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KikĂšbon ? Tout glissement...de sujet en douceur, SVP
Thread poster: Jean-Luc Dumont

Jean-Luc Dumont  Identity Verified
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Dec 15, 2003

Salut Claudia

Pour rĂ©pondre Ă  tes questions perdues dans la tempĂȘte - et comme je viens de passer 1/2 heure Ă  l'Ă©crire je ne vais pas garder ça pour moi - maintenant que le fil oĂč cela devait aller est fermĂ©.

S'il n'y a pas de rĂšgle, Ă  part quelques exceptions, (la confirment-elles?), il est rare qu'une personne traduise et pense mieux dans une autre langue que sa langue dite maternelle. Ce qui est bizarre, parfois, c'est que certaines personnes - qui ont eu un parcours linguistique trĂšs variĂ© - pour des raisons familiales, politiques ou / et Ă©conomiques se retrouvent avec 3 langues qu'elles parlent bien mais plus une qui soit la langue "indiscutable", si je peux me permettre cet oxymore, la langue dans laquelle les structures et nuances exactes viennent comme des rĂ©flexes. Elles ont une langue dans laquelle elles prĂ©fĂšrent parler, une dans laquelle il leur est plus facile d'Ă©crire...mais pas une assez nourrie pour ĂȘtre parfaite. Mais lĂ  encore toute gĂ©nĂ©ralisation est impossible. Cela dĂ©pend du travail de chacun, des lectures, de l'expĂ©rience professionnelle, du talent avec les mots. Une langue se cultive. Je n'apprendrai rien Ă  personne en disant qu'il y a des traducteurs qui ont un niveau de langue plus Ă©levĂ© dans une langue autre que leur langue maternelle que certains traducteurs dans leur propre langue. Mais il y a un autre aspect. Si la maĂźtrise de la langue - au niveau d'une langue maternelle - semble indispensable pour les textes oĂč le style est primordial (littĂ©raire/marketing/politique/social, etc), chaque domaine technique a un jargon - une langue - qui lui est propre et qu'il faut apprendre, en plus de sa langue maternelle. Et lĂ , les connaissances et l'expĂ©rience dans le domaine compensent facilement le handicap de l'absence de langue maternelle, Ă  condition d'avoir toutefois un trĂšs bon niveau dans les deux langues en question.

A quoi voit-on qu'on est bon ? C'est un gros problÚme - parfois subjectif. Je passe sur les problÚmes de fierté mal placée que d'aucuns peuvent avoir qui sont toujours
trÚs sûrs d'eux quelque soit ce qu'ils font qu'ils soient mauvais ou pas. C'est bien de ne pas doûter et de ne pas se torturer l'esprit. En matiÚre de traduction ce qui manque le plus c'est le "feedback" positif, des commentaires avertis et objectifs de pairs, d'agences ou de clients qui vous disent : c'était trÚs bien ou dans notre entreprise on appelle ça ainsi et, cela, se dit plutÎt comme ça.

En traduction, les agences disent rarement que c'est bien...peut-ĂȘtre de peur que l'on demande plus pour le prochain job. Vous savez : "il vaut mieux ne pas leur donner la grosse tĂȘte Ă  ces traducteurs ". Par contre, on ne vous rate pas quand il y a un problĂšme. La seule indication que l'on est satisfait de votre travail est que l'on vous rappelle. Ce qui peut se traduire vaguement par : "je ne suis pas si mauvais que ça" mais "je suis peut-ĂȘtre trĂšs bon"...comment savoir ? Pas vraiment possible avant que quelqu'un d'autre de compĂ©tent en la matiĂšre et de gentil ne vous dise : votre traduction Ă©tait "parfaite" (comprendre bonne, traduction et perfection Ă©tant difficilement associables). C'est en gĂ©nĂ©ral un client avec qui l'on aura Ă©tabli un bon contact ou un traducteur dĂ©sintĂ©ressĂ© qui a lu votre travail.

Tu en as déjà parlé mais l'on apprend beaucoup aussi sur ce que l'on vaut en faisant du proofreading et par le proofreading des autres... Mais certains choix et corrections sont subjectifs. Tout dépend du niveau du proofreader.

Arrive, aussi, un stade oĂč l'on est plus Ă  l'aise avec le texte - suivant le domaine et le style des documents - sur lequel on travaille. Quand on se relit et que l'on sent bien sa traduction. D'ailleurs, celle-ci est venue en douceur, sans douleur. Quand cela paraĂźt coulant et fluide et exact - si technicalitĂ©, il y a. C'est un peu comme la conduite. Reste ensuite Ă  ne pas ĂȘtre trop sĂ»r de soi pour ne pas devenir paresseux et prendre trop de risques ou devenir nĂ©gligent. Quand je rends une traduction, j'ai toujours l'impression d'ĂȘtre un Ă©tudiant qui rend sa copie Ă  un examen. Je peux sortir de la salle content en me disant : j'aurai une bonne note - ou pas trĂšs satisfait : il me manquait du temps, je n'ai pas bien su traduire ceci ou cela... Je peux ĂȘtre satisfait et avoir commis des erreurs sans m'en rendre compte. Je peux ĂȘtre moyennement content et m'entendre dire que c'Ă©tait bien... aucune certitude. Ca fait peur, parfois mal, mais c'est assez motivant.

