planeta benéfico, el juicio mudará de malo a bueno.
Si el planeta maléfico se encuentra en un Signo Ascendente sobre el cual no ejerce ningún poder, su influencia no será tan destructiva; si el planeta es retrógrado provocará disgusto tras disgusto.
Si el planeta benéfico está en posición de poder y figura en uno de los ángulos o en posición de fuerza será considerado como equivalente al poder de los planetas favorables.
Si el planeta benéfico aparece en un Signo que escapa a su influencia la misma será más dañina. Igualmente si la aspectación del planeta (de la pregunta) está en cuadratura u oposición y, particularmente, si su influencia es mayor a la de su significante. En compensación, si la aspectación está en sextante o trígono se debilitará su mala influencia.
Si el planeta maléfico controla la cosa deseada, indica una dilación y que la cosa deseada sólo podrá realizarse a costa de preocupaciones sumamente deteriorantes para la persona.
PLANETAS EN COMIENZO Y EN FINAL DE SIGNO
He aquí una constante de la astrología horaria: el astrólogo busca si la luz de un astro, o un cambio en su naturaleza, interfiere en los aspectos formados entre los significantes de la pregunta. Si la respuesta es negativa la misma no ejercerá su influencia en el marco de la pregunta.
Sin importar qué planeta figure dentro de los primeros cinco grados de un Signo o una Casa, él es considerado débil. Si se encuentra en una posición un poco más avanzada será considerado relevante del poder de la Casa.
Cualquier astro que se encuentre entre el comienzo de la Casa y los 15° ostentará un gran poder.
Si el planeta se encuentra al final del Signo perderá su poder, poder que será ganado por el Signo siguiente. No obstante, si el planeta figura a 29° del Signo su poder permanecerá en el mismo ya que el planeta ejerce su poder en tres niveles: en el que se encuentra, en el precedente y en el siguiente.
Igualmente, si un planeta está operando una conjunción con otro planeta que pasará al signo siguiente antes de producirse la conjunción total y si, antes de que el primer planeta lo alcance, ningún planeta entra en aspectación con el primero, la cosa deseada se producirá de todos modos luego de un período de duda y desesperanza.
Comentario: la aspectación superada, cualquiera sea su naturaleza, no tiene efectos en la naturaleza de la respuesta. En efecto, sólo la aspectación en formación es significativa y permite determinar el lapso necesario para la realización del proyecto.
PLANETAS RETRÓGRADOS
En el asterismo 94 y 95, Ibn Ezran vuelve sobre los planetas, cuyo movimiento es atrasado (particularmente en estación, o sea cuando no aparenta ni avanzar ni retroceder) o que comienza a acelerar su curso, asociándolos a la probabilidad de exaltar el deseo pero como si al planeta le faltara poder para concretarlo. Este planeta deberá pués encontrarse en una posición que valorice su energía para poder ser operativo.
Por el contrario, Ibn Ezra concede una posición "real", o sea totalmente dominante, en el marco de la pregunta a todo significante o planeta asociado a la misma que se encuentre en conjunción con el sol.
Un planeta retrógrado indica rebelión y destrucción de cualquier proyecto.
Un planeta que se encuentra en estación directa es como un hombre que no sabe lo que debe hacer y los resultados son negativos. En estación retrógrada el planeta es como un hombre que espera que algo suceda y cuya esperanza no será en vano.
Resumiendo: la estación planetaria demora los efectos de la respuesta. Sin embargo, debemos constatar la diferencia entre las dos posiciones de entrada y salida de retrogradación. Para Ibn Ezra, la poca energía de la primera posición señala la duda, el retroceso frente a la realización de la pregunta, la segunda, madurada por la fase de reflexión de la retrogradación, anuncia una realización posible luego de volver a la fase directa. Ibn Ezra insiste en el párrafo 34 en que el movimiento retardatario de este planeta retrasa la respuesta tanto positiva como negativamente.
Pero, a pesar de esto, si Júpiter o Saturno se encuentran en un signo cardinal ellos aceleran la realización de la pregunta.
POSICIONES DIVERSAS
Si un astro está en un Signo que se corresponde con su naturaleza su poder se acrecienta, en el caso contrario se debilita.
Si el astro figura en las Casas VI o XII no habrá daño.
Un planeta favorable en la Casa VIII no indica ni bien ni mal pero, anuncia un daño irreparable cuando se trata de un planeta desfavorable.
Si un planeta aparece detrás del que suministra la luz no ejercerá ninguna influencia a pesar de su poder. Por el contrario, su influencia es muy negativa si es retrógrada. Si el planeta se vuelve directo durante el período de correspondencia con la pregunta (el tiempo señalado para la realización) él señala que la cosa sólo se realizará parcialmente.
Traducción, síntesis y comentarios de Irène Andrieu.
| | French to Spanish: Ives Roucaut | Source text - French 7
Surveiller, prévenir, punir
Yves ROUCAUTE
Aborder le problème nommé « violence des mineurs » ne
va pas sans quelques difficultés. Il fut et reste parfois admis
qu’une telle problématique révélerait le point de vue de
l’« idéologie sécuritaire ». La violence des mineurs serait
une conséquence dont les causes seraient à rechercher
dans « la société », coupable ultime, qui devrait être soit
réformée, soit révolutionnée, toujours culpabilisée, en
raison de ses injustices, de ses inaptitudes à intégrer,
de son dérèglement social. Cet article vise à démontrer
la légitimité du droit de surveiller et de punir, et le devoir
de soutenir les forces de l’ordre républicain. Et cela
dans l’intérêt de la Cité et, particulièrement, de sa
jeunesse populaire, première victime de la violence
de certains mineurs.
Discipline, Prevent, Punish
Dealing with the problem labelled «youth violence» raises some troubling fundamental issues. In the light of past
and present conventional wisdom, raising these issues reveals a «law-and-order» ideological bias. Youth violence
is said to be a consequence whose causes are to be found in «society», the ultimate guilty culprit, which should
be either reformed or revolutionized in order to remedy its injustice, its inability to integrate, and its other
malfunctions. It is time to demonstrate the legitimacy of the right to discipline and punish as well as the duty to
support democratic law enforcement agencies in the interest of the polity, especially its deprived youth who are
the first victims of the violence of certain of their peers.
Yves Roucaute
Professeur des universités à la faculté de droit de Paris-X Nanterre. Agrégé de philosophie, docteur d’État en
Science politique, agrégé de Science politique, il est conseiller du directeur de l’INHES, directeur des Cahiers
de la sécurité, directeur du pôle relations internationales, sécurité, défense du Groupe d’analyse politique de
Nanterre (GAP). Il a été membre de cabinets ministériels et écrit de nombreux ouvrages de philosophie et
de science politique, dont La Puissance de la Liberté (réédité, éditions de Saxe).
© Ministère de l’Intérieur - DICOM
Cahiers de la sécurité – n°2 – octobre-décembre 2007
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a violence des mineurs est un phénomène
social préoccupant pour toute Cité, quel
que soit son régime politique, et cela en
raison de cette fin naturelle : former de
futurs citoyens. C’est pourquoi il est curieux
de voir les hésitations de certains de nos
contemporains quant au droit, et, finalement, au devoir,
de surveiller et punir.
Depuis l’Antiquité, la répression de ceux qui usent de
la violence contre l’ordre de la Cité, quel que soit leur
âge, a toujours été conçue comme un remède, désagréable
mais nécessaire disait Platon 1, destiné non à se venger
mais à punir (et guérir, si possible, en profitant de la
punition, pensait-il même) ceux qui n’ont pas intégré la
nécessité de plier leurs pulsions aux règles de vie communes.
Dans les cités républicaines contemporaines, l’acceptation
de ce droit de punir ne diffère pas, mais, plus soucieuses
du respect de la dignité humaine, et dans la mesure où
elles doivent veiller à l’assimilation de ce respect par la
jeunesse, le cadre de la violence sanctionnée et de la
violence autorisée est plus nettement défini par rapport
à un droit qui prend en compte cette humanité de l’homme.
