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Y a quelque chose qui me turlupine, quand mĂȘme :-)
Thread poster: Jean-Luc Dumont

Jean-Luc Dumont  Identity Verified
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Dec 12, 2003

Salut

Je ne sais combien de fois (pas plus tard qu'il y a 5 minutes), j'ai vu des offres de boulot de traduction oĂč l'agence ou le traducteur, cherchant d'autres traducteurs pour un projet, n'avait mĂȘme pas la prĂ©sence d'esprit et/ou la dĂ©licatesse de prĂ©ciser le domaine ou mettre un extrait du texte Ă  traduire...

Et malgrĂ© cela, il est prĂ©cisĂ© qu'une grande qualitĂ© de traduction est attendue et requise, of course, et que le prix le plus bas possible doit ĂȘtre proposĂ©.

Et, en dépit de cela, il ya des traducteurs qui postulent.

Comment peut-on se proposer pour un boulot sans savoir de quoi "il retourne", sans une idée de la spécialisation requise et du niveau de difficulté. Comment peut-on dire : "oui, moi, je peux vous le faire pour 5 centimes/mot sans connaßtre le domaine ni le délai".

Un petit texte de 200 mots, dans un domaine auquel le traducteur ne connait rien à, disons, six "généreux" cents du mot - pour pas faire "cheap" et compte tenu de la concurrence affamée...mais c'est à gerber.

Ah, j'oubliais presque : c'est aussi urgent - bien-sûr c'est toujours "pour hier", à croire que les traducteurs travaillent mieux dans l'urgence.

Cela fait 12 dollars pour deux heures de boulot...au moins et potentiellement mal fait...

De quoi se poser des questions...sur tout et tous

JL


PS - Je le gardais pour la bonne bouche : Translators with minimum rate need not apply - lire "minimum fees" comme me corrige (elle aime bien me le faire) Esther

[Edited at 2003-12-12 22:17]

[Edited at 2003-12-13 00:01]


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BTPLV  Identity Verified
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Qui se ressemble s'assemble Dec 12, 2003

Bonsoir,

Je pense que cela s'explique par un principe économique élémentaire : il existe des fournisseurs pour tous les types de clientÚle et des clients pour chaque type de fournisseur.
Si tu ouvres un commerce de bijoux en toc à 2 euros, ne t'attends pas à y recevoir une clientÚle fortunée, tout comme les personnes qui achÚtent un bijou à 2 euros ne s'attendent pas à recevoir de l'or et des diamants.
Le bijouteries de luxe reçoivent une clientÚle riche et se gardent bien de proposer du toc.
Le marchand de bagues en toc fait de la publicité tapageuse. Le bijoutier reste sobre et met discrÚtement en valeur la qualité de ses produits.
Pour le reste, il ne sert à rien de porter des jugements de valeur sur les fournisseurs ou les clients. Une bonne part de leurs motivations nous échappe, de toute façon. Si j'étais croyant, je pense que la seule priÚre que je formulerais urbi et orbi serait : "rendez-leur la dignité qu'on leur a volée".
Nos pires ennemis sont en nous-mĂȘmes.

Bonne soirée,
Pierre


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Patricia Posadas  Identity Verified
Spain
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Motivations Dec 12, 2003

J'Ă©tais en train de me faire la mĂȘme rĂ©flexion juste avant de lire le message de Jean Luc. Tout de mĂȘme, il y a peut-ĂȘtre d'autres explications voire d'autres motivations.

La demande est incomplĂšte. Alors peut-ĂȘtre que les personnes ayant rĂ©pondu voulaient juste des informations supplĂ©mentaires. Je l'ai fait moi aussi, rĂ©pondre pour demander:-) Ou passer un tarif et indiquer: pourvu que ce soit dans mon domaine de spĂ©cialisation ou pourvu que ce ne soit pas trop technique.

Mais c'est vrai que je ne le fais plus, je rĂ©ponds de moins en moins, seulement si je pense ĂȘtre vraiment qualifiĂ©e pour le faire et Ă  un tarif raisonnable. Au dĂ©but je rĂ©pondais en fonction de ma charge de travail, mauvais critĂšre;-)

Bon WE!

Patricia

[Edited at 2003-12-12 23:00]


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Dec 12, 2003



[Edited at 2003-12-17 00:50]


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
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certaines rĂ©ponses doivent ĂȘtre pour information Dec 12, 2003

[quote]Patricia Posadas wrote:

La demande est incomplĂšte. Alors peut-ĂȘtre que les personnes ayant rĂ©pondu voulaient juste des informations supplĂ©mentaires. Je l'ai fait moi aussi, rĂ©pondre pour demander:-) Ou passer un tarif et indiquer: pourvu que ce soit dans mon domaine de spĂ©cialisation ou pourvu que ce ne soit pas trop technique.
quote]

Merci de relativiser Patricia. Je pense aussi que certaines réponses ne sont pas des offres mais simplement des demandes de précisions.

J'ai réagi pour cette derniÚre annonce, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Merci Pierre pour commentaire, dicton et proverbe

Bien d'accord sur tous les points avec Esther - mais si plus souvent que tu ne penses... Ah des coûts de batte à encourir...


Bon week-end Ă  tous



[Edited at 2003-12-12 23:18]


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BTPLV  Identity Verified
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Tout le plaisir fut pour moi Dec 12, 2003

Il ne fallait pas dire : "Merci Pierre pour commentaire, dicton et proverbe".

Il y a longtemps que je suis blasé face aux annonces d'agences de casting linguistique qui cherchent sans cesse des figurants pour la série "For peanuts".