Pour les tarifs, les agences amĂ©ricaines me donnaient entre 7 et 9 cents il y a 12 ans car j'Ă©tais dĂ©butant. Celles qui me contactent aujourd'hui me proposent entre 8 et 12 cents, parce que j'ai de l'expĂ©rience - 90% m'offrent entre 8 et 10 cents par mot parce qu'elles peuvent trouver moins cher ailleurs. De quoi se poser des questions non ? Qui travaillerait au mĂȘme salaire pendant 10 ans ? La clĂ© pour survivre c'est les clients directs.

Tout est une question d'exigence - Ă  son niveau personnel, au niveau de l'agence et du client final...

Je regrette aussi que le ton comme les discussions dérapent aussi facilement dans les fils. Quant aux glissements de sujet, cela semble la norme, ici... c'est sys...mique, la débla terre mutation permanente...

JL



[Edited at 2003-12-15 18:33]


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BTPLV  Identity Verified
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Non pas de glissement Dec 15, 2003

De grùce pas de glissement aprÚs les tremblements ! Laissons l'échelle de Richter afficher des valeurs plus modérées.
Je ne pense pas qu'il soit utile de se demander qui est meilleur ou moins bon, ou d'opposer diffĂ©rentes rĂ©gions du monde. Tous les marchĂ©s, depuis qu'il en existe, connaissent des gens plus ou moins compĂ©tents, plus ou moins honnĂȘtes (aussi bien parmi les clients que parmi les fournisseurs) et cela n'a jamais empĂȘchĂ© l'Ă©conomie de fonctionner. Tout comme les escrocs n'ont pas attendu la crĂ©ation de l'Internet ou de ProZ pour agir.
N'existe-t-il pas une autre raison aux problÚmes de baisse de tarifs ? J'ai récemment perdu un bon client (direct) qui me donnait du travail trÚs réguliÚrement depuis de nombreuses années. Sans autosatisfaction mal placée, je ne pense pas qu'il était mécontent de mon travail puisqu'il m'en redonnait trÚs réguliÚrement et que mes tarifs sont plutÎt élevés. Il a au moins eu le courage de m'inviter à le rencontrer pour m'expliquer le problÚme. Il m'a montré deux documents : l'estimation du nombre de mots à traduire annuellement et le bilan de l'entreprise. Un rapide calcul basé sur un tarif moyen (0.10) donnait un montant astronomique. En recommençant ce calcul en appliquant un petit prix (0.06), on obtenait encore un chiffre aberrant au regard de la trésorerie de l'entreprise.
Un ami qui travaille au sein d'une fĂ©dĂ©ration d'entreprises, m'a confirmĂ© que cela reflĂ©tait sans aucun doute la rĂ©alitĂ© de nombreuses sociĂ©tĂ©s. Je ne pense pas que tous les clients souffrent de pingrerie aiguĂ« ou de malhonnĂȘtetĂ© vicieuse. Je ne pense pas non plus qu'ils se fichent tous de la qualitĂ©. Ils se doutent trĂšs bien qu'ils risquent de ne pas obtenir une qualitĂ© exceptionnelle en sous-payant les traducteurs.
Je me souviens avoir provoquĂ© un incident lors d'une rĂ©union dans une Ă©cole de traduction bruxelloise, il y a longtemps. L'Internet n'existait pas et l'Europe avec un grand E Ă©tait en gestation. Le confĂ©rencier se rĂ©jouissait de la construction europĂ©enne qui devait entraĂźner l'explosion du volume de travail et, donc, du compte en banque des traducteurs. Comme il parlait de dĂ©buts trĂšs prometteurs, je lui avais demandĂ© si cela ne pouvait pas ĂȘtre aussi le dĂ©but de la fin.
Je pense que tu as entiĂšrement raison en voyant les clients directs comme une solution. Et aussi, peut-ĂȘtre, en ciblant une clientĂšle moins surchargĂ©e de textes.
Il faut savoir Ă©viter les mots pour Ă©viter les maux (pfffffffffff).

Bonne soirée,
Pierre


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
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Premiers glissements Dec 15, 2003

Salut


Je ne pense pas qu'il soit utile de se demander qui est meilleur ou moins bon,...]