On peut considérer le mot « violence » de façon générale
et abstraite. Ainsi, la délinquance se caractérisant par
l’ensemble des infractions au droit, elle apparaît toujours,
quand bien même elle n’est pas physique, comme une
violence faite à ce droit et à ceux qui vivent dans son
cadre. Mais on peut aussi considérer par le terme de
« violence » la seule violence physique, variété de cette
délinquance, en excluant donc des violences acceptées
comme légitimes selon les cultures (par exemple, les
matchs de boxe, de catch, la corrida, les combats de
coqs…). Cette variété de violence nous apparaît, à nous
contemporains républicains, comme la plus odieuse des
violences, dans la mesure où elle viole ce qui nous paraît
être le premier de nos droits naturels : la sécurité de nos
corps, découlant de la propriété de notre corps et du droit
à notre vie. Il est clair que, dans les sociétés esclavagistes
par exemple, cette violence n’avait pas cet aspect de
profanation d’un droit sacré. Dans les deux cas, violence
conçue de façon très générale ou violence physique, il
s’agit bel et bien d’un viol des règles de droit. Mais dans
cet article nous considérerons sous le terme de « violence »,
celle qui a d’abord un aspect « physique ».
Toutes les civilisations, malgré leurs différences, se sont
donc trouvées confrontées au même problème : ou les
citoyens laissent la violence physique illégitime sans
réaction, il n’y a alors plus de droit ni même de civilisation
mais seulement des rapports de force, une jungle où les
plus forts l’emportent ; ou bien on oppose à cette violence
la valeur du droit, mais cela ne peut se faire autrement
que par l’appel à une force qui se met au service du droit
et qui doit pouvoir menacer ou utiliser la violence à
son tour pour s’opposer à la violence. On peut appeler
cette force, « force de l’ordre », sans y voir donc un
quelconque relent d’idéologie sécuritaire. Et même, il
suffit d’y réfléchir, pour voir au contraire que sans cette
force de l’ordre, il n’est aucun moyen de s’opposer au
jeu de la violence de milices, de mafias, de groupuscules
sinon d’individus mal disposés envers leurs congénères.
Le droit, pour mériter le nom de droit, exige donc,
en réaction à la violence, quelle soit celle d’adultes et de
mineurs, l’usage de la force. Quand cette force s’exerce,
on l’appelle « violence légitime », parce qu’elle a été
déléguée par les citoyens à l’autorité étatique, autorité qui
évite la vengeance, qui exerce sa protection, dit sa
sanction et l’exécute, par différentes structures, de façon
désintéressée (en fait intéressée à servir l’État de droit).
Dans les États de droit, les forces de l’ordre sont donc le
prolongement, la cristallisation et l’expression de cette
force des citoyens, qui est au fondement de la Cité, et
qui exige l’ordre de droit.
C’est bien pourquoi le droit de punir doit nécessairement
être conçu comme un droit qui s’exerce dans le cadre du
droit, et seulement pour rétablir le droit. C’est ainsi que
se différencient les cités libres des tyrannies. Et c’est ainsi
que nous le considérerons ici.
L’exigence
des classes populaires
Dans les faits, on constate que les États républicains
pluralistes respectueux des droits individuels répondent
fermement à la violence physique, qu’elle soit des adultes
ou des mineurs. Face à la violence physique, le laxisme,
tout comme l’impuissance, paraissent inacceptables aux
opinions publiques. En même temps, elles distinguent le
traitement de ces deux violences, en imaginant notamment
des modes d’enfermement différents pour la jeunesse ;
un souci universel de toutes les civilisations dont la
Convention relative aux droits des enfants, ratifiée par
l’Assemblée générale de l’ONU le 20 novembre 1989,
porte témoignage. Si, d’un pays démocratique à l’autre, les
pratiques sont différentes, l’esprit des règles de protection
et de répression de l’enfance est le même.
Ce refus universel du laxisme est particulièrement
vif dans les classes populaires. Premières victimes de la
(1) Platon, Gorgias, 475 e-481 a
L
Yves ROUCAUTE Surveiller, prévenir, punir
9
violence, pour de simples raisons de proximité, ce sont
ces classes qui ressentent prioritairement le besoin d’être
protégées. Celles-ci protestent comme le démontrent les
sondages, mais aussi, plus encore, certains résultats
électoraux où sont sanctionnées les forces politiques
qui n’écoutent pas l’exigence de répression.
Au fond, les citoyens des démocraties retrouvent
instinctivement le sentiment de l’Antiquité selon lequel
« la police » doit d’abord être l’organe de la « polis »
(« Cité » en grec). Elle doit en être la force protectrice.
Il y a une exigence populaire de protéger, et cela dans
l’intérêt des plus faibles, exigence que l’on retrouve même
dans les pays émergents comme le Brésil ou l’Inde. Il faut
se garder du piège de l’humour populaire. Le discours
affiché et rituellement sarcastique de la population envers
la police, les « mal-aimés de la République », selon le mot
de Jean-Pierre Corcelette [2003], ne peut dissimuler cette
attente. S’il suffit qu’elle soit insatisfaite pour déclencher le
courroux populaire, il suffit qu’elle soit satisfaite pour
qu’au sarcasme succède l’applaudissement. Entre le
policier d’une compagnie républicaine de sécurité qui
intervient pour sauver un enfant de la noyade sur une
plage et celui d’un commissariat qui protège la vie d’une
femme âgée courbée par les ans, malmenée par une
bande de voyous dans une cité HLM, c’est bien à chaque
fois un membre de la sécurité, républicaine, qui offre sa
protection aux plus démunis. Le peuple ne s’y trompe
jamais : l’orphelin, traqué par la violence, ce peut être
son enfant demain. Le policier de la « polis » est toujours,
quand il est fidèle à sa mission, d’abord le défenseur de
la veuve et de l’orphelin.
L’idéologie anti-sécuritaire
L’un des plus grands obstacles à la prise de conscience
de la nécessité de punir la violence des mineurs et de
chercher un panel de solutions efficace adapté à leur âge,
fut, et reste, l’idéologie. Si la France, comme tous les autres
pays développés, a montré une bienheureuse évolution de
son opinion publique quant aux nécessités de surveiller,
punir et prévenir, elle a sans nul doute été handicapée
dans le traitement de la délinquance des jeunes, sous la
pression des discours de générosité, de lutte antibourgeoise
et de justice sociale, retards dont la jeunesse populaire
fut la première victime. Et aujourd’hui encore, cette
idéologie reste forte quand des jeunes sont coupables.
Un peu à la façon caricaturale dont furent traitées par
certains politiques démagogues et quelques journalistes
les violences de la gare du Nord, le 27 mars 2007, durant
la campagne électorale présidentielle. Nous assistions alors
à ces fameux tours de prestidigitation qui permettent
régulièrement de culpabiliser forces de l’ordre et « société »
et, au fond, à relativiser la délinquance. Ainsi le prétendu
« jeune » qui frappa un employé de la RATP, puis la
bande de 200 voyous environ, venue attaquer la station,
se virent parfois transformer en « La jeunesse », y compris
par quelques candidats à la présidentielle. Sans doute
parce qu’ils criaient « À bas l’État, les flics et les patrons »,
on devait comprendre que ces heurts étaient le symptôme
du malaise de « La jeunesse », condamnée à agir dans
l’« illégalisme », face à une police et un gouvernement
emmenés dans le mur d’une « politique sécuritaire ».
Le vrai coupable étant plus ou moins distinctement
« la société » et ses injustices sociales.
Notre pays fut sans doute en effet, avec les États-Unis,
le Canada et l’ex-République Fédérale d’Allemagne, l’un
des plus touchés par la vague relativiste des années 1960.
Peut-être le plus touché même. On peut dire que cette
idéologie refusa de prendre au sérieux et la délinquance
en général et la violence des jeunes en particulier, confondant
parfois explication et justification et transférant le
plus souvent la culpabilité de cette jeunesse délinquante
sur « la société ». Il fallait, pour simuler le rôle du
« scientifique » et le « progressisme », traquer les « causes
sociales », laisser les valeurs universelles et nationales,
dénoncer le droit et le pouvoir des « dominants », avec sa
hotte d’exclusions, d’injustices, d’inégalités, et développer
le culte de la jeunesse, avenir du monde. Et, presque par
définition, le mineur délinquant était toujours plus
victime que coupable.
Le refus de suivre ce relativisme conduisait corrélativement
à l’accusation de réactionnaire, d’ami des dominés
et de pensée non scientifique. Les causes étant dans le
malaise social, il paraissait archaïque de défendre les
institutions des pays démocratiques, leur droit et ses
valeurs, notamment le patriotisme, qui exige le devoir
d’accepter les valeurs du pays d’origine ou d’accueil, et
l’humanisme, qui cadre la générosité dans le strict respect
des droits individuels. Et il était plus difficile encore d’y
ajouter le droit corrélatif de punir, en particulier d’organiser
la répression (le mot « répression » était lui-même honni)
contre la violence délictueuse, celle des jeunes comprise,
par la contrainte corporelle, si nécessaire.