Non non, à vrai dire, je venais de dévorer un petit livre, mordre une pomme et battre le tapis et il me restait encore suffisamment d'énergie pour frapper le clavier - aller au bout de mes pulsions les plus abjectes.

Douce nuit !
Pierre

PS : tu vois comment on devient à force de traduire les spécifications & paramÚtres des boulons à bride !


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Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
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Comme cela est joliment dit ! Dec 14, 2003

BTPLV wrote:

Il y a longtemps que je suis blasé face aux annonces d'agences de casting linguistique qui cherchent sans cesse des figurants pour la série "For peanuts".



Salut la compagnie.

C'est le seul bémol que je mettrais au succÚs mérité de Pro Z (Cf. http://www.proz.com/topic/16650 ).

La question des prix est rĂ©currente dans les forums (je frĂ©quente essentiellement le français et l'italien), mais j'imagine qu'il en va de mĂȘme dans les autres langues, et la politique de Pro Z est sans Ă©quivoque en la matiĂšre : la lĂ©gislation US interdit toute limitation Ă  ce sujet.

Par ailleurs, ce site ayant une audience mondiale, il est clair que nul ne pourrait imposer un seuil de tarif mondial.

Toutefois, d'aprĂšs mon expĂ©rience en Italie, oĂč les tarifs sont notoirement plus bas qu'en France ou que dans les pays d'Europe du Nord, certaines offres que je vois sur Pro Z me ramĂšnent de 17 ans en arriĂšre, puisqu'elles n'arrivent mĂȘme pas - ou qu'elles atteignent Ă  peine - les prix qui se pratiquaient ici en 1986, annĂ©e de ma premiĂšre traduction.

Y'a donc de quoi se poser des questions, car ce nivellement par le bas ne peut que nuire Ă  nos conditions de travail et au niveau de professionnalisation de l'ensemble de la profession. C'est en tout cas ce que je constate tous les jours sur le marchĂ© italien, oĂč certaines agences dĂ©crochent encore des adjudications publiques avec des prix en dessous de 15 Euros la page (200 mots), l'offre moins-disante Ă©tant le seul critĂšre de sĂ©lection.
Quant à la qualité...

C'était juste une réflexion. Ciao,

Jean-Marie

P.S. Une idĂ©e au passage : en relisant « ...il est clair que nul ne pourrait imposer un seuil de tarif mondial », je me dis qu'un site tel que Pro Z pourrait peut-ĂȘtre "conseiller" au lieu d'imposer, ce qui ne contreviendrait -je pense- Ă  aucune lĂ©gislation et aurait le mĂ©rite de donner des "indications" en la matiĂšre



[Edited at 2003-12-14 05:32]


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ALAIN COTE  Identity Verified
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Paradoxe Dec 14, 2003

victorhugo wrote:
l'offre moins-disante étant le seul critÚre de sélection.


... paradoxalement, l'offre moins-disante en dit long sur la qualité du résultat à espérer.



Simple gag, nous savons tous que c'est un peu plus complexe que ça. Que personne ne sorte la hache de guerre...


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Claudia Iglesias  Identity Verified
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À qui la faute ? Dec 14, 2003

C’est l’éternelle discussion sur les bas tarifs.

Moi j’ai connu le monde de la traduction en pleine pĂ©riode de mondialisation, d’Internet et de ProZ. Le hasard a voulu que je me trouve Ă  ce moment lĂ  dans un pays du sud, vous savez, un de ceux oĂč l’on ne peut vivre de ce mĂ©tier, oĂč il y a des Ă©coles de traduction privĂ©es qui ne tiennent pas compte du marchĂ©, oĂč l’on croit que toute secrĂ©taire bilingue est bilingue et donc traductrice, oĂč tout professeur de langues est sensĂ© ĂȘtre capable de faire de bonnes traductions, oĂč les traductions se font le soir aprĂšs le « boulot », etc, etc. Mais grĂące aux outils que j’avais en main mon Ă©cole n’a pas Ă©tĂ© le marchĂ© local ou la mentalitĂ© environnante, mais un site international oĂč l’on entend tous les sons de cloche, oĂč l’on cĂŽtoie toute sorte de traducteurs, ayant fait des Ă©tudes de traduction, n’en ayant pas fait, avec ou sans expĂ©rience, de pays oĂč la traduction est considĂ©rĂ©e un mĂ©tier et d’autres oĂč elle n’est que le moyen d’arrondir des fins de mois difficiles...

Je me disais (et je continue Ă  me le dire, mais avec un peu plus de nuances) qu’il suffisait de mettre Ă  la portĂ©e de ceux qui ont perdu leur dignitĂ©, comme dit Pierre, ou j’ajouterai de ceux qui n’ont jamais su que dignitĂ© et traduction pouvaient aller de paire, les moyens que j’avais eu moi pour bien dĂ©marrer.
J’ai essayĂ©.
Le tarif local standard (payĂ© au traducteur) se situe aux environs de 20-24 pesos par mot. Les agences payent un peu moins (17-20). J’ai connu des gens qui traduisaient pour 15. Je croyais avoir tout vu quand j’ai connu quelqu’un qui avait dĂ©gottĂ© un contrat enviable pour beaucoup, toutes les traductions d’une entreprise miniĂšre, Ă  10 pesos. Pour les grosses agences, le summum c’est les traducteurs en poste interne. Parce qu’elles, elles ont compris qu’il faut aller chercher le client Ă  l’étranger, et sous-traiter avec des locaux rĂ©munĂ©rĂ©s Ă  salaire fixe. Elles assument les risques de non payement (elles peuvent, et c’est une des choses qui fait le plus peur aux traducteurs autonomes que j’ai connus), elles sont extrĂȘmement exigeantes sur la qualitĂ©, et l’on se dispute une place chez elles pour pouvoir « vivre de son mĂ©tier » ou de ce pour quoi on a Ă©tudiĂ©.