Je n'ai pas cherchĂ© Ă  dire comment on pouvait dĂ©terminer qui est meilleur que qui. Je parlais plutĂŽt de ce besoin - humain -de savoir si "on" est bon - pour soi, pour se rassurer. Juste par souci de satisfaction du travail bien fait. Comme un peintre ou un poĂšte qui pond quelque chose et Ă  qui il ne "suffirait" pas de se dire, tout seul qu'il est bon, et de ranger sa mastur-toile dans son grenier ou son mastur-texte dans un tiroir. Lui peut se dire qu'il est gĂ©nial, tout seul mais, quelque part, Ă  moins d'avoir un grain ou alors d'ĂȘtre super sĂ»r de soi, je m'inquiĂšte, cette satisfaction solitaire ne suffira pas. Il aura besoin de demander ou du moins savoir ce que les autres en pensent. La part de subjectivitĂ© Ă©tant bien plus grande dans les domaines artistiques que dans la traduction (je sais, sauf dans le littĂ©raire et autres), si on lui dit que c'est nul ou que c'est gĂ©nial que doit-il en penser...que valent ces avis ? Les exemples abondent de talents incompris. Tout est lĂ . Savoir avoir confiance en son talent ou ses compĂ©tences, mais pas une confiance aveugle qui empĂȘche toute remise en question et / ou correction et amĂ©lioration.


d'opposer diffĂ©rentes rĂ©gions du monde. Tous les marchĂ©s, depuis qu'il en existe, connaissent des gens plus ou moins compĂ©tents, plus ou moins honnĂȘtes (aussi bien parmi les clients que parmi les fournisseurs) et cela n'a jamais empĂȘchĂ© l'Ă©conomie de fonctionner.



Je n'opposais rien - je me contente d'observer. Nous sommes d'accord.


Il existe des agences qui paient bien. Encore faut-il avoir la chance de travailler pour elles. FĂ©licitations Esther. Mais si, mais si, tu dois ĂȘtre une bonne terminologiste.... doublĂ©e d'une bonne traductrice, ou vice-versa. [Ouf ! Pfffew!]. Je l'ai Ă©chappĂ© belle. Cela peut dĂ©pendre du domaine, de la spĂ©cialisation et du degrĂ© de satisfaction de l'agence. Je n'ai pas dit que j'acceptais 8 cents - j'ai dit que l'on me les proposait.

C'est bien de travailler longtemps et Ă  de bons tarifs pour une agence ou un client. C'est l'idĂ©al des deux cĂŽtĂ©s. Mais il ne faut pas s'endormir sur "ces" lauriers. Etablir une loyautĂ© ou fidĂ©litĂ© rĂ©ciproque, c'est beau mais cela tient jusqu'Ă  quand ? Rien n'est acquis, ni sĂ»r. Jusqu'Ă  ce que l'agence ou le client trouve un traducteur 2 fois moins cher qui ne fait pas du mauvais travail et qui n'a pas su ou voulu demander cher. Deux fois moins cher en Ă©change d'un peu moins bien..."comprenez monsieur, c'est la conjoncture". Eh oui, nous avons Ă©tĂ© ravis de travailler avec vous pendant 10 ans, mais...". C'est le "bottom line" et avec le bottom line, si on veut ĂȘtre bien payĂ©, on l'a dans le ...

En ce qui concerne les clients directs.

C'est un sujet abordé par Sylvain et René. René, si je ne m'abuse, avait dit un truc bien. Il faut savoir perdre (passer) du temps à s'occuper de son marketing pour trouver des clients directs, ce qui est en fait un trÚs bon investissement sur le moyen terme, plutÎt que d'accepter des tonnes de boulot mal payées par peur de ne pas s'en sortir et se retrouver coincé dans ce cycle infernal de dépendance mal payée sur les agences.

Autre question sur les clients directs qui a fait l'objet d'un autre fil. Comment trouver des clients directs ? Ce Ă  quoi quelqu'un de Proz a rĂ©pondu en offrant - chĂšrement - des services de consulting/marketing, je ne crois mĂȘme pas que c'Ă©tait sur le ton de la plaisanterie. Comme quoi tout se perd sauf le nord...

Les clients directs c'est, parfois, les circonstances, le travail et le networking, c'est aussi se trouver un créneau, "a niche", une spécialité et concentrer son marketing, sa "formation continue" là-dessus, par exemple, plutÎt que de perdre son temps à envoyer des milliers de CV à des agences.

JL



[Edited at 2003-12-16 04:35]


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xxx00000000
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Dec 15, 2003



[Edited at 2003-12-17 00:27]


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Martine Etienne  Identity Verified
Belgium
Local time: 05:08
Member (2003)
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ouf, je croyais ĂȘtre trop stressĂ©e Dec 15, 2003

[quote]JLDSF wrote:

langues en question.
.


- Quand je rends une traduction, j'ai toujours l'impression d'ĂȘtre un Ă©tudiant qui rend sa copie Ă  un examen. Je peux sortir de la salle content en me disant : j'aurai une bonne note - ou pas trĂšs satisfait : il me manquait du temps, je n'ai pas bien su traduire ceci ou cela... Je peux ĂȘtre satisfait et avoir commis des erreurs sans m'en rendre compte. Je peux ĂȘtre moyennement content et m'entendre dire que c'Ă©tait bien... aucune certitude. Ca fait peur, parfois mal, mais c'est assez motivant.