Au nom du coeur, le soupçon régnait. Droit de surveiller
et punir ? Influencés par les vieilles thèses utilitaristes du
XVIIIe siècle, qui dominaient la pensée anglo-saxonne
(bien qu’elles soient nées en France chez les matérialistes
avant de s’épanouir dans la pensée de Jérémy Bentham
[1780]), puis qui fut la pensée dominante des années 1960,
1970 et 1980 dans l’ensemble des pays industriels, ces
courants nous conviaient à choisir le devoir de prévention,
cher à Robert Badinter, contre le droit de répression,
Cahiers de la sécurité – n°2 – octobre-décembre 2007
10
rappelé par Alain Peyrefitte. La faute à qui s’il y a de la
violence des jeunes ? Celle de « la société » disait déjà
l’inventeur de la psychologie sociale, John Dewey, en
1922. Une société incapable d’intégrer les « exclus », de
respecter « la différence », d’offrir un avenir qui plaise
ou soit possible à la jeunesse, au lieu de surveiller et de
punir, prévenir et guérir. Pour cela, changer de perspective,
chercher, notamment par la sociologie, les causes sociales
de la délinquance, les traquer et les réformer. Ce qui
conduisait paradoxalement à produire ces étranges effets
pervers : les victimes, membres de ladite société à réformer,
paraissaient parfois moins victimes que les coupables,
brebis égarées de la mauvaise donne sociale.
La France apporta une pierre philosophale majeure au
nouveau politiquement correct. Ainsi, colloques et revues
devaient citer Michel Foucault qui prétendait, dans
Surveiller et punir [1975], best-seller traduit dans le monde
entier en même temps que les thèses tout aussi « politiquement
correct » de Jacques Derrida, de Pierre Bourdieu
et de Félix Guattari, que les discours sur la violence des
jeunes et la délinquance étaient un cache-sexe de la
domination des corps par les bourgeois et autres dominants.
La délinquance ? « Une sorte d’illégalisme » parmi
d’autres, mais un « illégalisme maîtrisé », produit par les
classes dominantes, un paravent social qui permettrait
de laisser fonctionner tranquillement un autre illégalisme,
« l’illégalisme des groupes dominants » 2. La délinquance ?
Elle serait non pas sanctionnée par la prison mais le
produit nécessaire de la prison qui permettrait de justifier,
par ce terme, que l’on ait eu le droit d’enfermer un
individu gênant pour les jeux de pouvoir. La prison
serait ainsi un produit parmi d’autres de cette méthode
de domination douce, méticuleuse, sournoise, de cette
technique disciplinaire d’enfermement organisée plus ou
moins consciemment par des pouvoirs alliés au savoir. La
lutte contre la délinquance des jeunes cacherait les vices
de ces pouvoirs, protégés par une muraille : leur justice
et leurs forces de l’ordre. Inutile de souligner que la prison
pour les mineurs délinquants était exclue.
La violence des mineurs frappe
d’abord les classes populaires
et la jeunesse populaire
Dans la fameuse affaire de la gare du Nord, le vol dans
les magasins, les bris et les violences contre les passants, les
huit employés blessés de la RATP et de la SNCF prêtaient
à une tout autre interprétation. Tout comme, plus
généralement, s’impose l’étude non dogmatique de la
production de cette violence des mineurs dans l’ensemble
des pays démocratiques, de leur développement et de leurs
effets sociaux.
Elle démontre, à l’inverse des discours issus de la
sociologie hâtive des amis de Pierre Bourdieu ou de
Michel Foucault, que ce ne sont pas les populations
dominantes qui sont les premières victimes de la délinquance
et de la violence sociale des mineurs, mais bel
et bien les classes populaires. Et la prison n’écarte pas
des quartiers bourgeois l’ennemi de classe ou l’ennemi
des dominants mais bel et bien d’abord l’ennemi des
classes sociales les plus déshéritées, celui qui terrorise ou
qui malmène les habitants des quartiers populaires.
On peut même s’amuser, une fois n’est pas coutume, à
rappeler la leçon de Karl Marx à certains zélés pourfendeurs
de l’ordre. Dans « l’Idéologie allemande » et « Le 18 brumaire »,
ces bandes de voyous sont appelées non pas des « victimes »
de la société mais « le lumpenprolétariat ». Un terme qui est
généralement traduit dans la plupart des éditions par
« prolétariat en haillons, racaille » ; il est étrange que nos
néo-marxistes soient suffisamment ignorants de leurs
textes sacrés pour reprocher à un ancien ministre de
l’Intérieur l’usage d’un terme usé avec célérité par leur
célèbre devancier. Et s’il fut utilisé par une femme des
quartiers populaires, qui s’adressa par ce terme à Nicolas
Sarkozy, la raison en tient à ce que le parti communiste
de naguère, qui avait une forte assise ouvrière, plus
proche du monde ordinaire qu’aujourd’hui, n’était pas
tombé dans la maladie infantile du communisme, le
gauchisme, et n’hésitait pas à appeler ainsi les délinquants.
Karl Marx détestait en effet ces bandes, les exclus des
exclus sociaux qui forment « la lie de l’humanité », expliquant
qu’elles étaient le pire ennemi des classes populaires parce
qu’elles vivaient en les parasitant, redoublant par le vol
et le crime, l’exploitation et la souffrance dont il disait
la classe ouvrière déjà victime. Il suffit d’aller enquêter
dans les quartiers populaires pour avoir la confirmation
de la justesse (pour une fois) de cette analyse. Et s’apercevoir
que cette jeunesse délinquante organise d’abord sa violence
dans son propre environnement, contre les classes
populaires, en particulier contre la jeunesse populaire,
rackettant dans les collèges et les lycées, vendant de la
drogue aux enfants psychologiquement les plus fragiles,
ceux qui souffrent par exemple de l’absence de père ou
de parents alcooliques, organisant des tournantes, volant
et agressant parfois par simple jeu, pour enregistrer une
vidéo ou passer le temps.
Confondre « la jeunesse » avec cette infime partie des
jeunes délinquants n’est pas seulement le signe d’une
(2) Foucault (M.), 1975, p. 284-285
Yves ROUCAUTE Surveiller, prévenir, punir
11
méconnaissance sociale mais le symptôme d’un mépris
pour la jeunesse populaire qui essaye de survivre, malgré
cette pression, contre cette pression, et qui reste dans le
droit chemin, quelles que soient ses rudes conditions de
vie, fière de sa moralité. Les classes populaires répondent,
dans le monde entier, comme le montre ce numéro de la
revue, à ces politiques démagogues et à ces sociologues
idéologues, à leur façon, simple mais juste : « on peut être
pauvre et se conduire moralement bien ».
Loin d’être l’exigence des dominants, cette demande
de répression, ce droit de surveiller et punir, est donc
d’abord celle des « dominés », pour reprendre ces notions
confuses issues de la vulgate de Pierre Bourdieu. Prendre
l’intérêt des « dominants » pour celui des « dominés »,
au point de ne pas voir que les classes supérieures ont,
elles, globalement, de quoi se protéger et protéger leurs
enfants contre ce « lumpenprolétariat », c’est montrer la
distance qui sépare le discours idéologique du réel et
l’ignorance du point de vue des « dominés ».
La jeunesse populaire est la première à exiger de l’État
républicain de l’aide pour pouvoir aller à l’école, rentrer
chez soi sans peur, aimer, travailler et vivre selon ses
valeurs, parce qu’elle est la première à souffrir de cette
violence des mineurs par cette violence sur les mineurs.
Et c’est donc naturellement elle qui exige l’exercice du
droit de surveiller et punir.
Les causes sociales
et économiques
ne justifient pas la violence
La question de savoir s’il existe des causes qui
expliqueraient sociologiquement, psychologiquement,
psychiatriquement l’acte criminel ou délictueux est utile
pour les sciences humaines, les sciences criminelles en
particulier, pour mieux comprendre la vie de la Cité,
son évolution, certaines inadaptations. Elles présentent
politiquement l’avantage de pouvoir engager quelques
réformes sans ignorer les mécanismes sociaux. Mais cette
prévention n’est qu’à l’unique condition de ne pas penser
ses réformes comme une nécessité quand il en va des
fondements sur lesquels est bâtie notre Cité.