Bref, cela ressemble fort Ă  une impasse, et je continue Ă  penser que ce site est une excellente Ă©cole pour apprendre et faire ouvrir les yeux Ă  ceux qui n’ont jamais vu autre chose.

Et je n’ai pas encore trouvĂ© mieux pour lutter contre le nivelage par le bas des tarifs que de s’interdire de pratiquer des tarifs nationaux Ă  Ă©chelle internationale.

Les offres Ă  tarifs dĂ©risoires...laissez passer. Je l’ai compris quand j’ai connu les gens disposĂ©s Ă  travailler pour 15 pesos, puis pour 10, je crois qu’ils sont pris dans un cercle infernal. Mais il y aura toujours quelqu’un disposĂ© Ă  les prendre.


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
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Domaine et délai Dec 14, 2003

Je tiens à préciser que mon "étonnement" portait surtout sur le fait que l'annonce ne faisait mention d'aucun domaine ni délai pour la traduction - un document trÚs court et urgent. Et que ce n'était pas la premiÚre fois que j'observais cela. Je ne me vois pas répondre à une telle annonce, et encore moins proposer un prix "bas" dans (l'absence de) ces conditions.

Le triptyque de la traduction :

Domaine (spécialisation/difficulté)

Délai (stress/difficulté/besoins)

Prix (motivation/besoins)

Tableau final - Traduction de qualité (suivant le talent de l'artiste avec une petite dose de sujectivité)


Le seul "cĂŽtĂ©" du triptyque qui puisse paraĂźtre une constante, au dĂ©part, est le domaine. Et lĂ  mĂȘme, le degrĂ© et la notion de spĂ©cialisation du traducteur sont subjectifs. Les autres "panneaux" varient ou sont plus ou moins acceptables en fonction du contexte Ă©conomico/linguistique et des compĂ©tences (liĂ©es au domaine) de chaque traducteur.

Claudia

D'accord avec toi dans les grandes lignes.

Je n'ai jamais cherchĂ© Ă  encourager la zizanie ou Ă  envenimer la situation entre traducteurs du Nord ou du Sud, mĂȘme si c'est plus souvent sur les points Est-Ouest que portent les commentaires. Dans les fils prĂ©cĂ©dents sur le sujet j'ai souvent pris position pour le Sud, ou plutĂŽt pour la rĂ©alitĂ© auxquels les traducteurs sont confrontĂ©s.

Le monde de la traduction, comme le site, est "global" ; mais les niveaux de vie sont diffĂ©rents suivant les rĂ©gions ou pays, quand ce n'est pas entre la ville et la "campagne" dans un mĂȘme pays. Donc, les besoins (relatifs) et les jugements sur ce qui fait qu'un tarif est raisonnable ne peuvent que diffĂ©rer.

Cela dit, comme Jean-Marie, je constate que les tarifs offerts aux traducteurs en France et aux USA sont plus bas qu'il y a 15 ans. Si l'on rapporte cela à l'inflation et à l'augmentation du coût de la vie, ce "bas" blesse.

A qui la faute ? Serait-ce la rançon d'Internet qui permet, en quelque sorte, une "dĂ©localisation" des services de traduction. Seulement pour une petite partie, ce serait trop simple. Il y a aussi qu'il y a de plus en plus de traducteurs, dans un mĂȘme pays et partout dans le monde. D'un autre cĂŽtĂ©, la demande et les besoins en traduction ont explosĂ©. Alors pourquoi les tarifs restent-ils aussi bas au niveau du traducteur, compte tenu du temps et des compĂ©tences requises ?

Pour prendre l'exemple de la France ou des USA. Il y a des traducteurs qui prennent des boulots à 5 centimes/mot en France. Ils acceptent des prix bas pour la France pour différentes raisons : manque d'expérience, besoin d'argent urgent ou compromis pour acquérir un nouveau client/de l'expérience dans un nouveau domaine. Pas de mal à ça. A chacun suivant ses besoins, comme disait l'autre. On fait ce qu'on peut, je suis sûr qu'ils accepteraient 8 centimes, si les tarifs moyens étaient à 10.

Les "maquilladoras" de la traduction sont-elles possibles ? Je ne le crois pas. Il ne s'agit pas de fabriquer des bassines plastiques ni mĂȘme de l'assemblage des piĂšces d'une voiture ou d'un ordinateur -ce qui nĂ©cessite une main d'oeuvre qualifiĂ©e mais pas de parler une autre langue.

La matiÚre premiÚre de la traduction c'est la matiÚre grise : les compétences linguistiques et techniques du traducteur. Jusqu'à preuve du contraire, celles-ci ne sont pas indépendantes du traducteur.

Donc, pour offrir des traductions pas chĂšres il faut que, s'il souhaite vivre dĂ©cemment, le traducteur - avec les compĂ©tences linguistiques requises - se trouve dĂ©jĂ  ou aille s'installer dans un pays oĂč le coĂ»t de la vie est trĂšs bas.