>>>>C'est exactement ce que je ressens Ă  chaque fois et inconsciemment, j'attends un commentaire "nĂ©gatif" car les bons commentaires ne sont pas lĂ©gion. Heureusement, j'ai crĂ©Ă© des contacts avec plusieurs traducteurs dont deux personnes qui ne sont pas de langue maternelle française mais qui sont incollables sur tout ce qui est accords, grammaires etc... Ils sont Ă©tonnĂ©s que j'accepte leurs remarques sans me fĂącher. Il semblerait que le fait d'ĂȘtre "natif" et qui plus est de langue française fait que l'on accepte moins bien les corrections de 'non-natifs'. Pas trĂšs clair, n'est-ce-pas. En acceptant leurs remarques, j'accepte chaque fois de m'amĂ©liorer grĂące Ă  eux et au moins, j'attends le commentaire sans stress et quand, parfois, il n'y a pas de remarque et que l'on me dit "Pas de nouvelles, bonnes nouvelles", je m'accorde quelques secondes d'auto-satisfaction. Quel mĂ©tier fabuleux!!!


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GeneviĂšve von Levetzow  Identity Verified
Local time: 05:08
Member (2002)
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La qualité... Dec 15, 2003

Avoir des doutes est relativement normal.

Mais savoir à qui sont destinées les traductions, permet de se sentir plus en sécurité.

Je pense tout de mĂȘme que si nos clients reviennent rĂ©guliĂšrement, les travaux que nous leur rendons, ne doivent pas ĂȘtre si minables.

Et j'aurais de grands problĂšmes Ă  louer les qualitĂ©s de mes travaux. C'est une question de style personnel. Je ne mentionne pas non plus ma ponctualitĂ© ou mon respect des dĂ©lais (mĂȘme si je dois travailler toute une nuit).

GeneviĂšve


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 05:08
Member (2003)
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On respire un bon coup... Dec 16, 2003

[quote]Martine Etienne wrote:

JLDSF wrote:

langues en question.
.


- Quand je rends une traduction, j'ai toujours l'impression d'ĂȘtre un Ă©tudiant qui rend sa copie Ă  un examen. Je peux sortir de la salle content en me disant : j'aurai une bonne note - ou pas trĂšs satisfait : il me manquait du temps, je n'ai pas bien su traduire ceci ou cela... Je peux ĂȘtre satisfait et avoir commis des erreurs sans m'en rendre compte. Je peux ĂȘtre moyennement content et m'entendre dire que c'Ă©tait bien... aucune certitude. Ca fait peur, parfois mal, mais c'est assez motivant.

>>>>C'est exactement ce que je ressens Ă  chaque fois et inconsciemment, j'attends un commentaire "nĂ©gatif" car les bons commentaires ne sont pas lĂ©gion. Heureusement, j'ai crĂ©Ă© des contacts avec plusieurs traducteurs dont deux personnes qui ne sont pas de langue maternelle française mais qui sont incollables sur tout ce qui est accords, grammaires etc... Ils sont Ă©tonnĂ©s que j'accepte leurs remarques sans me fĂącher. Il semblerait que le fait d'ĂȘtre "natif" et qui plus est de langue française fait que l'on accepte moins bien les corrections de 'non-natifs'. Pas trĂšs clair, n'est-ce-pas. En acceptant leurs remarques, j'accepte chaque fois de m'amĂ©liorer grĂące Ă  eux et au moins, j'attends le commentaire sans stress et quand, parfois, il n'y a pas de remarque et que l'on me dit "Pas de nouvelles, bonnes nouvelles", je m'accorde quelques secondes d'auto-satisfaction. Quel mĂ©tier fabuleux!!!


J'ai (presque) toujours la "boule au ventre" au moment de cliquer sur "envoyer" lorsque je livre une traduction, et si le téléphone sonne dans les heures qui suivent, je me dis "Ca y est, ils rappellent pour dire que c'était minable !".
Quel beau métier !


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Marie SERRA  Identity Verified
Local time: 05:08
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Rien n'est sûr Dec 16, 2003

Un bon moyen de ne pas trop "perdre de temps" en essayant de s'étalonner, c'est de parler avec d'autres traducteurs, en particulier les "non natifs", et de constater qu'on n'a souvent pas la réponse à leur question, et qu'il faut vérifier avant de parler. Un enrichissement mutuel satisfaisant.
Les Kudoz sont aussi, pour moi, un bon moyen de "frotter" mon savoir et mes "interprétations" à ceux des autres. C'est là aussi un investissement.


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TTV  Identity Verified
France
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Des clients directs, des agences, de ProZz, des tarifs et des ratons-laveurs Dec 16, 2003

JLDSF wrote:


En ce qui concerne les clients directs.

C'est un sujet abordé par Sylvain et René. René, si je ne m'abuse, avait dit un truc bien. Il faut savoir perdre (passer) du temps à s'occuper de son marketing pour trouver des clients directs, ce qui est en fait un trÚs bon investissement sur le moyen terme, plutÎt que d'accepter des tonnes de boulot mal payées par peur de ne pas s'en sortir et se retrouver coincé dans ce cycle infernal de dépendance mal payée sur les agences.

Autre question sur les clients directs qui a fait l'objet d'un autre fil. Comment trouver des clients directs ? Ce Ă  quoi quelqu'un de Proz a rĂ©pondu en offrant - chĂšrement - des services de consulting/marketing, je ne crois mĂȘme pas que c'Ă©tait sur le ton de la plaisanterie. Comme quoi tout se perd sauf le nord...