Si la recherche des causes de l’existence du lumpenprolétariat
peut donc éclairer le juge sur la responsabilité du
coupable, son irresponsabilité parfois ou sa responsabilité
personnelle atténuée, elle n’interdit pas de condamner,
encore moins de condamner sévèrement. Elle permet
seulement de condamner plus justement, de mieux
proportionner, suivant l’enseignement de Cesare Beccaria
[1764], les peines aux délits. Car expliquer, en imaginant
que ce soit possible, n’est pas justifier. Tout juge admettrait
l’existence de causes sociales ou psychologiques qui
conduisirent Adolf Eichmann à organiser l’envoi de
convois de Juifs vers Auschwitz, cela interdirait-il de le
condamner ? Et le viol d’une jeune fille dans une cité
peut sans doute être en partie expliqué mais peut-il, quand
l’irresponsabilité n’est pas avérée, n’être pas rapporté à
l’acte d’une volonté libre et durement sanctionné ?
Ce devoir de punir n’appelle ainsi aucune considération
de vengeance, d’utilité ou d’intérêt de « dominants ».
Mais seulement celle du droit, fondé sur le respect de la
dignité dans les républiques libérales. L’enfermement
lui-même démontre au criminel la considération de la
dignité humaine en général et de la sienne en particulier.
Paradoxalement, parce qu’il est puni, le délinquant sait
ses propres droits reconnus. Sa punition montre la
détermination du pays à respecter les droits, donc les
siens aussi : droit de n’être pas torturé, d’être défendu
par un avocat libre, d’être jugé en équité devant des juges
impartiaux selon des procédures et des normes publiques,
d’être châtié par des hommes dénués d’esprit de vengeance
et, le cas échéant, détenu selon les règles de droit. La
prison, contrairement à ce que pensaient Michel Foucault
et ses épigones, ne produit pas le délinquant, elle n’est
pas une opération de dressage et elle vaut clairement
mieux que le supplice : elle est le châtiment réservé à ceux
qui ont violé les règles communes, qui disent le jeu des
libertés dans nos républiques, afin qu’ils cessent de nuire
aux droits des autres citoyens et les respectent.
Prévenir la violence
des mineurs
par la peur de la punition
et l’intégration des valeurs :
la leçon de Freud
Prévenir, plutôt que punir ? Si les explications des
causes de la délinquance permettent d’imaginer réformes
et avancées utiles pour la Cité, la première forme de
prévention, c’est encore la peur de la punition. Ainsi que le
notait déjà Sigmund Freud dans Malaise dans la civilisation
[1929], la répression n’est pas l’ennemi de la civilisation,
bien au contraire. C’est l’interdit qui permet de refouler
les pulsions morbides tandis que le laxisme les laisse
proliférer. Et aucune civilisation ne peut se développer,
ni même survivre, sans la répression des désirs inacceptables
par les règles communes. Le bon sens comprend
Cahiers de la sécurité – n°2 – octobre-décembre 2007
12
que ce n’est pas à « la société » de se plier au désir d’un
jeune qui refuserait les conditions de vie collective mais
bien à tous les détenteurs de l’autorité, de la famille à
l’État, de plier son désir. Une société sans interdit est une
cité du règne de la violence, et un jeune qui vit sans la
crainte d’être puni en cas de faute est un jeune perdu,
non seulement pour la cité, mais, pour lui-même. L’enfer
des jeunes est pavé des bonnes intentions des relativistes.
Ce refoulement s’acquiert en même temps par l’apprentissage
des valeurs, lui-même rendu possible par la
menace de la sanction et, le cas échéant, son exercice.
Par cette intégration dans la conscience, les interdits
qui ne seront plus alors perçus comme extérieurs à
l’individu. Et la peur de la sanction s’effacera au profit
d’une adhésion aux valeurs. L’intégration sociale dans la
Cité, gage de la paix civile et de l’épanouissement individuel,
s’opère donc par l’intégration morale des valeurs
communes via des structures, la famille, l’école, les églises,
les associations, les médias…. Clairement, ces appareils
ont, pour la plupart, des moyens de punition, matériels
et spirituels, qui facilitent le refoulement des pulsions
morbides et développent, corrélativement, l’esprit de
résistance à ceux qui les expriment.
C’est ce travail des institutions de la société civile qui
permet de saisir la force morale de la jeunesse de notre
pays face aux délinquants qui échouent massivement à
l’entraîner vers le délit et le crime. Ce travail spirituel
qui explique pourquoi l’exigence est forte dans les classes
populaires et la jeunesse de voir punir la violence, y
compris celle des mineurs.
Parmi les moyens de prévention par intégration des
valeurs, toutes les républiques libérales du monde utilisent
le patriotisme avec les obligations et interdits qui sont
liés. Si on ne le confond pas avec le nationalisme, il est
un moyen fort aisé de permettre aux jeunes de respecter
les valeurs humanistes et de trouver une identité culturelle
conforme aux demandes sociales. Sport, apprentissage de
chants patriotiques, de grands récits un brin mythiques,
tout un univers symbolique permet de former l’imaginaire
dont les enfants et les nouveaux arrivants ont besoin
pour créer le processus d’identification nécessaire à leur
équilibre. La comparaison avec les autres pays développés
permet de voir que si la France a repris au sérieux depuis
quelques années ce moyen de prévenir la violence, qui
fut celui de notre IIIe République, il reste encore beaucoup
de chemin à faire. Pour en rester à quelques exemples,
notre pays est l’un des seuls au monde à ne pas organiser
de salut au drapeau dans les écoles, à freiner la vie
associative des adolescents par surcharge de cours dans
les collèges et les lycées, à rester réservé quant aux grands
récits mythiques de l’histoire de France. Car la force des
républiques, comme le disait Montesquieu, vient de leur
vertu, une vertu qui se mesure à la détermination de vivre
selon les règles communes et de les protéger, y compris au
risque de sa propre vie quand l’ennemi, armée étrangère
ou criminel, les menace.
Ce qui ne signifie pas l’absence d’apport culturel des
individus étrangers, au départ, à ces valeurs communes,
des cultures nouvelles issues de la contestation, des immigrations,
du génie créatif des individus, mais celui-là s’opère
dans le cadre des bases communes, à la façon dont les
Arméniens, arrivés en France, ont enrichi le pays de leur
grande culture et sont devenus des patriotes exemplaires
respectueux de la cité qui les a accueillis. Il est tout à fait
légitime de revendiquer une place au rap dans les médias
ou sur les scènes, illégitime de chanter la « mort des flics »
ou l’antisémitisme. Le droit d’innover et l’intégration par
les valeurs ne peuvent interdire le droit de punir. Et la
peur du gendarme veille sur le franchissement du trait.
Prévenir la violence
en surveillant
Il est curieux de voir certains théoriciens, suivant ici
encore Michel Foucault, s’indigner face aux moyens de
surveillance et les considérer comme outils d’asservissement
et d’autres, plus utilitaristes, opposer la prévention à la
punition et à la surveillance. Loin de révéler le mouvement
vers une société de contrôle total des corps et des esprits,
et l’établissement dans les démocraties de ces structures
de surveillance destinées à enfermer les individus (sur le
modèle du projet de panoptique de J. Bentham pour les
prisons), la surveillance dans la cité permet, au contraire
l’usage des libertés.
Il paraît inutile d’imaginer une société où tous les
hommes vivraient dans une parfaite harmonie. Faut-il
donc ne pas surveiller et attendre le crime pour empêcher
le crime ? Cela aboutirait à l’effet inverse recherché :
en ne surveillant pas, il ne reste plus qu’à réprimer et à
augmenter considérablement l’usage du droit de punir.
La prévention ne se réalise pas seulement par la répression
et l’inculcation des valeurs. Dans une société où l’individu
est prévenu de la punition et où la prévention tente de
limiter au mieux les conditions de la violence des mineurs,
surveiller s’impose.
À condition d’être contrôlés dans leur usage et leur
fonction par les forces de l’ordre républicain, les outils
de surveillance sont d’abord des outils de prévention,
dissuasifs ou préventifs, protecteurs des libertés, dont la
Yves ROUCAUTE Surveiller, prévenir, punir
13
première conséquence est souvent d’empêcher le délit et
donc la sanction qui y est attachée. Ils ne sont qu’accessoirement
des moyens permettant l’établissement de la
responsabilité pour la punition.
