Cas de conscience... professionnelle !
Thread poster: Didier Caizergues

Didier Caizergues
Local time: 04:33
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Sep 21, 2009

Bonjour à toutes et à tous,

J'ai une question qui me tenaille, car elle me pose un cas de conscience : une agence dont je tairai évidemment le nom m'a confié la traduction du contenu d'un site Internet en cours de création. Je dis bien "traduction du contenu" et non "localisation", car dans le second cas, on fait du sur-mesure, alors que dans mon cas, rien n'était précisé.

J'ai rendu une traduction aboutie, avec quelques fautes de frappe dont j'accepte la responsabilité sans me défausser, en précisant quand même que comme souvent, la deadline était vraiment très, très proche...

En fait, le différend qui m'oppose à l'agence tient au fait qu'elle juge mon travail "trop proche du texte de départ", tout en me reprochant de ne l'avoir pas rendu plus "vendeur". Un échange d'e-mails un peu vifs m'a fait me poser des questions sur mon travail, et sur la manière de mieux le faire. Sur les rapports parfois houleux entre agences et freelances, aussi...

Ma question est la suivante : jusqu'à quel point peut-on et doit-on pousser la "création artistique" quand on traduit dans un domaine technique ou, comme dans ce cas, marketing ? Il ne s'agit pas ici de traduction littéraire, un exercice bien différent, mais bien de traduction technique.

En toute honnêteté, est-ce du ressort d'un traducteur que de "twister" le texte traduit pour lui donner un côté plus "vendeur", ou est-ce à quelqu'un qui travaille chez le client (et qui en connaît bien la culture, les objectifs, etc...) de le faire ?


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Tradpol  Identity Verified
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Local time: 04:33
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Question de client Sep 21, 2009

Ayant travaillé avec beaucoup de clients, j'ai tiré une conclusion: il faut travailler selon sa conscience et laisser de côté des clients avec qui il est impossible de communiquer. Sur certains points les discussions sont vaines et les deux parties ont raison (ou tort). Des clients, il y en aura d'autres.
Bien sûr, j'ai un portefeuille fixe de clients avec qui je travaille depuis des années – ceux avec qui je trouve une langue commune.


[Zmieniono 2009-09-21 16:02 GMT]


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Sophie Dzhygir  Identity Verified
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Local time: 04:33
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Cas par cas Sep 21, 2009

Je pense que c'est très difficile de répondre à ta question sans connaître tous les détails. Ce que je peux dire comme ça, c'est que si un client te demande 10 000 mots en 48 h à 0,07 EUR le mot, il faut évidemment pas qu'il se plaigne du manque de créativité. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, et les traducteurs qui font de la création se paient beaucoup plus cher que ça.

En ce qui me concerne, je fais (du moins m'efforce de faire) de la traduction de qualité, mais pas spécialement de la traduction créative. Je ne le revendique pas et je pense que mes prix sont aussi en accord avec cette approche : pas spécialement bas, mais pas non plus à la hauteur d'une "création". Quand j'ai du contenu marketing, je fais bien sûr de mon mieux, je cherche de bonnes formules, mais quand même dans un temps limité et si ça ne vient pas, je passe à la suite. Je ne vais pas peaufiner 20 fois la même phrase. C'est ce que font les "créatifs", cela prend du temps, et en conséquence, cela se paie !


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Laurent KRAULAND  Identity Verified
France
Local time: 04:33
French to German
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Consignes Sep 21, 2009

Ma question serait de savoir si le client a fait état de consignes suffisamment précises qui justifient les reproches de l'agence.
Quand il n'y a pas de consignes, je traduis "au mieux" selon le style d'origine du texte. Le seul litige dont j'ai connaissance à ce jour et en ce qui me concerne était justement et curieusement un texte où se mélangeaient technique et marketing. Et dont la restitution dans la langue cible n'était pas, aux dires de l'agence, assez commerciale...

[Edited at 2009-09-21 17:26 GMT]


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xxxNMR
France
Local time: 04:33
French to Dutch
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Au cas par cas Sep 21, 2009

Je suis entièrement d'accord avec ce qui a été dit au-dessus. Mais la traduction marketing est un peu spéciale car on mélange le produit et la vente. Pour faire un site technique on prend un technicien, pour faire un site commercial un vendeur, pour traduire un grand volume, eh, un traducteur. Celui-ci se fera taper sur les doigts tantôt par l'un tantôt par l'autre, sans parler de la direction de la boîte qui veut mettre son grain de sel dans cette vitrine.