Les clients directs c'est, parfois, les circonstances, le travail et le networking, c'est aussi se trouver un créneau, "a niche", une spécialité et concentrer son marketing, sa "formation continue" là-dessus, par exemple, plutÎt que de perdre son temps à envoyer des milliers de CV à des agences.

JL



[Edited at 2003-12-16 04:35]


J'ai suivi avec intĂ©rĂȘt vos diverses discussions, mais je n'ai pas eu le temps d'intervenir (des fois je sais pas comment vous faites, Ă©crire dans un forum ça me prends un temps fou, d'autre part il vaut mieux pour moi espacer car en gĂ©nĂ©ral ça ne me porte pas chance +:)

Concernant les clients directs, quand j'avais parlé de ça, c'était "l'objectif idéal à suivre". Malheureusement, je n'ai aucun client direct. Ce que j'ai eu dans ma carriÚre, je peux les compter sur les doigts d'une main!

En effet, je pense que le mĂ©tier de traducteur est assez opposĂ© Ă  celui de commercial. Si j'Ă©tais un bon commercial, je ferais autre chose, qui me permettrait de gagner plus de fric en moins de temps. Et si je suis traducteur, c'est aussi parceque je n'avais pas trop envie d'ĂȘtre commercial... Je sais ne pas ĂȘtre le seul dans ce cas. Le problĂšme c'est que plus on s'oppose au commercial, dans une sociĂ©tĂ© "commerciale", plus on se le reprend dans la gueule. Je m'explique: en tant qu'indĂ©pendant, on pense ĂȘtre "Ă  l'abri" des contraintes des entreprises, etc. En fait, c'est le contraire, on est en plein dans la "jungle capitaliste". Donc, il faut dĂ©fendre sa croĂ»te. Mais de lĂ  Ă  ĂȘtre le commercial "pur jus", c'est un peu dur! Quand Ă  trouver un commercial qui bossera pour vous, c'est de l'utopie (j'ai dĂ©jĂ  essayĂ© +:)

Donc exit les clients directs. Je n'ai donc rien contre les "intermédiaires" (je préfÚre ce mot à celui d'agences, car les intermédiaires sont aussi d'autres collÚgues traducteurs, des entreprises de services, etc.). Le tout, c'est qu'ils prennent une marge raisonnable, et c'est là que le bùt blesse.

Pour s'en sortir avec les intermédiaires donc, il y a trois impératifs à suivre 1) viser la qualité 2) ne pas brader ses tarifs 3) viser la qualité.

Moi, j'ai toujours Ă©tĂ© plus douĂ© pour 1) et 3) que pour 2), et je sais que je ne suis pas le seul. Pour en venir Ă  ProZzz, je pense effectivement, comme d'autres, que ce n'est pas lĂ  qu'on trouve MAJORITAIREMENT des intermĂ©diaires qui vous payeront correctement, mais ça arrive aussi (plutĂŽt dans la catĂ©gorie des "collĂšgues traducteurs-agences). Comme je l'ai dĂ©jĂ  dit, je trouve donc MAJORITAIREMENT mes "bons" clients ailleurs, et tout bĂȘtement en envoyant des mails et des CVs et en tĂ©lĂ©phonant.

Maintenant, je ne connais pratiquement aucun intermédiaire qui vous payera d'emblée à un bon tarif. Il faut donc d'abord lui prouver qu'on est "bon", et qu'une traduction faite par un bon traducteur à un bon tarif sera finalement meilleure et éventuellement moins coûteuse qu'une traduction faite à bas tarif par un traducteur moyen et révisée, selon la mode actuelle, par un traducteur tout aussi moyen. Quand l'intermédiaire a compris ça, et un certain nombre d'entre eux le comprenne, vous pouvez imposer votre tarif.

Maintenant, concernant Prozz, et sur la durĂ©e (ça fait plus d'un an maintenant que j'y traĂźne ...), je constate un effet curieux: les offres de travaux y sont presque toujours inintĂ©ressantes, mais par contre, le fait de cotoyer beaucoup d'autres traducteurs, dans les KudoZ les forums et les mails, m'a rendu plus fort. Je n'accepte plus maintenant de travailler Ă  des tarifs infĂ©rieurs Ă  mon minimum, sous prĂ©texte, "qu'on va vous donner du boulot rĂ©guliĂšrement", etc. Je n'accepte plus d'ĂȘtre payĂ© Ă  plus de 30 jours (lĂ  aussi, grande blague, la MAJORITE des agences se font payer souvent Ă  bien moins que 30 jours, les 60 jours fin de mois et autres fadaises n'ont aucune justification). Je refuse de prendre 30 pages le vendredi soir pour le lundi matin, Ă  moins d'une majoration et encore, ou 20 pages l'aprĂšs-midi pour le lendemain, etc., etc. Donc, je le dois en partie Ă  Prozzz (je vous ai dit que je n'aimais pas les "com")... et Ă  vous!

Et les ratons-laveurs? ils vont bien merci.