Sachant la surveillance en alerte, la délinquance potentielle
est en effet le plus souvent arrêtée, dissuadée par la
peur d’être punie pendant l’acte ou après. Pour reprendre
une distinction célèbre d’Emmanuel Kant, de tels jeunes
qui voudraient violer le droit n’agissent certes pas ainsi
par moralité, puisque s’ils pouvaient exercer leurs talents
de criminel ils le feraient, mais au moins, ils vivent,
grâce à la peur du gendarme, sans violer les règles du
droit, et, finalement, puisqu’ils n’agissent pas de façon
répréhensible, selon les apparences de la moralité. Et
plier le désir individuel au respect du droit est bien
l’objectif recherché.
Si, malgré les interdits et la surveillance, le jeune délinquant
décide de passer à l’acte violent, la surveillance
trouve un nouveau rôle. Je ne connais pas d’être sensé qui
préfèrerait voir la police attendre l’attaque d’une bande
armée, au risque de la vie de passants, s’il est possible de
l’empêcher. La connaissance, par les forces de l’ordre
républicain, des projets délinquants est l’une des clefs
pour les éviter. La violence peut ainsi ne pas pouvoir
s’exercer ou peu s’exercer. Ce qui préserve les citoyens
de subir une violence mais, aussi, les jeunes délinquants,
de l’exercer.
Enfin, si la surveillance n’a pu anticiper l’acte délictueux,
qui peut s’inquiéter de voir les coupables condamnés
plutôt que courir les rues ? Permettant la sanction, une
sanction proportionnelle qui tient compte de l’âge, elle
intègre le jeune dans le circuit éthique de la moralité
républicaine en lui rappelant l’existence des interdits et
la nécessité de les respecter, sinon par goût au moins
par crainte.
Droit de surveiller, de prévenir, de punir : la violence
des mineurs appelle certes une grande lucidité et beaucoup
de subtilité. Il n’existe pas d’approche définitive d’un
problème préoccupant qui en appelle au pragmatisme,
au tâtonnement et au bon sens autant qu’aux sciences
humaines. Son étude exige d’abandonner les discours
idéologiques qui ont trop souvent tenu lieu d’analyse au
profit d’une méthode comparative qui permet de voir
comment le problème est traité ailleurs, méthode fondée
sur la cohérence logique, les enquêtes de terrain et la
recherche d’hypothèses qui peuvent être invalidées par
les faits. Un programme de recherches où sont intégrées,
en tant qu’éléments scientifiques, nos valeurs qui sont la
vraie cause du choix des problèmes traités et qui déterminent
l’objectif fixé : contribuer à renforcer les fondements
éthiques républicains de notre Cité, lui proposer des
solutions et donc, contribuer à sa puissance.
Yves ROUCAUTE
Directeur des Cahiers de la sécurité
Bibliographie
BECCARIA (C.), 1764, Des délits et des peines, (éd. de Poche, 1993, Paris, Flammarion).
BENTHAM (J.), 1780, Le Panoptique, (éd. de Poche, 2002, Paris, Fayard/1001 Nuits).
CORCELETTE (J.-P.), 2003, La police, les « mal-aimés » de la République, Paris, Balland.
FOUCAULT (M.), 1975, Surveiller et punir, Naissance de la prison, Paris, Gallimard.
FREUD (S.), 1929, Malaise dans la civilisation, (éd. de Poche, 1997, Paris, Flammarion).
LOUBET DEL BAYE (J.-L.), 2006, Police et politique : une approche sociologique, Paris, L’Harmattan.
PLATON, Gorgias. | Translation - Spanish
Vigilar, prevenir, castigar
Abordar el problema denominado "violencia de los menores" no puede hacerse sin dificultad. Fue y sigue siendo admitido que cuando se habla de este tema se lo hace desde la "ideología de la seguridad". La violencia de los menores sería una consecuencia cuyas causas deberían buscarse en "la sociedad", última culpable, la cual debería ser reformada o revolucionada, siempre culpabilizada en razón de sus injusticias, de su incapacidad para integrar, de su desajuste social. Este artículo apunta a demostrar la legitimidad del derecho a vigilar y castigar y el deber de sostener a las fuerzas del orden de la república. Esto en el interés común pero, particularmente, en el de los jóvenes de los estratos más populares, víctimas principales de la violencia de ciertos menores.
Yves Roucaute
Profesor de la Facultad de Derecho de Paris-X Nanterre. Catedrático de Filosofía, Doctor en Ciencias Políticas, Catedrático de Ciencias Políticas, Asesor del Director del INHES, Director de los "Cuadernos de la Seguridad". Director de la Secretaría de Relaciones Internacionales, Seguridad y Defensa del GAP (Grupo de Análisis Político) de Nanterre. Fue miembro de gabinetes ministeriales y escribió numerosas obras de filosofía y de ciencias políticas, entre las cuales se encuentra El Poder de la Libertad (reeditada por Ediciones Saxe)
Ministerio del Interior - DICOM
Cuadernos de la Seguridad- n°2-octubre-diciembre 2007
La violencia de los menores es un fenómeno social que preocupa en todas las ciudades, sin importar su régimen político y ésto en razón de un objetivo natural: formar futuros ciudadanos. Y por esto mismo es curioso ver las dudas de algunos de nuestros contemporáneos con respecto al derecho y al deber de vigilar y castigar.
Desde la Antigüedad, reprimir a aquellos que ejercen violencia contra el orden de la Ciudad, sin importar su edad, fue concebido como un remedio, desagradable pero necesario según Platón (1), destinado no a la venganza pero sí al castigo (utilizando el castigo para remediar, si ello era posible) de aquellos que no pudieron someter sus impulsos a las reglas de la vida en comunidad.
En las ciudades de las repúblicas contemporáneas, en la aceptación de este derecho de castigar no encontramos grandes diferencias pero, más preocupadas por el respeto de la dignidad humana y, en la medida en que también deben procurar la asimilación de este respeto por los jóvenes, el panorama de la violencia sancionada y de la violencia autorizada está más definido con relación al derecho que tiene en cuenta este aspecto de la dignidad humana.
Se puede considerar la palabra "violencia" de manera general y abstracta. De esta manera, la delincuencia caracterizada por el conjunto de infracciones al derecho aparece siempre, aún no siendo física, como una violencia ejercida a ese derecho y a aquellos que viven encuadrados en él. Pero también podemos considerar por "violencia" sólo a la violencia física, variedad de esta delincuencia, excluyendo, por supuesto, a aquellas aceptadas como legítimas según las diferentes culturas (Ej.: Box, Lucha Libre, Corrida de Toros, Riña de Gallos...)
Esta forma de violencia se nos aparece, a nosotros, republicanos contemporáneos, como la más odiosa de las violencias en la medida en que la misma viola aquello que nos parece ser el primero de nuestros derechos naturales: la seguridad de nuestros cuerpos, resultante de la propiedad del mismo y del derecho a la vida. Está claro que en las sociedades esclavistas, por ejemplo, esta violencia no tenía la connotación de profanación de un derecho sagrado.
(1) Platon, Gorgias, 475 e-481 a
En los dos casos, ya sea la violencia concebida de manera general o la violencia física, se trata, indudablemente, de una vulneración a las reglas del derecho. Pero, en este artículo consideraremos bajo el término de "violencia" a la que presenta un aspecto "físico".
Todas las civilizaciones, a pesar de sus diferencias, se vieron confrontadas al mismo problema: o los ciudadanos dejaban sin reacción la violencia física ilegítima, no existiendo ni derecho ni civilización y sólo relaciones de fuerza, una jungla donde los más fuertes se imponían; o bien se opone a esta violencia el valor del derecho, algo que no puede efectuarse sin el ejercicio de una fuerza puesta al servicio del derecho y que pueda amenazar o utilizar la violencia a su vez para contrarrestar la violencia. Se puede llamar a esta fuerza "fuerza del orden" sin ver por ello ningún tufillo a ideología de la seguridad.
Sólo basta con reflexionar en ésto, para ver que sin esta fuerza del orden no existe ninguna manera de oponerse a la violencia de las bandas, de las mafias o de los grupúsculos de individuos enemistados con sus congéneres.
El derecho, para merecer ese nombre, exige pues, con respecto a la violencia, ya sea de adultos o de menores, el uso de la fuerza. Cuando se ejerce esta fuerza la llamamos "violencia legítima" ya que la misma fue delegada por los ciudadanos a las autoridades estatales, autoridad que evita la venganza, que ejerce la protección de la ciudadanía, dicta su sanción y la ejecuta a través de diferentes estructuras, de manera desinteresada (en realidad, interesada en servir al estado de derecho).
