Origine des Langues
Thread poster: Thierry LOTTE

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Origine des Langues Dec 20, 2003

Voici un article assez “trapu” paru dans Courrier International nº 685 et traduit par ses soins.

Moi, j’ai pas encore tout compris (Claude Hagège, au secours !) mais je suis certain que beaucoup parmi vous le trouveront intéressant :

www.courrierinternational.com




Selon une étude controversée qui fait appel aux méthodes dernier cri des biologistes de l'évolution, la langue mère des 144 langues indo-européennes se parlait en Anatolie il y a plus de huit mille ans.

SCIENCE
Washington

Depuis que sir William Jones, fonctionnaire britannique, constata en 1786 de nettes similitudes entre des langues telles que le grec, le sanskrit et les parlers celtes, les linguistes sont partis du principe que la plupart des langues d'Europe et du sous-continent indien dérivaient d'une seule langue mère. Reste à savoir quand et où cette langue première était parlée, ce qui fait encore aujourd'hui l'objet de débats acharnés dans la communauté des experts.
Une nouvelle étude affirme que la racine commune aux 144 langues dites "indo-européennes", qui englobent l'anglais et toutes les langues germaniques, slaves et latines, est effectivement très ancienne. Dans une récente édition de la revue Nature, Russell Gray, biologiste spécialiste de l'évolution, et Quentin Atkinson, de l'université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, associent des méthodes de calcul dernier cri utilisées dans la biologie de l'évolution et une technique déjà connue pour la datation des langues, la "glottochronologie". A en juger par leurs résultats, on parlait le proto-indo-européen[PIE], il y a plus de huit mille ans, chez les peuples agriculteurs du néolithique en Anatolie. "C'est trop beau pour être vrai", déclare Margalit Finkelberg, spécialiste des langues anciennes de l'université de Tel-Aviv qui a longtemps défendu ce que l'on appelle l'hypothèse anatolienne. Mais beaucoup de linguistes penchent en faveur d'une autre théorie, qui fait remonter les langues indo-européennes aux cavaliers de culture "kourgane" [du nom de leurs tertres funéraires ; cette civilisation dite de Serednij-Stog est à l'origine de la domestication du cheval], dans le sud de la Russie, il y a quelque six mille ans. "Je ne peux pas accepter ces résultats", assène Craig Melchert, de l'Université de Caroline du Nord. Il ajoute que l'article "ne fait que confirmer une fois encore l'absence de fiabilité de tout modèle glottochronologique, en dépit de toutes les améliorations que l'on peut y apporter".
La glottochronologie se fonde sur le pourcentage de "mots apparentés", ayant des racines communes, pour déterminer à quand remonte la différenciation des langues. Ainsi, les mots sanskrit et latin pour le feu, respectivement agni et ignis, ont manifestement une origine commune. Mais cette méthode a toujours eu de nombreux détracteurs, entre autres parce qu'elle s'appuie sur l'assertion, infondée, que la forme des mots évolue à un rythme régulier. Russell Gray et Quentin Atkinson l'ont ressuscitée à l'aide de puissantes techniques statistiques auxquelles ont aujourd'hui recours les biologistes, qui s'en servent pour établir les arbres de l'évolution d'organismes vivants. Ces techniques comprennent la méthode de vraisemblance maximum [qui permet par exemple d'obtenir la meilleure probabilité qu'un mot soit issu d'un autre en faisant varier différents paramètres] et le lissage des taux, qui prévoit la variabilité du taux des modifications phonétiques subies par les mots étudiés. Les membres de l'équipe ont ensuite appliqué leur méthode à une base de données compilée par Isidore Dyen, linguiste de l'université Yale. Ce fonds se compose de 2 449 séries de mots apparentés issus de 87 langues indo-européennes. Ils y ont ajouté le hittite, langue morte d'Anatolie, et le tokharien A et le tokharien B, autrefois parlés dans l'ouest de la Chine.
Ils ont eu beau changer les paramètres, comme le taux de modification des mots ou la longueur des branches dans certaines parties de l'arbre, ils sont arrivés à peu près au même résultat : les langues indo-européennes se seraient différenciées il y a sept mille huit cents à neuf mille huit cents ans, l'estimation la plus sûre situant cette date à huit mille sept cents ans. "Nous avons fait tout ce que nous avons pu, mais nous ne sommes parvenus à aucune date [plus récente]", explique Russell Gray. De plus, l'analyse démontre que le hittite ancien serait la langue la plus proche de la racine de l'arbre, confirmation éclatante de l'hypothèse anatolienne.
"Ces conclusions coïncident avec celles auxquelles ont abouti des partisans de la théorie anatolienne... en passant par des voies indépendantes", explique Margalit Finkelberg. D'autres vantent les mérites de cette nouvelle technique ambitieuse. "Les méthodes de calcul de ce type ne peuvent qu'aider la recherche en linguistique historique", déclare la linguiste April McMahon, de l'université de Sheffield, au Royaume-Uni.
Reste que certains chercheurs remettent en question les fondements de l'étude. "Les caractéristiques des langues et les séquences biomoléculaires n'évoluent pas du tout de la même façon", constate Tandy Warnow, informaticien de l'Université du Texas, à Austin. Russell Gray et Quentin Atkinson "ont eu recours à des techniques qui ne sont pas adaptées à leurs données". Le linguiste Don Ringe, de l'Université de Pennsylvanie, souligne que toute l'étude repose sur la base de données d'Isidore Dyen, qui retrace les modifications lexicales, mais pas les changements grammaticaux ou de construction. "Ce sont les données les moins fiables pour édifier un arbre linguistique", assure-t-il.
La discussion fait donc rage tant au sujet des résultats que de la méthode employée. De leur côté, Russell Gray et Quentin Atkinson proposent un compromis : ils ont identifié une différenciation rapide il y a environ six mille cinq cents ans, qui a donné naissance aux familles de langues latine, celte et balto-slave, soit très proche de l'expansion des kourganes. Par conséquent, écrivent-ils, les hypothèses anatolienne et "kourgane" "ne s'excluent pas obligatoirement l'une l'autre".




Michael Balter







Courrier International
18/12/2003, Numero 685



[Edited at 2003-12-20 18:36]


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Harry Bornemann  Identity Verified
Mexico
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Une autre histoire Dec 20, 2003

Cela me rappelle l'anecdote d'un Chinois qui étudia en Europe il y a quelques cent ans. Un jour, il trouvait dans une librairie un livre "L'histoire du monde" qui commença par le vieux testament et par le monde des Grecs et des Romains . Et il demandait étonné : Que faites-vous donc là ? Vous appellez ce livre "L'histoire du monde" et la Chine n'y est même pas mentionnée ?

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