A+, mĂȘme Ă  un tarif correct, il faut beaucoup bosser dans ce mĂ©tier pour s'en sortir!


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Sylvain Leray  Identity Verified
Local time: 05:08
Member (2003)
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Un glissement... imperceptible Dec 16, 2003

TTV wrote:

Le problĂšme c'est que plus on s'oppose au commercial, dans une sociĂ©tĂ© "commerciale", plus on se le reprend dans la gueule. Je m'explique: en tant qu'indĂ©pendant, on pense ĂȘtre "Ă  l'abri" des contraintes des entreprises, etc. En fait, c'est le contraire, on est en plein dans la "jungle capitaliste". Donc, il faut dĂ©fendre sa croĂ»te.



J'ai pensé un jour ouvrir un fil à ce sujet mais je me suis dit qu'on verserait vite dans la "politique" et qu'il vaudrait mieux éviter.
Comment en effet concilier le cÎté "frondeur" de la plupart des travailleurs indépendants avec les exigences du statut de chef d'entreprise ?

Nous nous retrouvons un peu le cul entre deux chaises, car dans notre entreprise, nous sommes à la fois directeur et femme de ménage, commercial et comptable, ...et accessoirement traducteur

Si je me suis mis à mon compte, c'est en partie parce que je voulais, comme nous tous, avoir mon indépendance et ne pas avoir à rendre de comptes à qui que ce soit.
Mais il est intĂ©ressant aujourd'hui de voir les choses depuis l'autre cĂŽtĂ© de la barriĂšre. Alors que je n'ai auparavant jamais compris ni acceptĂ© les "patrons" et l'esprit d'entreprise (au sens "politique" trĂšs trĂšs large), je me retrouve aujourd'hui sur mon fauteuil de directeur/commercial et j'avoue qu'en un an beaucoup de mes opinions "toutes faites" en ont pris pour leur grade. Et mĂȘme si je ne porte toujours pas mes anciens patrons dans mon coeur, je comprends mieux maintenant...
Certains de mes amis sont d'ailleurs effarĂ©s quelquefois et seraient prĂȘts Ă  me taxer de haute trahison...

"Mettez-vous à votre compte et vous comprendrez", voilà ma réponse. Je sais bien qu'elle ne leur explique rien, mais je crois que c'est vrai, je n'aurais jamais imaginé il y a un an avoir une appréhension de la politique économique (au sens large ) comme celle que j'ai aujourd'hui.
Malgré tout, je tente de rester "intÚgre", je ne pense pas faire de vrais compromis, en tout cas je ne me mens pas, ni aux autres.
Je m'exprime trÚs mal, je sais, mais je ne veux pas aborder trop concrÚtement ce sujet délicat.
Simplement pour dire que c'est extrĂȘmement enrichissant d'essayer de concilier un certain esprit "rebelle" aux exigences de notre position.

Je dévie beaucoup du sujet, désolé, mais la remarque de René m'a interpelé.
Bonne journée à tous,
Sylvain

[Edited at 2003-12-16 14:05]


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Emmanuelle Riffault  Identity Verified
Germany
Local time: 05:08
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+ ...
C'est bon de ne pas ĂȘtre seule Dec 16, 2003

Tant pis, on dérive un peu mais notre camarade d'outre-Atlantique l'avait prévu

C'est bon de se rendre compte qu'on est tous confrontĂ©s aux mĂȘmes inquiĂ©tudes et aux mĂȘmes choix.

J'ai travaillĂ© en Ă©tablissements scolaires, en entreprise. Je me suis mise Ă  mon compte, entre autre, pour ĂȘtre indĂ©pendante gĂ©ographiquement sans avoir Ă  recommencer depuis le dĂ©but Ă  chaque dĂ©mĂ©nagement.
Et surtout, SURTOUT, parce que j'en avais ras le bol de dĂ©pendre de personnes (collĂšgues ou supĂ©rieurs) qui n'en avaient rien Ă  f... de leur boulot et qui m'empĂȘchaient de faire le mien de façon satisfaisante (auto-satisfaisante ???).

Bien trop consciencieuse, la Manue... (Et en plus, un peu parano : oh, si j'ai ce boulot, c'est qu'il y a anguille sous roche....)

Et le grand avantage que je vois aujourd'hui dans notre activitĂ© c'est que tous nos partenaires (agences ou autres) ont le mĂȘme objectif que nous et travaillent dans le mĂȘme sens : livrer un truc pas trop mal et Ă  temps. Dans d'autres boulots, croyez-moi, c'est diffĂ©rent.

Pour en revenir (finalement) au thĂšme de dĂ©part... Pour la santĂ© des chevilles et de la tĂȘte (pour lesquels un gonflement maladif est trĂšs dangeureux) il vaut peut-ĂȘtre mieux croire qu'un client revient parce que le prix est correct que parce que la derniĂšre traduction Ă©tait excellente : l'humilitĂ© est bien plus saine et permet de garder toute sa vigilance.