Dans de nombreux secteurs, l'on a vu que les "travailleurs" des pays riches ne peuvent rĂ©sister Ă  la concurrence des pays dit pauvres oĂč la main d'oeuvre est bon marchĂ©. Voir, la Chine et les USA ; voir l'acier, la petite industrie. PremiĂšre rĂ©action des travailleurs "lĂ©sĂ©s", en "vouloir Ă  ceux qui leur prennent leur travail", Ă  premiĂšre vue les ouvriers des pays pauvres, quitte Ă  dire ou insinuer ou vouloir se persuader que la qualitĂ© "lĂ -bas" n'est pas aussi bonne. Je passe sur les relents racistes suivant la gĂ©ographie.

Deux erreurs :

On l'a vu avec l'exemple de l'industrie automobile américaine. La main d'oeuvre et la qualité des voitures américaines n'étaient pas meilleures. Pour des raisons socio-culturelles et économiques.

Le vrai responsable c'est l'employeur et la politique du plus gros profit au mépris de ses anciens employés et/ou de la qualité, suivant les cas.

Or, en ce qui concerne les traductions, si le critÚre principal est la qualité et si l'on considÚre - comme cela semble admis dans la profession - que la qualité exige que la traduction soit faite par un traducteur dans sa langue maternelle, alors les maquilladoras qui ne travaillent pas dans "leur langue" ont un gros problÚme de qualité car elles devront importer toute la matiÚre premiÚre et la matiÚre grise pour satisfaire ce critÚre.

Maintenant, l'exigence de la qualité du produit final passe par l'offre et la demande. Le décideur final c'est le client et l'acheteur final qui peut s'accommoder d'un compromis sur la qualité si le prix est trÚs intéressant.

Si le fournisseur se fiche de la qualitĂ© et son client Ă©galement alors vive la dĂ©localisation et il faut que j'ouvre une crĂȘperie.

Si les clients veulent plus que des traductions-machine ou de la mauvaise qualitĂ©, alors traducteurs de tous pays, unissez-vous pour faire cesser le nivellement par le bas et l'exploitation des traducteurs en gĂ©nĂ©ral, par qui et oĂč que ce soit.

Maintenant, l'on ne peut généraliser et il y a de bons traducteurs dans tous les pays, suivant les langues et les domaines de spécialisation. On ne peut mettre en concurrence ce qui n'est pas comparable.

Les tarifs en Inde sont moins chers qu'en Roumanie qui est plus chĂšre que l'Italie oĂč les tarifs sont moins moins chers qu'en France oĂč c'est moins cher qu'aux USA. Qui est la maquilladora de qui ?

Doit-on faire des appellations contrÎlées comme pour le Camembert et la feta ?

Certaines agences ou clients demandent et disent que les bonnes traductions en "francais" sont faites en France et par des Français... Well, je ne suis pas en France, est-ce que cela fait de moi un mauvais traducteur. Selon le pays oĂč je vis, je pourrai ĂȘtre plus cher ou moins cher qu'un Français de France, et pas forcĂ©ment meilleur ou moins bon.

JL

Le fil est parti sur une annonce parue dans Pro Z, mais ne vise pas Pro Z. C'est juste une observation sur ce qui se fait dans la profession, avec ou sans Pro Z. Le problÚme des tarifs est-il favorisé ou non par de tels forums, je ne sais pas. Mais l'idée de la recommandation "éthique" proposée par Jean-Marie me paraßt excellente - a minima.

JL
[Edited at 2003-12-14 23:52]



[Edited at 2003-12-15 02:34]


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Dec 14, 2003



[Edited at 2003-12-17 00:20]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
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JL Dec 15, 2003

Je tiens à préciser que mon "étonnement" portait surtout sur le fait que l'annonce ne faisait mention d'aucun domaine ni délai pour la traduction - un document trÚs court et urgent. Et que ce n'était pas la premiÚre fois que j'observais cela. Je ne me vois pas répondre à une telle annonce, et encore moins proposer un prix "bas" dans (l'absence de) ces conditions.

Je sais, mais ça c’était dans ton message original et petit Ă  petit la discussion avait dĂ©viĂ©. J’ai pensĂ© Ă  faire signe en disant « je m’éloigne un peu plus du sujet » mais j'aurais fait encore plus long. Mais au sujet de ton message je n'avais rien Ă  ajouter, sinon que je te donnais raison et que les seules Ă©ventuelles explications que j'y voyais Ă©taient celles avancĂ©es par Patricia.

Claudia

AĂŻe ! Tu me fais peur

Je n'ai jamais cherchĂ© Ă  encourager la zizanie ou Ă  envenimer la situation entre traducteurs du Nord ou du Sud, mĂȘme si c'est plus souvent sur les points Est-Ouest que portent les commentaires . Dans les fils prĂ©cĂ©dents sur le sujet j'ai souvent pris position pour le Sud, ou plutĂŽt pour la rĂ©alitĂ© auxquels les traducteurs sont confrontĂ©s.

Je ne l’ai jamais ressenti comme cela, ce sont des sujets qui peuvent ĂȘtre gĂȘnants quand on les prend personnellement, ce n’est pas mon cas (euhhh on n’est pas beaucoup Ă  prendre le contrepied d’ailleurs).
Je ne commente pas tout, mais en gĂ©nĂ©ral je suis d’accord quand j’ai coupĂ©

A qui la faute ? Serait-ce la rançon d'Internet qui permet, en quelque sorte, une "délocalisation" des services de traductions. en partie oui, mais ce serait trop simple. Pour prendre l'exemple de la France ou des USA. Il y a des traducteurs qui prennent des boulots à 5 centimes/mot en France. Ils acceptent des prix bas pour la France pour différentes raisons : manque d'expérience, besoin d'argent urgent ou compromis pour acquérir un nouveau client.