Quelques précautions : se renseigner sur les produits vendus, commencer par un petit bout de traduction et faire valider son style par le client final, demander son aide si nécessaire (pendant la traduction), vérifier que toutes les informations du texte d'origine se retrouvent dans la traduction (travail de pointage), vérifier que le style est bon (un slogan dans le texte d'origine doit devenir un slogan dans la traduction, si possible celui du client sinon il faut en inventer un autre, un style décontracté doit rester décontracté, etc.), et puis vérifier des tas de petits détails comme le signe euro qui se met derrière le montant en français mais devant le montant à l'étranger, faut-il dire tu ou vous, est-ce que tout est bien "logique", pas de publicité mensongère, etc.

Si tout cela est fait il faut se décontracter. Je ne sais pas si ça aide, mais humainement ce n'est pas possible de tomber dès le premier coup sur le style et le vocabulaire que le client qu'on ne connaît pas et qui est dans une société où nous on n'est pas, aime bien utiliser.

Personnellement je suis le plus à l'aise quand je peux arranger mon style comme je veux (raccourcir si c'est trop bavard, rajouter des phrases si nécessaire), mais ce n'est pas toujours possible, et en tout cas je laisse la vraie "localisation" au client final.


[Modifié le 2009-09-21 17:50 GMT]


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Didier Caizergues
Local time: 04:33
English to French
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TOPIC STARTER
Pas de consigne... Sep 21, 2009

... Mais des retours ! (Les vieux de la vieille savent de quoi je parle)

Non, pas de consigne particulière de la part de l'agence (pas de contact direct avec le client, bien sûr), sinon de faire "au mieux".

En fait, plus que les reproches, ce qui me gêne, c'est ce transfert de devoirs, qui consiste à dire que le traducteur doit tout faire, à des tarifs de plus en plus bas, et reste le "fusible" de service quand le client est mécontent, ou feint de l'être, peut-être pour rogner sur la facture finale...


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Laurent KRAULAND  Identity Verified
France
Local time: 04:33
French to German
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Analyse Sep 21, 2009

Didier Caizergues wrote:
En fait, plus que les reproches, ce qui me gêne, c'est ce transfert de devoirs, qui consiste à dire que le traducteur doit tout faire, à des tarifs de plus en plus bas, et reste le "fusible" de service quand le client est mécontent, ou feint de l'être, peut-être pour rogner sur la facture finale...

Dans le cas que j'évoque, les traductions partielles (c'était un texte qu'il fallait absolument saucissonner pour "démontrer au client" que le projet avançait) avaient reçu l'approbation écrite du PM en question. Les reproches et objections sont venus à l'échéance de la facture.

Je ne vais pas dire - ou répéter - qu'il y a un certain nombre de comportements acquis ou de tours de passe-passe pour rogner sur le montant d'une facture, mais plutôt m'interroger sur la latitude d'interprétation laissée au traducteur. Soit on - le client, l'agence - lui fait confiance et on assume, soit on lui donne des instructions qui figurent alors dans le corpus du BdC. Et - même si cela me fait horreur par ailleurs - il y a "toujours" la possibilité de demander une traduction à l'essai, avec quelque 300 mots, on sait à quoi s'en tenir sur les compétences du traducteur. Et même dans ce cas, la traduction à l'essai peut très bien être acceptée sans que le reste du travail le soit !
Ce qui me gêne au-delà du transfert de devoirs, c'est bien cette absence de références objectives (guide stylistique, glossaires, documents internes à l'entreprise...) qui permet de dire au client qu'il est satisfait ou non. Et je me permets de penser, ayant déjà vu cette méthode appliquée par ailleurs, que l'autorité décisionnelle - peu importe sa qualité, en l'occurrence - veut toujours se laisser une marge de manoeuvre pour se dédire. On se trouve là dans le domaine assez arbitraire et infantilisant du "Ca me plaît / ça me plaît pas !".



[Edited at 2009-09-21 19:02 GMT]


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Arnaud HERVE  Identity Verified
France
Local time: 04:33
English to French
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Ce n'est pas de l'éthique, mais du droit Sep 21, 2009

Didier Caizergues wrote:

... Mais des retours ! (Les vieux de la vieille savent de quoi je parle)

Non, pas de consigne particulière de la part de l'agence (pas de contact direct avec le client, bien sûr), sinon de faire "au mieux".


Didier, tu as reçu commande de quelque chose, tu as livré cette chose, tu as le droit d'être payé.

"Faire au mieux" n'est pas une demande tangible, peut donner lieu à appréciation mais certainement pas à un refus de paiement.

Faut pas se culpabiliser pour des trucs intangibles. T'as livré, t'es payé.