Tiens encore une couche.
J'ai l'impression de rencontrer, dans la vie, des types de personnes bien précis à intervalle plus ou moins régulier. Et il y a en un qui m'épate, ce sont les gens qui ne sont pas trÚs compétents, complÚtement ignorants de leurs limites mais qui ont un tel culot qu'ils réussissent tout ce qu'ils entreprennent.
Je suis admirative (c'est pas autant que je me considÚre compétente mais culot zéro)

Sur ce, bonne nuit

Emmanuelle ;O)

[Edited at 2003-12-16 22:25]

[Edited at 2003-12-16 22:26]


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GeneviĂšve von Levetzow  Identity Verified
Local time: 05:08
Member (2002)
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+ ...
J'en reste mĂȘme la bouche ouverte :) Dec 16, 2003

[quote]Emmanuelle Daburger wrote:

.
J'ai l'impression de rencontrer, dans la vie, des types de personnes bien précis à intervalle plus ou moins régulier. Et il y a en un qui m'épate, ce sont les gens qui ne sont pas trÚs compétents, complÚtement ignorants de leurs limites mais qui ont un tel culot qu'ils réussissent tout ce qu'ils entreprennent.
Je suis admirative
quote]

GeneviĂšve


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Susana Galilea  Identity Verified
United States
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Non mais dites donc... Dec 16, 2003

Emmanuelle Daburger wrote:
Bien trop consciencieuse, la Manue... (Et en plus, un peu parano : oh, si j'ai ce boulot, c'est qu'il y a anguille sous roche....)



Va falloir organiser un p'tit groupe de soutien, hein ?

Quelque chose du genre Meticulous Anonymous

Amitiés,

Susana Galilea
Accredited Translator, EUTI
sgalilea@ispwest.com
www.accentonspanish.com


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
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Bouche fermĂ©e, je secoue la tĂȘte :-) Dec 16, 2003

Que de bonnes dérives. Ca fait plaisir. Un bel échange d'idées et d'impressions et d'expériences.

Merci René et Sylvain pour vos commentaires si réels et pertinents sur ces autres aspects et considérations du boulot de traducteur freelance, indépendants et à la pige, comme j'ai lu récemment.

Merci Ă  tous - attention je ne pontifie pas - pour ce partage d'expriences, de sensations et d'Ă©motions...

La chance et le culot peuvent toujours aider dans la crĂ©ation d'une entreprise, comme une certaine dose d'ambition saine et une bonne confiance en soi et ses possibilitĂ©s. Mais, je ne resterais pas bĂ©at d'admiration devant quelqu'un qui ignore ses limites et n'est pas trĂšs compĂ©tent. Au plus, je secoue la tĂȘte dubitativement ou alors avec une envie ambigue. Ca me rappelle ce gars au lycĂ©e - qui avait deux ans de plus que "nous autres", beau gosse et viril, favoris et guitare Ă©lectrique, (bon, d'accord, aussi une Yamaha 125 alors qu'on avait une mobylette). Il Ă©tait sĂ»r de lui, je ne lui voyais aucune limite, il faisait des coups pendables et amusants, pas bon en classe, traitait les nanas et ses nanas (qui dĂ©filaient) comme de la marchandise et elles Ă©taient toutes folles de lui... Vu de nos 17 ans, on l'enviait en se disant, ouais mais on est moins con mĂȘme pas vrai, sorti des cours ! Belle jambe...:-). En tout cas, je n'en connais pas avec ces caractĂ©ristiques, "pas trĂšs compĂ©tents, complĂštement ignorants de leurs limites", qui aient rĂ©ussi ou rĂ©ussissent dans la traduction ou, du moins je dirais, en tant que traducteur... peut-ĂȘtre deviennent-ils des intermĂ©diaires


Et il y a en un qui m'épate, ce sont les gens qui ne sont pas trÚs compétents, complÚtement ignorants de leurs limites mais qui ont un tel culot qu'ils réussissent tout ce qu'ils entreprennent



Jean-Luc

[Edited at 2003-12-16 22:59]


[Edited at 2003-12-17 04:46]


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Thierry LOTTE  Identity Verified
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Mouvement d'Humeur Dec 17, 2003

Jean Luc de “Frisco” a Ă©crit :



C'est bien de travailler longtemps et Ă  de bons tarifs pour une agence ou un client. C'est l'idĂ©al des deux cĂŽtĂ©s. Mais il ne faut pas s'endormir sur "ces" lauriers. Etablir une loyautĂ© ou fidĂ©litĂ© rĂ©ciproque, c'est beau mais cela tient jusqu'Ă  quand ? Rien n'est acquis, ni sĂ»r. Jusqu'Ă  ce que l'agence ou le client trouve un traducteur 2 fois moins cher qui ne fait pas du mauvais travail et qui n'a pas su ou voulu demander cher. Deux fois moins cher en Ă©change d'un peu moins bien..."comprenez monsieur, c'est la conjoncture". Eh oui, nous avons Ă©tĂ© ravis de travailler avec vous pendant 10 ans, mais...". C'est le "bottom line" et avec le bottom line, si on veut ĂȘtre bien payĂ©, on l'a dans le ...