En los Estados de Derecho, las fuerzas del orden son la prolongación, la cristalización y la expresión de esta fuerza de los ciudadanos que son su fundamento y que exige un estado de derecho.
Es por ésto que el derecho de castigar debe ser concebido necesariamente como un derecho que se ejerce en el marco de la legalidad y sólo para reestablecerlo. Es a partir de este concepto que se diferencian las sociedades libres de las tiranías y es así que nosotros lo consideramos aquí.
La exigencia de las clases populares
Se constata en los hechos que los Estados republicanos, pluralistas, respetuosos de los derechos individuales responden con firmeza a la violencia física, ya sea de adultos o de menores. Frente a la violencia física, la lasitud como la impotencia parece inaceptable para la opinión pública.
Igualmente, la opinión pública distingue el tratamiento de estas dos violencias pensando fundamentalmente modos de encierro diferentes para los jóvenes; una preocupación universal de todas las sociedades plasmada en la Convención de los Derechos del Niño, ratificada por la Asamblea General de la ONU el 20 de noviembre de 1989. Si las prácticas difieren de un país democrático a otro el espíritu de protección y de represión de los menores es el mismo.
Este rechazo universal del laxismo es particularmente enérgico en las clases populares. Primeras víctimas de la violencia, simplemente por razones de vecindad son estas clases las que perciben como prioridad la necesidad de ser protegidas. No sólo protestan, como lo demuestran los sondeos de opinión, sino que sancionan electoralmente a los dirigentes que no escuchan su reclamo de represión.
En el fondo, los ciudadanos de los países democráticos descubren instintivamente el sentimiento de la Antigüedad según el cual "la policía" debe ser ante todo el órgano de la "polis" ("Ciudad" en griego). Ella debe ser la fuerza protectora. Existe una exigencia pública de protección y ésto en interés de los más débiles, exigencia que encontramos incluso en países emergentes como Brasil o India.
Debemos estar atentos a la trampa del humor popular. El discurso impuesto y ritualmente sarcástico del público hacia la policía los "mal queridos de la República" según la expresión de Jean Pierre Corcelette (2003) no puede disimular esta expectativa. Si basta con que la misma sea insatisfecha para desatar la ira pública es suficiente que sea satisfecha para que al sarcasmo le suceda el aplauso.
Entre el policía de una empresa de seguridad republicana que interviene en una playa para salvar de morir ahogado a un niño y la intervención de un comisario que protege la vida de una anciana encorvada por los años, maltratada por una banda de forajidos en un complejo habitacional popular, encontramos siempre un miembro de fuerzas de seguridad, republicanas, que ofrece su protección a los más indefensos. El pueblo en estos casos no se equivoca jamás: el huérfano inmerso en la violencia, mañana puede ser su hijo. El policía de la "polis" es siempre, en principio, en la medida en que es fiel a su misión, el defensor de la viuda y del huérfano.
La ideología anti-seguridad
El obstáculo más importante para la toma de conciencia de la necesidad de castigar la violencia de los menores y de buscar una batería de soluciones eficaces adaptadas a su edad, fue y es la ideología. Si Francia, así como otros países desarrollados, ha demostrado una feliz evolución de su opinión pública con respecto a la necesidad de vigilar, castigar y prevenir, también, sin lugar a dudas, se ha mostrado incapacitada para el tratamiento de la delincuencia juvenil debido a la presión que han ejercido los discursos de generosidad, lucha contra la burguesía y justicia social, dilación impuesta por los mismos y cuya principal víctima han sido los jóvenes más desfavorecidos socialmente.
Aún hoy, esta ideología se manifiesta con fuerza cuando los jóvenes son culpables.
Un poco de la manera caricaturesca como fueron tratados, por ciertos políticos demagogos y algunos periodistas, los hechos de violencia registrados en la Gare du Nord, el 27 de marzo del 2007 durante la campaña presidencial. En ese entonces asistimos a esos famosos actos de predigistación que permiten, regularmente, culpabilizar a las fuerzas del orden y a la sociedad y, por otra parte, relativizar a la delincuencia. De esta manera el pretendido "joven" que golpea a un empleado de la RATP y luego la banda de alrededor 200 delincuentes que atacaron la estación de trenes se convirtieron en "La juventud" incluso para varios candidatos a presidente.
Sin duda, por el hecho de que gritaban "Abajo el Estado, los policías y los patrones", debíamos comprender que estos desatinos eran el síntoma del malestar "juvenil" condenado a actuar en la "ilegalidad" frente a una policía y un gobierno conducidos a la encrucijada de una "política de seguridad".
Siendo el verdadero culpable, en mayor o menor medida, indistintamente, "la sociedad" y sus injusticias.
Fue, sin dudas, nuestro país junto a los Estados Unidos, Canadá y la República Federal Alemana, uno de los más afectados por la ola relativista de los años 1960. Incluso, quizás el más concernido. Podríamos decir que esta ideología rechaza tratar seriamente el tema de la delincuencia en general y de la violencia juvenil en particular, confundiendo a veces explicación y justificación y transfiriendo, la mayoría de las veces, la culpabilidad de esta delincuencia juvenil a la "sociedad".
Se debía, para interpretar el rol del "científico" y del "progresismo”, circunscribir las "causas sociales", abandonar los valores universales y nacionales, denunciar el derecho y el poder de los "dominantes", con su canasto de exclusiones, injusticias, desigualdades, y desarrollar el culto de la juventud, futuro de la humanidad. Y, casi por definición, el menor delincuente era siempre más víctima que culpable.
La negativa a seguir este relativismo conducía correlativamente a la acusación de reaccionario, de amigo del poder y de pensamiento anti científico. La causas se debían al malestar social, parecía arcaico defender las instituciones de los países democráticos, sus derechos y sus valores, fundamentalmente el patriotismo que exige el deber de aceptar los valores del país de origen o de residencia y del humanismo que interpreta la generosidad en el estricto respeto de los derechos individuales.
Era aún más difícil incluir el derecho correlativo de castigar, particularmente el de organizar la represión (siendo el término "represión" infame en sí mismo), contra la violencia criminal, conteniendo la de los jóvenes, por la represión física llegado el caso.
En nombre de los sentimientos, la sospecha reinaba. ¿Derecho a vigilar y castigar? Influenciadas primero por las viejas doctrinas utilitaristas del siglo XVIII que dominaban el pensamiento anglo-sajón ( a pesar de haber nacido en Francia con los materialistas mucho antes de afianzarse en el pensamiento de Jérémy Bentham [1780]) y luego por el pensamiento dominante en la mayoría de los países industrializados de las décadas de 1960, 70 y 80, estas corrientes nos invitaban a elegir el deber de la prevención, tan querido a Robert Badinter, por sobre el derecho a la represión, mencionado por Alain Peyrefitte. Frente a la violencia juvenil ¿De quién es la culpa?. es de "la sociedad" decía John Dewey, el creador de la psicología social en 1922. Una sociedad incapaz de integrar a los "excluidos", de respetar "la diferencia", de ofrecer un futuro satisfactorio o posible a sus jóvenes en lugar de vigilar y castigar, de prevenir y sanar.
Para ésto, cambiar la perspectiva, buscar, fundamentalmente en la sociología, las causas de la delincuencia, aislarlas y reformarlas. Lo que conducía paradójicamente a producir estos efectos perversos: las víctimas, miembros de esta sociedad que se debía reformar, parecían, a veces, menos víctimas que los culpables, ovejas descarriadas de un mal reparto social.
Francia aporta una piedra filosofal aún mayor al nuevo concepto de lo que es políticamente correcto. Coloquios y revistas citaban a Michel Foucault quien pretendía en su obra Vigilar y Castigar [1975], best-seller traducido en el mundo entero al igual que las tesis "políticamente correctas" de Jacques Derrida, de Pierre Bourdieu y de Félix Guattari, que el discurso sobre la violencia de los jóvenes y la delincuencia eran el corsé de la dominación del cuerpo por los burgueses y los detentores del poder.
¿Delincuencia? "Una especie de ilegalidad" entre otras, pero "ilegalidad contenida" producida por las clases dominantes, un paraguas social que permitiría funcionar tranquilamente otras ilegalidades, "la ilegalidad de los grupos dominantes" (2) ¿Delincuencia? La misma no sería sancionada por el encierro sino que la prisión sería el producto necesario para justificar, por este medio, el derecho a encerrar los individuos que entorpecen el juego del poder. La cárcel sería así un objeto, entre otros, de este método de dominación dulce, meticulosa, solapada, de esta técnica de disciplina de encierro organizado, más o menos consciente, por el poder aliado al saber. La lucha contra la delincuencia juvenil escondería los vicios del poder, protegidos por una muralla: la justicia y las fuerzas del orden. De más está decir que la cárcel para los menores delincuentes estaba fuera de discusión.
