Off topic: Un peu de BD et de politique japonaise ?
Thread poster: ALAIN COTE
ALAIN COTE  Identity Verified
Local time: 21:16
Japanese to French
Aug 28, 2003

La BD japonaise, dans la mesure où elle est connue à l'extérieur de l'archipel, a souvent mauvaise réputation. Sexe et violence dans les "mangas" destinés aux lecteurs mâles, histoires à la sauce Arlequin très épaisse pour ceux qui s'adressent à un public féminin. Destinés à la consommation rapide, notamment dans le train qui mène à l'école ou au travail, les gros recueils de bandes dessinées à couverture souple se vendent ici comme des petits pains chauds et, souvent, ne descendent pas du train, abandonnés sur place par le lecteur avant d'être ramassés discrètement par un prochain passager, voire par un clochard qui ratisse les wagons de train et poubelles de gare pour se faire libraire d'un jour dans les quartiers les plus denses de la grande Tokyo, étalant sa marchandise à même le sol sur un bout de carton ou de toile en vinyle à la sortie des grandes gares comme celles de Shinjuku ou Shibuya.

Il existe toutefois des BD japonaises de très grande qualité, qui abordent des sujets sérieux et les traitent avec intelligence. Parmi celles-ci figurent certains mangas à caractère politique, dont les plus connus et les plus controversés sont sans doute ceux de Yoshinori Kobayashi, qui défend avec virulence et non sans un certain humour des idées de droite qui soulèvent la polémique. Philippe Pons, dans une série d'articles publiés dans Le Monde Diplomatique en 2001, présente bien le courant "négationniste" dans lequel s'inscrit cette bande dessinée controversée. Une lecture essentielle pour tous ceux et celles qui s'intéressent à la société japonaise actuelle...

http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/PONS/15646

Alain

[Edited at 2003-08-28 23:27]


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 13:16
Member (2001)
English to French
+ ...
Mieux vaut tard que jamais... Feb 25, 2004

Alain Côté wrote :



Il existe toutefois des BD japonaises de très grande qualité, qui abordent des sujets sérieux et les traitent avec intelligence.




Bien d’accord avec toi ! Malheureusement, c’est généralement le fond du panier qui nous parvient à nous autres « Pôv Gaïjin »… Je ne dis pas que des mangas du style « Akira » ne valent rien, mais ce n’est quand même pas comparable avec notre fameuse « Ecole Belge » (mes compatriotes Gaulois n’ont pas encore osé l’annexer, mais ça viendra…) ni dans les graphismes, ni dans les scénarios.
Bon ! moi j’ai un petit faible pour les mangas du style « Hentaï », » mais on ne se refait pas et je plaide coupable.

Ce qui m’inquiète un peu, c’est de ne pas voir émerger de nouveaux scénaristes de talent dans les nouvelles générations (je parle de la B.D. Européenne maintenant). Les dessinateurs ne sont pas en cause ici mais bien les scénaristes… Au risque de passer pour un vieux con, je prétends que Lucky Luke et Astérix ont perdu une grande partie de leur intérêt avec la mort de Goscinny. Je viens de voir une interview de Giraud (Moëbius) sur TV 5 Europe et je suis inquiet : qui va assurer la relève de ce jeune homme ?...

Il y a encore plus inquiétant : je vous soumets cet article publié dans le Financial Times et traduit dans « Courrier International » :

www.courrierinternational.com

À propos : Certains de mes collègues se sont inquiétés (à juste titre) de me voir souvent citer in extenso des articles de cet hebdomadaire. Je tiens à leur signaler que j’ai écrit au rédacteur en chef de ce merveilleux journal pour lui exposer les faits (avec copie des URL où les articles sont cités) et lui demander son aval. Je sais bien que j’aurais peut-être dû commencer par là, mais ce qui est fait est fait… En cas de réponse défavorable de sa part, il va sans dire que je présenterai sur ce même site des excuses et demanderai à notre ami John d’effacer tous les « postings » incriminés.

Quote :

Astérix pourra-t-il résister aux mangas ?
Les séries japonaises représentent désormais près du tiers des bandes dessinées publiées dans l'Hexagone.