Je ne voulais pas intervenir sur ce fil, mais je suis trop en colĂšre pour ne pas le faire !

J’ai laissĂ© passer 15 jours, mais je suis toujours « Furieux » !...

Il y a deux semaines, donc, je reçois Ă  18h30 un appel sur mon « mobile » d’une agence française qui me demande 360 mots (Espagnol/Français) pour le lendemain 08h30. C’était une agence pour laquelle j’avais dĂ©jĂ  travaillĂ© Ă  plusieurs reprises et, reconnaissant la voix du « stagiaire » qui me « traite » d’ordinaire et gĂȘnĂ© par le haut niveau sonore de l’endroit oĂč j’avais pris l’appel (Gran Via – une des avenues les plus bruyantes de Barcelone) je demande brutalement : « Combien ? » : « 0.04 centimes le mot source comme indiquĂ© dans la base de donnĂ©es vous concernant
 ».
Je rĂ©ponds – peut ĂȘtre un peu nerveusement – que :

1/- 14 Euros pour une agence qui paye, par chĂšque, Ă  45 jours (fin de mois) ne couvraient mĂȘme pas mes frais ( + de 10 euros de frais d’encaissement sans compter 6 semaines de dĂ©lais pour que la banque – La Caixa – crĂ©dite mon compte) et qu’en plus, cet aimable stagiaire Ă©tait incapable de me prĂ©ciser le sujet de la traduction en question ( « je sais pas, c’est tout Ă©crit en espagnol
 ! »).

2/- Je dĂ©clinais son offre si gĂ©nĂ©reuse et l’invitais Ă  rĂ©actualiser sa « base de donnĂ©es », nos prĂ©cĂ©dentes collaborations s’étant effectuĂ©es sur d’autres bases
 (« Bon ! j’vais voir
 ! »)

Le jour suivant, je recevais un courriel du directeur de l’agence me disant Ă  peu prĂšs qu’ayant « refusĂ© » une traduction alors que mon « tarif de base » Ă©tait de 0.04 Euros il me « rayait » de la liste des traducteurs de l’agence


Je l’ai trĂšs mal pris (j’avais travaillĂ©, factures Ă  l’appuis, pour cette agence Ă  7 reprises pour des tarifs jamais infĂ©rieurs Ă  0.07 € et parfois – Ă  deux reprises pour des traductions du Catalan au Français manuscrit (fichiers PDF et en plus sur un sujet « MĂ©dical» – pour 0.10 € ce qui ne me paraĂźt pas cher..) et je me suis montrĂ© trĂšs dĂ©sagrĂ©able dans ma rĂ©ponse (je sais que j’ai eu tort
).

Ce qui m’a particuliĂšrement rendu « fou » c’est que cette personne m’a donnĂ© l’argumentaire suivant : « Vous habitez l’Espagne et aucune agence espagnole ne paye plus de 0.05 € le mot source
 ».

Je ne savais pas que la « Mondialisation » Ă©tait Ă  moins de 1000 kilomĂštres de chez moi
(Barcelone).
Il s’agit pourtant d’une agence française importante disposant de nombreuses succursales et avec laquelle je travaillais depuis deux ans


Le pire, c’est que cette attitude tend Ă  se gĂ©nĂ©raliser : il y a Ă©galement environ trois semaines, une autre agence française m’a refusĂ© un tarif de 0.07 € en me rĂ©pondant « Alors ! Vous voulez toucher plus que je ne facture Ă  mon client ?? »

Je suis dĂ©solĂ© d’habiter l’Espagne : j’ai l’impression d’ĂȘtre un traducteur du « Tiers Monde » : ce n’est pas que je refuse de traduire pour les agences espagnoles pour 0.05 € (je l’ai fait quelques fois pour des agences qui, par le passĂ©, m’ont proposĂ© des tarifs raisonnables et ce, Ă  titre de « renvois d’ascenseurs » pour les « sortir d’affaire » dans un cas urgent et difficile) mais je ne voudrais pas que cela devienne une « norme ».

Je vois sur notre bien aimĂ© site « ProzaC » de nombreux traducteurs de talent dans la paire Français/Espagnol/Français (de Barcelone, d’Alicante, de Madrid, de Bilbao et autres
) et j’aimerais bien savoir comment ils s’en tirent
 Ceux qui ne souhaitent pas rĂ©pondre sur ce Forum peuvent me contacter directement


Je ne prĂ©tends pas ĂȘtre aussi talentueux que certains spĂ©cialistes (je pense plus particuliĂšrement Ă  un traducteur juridique de la rĂ©gion de Valence et Ă  un traducteur technique – entre autres – de la rĂ©gion de Barcelone) mais j’aimerais bien savoir s’ils acceptent 0.05 € le mot source : qu’ils me contactent – en privĂ© – et, selon leur opinion, j’essaierai de rĂ©Ă©valuer ma position commerciale afin de voir si je ne suis pas trop “prĂ©tentieux” dans mes tarifs


DĂ©solĂ© pour ce “mouvement d’humeur” mais, ProzaC sert aussi Ă  ça



[Edited at 2003-12-17 03:27]


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