Oui, aprĂšs avoir envoyĂ© mon message je me suis dit que j’aurais dĂ» en parler aussi. Dans tous les pays il y a des casseurs de prix, non ?



Donc pour offir des traductions pas chĂšres il faut que, s'il souhaite vivre dĂ©cemment, le traducteur - avec les compĂ©tences linguistiques requises - se trouve dĂ©jĂ  ou aille s'installer dans un pays oĂč le coĂ»t de la vie est trĂšs bas.
Il faudrait dĂ©jĂ  en convaincre un certain nombre du fait qu’il est possible de vivre dĂ©cemment de la traduction. Et que donc on ne peut pas se laisser entraĂźner par le courant en aval.

Deux erreurs :
On l'a vu avec l'exemple de l'industrie automobile américaine. La main d'oeuvre et la qualité des voitures américaines n'étaient pas meilleures. Pour des raisons culturelles et économiques.
J’ai pas compris l’allusion ici.

Le vrai responsable c'est l'employeur et la politique du plus gros profit au mépris de ses anciens employés et/ou de la qualité, suivant les cas.
Or, en ce qui concerne les traductions, si le critÚre principal est la qualité et si l'on considÚre - comme cela semble admis dans la profession - que la qualité exige que la traduction soit faite par un traducteur dans sa langue maternelle, alors les maquilladoras qui ne travaillent pas dans "leur langue" ont un gros problÚme de qualité car elles devront importer toute la matiÚre premiÚre et la matiÚre grise pour satisfaire ce critÚre.

Si je te suis, il faudrait convaincre les clients d’acheter...français, belge, canadien...quand ils sont Français, Belges, Canadiens.

Cela me rappelle une Ă©tude de marchĂ© que j’ai dĂ» faire il y a quelque temps. J’en avais parlĂ© Ă  l’époque sur le forum. Elle devait se faire aux États Unis, en Espagne et en France et il fallait interviewer des responsables du rayon Ă©picerie de supermarchĂ© et des grands cuisiniers. C'Ă©tait pour un produit chilien, dĂ©rivĂ© du vin (du verjus), qui est produit dans les pays viticoles (France, Italie...). Les personnes chargĂ©es de l’étude ont d’abord essayĂ© de la faire en anglais (en France). Cela n’a pas marchĂ© avec les Français et c’est lĂ  que l’on a fait appel Ă  moi. Un grand chef cuisinier m’a rĂ©pondu, quand je lui ai demandĂ© oĂč il achetait ce produit, que d’abord il achetait les produits de sa rĂ©gion, s’il n’y en avait pas il achetait français, et si la France n’en produisait pas il achetait europĂ©en.
J’avais trouvĂ© cette rĂ©ponse assez percutante, illustrative de toute une mentalitĂ© intĂ©ressante comme phĂ©nomĂšne culturel, mais en voie de disparition je crois bien.
Je me trompe peut-ĂȘtre, mais pensez-vous que l’on puisse continuer Ă  raisonner de la sorte ? Ces grands chefs recherchaient des produits de qualitĂ© et ne regardaient pas nĂ©cessairement le prix. Ceux qui Ă©taient le plus regardants recherchaient un bon rapport qualitĂ©-prix. Il y en a un qui m’a dit « Si c’est trop bon marchĂ©, c’est de la merde ». Alors...on pourrait Ă©tablir un parallĂšle entre ces cuisiniers et les clients. Il y a des clients qui recherchent de la qualitĂ© et sont disposĂ©s Ă  en payer le prix. Mais des grands chefs cuisiniers il y en a moins que de simples cuisiniers.

Si le fournisseur se fiche de la qualitĂ© et son client Ă©galement alors vive la dĂ©localisation et il faut que j'ouvre une crĂȘperie.
Si les clients veulent plus que des traductions-machine ou de la mauvaise qualitĂ©, alors traducteurs de tous pays, unissez-vous pour faire cesser le nivellement par le bas et l'exploitation des traducteurs en gĂ©nĂ©ral, par qui et oĂč que ce soit.

Oui, c’est le sens de mon message. J’ai mis nivelage parce que mon nivellement avec un seul L Ă©tait refusĂ© par Word, mais mon cher Robert m’a autorisĂ©e Ă  mettre nivelage.

Les tarifs en Inde sont moins chers qu'en Roumanie qui est plus chĂšre que l'Italie oĂč les tarifs sont moins moins chers qu'en France oĂč c'est moins cher qu'aux USA. Qui est la maquilladora de qui ?

C’est aussi ce que je voulais dire. Il y a toujours mieux loti que soi et moins bien loti Ă©galement. On ne peut pas non plus se mettre dans la poche de son voisin ni juger du prix de sa dignitĂ©. Mais la dignitĂ© a un prix, et on n’en a conscience et on ne peut le chiffrer que quand on sent qu’on est allĂ© trop bas. Au sens propre comme au figurĂ©. Et j’en parle en connaissance de cause, c’était une expĂ©rience saisissante. J’ai dĂ©pannĂ© un ami, tarif local, niveau d’exigence exposant dix, mais le client final n’était pas local et c'Ă©tait un procĂšs dans lequel il y avait beaucoup d'argent en jeu, les avocats Ă©taient AmĂ©... pardon, Étatsuniens et EuropĂ©ens et j’ai su que j’étais allĂ©e trop bas (dĂ©solĂ©e pour le hors sujet).