Didier Caizergues wrote:
En fait, plus que les reproches, ce qui me gêne, c'est ce transfert de devoirs, qui consiste à dire que le traducteur doit tout faire, à des tarifs de plus en plus bas, et reste le "fusible" de service quand le client est mécontent, ou feint de l'être, peut-être pour rogner sur la facture finale...


Je crois que tu as tout compris. Tu observeras que le temps pris à te faire des reproches, l'agence aurait pu rapidement transformer quelques unes de tes phrases.


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Martine Etienne  Identity Verified
Belgium
Local time: 04:33
Member (2003)
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la qualité !!! tout tourne autour de la qualité de nos jours ! Sep 21, 2009

En fait, quel que soit le prix que le client paye, nous sommes supposés lui fournir une traduction qualitativement correcte. En effet, on ne peut pas non plus dire, il paye 7 centimes, donc il peut s'accomoder de quelques coquilles, s'il paye 10 centimes cela doit être parfait et Bon Dieu ! pour 20 centimes, il doit avoir un texte créatif.
Qu'entend-on par traduction d'abord ? Normalement, c'est rendre le texte d'origine dans un style et une langue le plus proche proche possible dans le souçi de ne pas trahir. Certains textes créatifs n'ont parfois plus rien en commun avec le texte source si ce n'est le sujet. Il ne faut pas confondre traducteur et rédacteur...

Quand je discute avec des collègues néerlandophones ou des responsables d'agences de traduction, je constate que ce sont souvent les paire de langues avec le français comme cible qui posent des problèmes bizarrement. En effet, nombreux sont les relecteurs français tatillons qui parfois ne connaissent même pas la langue source qui rejettent le texte cible sous prétexte de manque de créativité comme vous dites, de tournures peu originales et autres raisons tout aussi loufoques à mon sens.

La semaine dernière, j'avais cinq lignes à traduire pour une société pour laquelle je n'avais jamais traduit, une lettre d'accompagnement factuelle d'un catalogue d'outils industriels. Je pense que le total de la facture devait faire environ 3 euros, j'avais accepté en confondant la société avec une autre... Bref.. Le retour fut un rapport "de qualité" mentionnant un 6/10 et la remarque "manque totalement sa cible". Avec en petit en dessous, nos rapports de qualité se seront pas commentés. Donc voilà, qu'est ce que cela voulait dire ... je ne le saurai jamais.

J'ai répondu que je renonçais à la facturation et à figurer parmi leur pool de traducteurs. (Je rejoins Lucyna, quand ça "klop" pas comme on dit chez moi, il vaut mieux pas insister)

Combien de fois, moi la petite Belge, ai-je été relue d'une manière très vindicative par des rédacteurs français qui ne connaissaient pas la langue source et qui modifiaient toutes les phrases du genre "chou vert/vert chou", simplement pour que le texte corresponde mieux à la langue du destinataire. Pourtant, généralement, quand je parle le français, les Français me comprennent..

Je pense que nous devons en âme et conscience accepter nos erreurs, genre contresens, orthographe, grammaire... Pour le reste, le créatif, le joli, le vendeur etc.. nous devons rester fidèles au texte source... Pensez au nombre de textes sources remplis de fautes de grammaire, d'orthographe et autres que nous devons traduire (même dans les concours de Proz), et quand c'est le cas, jamais on ne vous dira, fantastique, vous avez bonifié mon texte.

Voilà ma petite pierre à l'édifice... Une erreur doit vous faire progresser et non douter de vous.

Bonne soirée.

Martine

[Modifié le 2009-09-21 20:29 GMT]

[Modifié le 2009-09-22 08:13 GMT]


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xxxNMR
France
Local time: 04:33
French to Dutch
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Pas un test Sep 21, 2009

Laurent KRAULAND wrote:
Et - même si cela me fait horreur par ailleurs - il y a "toujours" la possibilité de demander une traduction à l'essai, avec quelque 300 mots, on sait à quoi s'en tenir sur les compétences du traducteur. Et même dans ce cas, la traduction à l'essai peut très bien être acceptée sans que le reste du travail le soit !


On peut très bien prendre soi-même l'initiative et lui envoyer un début, dans l'espoir un dialogue. S'il n'y a pas de retour, tant pis on fait comme on pense. (c'est ainsi que j'attends depuis un bon bout de temps des corrections d'un glossaire de termes techniques que je dois utiliser dans une newsletter trimestrielle).

La seule fois où j'ai eu un problème de ce type était quand j'avais fourni une "traduction", qui suivait plus ou moins fidèlement l'original donc, et où le client s'attendait à du "copywriting" - de la vraie rédaction, et apparemment il ne se rendait pas compte qu'il se trompait de métier. Il avait eu un "test", pourtant.


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