(2) Foucault (M.), 1975, p. 284-285
La violencia de los menores golpea en principio a las clases y jóvenes desfavorecidos socialmente
En el famoso hecho de la Gare du Nord, el saqueo a los negocios, los desmanes y la violencia contra los transeúntes, los ocho empleados heridos de la RATP y de la SNCF se prestaban a otra interpretación. De la misma manera que, generalmente, se impone el estudio no dogmático de los hechos de violencia producidos por menores en la mayoría de los países democráticos, de su desarrollo y de sus efectos sociales. La misma demuestra, contrariamente a los discursos emanados de la sociología apresurada de los amigos de Pierre Bourdieu o de Michel Faucault, que no son las clases dominantes la primera víctima de la delincuencia y de la violencia social de los menores, sino, más bien, las clases populares.
La cárcel no aleja de los barrios altos al enemigo de clase o de los dominantes, sino que lo aleja, en principio de las clases sociales más desheredadas, aleja a aquellos que aterrorizan y maltratan a los habitantes de los barrios más pobres.
Podemos entretenernos, una vez no es costumbre, en recordar las lecciones de Carlos Marx a ciertos diligentes subversivos del orden. En "La Ideología Alemana" y "El 18 Brumario" estas bandas de delincuentes no son llamadas "víctimas" de la sociedad sino "el lumpen proletariado”.
Término que generalmente aparece en la mayoría de las ediciones como "proletariado en jirones, canallas", es curioso que nuestros neo-marxistas sean lo suficientemente ignorantes de sus textos sagrados como para reprocharle a un antiguo ministro del Interior el empleo de un término utilizado con celeridad por su célebre antecesor.
Y si fue utilizado por una mujer de los barrios populares, que se dirigió con ese término a Nicolás Sarkozy, la razón se debe a que el partido comunista de antes, que tenía un fuerte predicamento en la clase obrera, más cercano al mundo ordinario que hoy, no había sucumbido al izquierdismo, enfermedad infantil del comunismo y no dudaba en llamar así (lumpen proletariado) a los delincuentes. Carlos Marx detestaba, en efecto, estas bandas, los excluídos de los excluídos sociales que forman "las heces de la humanidad" ver Glosario, explicando que ellos eran el peor enemigo de las clases bajas porque las parasitaban, redoblando gracias al robo y el crimen, la explotación y el sufrimiento de los que, según él, la clase obrera ya era víctima.
Alcanza con realizar una encuesta en los barrios más humildes para confirmar lo acertado (por una vez) de este análisis y constatar que esta delincuencia juvenil organiza su violencia principalmente en su propio ambiente, contra las clases populares y particularmente contra los jóvenes más desfavorecidos, extorsionando en los colegios y liceos, vendiendo droga a los jóvenes psicológicamente más frágiles, aquellos que sufren por un padre ausente o alcohólico, organizando ruedas, robando y agrediendo, muchas veces, como juego, para grabar un video o simplemente pasar el tiempo.
Confundir a "la juventud” con esta ínfima parte de jóvenes delincuentes no es sólo el signo de un desconocimiento de la realidad social sino el síntoma de un desprecio por los jóvenes más humildes que, a pesar de esta presión, tratan de sobrevivir a la misma y que no se involucran sin importar las duras condiciones de vida, fieles a su moral.
Las clases bajas responden, en el mundo entero, como lo demuestra este número de la revista, a estos políticos demagogos a estos sociólogos ideologistas, en sus términos, de manera simple pero justa: "se puede ser pobre y conducirse correctamente desde el punto de vista moral"
Lejos de ser una exigencia de los poderosos, esta demanda de represión, este derecho a vigilar y castigar, es, ante todo, una exigencia de los "dominados", para retomar algunos conceptos confusos surgidos de la Vulgata de Pierre Bourdieu. Interpretar el interés de los "dominantes" por el de los "dominados", al punto de ignorar que las clases altas tienen, globalmente, formas de protegerse y de proteger sus niños de este "lumpen proletariado", es mostrar la distancia que separa el discurso ideológico de la realidad y el desconocimiento del punto de vista de los "dominados".
Los jóvenes más humildes son los primeros en exigirle al Estado republicano ayuda para poder concurrir a la escuela, volver a sus casas sin miedo, amar, trabajar y vivir según sus valores porque ellos son los primeros en sufrir esta violencia de los menores hacia los menores.
Y son naturalmente ellos quienes exigen el pleno ejercicio del derecho de vigilar y castigar.
Las causas sociales y económicas no justifican la violencia
La cuestión de saber si existen causas que explicarían sociológicamente, psicológicamente, psiquiátricamente el acto criminal o delictivo es útil para las ciencias humanas, las ciencias criminales en particular, ya que aportarían para comprender mejor la vida de la Ciudad, su evolución, ciertas inadaptaciones. Las mismas presentan, políticamente, la ventaja de poder instrumentar algunas reformas sin ignorar los mecanismos sociales. Pero esta prevención sirve a condición de no elaborarlas como una necesidad cuando las mismas atentan los fundamentos mismos sobre los que se construye nuestra vida en comunidad.
Si la búsqueda de las causas que generan la existencia del lumpen proletariado puede esclarecer al juez sobre la responsabilidad del culpable, a veces su calidad de inimputable o su responsabilidad personal atenuada, la misma no impide la condena, incluso severamente.
Esta búsqueda sólo permite condenar más justamente, establecer mejor, siguiendo las enseñanzas de Cesare Beccaria [1764], las penas según los delitos cometidos. Ya que explicar, imaginando que eso sea posible, no es de ninguna manera justificar. No importa que juez admitirá la existencia de causas sociales o psicológicas que condujeron a Adolfo Eichmann a organizar el traslado de Judíos hacia Auschwitz, pero eso ¿le impediría condenarlo? y la violación de una joven en una ciudad, puede sin dudas ser, en parte, explicada pero ¿podemos, cuando la inimputabilidad no es un hecho comprobable, no relacionarla con un acto libre y duramente sancionado? Este deber de castigar no invoca ninguna consideración de venganza, de funcionalidad o de interés de los "dominantes". Sólo la consideración del derecho, fundado en el respeto de la dignidad en las repúblicas liberales. El encierro por sí solo muestra al delincuente el concepto de la dignidad humana en general y de la suya en particular. Paradójicamente, porque él es castigado, el delincuente sabe que sus propios derechos son reconocidos.
Su castigo muestra la determinación del país en respetar los derechos, incluso los suyos: derecho a no ser torturado, de ser defendido por una abogado, de ser juzgado equitativamente frente a jueces imparciales según los procederes y las normas públicas, de ser condenado por hombres desprovistos de espíritu de venganza y, llegado el caso, de ser detenido según las normas del derecho.
La cárcel, contrariamente a lo que sostenía Michel Foucault y sus epígonos, no produce al delincuente, ella no es otra cosa que una operación de enderezamiento y vale mucho más que el suplicio: es la condena reservada a aquellos que han violado las reglas comunes que establecen el libre juego de las libertades en nuestras repúblicas de manera que los inadaptados cesen de perjudicar los derechos de otros ciudadanos y los respeten.
Prevenir la violencia juvenil por miedo al castigo y la integración de los valores: la lección de Freud
Prevenir, antes que castigar? Si las explicaciones de las causas de la delincuencia permiten imaginar reformas y progresos útiles a la Ciudad, la primer forma de prevención es, aún, el miedo al castigo. Así como ya lo percibía Sigmund Freud en su obra "Malestar de la Civilización" (ver GLOSARIO) [1929], la represión no es enemiga de la civilización, todo lo contrario.
Es el tabú lo que permite reprimir las pulsiones mórbidas en tanto que el laxismo les permite proliferar. Ninguna civilización puede desarrollarse, menos sobrevivir, sin la represión de los actos inaceptables por las reglas comunes. El sentido común comprende que no corresponde a la sociedad doblegarse ante el impulso de un joven que reniega de las condiciones impuestas por la vida colectiva sino a nosotros, los detentores de la autoridad, de la familia, del Estado de reprimir su deseo. Una sociedad sin límites es un lugar donde reina la violencia y un joven que vive sin el temor al castigo por sus faltas es un joven perdido, no sólo para la ciudad sino para él mismo. El infierno de los jóvenes está pavimentado de las buenas intenciones de los relativistas.