Certaines agences ou clients demandent et disent que les bonnes traductions en "francais" sont faites en France et par des Français... Well, je ne suis pas en France, est-ce que cela fait de moi un mauvais traducteur. Selon le pays oĂč je vis, je pourrai ĂȘtre plus cher ou moins cher qu'un Français de France, et pas forcĂ©ment meilleur ou moins bon.

Recherche identité désespérément
Tu as déjà la langue maternelle, tu es moins handicapé que moi

Ton « Claudia » m’a mise sur la dĂ©fensive, sans toutefois me sentir visĂ©e. O, on dĂ©bat et on essaie d’y voir plus clair, n’est-ce pas ? La mondialisation est arrivĂ©e sans mode d’emploi

(Esther, je te reviens)


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
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Au parfum Dec 15, 2003

Salut Claudia

Pardon si je n'ai pas été clair avec mon allégorie à la Détroit

Ce que je veux dire c'est que les coupables ce sont la rentabilitĂ© et le profit Ă  outrance qui conduisent certaines agences et des clients Ă  prĂ©fĂ©rer Ă©conomiser sur la traduction, traduire sur le dos des traducteurs. Si je suis traducteur - dans quelque pays "pas cher" de langue anglaise ou espagnole, et que je suis bon, cela me fera sĂ»rement mal au coeur d'ĂȘtre payĂ© 3 cents du mot alors qu'en habitant dans un autre pays - USA, Espagne ou GB, mes tarifs seraient 3 fois supĂ©rieurs. Mais cela, Ă©videment, ne marche pas pour toutes les langues et pays.

Bien sĂ»r - je ne suis pas naĂŻf - pourquoi payer cher quand on peut l'avoir bon marchĂ©. Mais pour ĂȘtre logique le bon marchĂ© se paie autrement, gĂ©nĂ©ralement sur la qualitĂ© et / ou le long terme : le client ne revient pas.

Dans le domaine de la traduction, si je suis une agence et que je fais faire mes traductions vers le français par des "francophiles" dans des pays "bon marchĂ©", je n'aurais pas dans la plupart des cas une meilleure qualitĂ© que si la traduction est faite par des Francophones, dans leur langue maternelle. Est-ce que l'Ă©conomie en vaudra la chandelle ? Tout dĂ©pend de la qualitĂ© du traducteur "francophile". Il/elle peut ĂȘtre meilleur(e) qu'un Français pur poil, suivant son Ă©ducation, sa motivation, sa conscience professionnelle et ses connaissances (techniques) dans le domaine.

J'ai lu un fil anglophone oĂč un traducteur demandait : exiger un traducteur de langue maternelle, est-ce de la discrimination ?

Je dirais que cela semble logique Ă  premiĂšre vue mais que cela peut ĂȘtre seulement une simplification des agences, pour limiter les risques. Les circonstances de la vie d'un traducteur font que la personne peut parler plusieurs langues a un trĂšs bon niveau. Mon pĂšre est nĂ© en Turquie, de mĂšre russe et pĂšre français. Il a fait toute sa scolaritĂ© dans des Ă©tablissements italiens - quelle Ă©tait sa langue maternelle ? Ses meilleurs copains : un grec et un turc avec qui il parlait grec et turc, tous les jours.

Le premier ouvrier turc qu'il a voulu aider à acheter des poulets "vivants" sur un marché de Provence (thym, garrigue et tutti quanti) a eu peur croyant qu'il était de la police secrÚte turque.

Un traducteur dans une situation similaire a répondu, dans le fil, que pour lui ses langues maternelles étaient l'italien et l'anglais mais qu'avec un nom de famille arabe, il avait du mal a convaincre les agences.

Difficile de se faire une idée de la qualité d'un traducteur sans un échantillon de traduction ou sans avoir déjà travaillé avec la personne.

En ce qui concerne France, Belgique et Canada, etc... Tout dĂ©pend du document mais je sais que je ne pourrais ĂȘtre sĂ»r de ma traduction pour le Canada ou la Belgique. Cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© abordĂ© ici par Alain et Esther, je crois. Ma traduction serait, au minimum, Ă  corriger par un traducteur du pays cible pour s'assurer du parfum local.

Cela rejoint ce que dit un traducteur indien. Un texte traduit par un anglais, né à Oxford et diplÎmé de Cambridge, ne sera pas aussi "lisible" en Inde que si lui, Indien, le traduit en anglais de l'Inde pour des lecteurs indiens.

JL



[Edited at 2003-12-15 01:16]

[Edited at 2003-12-15 02:38]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
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vu de l'autre monde... Dec 15, 2003

Je ne sais pas ce que tu as en tĂȘte, mais j'ai tendance Ă  voir exactement le contraire, c'est-Ă -dire que ce site offre une image dĂ©formĂ©e du monde de la traduction professionnelle, qui n'a rien Ă  voir avec le marchĂ© rĂ©el, ni quant aux tarifs en vigueur, ni quant aux mĂ©thodes de recrutement de pigistes rĂ©guliers.


Je m’en doute. C’est pour cela que j’ai bien prĂ©cisĂ© que je suis nĂ©e dans ce monde de la traduction et que je n’ai pas connu celui dont vous parlez toi, Jean-Luc, Jean-Marie (et les autres).
Es-tu sĂ»re qu’il offre une image dĂ©formĂ©e de la traduction professionnelle ? Ne serait-ce pas la traduction professionnelle qui est en train de changer ? Quel est le marchĂ© rĂ©el ? Ne serait-il pas en train de changer Ă©galement ?