Financial Times (extraits), Londres

Jean-Louis Guez de Balzac doit se retourner dans sa tombe. Cet homme de lettres du XVIIe siècle, "restaurateur de la prose classique", serait horrifié par les événements qui se sont déroulés dans sa ville natale. Angoulême a en effet accueilli 150 000 personnes, le mois dernier, au festival de la bande dessinée. Et, cette année, le champion de la pureté de la langue française a des raisons d'être encore plus exaspéré que d'habitude. Car une véritable mangamania balaie la France. Ces "romans en images" japonais, souvent violents et pornographiques, ont représenté l'an dernier près de un tiers des 1 860 bandes dessinées publiées en France, contre 20 % en 2002 et moins de 10 % en 2001. La vitesse de ce raz de marée en fait l'une des mutations culturelles les plus spectaculaires depuis que Hollywood a écrasé l'industrie européenne du cinéma. La génération qui a grandi en regardant les dessins animés japonais dans les années 80 lit aujourd'hui des mangas, pas Molière. Le risque est que la France finisse par ressembler au Japon, où 40 % des publications sont des bandes dessinées et où de moins en moins de gens lisent des ouvrages sérieux.
L'industrie de la BD française connaît actuellement son âge d'or. Les ventes d'albums représentent désormais 10 % du marché du livre. Contrairement à de nombreux pays où les bandes dessinées sont perçues comme un plaisir réservé aux enfants, la France les élève au rang de neuvième art. Dans une industrie du livre parvenue à maturité, qui a connu une croissance de 0,5 à 1 % en 2003, presque tous les grands éditeurs de BD ont créé leur propre collection de mangas. Seule Dupuis, la grande maison d'édition belge fondée en 1898, refuse encore de publier des mangas. Mais beaucoup prédisent qu'elle pourrait bientôt suivre le mouvement général.
L'économie des mangas ne semble pas près de péricliter. Publiés en format de poche et imprimés en noir et blanc sur du papier bon marché, ils ont un coût de production inférieur à celui des albums cartonnés et en couleurs produits en France et en Belgique. Et il revient bien moins cher de faire traduire une collection existante que de commander une oeuvre originale à un auteur européen. Le prix d'un manga est de l'ordre de 6 euros, soit la moitié de celui d'un album classique. L'attrait des mangas reflète une fascination plus large, remontant au mouvement impressionniste et englobant la passion de Jacques Chirac pour le sumo. Cette nippophilie est manifeste dans la tendance des éditeurs français à publier des mangas qui se lisent de droite à gauche et à ne plus supprimer leurs intraduisibles onomatopées.
La subtilité croissante des mangas publiés en France permet aux éditeurs de se défendre contre la critique selon laquelle ils corrompent la jeunesse. "Si nous n'avions pas eu les mangas, toute une génération serait restée assise devant la télévision et n'aurait jamais tenu un livre entre ses mains", observe Jacques Glénat, PDG du groupe d'édition du même nom, lequel publia Akira, le premier best-seller du genre, en 1991.
Avec cette vision optimiste du phénomène, M. Guez de Balzac va pouvoir reposer en paix.

Jo Johnson

Courrier International
19/02/2004, Numero 694

UNQUOTE

Courrier International wrote :



L'industrie de la BD française connaît actuellement son âge d'or. Les ventes d'albums représentent désormais 10 % du marché du livre. Contrairement à de nombreux pays où les bandes dessinées sont perçues comme un plaisir réservé aux enfants, la France les élève au rang de neuvième art. Dans une industrie du livre parvenue à maturité, qui a connu une croissance de 0,5 à 1 % en 2003, presque tous les grands éditeurs de BD ont créé leur propre collection de mangas. Seule Dupuis, la grande maison d'édition belge fondée en 1898, refuse encore de publier des mangas. Mais beaucoup prédisent qu'elle pourrait bientôt suivre le mouvement général.



Est-ce à Dupuis, de tenir le rôle du petit village gaulois qui résiste à l’envahisseur ?
Je trouve lamentable qu’une maison comme “Glénat” qui a publié tant et tant de chefs d’œuvres (et pas toujours accessibles au “Grand Public”…) adopte la position “Kollabo” suivante :



La subtilité croissante des mangas publiés en France permet aux éditeurs de se défendre contre la critique selon laquelle ils corrompent la jeunesse. "Si nous n'avions pas eu les mangas, toute une génération serait restée assise devant la télévision et n'aurait jamais tenu un livre entre ses mains", observe Jacques Glénat, PDG du groupe d'édition du même nom, lequel publia Akira, le premier best-seller du genre, en 1991.



Je trouve le passage “en Italiques” particulièrement faux-cul et répugnant.

D’autre part, je croyais être un Nippophile exacerbé, mais je crois que cette fois, je suis dépassé sur ma droite :



L'attrait des mangas reflète une fascination plus large, remontant au mouvement impressionniste et englobant la passion de Jacques Chirac pour le sumo. Cette nippophilie est manifeste dans la tendance des éditeurs français à publier des mangas qui se lisent de droite à gauche et à ne plus supprimer leurs intraduisibles onomatopées.




Avec un temps de retard (voir la date du posting d’Alain) : BAAAM ! SSPANG ! und SHAZZAM et toutes ces sortes de chôses…


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juanjorque

Local time: 13:16
Spanish to French
+ ...
Mazinger Z Feb 25, 2004

J'ai grandi, jusqu'à l'âge de 14 ans, au Chili. C'était pendant les années 80. J'avais comme émission de dessins animés preferée "Mazinger Z"du desinateur Go Nagai. L'histoire d'un robot qui luttait contre les forces du mal qui voulaient s'emparer et contrôler la terre, classique. J'étais très fan et toute ma génération l'était aussi. Ensuite j'ai dû quitter le Chili et je suis arrivé en France pour mes 14 ans. A cette époque en France il n'y avait pas de Mazinger mais Goldorak, c'était presque pareil mais pas tout à fait. Donc je ne me suis pas interessé. Un jour en fouillant dans la bibliothèque de mon lycée j'ai trouvé un essai sur la politique et les dessins animés. L'essai proposait une lecture politique de l'histoire de mon robot. L'occident contre les bloques de l'est. On y expliquait aussi pourquoi le "méchant" ressemblait étrangement à Karl Marx, et expliquait l'évolution des armes du robot avec l'évolution des accords de défence de l'OTAN. A cette époque cela m'a parut incroyable et cela m'a marqué mais après tout on venait de sortir de la dictature de Pinochet...

Aujourd'hui avec internet il est possible de télécharger et donc de revoir tous ces BD et les voir avec d'autres yeux, ceux d'un grand enfant.
juan


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