La represión de estos impulsos se adquiere gracias al aprendizaje de los valores, aprendidos por el miedo a la sanción y, llegado el caso, su ejecución.
Debido a esta internalización en la conciencia, las prohibiciones dejan de ser percibidos como externas al individuo. El miedo a la sanción disciplinaria irá desapareciendo en la medida que se va adhiriendo a los valores inculcados.
La integración social en la ciudad, prenda de la paz civil y del desenvolvimiento individual, se opera pues por la internalización moral de los valores comunes vehiculizados por sus estructuras, la familia, la escuela, las iglesias, las asociaciones, los medios de prensa... Es claro que estos estamentos tienen, en su mayoría, medios de sanción, materiales y espirituales, que facilitan la represión de pulsiones morbosas y desarrollan, consecuentemente, el espíritu de cuerpo para resistir a quienes los expresan.
Es esta tarea de las instituciones de la sociedad civil la que permite comprender la dimensión de la fuerza moral de nuestros jóvenes frente a los delincuentes que fracasan en su intento de arrastrarlos hacia el crimen y el delito. Esta tarea espiritual explica porque la exigencia de castigar la violencia, incluso la de los menores, es tan fuerte entre los jóvenes y las clases bajas.
Entre los medios de prevención por integración de valores, todas las repúblicas liberales del mundo utilizan el patriotismo, con las obligaciones y las vedas que les son propias. Si no se lo confunde con el nacionalismo, éste es un instrumento idóneo para que los jóvenes respeten los valores humanistas y encuentren una identidad cultural conforme a los requerimientos sociales.
Deportes, aprender canciones patrióticas, lecturas con una pincelada mítica, todo un universo simbólico que permiten la constitución de un imaginario que tanto los niños como los inmigrantes necesitan para crear el proceso de identificación tan necesario a su equilibrio. La comparación con otros países desarrollados nos permite ver que si Francia volvió a tomar en serio, después de varios años, este método de prevenir la violencia, que fue el empleado durante la IIIa. República, aún resta mucho camino por recorrer. Sólo por mencionar algunos ejemplos, nuestro país es el único en el mundo que no acostumbra el saludo a la bandera en sus escuelas, a poner límites a la vida social de los adolescentes agregando cursos en colegios y liceos, a ser prudente con respecto de los relatos míticos de la historia de Francia.
Puesto que la fuerza de las repúblicas, tal como lo decía Montesquieu, proviene de su virtud, una virtud que se mide según la determinación de vivir según las reglas comunes y de preservarlas, aun al precio de su propia vida cuando el enemigo, ejército extranjero o delincuente, las amenaza.
Lo que no significa ignorar, en principio, el aporte cultural de los individuos extranjeros, a esos valores comunes surgidos de la controversia, de las migraciones, del genio creativo de los individuos, pero esto debe operarse basándose en los conceptos comunes, al estilo que brindaron los Armenios emigrados a Francia que enriquecieron al país y se mostraron como patriotas ejemplares respetuosos de la ciudad que los acogía.
Por supuesto que es legítimo reivindicar un espacio para el rap ya sea en los medios de comunicación o sobre los escenarios, lo que es ilegítimo es cantar "muerte a los polis" o al antisemitismo. El derecho a innovar y la integración de los valores no pueden prohibirnos el derecho a castigar. El miedo al gendarme vela sobre el franqueo de los ataques.
Prevenir la violencia vigilando
No deja de ser curioso ver a ciertos teóricos, volviendo aquí una vez más a Michel Foucault, indignarse frente a los medios de vigilancia y considerarlos utensilios de sometimiento a servidumbre y otros, más pragmáticos, oponer la prevención al castigo y la vigilancia. Lejos de revelarnos una tendencia hacia una sociedad con un control total de los cuerpos y de los espíritus, y el instalar en las democracias de estructuras de vigilancia destinadas al encierro de los individuos (según el modelo de panóptico de J.Bentham para las cárceles), la vigilancia en la ciudad permite, al contrario el uso de las libertades.
Parece inútil el imaginar una sociedad donde todos los hombres vivirían en perfecta armonía. ¿No debemos vigilar y esperar que el crimen sea cometido para impedir el crimen? Esto nos llevaría a conseguir el efecto inverso al buscado: sin vigilancia sólo nos resta reprimir y aumentar considerablemente el uso del derecho a castigar.
La prevención no se realiza sólo por medio de la represión y de inculcación de valores. En una sociedad donde el individuo está informado del castigo y donde la prevención intenta limitar de la mejor manera las condiciones de la violencia juvenil, vigilar se impone.
Siempre y cuando su uso y función sean controlados por las fuerzas del orden republicano, las herramientas de vigilancia son en principio herramientas de prevención, disuasivas o preventivas, custodias de las libertades, cuyo primer objetivo es, generalmente, impedir el delito y consecuentemente el castigo correspondiente.
Sólo son medios secundarios que permiten establecer la responsabilidad para la condena.
Conocedores de una vigilancia atenta generalmente se desamortiza una potencial delincuencia disuadida por el miedo a ser castigado durante o después del acto. Retomando una célebre distinción de Emmanuel Kant, estos jóvenes gustosos de violentar el derecho no lo hacen no por convicciones morales ya que si pudiesen demostrar su talento para la transgresión lo harían sino que se los impide el miedo al gendarme y viven sin violar las normas del derecho, de esta manera se conducen sin ser reprendidos, según una aparente moralidad. Y someter el deseo personal al respeto del derecho común es claramente el objetivo buscado.
Si, a pesar, de las interdicciones y de la vigilancia, el joven delincuente decide pasar a la acción violenta, la vigilancia desempeña un nuevo rol. No conozco ningún ser sensato que preferiría ver a la policía esperando el ataque de una banda armada, arriesgando la vida de los transeúntes, si es posible impedirlo. El conocimiento, por parte de las fuerzas del orden republicano, de los planes de los delincuentes es una de las claves para evitarlos. La violencia no puede así ejecutarse o bien puede aminorarse. Esto preserva a los ciudadanos de ser sometidos a la violencia pero, también, a los jóvenes de ejercerla.
En fin, si la vigilancia no bastó para anticipar el delito,¿quién puede molestarse por ver a los culpables condenados antes que verlos merodeando por las calles? Permitiendo la sanción, una sanción proporcional que tenga en cuenta la edad, integra al joven al circuito ético de la moral republicana recordándole la existencia de los interdictos y la necesidad de respetarlos, si no es por gusto por lo menos por miedo.
Derecho a vigilar, a prevenir, a castigar: la violencia de los menores nos impone, ciertamente una gran lucidez y mucha sutilidad. No existe un enfoque definitivo de un problema preocupante que demanda pragmatismo, al tanteo y al sentido común tanto como a las ciencias humanas. Su estudio nos exige abandonar los discursos ideologistas que tantas veces ocuparon el lugar del análisis para poder beneficiarnos de un método comparativo que nos permita ver como se resuelve esta problemática en otros lugares, método fundado en la coherencia lógica, en los estudios de campo y la búsqueda de hipótesis que puedan se invalidadas por los acontecimientos.
Un programa de investigación donde sean integrados, nuestros valores, considerados los mismos como elementos científicos y que son la verdadera causa de la elección de los problemas aquí tratados y que determinan el objetivo fijado:
contribuir a reforzar los fundamentos éticos republicanos de nuestra ciudad, proponerle soluciones a la misma es contribuir a su potencial.
Yves ROUCAUTE
Director de los “ Cahiers de la sécurité”
Bibliografía
BECCARIA (C.), 1764, Des délits et des peines, (éd. de Poche, 1993, Paris, Flammarion).
BENTHAM (J.), 1780, Le Panoptique, (éd. de Poche, 2002, Paris, Fayard/1001 Nuits).
CORCELETTE (J.-P.), 2003, La police, les « mal-aimés » de la République, Paris, Balland.
FOUCAULT (M.), 1975, Surveiller et punir, Naissance de la prison, Paris, Gallimard.
FREUD (S.), 1929, Malaise dans la civilisation, (éd. de Poche, 1997, Paris, Flammarion).
LOUBET DEL BAYE (J.-L.), 2006, Police et politique : une approche sociologique, Paris, L’Harmattan.
PLATON, Gorgias.
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Dans l’espoir que ma candidature retiendra votre bienveillante attention, je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes sentiments les plus distingués.
Mme. Nora Cuter
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