Lorsque j’ai commencĂ© Ă  me faire les mĂȘmes rĂ©flexions que tu te fais (grĂące aux commentaires, critiques, coups de gueule que l’on voit ici), je me suis aussi demandĂ© pourquoi on y trouvait des traducteurs « professionnels, qualifiĂ©s, expĂ©rimentĂ©s, qui vivaient bien de leur mĂ©tier, qui n’avaient pas besoin de ProZ comme fournisseur de clients, qui rĂ©sidaient dans des pays oĂč la traduction Ă©tait un mĂ©tier digne de ce nom, etc, etc. ». Je me disais que si dans ce site on ne trouvait plus que des Sud-amĂ©ricains, des Indiens et des ...(complĂ©tez avec ce que vous voulez, je ne veux pas continuer Ă  vexer du monde) il n’aurait plus aucune valeur et Ă  ce moment lĂ , oui, ce serait ce qu’on lui a reprochĂ© (Ă  tort, mais ce n’est que mon avis), une foire de traducteurs bon marchĂ©.
Je n’ai pas trouvĂ© de rĂ©ponse Ă  toutes mes questions, et je n’ai jamais demandĂ© aux traducteurs qui correspondent Ă  cette description « pourquoi ». J’imagine que la rĂ©ponse n’est pas facile Ă  trouver non plus.
Mais je me suis dit que leur (votre) prĂ©sence Ă©tait indispensable pour que l’on puisse « tirer vers le haut ». Qui en bĂ©nĂ©ficierait ? Tout le monde. Parce que tout le monde a intĂ©rĂȘt Ă  faire valoir le mĂ©tier, la qualitĂ©, le professionnalisme (mĂȘme si ce mot commence Ă  ĂȘtre galvaudĂ©, surtout dans les forums).

Les tarifs les plus Ă©levĂ©s que j'aie vus sur ProZ.com dĂ©passent rarement la moitiĂ© de ce que les agences convenables paient aux États-Unis (Ă  New-York, tout au moins).

Tout est relatif comme disait Jean-Luc.
Un traducteur Étatsunien me disait il y a deux ans que le tarif Ă©tait de 0,10 $ US /mot (je ne rentre pas dans le dĂ©tail technique/ non technique).
J’ai rĂ©alisĂ© une traduction (Ă  mes dĂ©buts) pour une agence de ce pays. Cette agence travaillait pour une agence canadienne et le client final Ă©tait NestlĂ© (Suisse). Le prix payĂ© Ă©tait 0,05. Évidemment, on ne pouvait pas payer plus, puisqu'il fallait en laisser pour tous les intermĂ©diaires. Ce sont ces anecdotes qui permettent de tirer des leçons. Conclusion : ce n'Ă©tait pas une agence convenable ? Peut-ĂȘtre. Mais ils ont payĂ© le prix annoncĂ©, ils Ă©taient donc corrects. En tout cas, c'Ă©tait une agence Ă  Ă©viter si on avait mieux.

On demande des soumissions pour faire de la traduction d'emballages et l'on donne un "test" Ă  traduire et Ă  soumettre avec l'offre de service. Or quiconque a effectivement fait de la traduction d'emballage est Ă  mĂȘme de reconnaĂźtre que le "test" reprĂ©sente le contenu intĂ©gral de ce qui figurera sur l'emballage.

J’ai mieux.
Il y a ceux qui postent la traduction dans les KudoZ. Et quand on leur demande pourquoi ils traduisent dans cette paire qui n’est pas la leur ils ont le culot de dire que leur traducteur vers le français est malade ou a oubliĂ© de traduire une page. Il y en a un qui a fait le coup au moins deux fois, mais il sait dĂ©sormais que je l’ai Ă  l’oeil. Je suis d’accord, c’est rĂ©voltant. Il faut squasher, indĂ©pendamment du nombre de questions. Le rĂšglement ne peut pas prĂ©voir tous les cas d’abus, mais nous pouvons rĂ©agir quand nous l’identifions. Celui qui le prĂ©sente comme test donne en plus l’espoir...vicieux tout ça.

En terme de mots, ce n'est pas beaucoup, et il n'est pas difficile pour une agence de le faire à répétition sans attirer l'attention

Pas tant que ça. Si l’on prĂ©vient les modĂ©rateurs on les suivra plus particuliĂšrement.

-- à la différence de celles qui donnent 2 000 mots différents à chacun des postulants, jusqu'à ce que leurs 10 000 ou 12 000 mots soient entiÚrement traduits gratuitement.

Ça, c’est un autre problĂšme. Il y en a qui ont suggĂ©rĂ© d’imposer de mettre l’intĂ©gralitĂ© des tests sur la page d’offre de job sur ProZ. C’est une idĂ©e, mais malheureusement utopique. Il s’avĂšre que les « agences » (entre guillemets, parce que ce sont seulement certaines agences), font du chantage. Et ça marche. Non seulement avec les tests, ça marche aussi pour le Blue Board (c’est l’explication que je me donne quand je vois des clients trĂšs rĂ©guliers, qui ont un historique de jobs « copieux » et qui n’ont jamais Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s. Comment expliquez-vous cela ?)

Par ailleurs, le coĂ»t n'est pas le seul facteur dans le choix des traducteurs, ni mĂȘme la qualitĂ©. Et ici, je dois dire qu'il y a des choses qui m'Ă©chappent. Pourquoi, par exemple, tant de compagnies canadiennes font-elles faire leurs traductions Ă  New-York Ă  un coĂ»t plus Ă©levĂ© qu'au Canada? Ou pourquoi une agence d'ici pour qui je travaille Ă  l'occasion et qui a un bureau Ă  Paris me supplie d'accepter une traduction de l'anglais au français pour la France (Ă  0.15/mot, pas des pinottes), comme s'il Ă©tait impossible de trouver quelqu'un Ă  Paris? MystĂšre et boule de gomme!

Bizarre, effectivement. Un excellent traducteur EuropĂ©en connaissant trĂšs bien le marchĂ© canadien m’a dit un jour : « Les Canadiens sont de bons terminologues mais les Français sont de bons traducteurs ».
J’essaie de comprendre, j’essaie...

[Edited at 2003-12-15 03:32]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
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Ça bouge Dec 15, 2003

Si je suis traducteur - dans quelque pays "pas cher" de langue anglaise ou espagnole, et que je suis bon, cela me fera sĂ»rement mal au coeur d'ĂȘtre payĂ© 3 cents du mot alors qu'en habitant dans un autre pays - USA, Espagne ou GB, mes tarifs seraient 3 fois supĂ©rieurs.

À condition de savoir que « tu es bon » et que tes tarifs, ailleurs, pourraient ĂȘtre 3 fois supĂ©rieurs.
Comment sait-on ce que l’on vaut ? Je sais comment on sait ce qui se passe ailleurs, mais sa propre valeur, comment la connaĂźt-on ? J’ai ma petite idĂ©e, mais j’aimerais en entendre d’autres.

Tout dĂ©pend de la qualitĂ© du traducteur "francophile". Il/elle peut ĂȘtre meilleur(e) qu'un Français pur poil, suivant son Ă©ducation, sa motivation, sa conscience professionnelle et ses connaissances (techniques) dans le domaine.

Donc ? Il est difficile d’établir une rĂšgle, n’est-ce pas ?

J'ai lu un fil anglophone oĂč un traducteur demandait : exiger un traducteur de langue maternelle, est-ce de la discrimination ?
Je dirais que cela semble logique Ă  premiĂšre vue mais que cela peut ĂȘtre seulement une simplification des agences, pour limiter les risques. Les circonstances de la vie d'un traducteur font que la personne peut parler plusieurs langues a un trĂšs bon niveau.

Un autre Ă©ternel dĂ©bat celui-lĂ . Je plaide la cause de ceux qui sont jugĂ©s pour leur nom, leur nationalitĂ© ou pour leur pays de rĂ©sidence. Donnez leur l’occasion de montrer ce qu’ils valent avant de juger. Et tant qu’on parle de jugement, si l’on essayait de se poser un peu moins en juges ce serait pas mal non plus (et je parle en gĂ©nĂ©ral, je ne vise personne en particulier). Plus qu’un moyen de limiter les risques cela peut ĂȘtre tout simplement un moyen d’éliminer des candidats et de rĂ©duire le travail de sĂ©lection.

Un traducteur dans une situation similaire a répondu, dans le fil, que pour lui ses langues maternelles étaient l'italien et l'anglais mais qu'avec un nom de famille arabe, il avait du mal a convaincre les agences.

Tu sais, j’ai la nationalitĂ© française et mon mari a un nom bien français. Mon cĂŽtĂ© rebelle doit y ĂȘtre pour quelque chose dans ma volontĂ© de ne pas l’afficher. C’est une façon de me rĂ©volter contre les prĂ©jugĂ©s de ce genre, j'en fais une lutte de tous les jours.

Difficile de se faire une idée de la qualité d'un traducteur sans un échantillon de traduction ou sans avoir déjà travaillé avec la personne.

Bingo ! C’est exactement ce que je dis « donnez une chance avant de juger ».

En ce qui concerne France, Belgique et Canada, etc... Tout dĂ©pend du document mais je sais que je ne pourrais ĂȘtre sĂ»r de ma traduction pour le Canada ou la Belgique. Cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© abordĂ© ici par Alain et Esther, je crois. Ma traduction serait, au minimum, Ă  corriger par un traducteur du pays cible pour s'assurer du parfum local.
Cela rejoint ce que dit un traducteur indien. Un texte traduit par un anglais, né à Oxford et diplÎmé de Cambridge, ne sera pas aussi "lisible" en Inde que si lui, Indien, le traduit pour des lecteurs indiens.


Tu ne traduis donc que pour le marché français ?
Cela fait pas mal de temps que je me suis faite Ă  l’idĂ©e que quand je traduis, la plupart du temps c’est pour un site web, et qu’il n’aura pas trois versions d’espagnol et trois versions de français. Il en aura une pour chaque langue, avec un drapeau on ne peut plus rĂ©ducteur.

Permettez-moi une métaphore.

Vous connaissez les tremblements de terre ? Vous en avez vécu ?
Quand on naĂźt sur une terre de tremblements de terre, qu’on est Ă©levĂ© dans les alertes « tremblement de terre » Ă  la maison, Ă  l’école, qu’on a acquis les rĂ©flexes de mise Ă  l'abri, de dĂ©gagement d'issues, etc., on vit avec comme si c’était quelque chose de naturel. Et tout d’un coup l’on rencontre un Ă©tranger tout blĂȘme, tout Ă©mu et encore Ă©branlĂ© par la secousse et l’on prend conscience de cette diffĂ©rence.
J’ai l’impression que beaucoup sentent la terre bouger pour la premiùre fois.
Ce n’est pas moi qui la fais bouger, donc inutile de me regarder. Mais la terre bouge, et il vaut mieux ĂȘtre prĂ©parĂ© pour les tremblements. Et cette prĂ©paration ne pourra se faire qu'ensemble.

[Edited at 2003-12-19 02:11]


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