Traduction et droits d'auteur: Ça chauffe !
Thread poster: Catherine GUILLIAUMET

Catherine GUILLIAUMET  Identity Verified
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Feb 21, 2012

Bonjour,

Effectivement, en matière de traduction littéraire et d'édition, ça chauffe dur en France !


Avec, entre autres, des durées de "protection" (comprendre : de "possession"!) de droits d'auteur à géométrie variable, un mépris total de l'évolution des langues et des esprits, on en arrive à cette aberration: posséder les droits sur une première traduction interdit toute autre traduction !

Heureusement qu'il n'y a pas de droits d'auteur sur la Bible, pour ne citer qu'elle ! Sinon on aurait une belle brochette de contrevenants à travers les siècles et des procès éternels.

Il serait temps que tout cela évolue.

Je cite les propos d'un internaute anonyme inspiré - repris dans l'article de ZDNet.fr :

"le problème des traductions est qu'on peut les discuter, et estimer qu'elles desservent l'oeuvre originelle. Gallimard dort ainsi sur un matelas de traductions surranées de classiques étrangers, qui non seulement lui rapportent de beaux revenus mais en plus interdisent au lecteur l'accès à la réalité des oeuvres.

(...) C'est le cas avec le Vieil homme et la mer à la sauce Jean Dutourd que le même éditeur inflige à tous ceux qui ne peuvent le lire dans l'original. Le problème de la traduction, c'est que le texte traduit est un autre texte que le texte originel, dont il porte une une vision parmi d'autres qu'au prétexte d'être détenteur des droits l'éditeur nous impose, même quand elle est à l'évidence erronée ou dépassée. Et cela, littérairement parlant, c'est un coup de force que la règle de droit actuelle protège abusivement."


Voir : http://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/droit-d-auteur-gallimard-fait-retirer-l-edition-numerique-d-une-nouvelle-traduction-d-hemingway-39768778.htm#xtor=EPR-100

PS: Comme d'hab, Hemingway se fait encore remarquericon_wink.gif

Bonne journée

Catherine


 

David Wright  Identity Verified
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Local time: 21:25
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Texte de la loi? Feb 21, 2012

J'aimerais bien voir d'où vient:

'posséder les droits sur une première traduction interdit toute autre traduction'

Cela peut être la suite des accord entre auteur et èditeur, mais je ne pense pas que la loi s'interprète ainsi. Je me demande aussi si un transfert exclusif du droit de traduction ne soit interdit par les lois concernant la competition et les monopols.


 

Adrien Esparron
Local time: 21:25
Member (2007)
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Cela ne chauffe pas qu'en traduction Feb 21, 2012

Salut Catherine, bonjour à tous,

Je tombe en répondant sur le commentaire de David. C'est juste : rien n'interdit de retraduire et c'est assez fréquent. Se pose cependant une vraie question : si un éditeur a les droits jusqu'en 2047, il devrait être consulté sur la possibilité de commercialiser, ou de gratuiser, une nouvelle traduction chez lui ou ailleurs.

Que l'on se fasse plaisir à faire "mieux" qu'un autre est une chose, que l'on viole des droits en est une autre. L'erreur de notre bon traducteur est d'avoir fait preuve d'une totale naïveté. Si c'était volontaire, ce n'est pas bien flatteur.

Quand je dis "ailleurs", c'est bien évidemment sur le Web, cas du propos actuel. Si cela avait été sur papier (qui aurait oser publier ?), cela serait passé au pilon, là c'est passé par la touche SUPPR.

Tout n'est cependant pas possible, même pour le libertaire que je suis.

Un exemple assez frappant de la non maîtrise de l'Internet par ceux qui pensent que tout y est permis est celui de "La carte et le territoire", prix Goncourt 2011, où le lauréat a pompé du Wikipédia sans sourciller (qualité littéraire de haut niveau assurée, bien entendu).

L'affaire a fait long feu, mais la risposte a été quasi immédiate : un site a publié le roman en PDF sur Internet. Cela pèse 1094 Ko. La raison est, si je me souviens bien, que si l'on fait du collaboratif, ce n'est pas à sens unique. Dans ce genre-là.

Mais notre écrivain a commis encore plus moche : il a piqué le titre d'un bouquin à compte d'auteur déposé à la BNF :

http://www.actualitte.com/actualite/zone-51/inenarrable/la-carte-et-le-territoire-houellebecq-s-est-approprie-mon-titre-21392.htm

Non seulement l'auteur du titre n'a évidemment rien touché de son livre (le compte d'auteur c'est pour se faire plaisir (Gide a commencé come cela)) non pour gagner des sous puisque cela en coûte.

C'est dans le monde de l'édition qu'il y a quelque chose de pourri, mon cher Omelette, mais cela on le savait depuis Beaumarchais, qui pensait bien faire en inventant le droit d'auteur. Noble cause, qui affranchit les créateurs des mécènes, mais en font des objets commerciaux et pas nécessairement culturels.

Bien belle journée !

Olivier


 

Catherine GUILLIAUMET  Identity Verified
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Jouer sur les mots, ou l'hypocrisie légale Feb 21, 2012

OK, une première traduction n'interdirait pas formellement des traductions ultérieures.
J'approuve des 20 doigts cette affirmation.

Là où ça ne va plus, c'est que lorsqu'un éditeur achète des droits de traduction, il en acquiert le bénéfice exclusif, ce qui devrait être interdit car on ne saurait s'approprier la pensée et ce qui, par définition, bloque en pratique toute autre publication d'une traduction différente par un autre éditeur.

Alors, oui, l'existence d'une première traduction interdit toute autre traduction.

Je n'approuve pas la mise à disposition gratuite d'une œuvre pendant la durée de validité des droits d'auteur (de l'auteur original), et je suis bien d'accord avec Olivier sur ce point. Le cas prétexte à cette discussion est en effet litigieux à cet égard.

Mais une nouvelle traduction devrait pouvoir être autorisée, moyennant paiement de droits à l'auteur / éditeur original ou à leurs ayants droit, et pas à l'éditeur/auteur de la première traduction, puisque pour faire une 2ème ou une 3ème traduction, on n'utilise pas la première (sinon : plagiat).

C'est en fait cette exclusivité absurde qui est à bannir.

J'adore lire différentes traductions de la Bible, c'est très intéressant de comparer, et je veux pouvoir en faire autant s'agissant de littérature.

Belle journée à vous aussi
Catherine


 

David Wright  Identity Verified
Austria
Local time: 21:25
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Propriété intellectuelle est quand même propriété Feb 21, 2012

L'éditeur qui achète le droit de faire une traduction fait un investissement - il paie les droits, il paie le traducteur, il a les frais de l'imprimerie etc. Il veut naturellement s'assurer que ces investissements s'amortisent. Donc il achète le droit exclusif. C'est dommage si la traduction est mauvaise, mais finalement c'est un phénomène (les droits exclusifs) qu'on rencontre partout dans la domaine de la propriété intelllectuelle. Sauf abandonner le principle de propriété intellectuelle tout à fai, qui est une possibilité, mais une qui rendrait la vie des créateurs bien difficile, il n'existe guère de solution.

 

Adrien Esparron
Local time: 21:25
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C'est le bon sens Feb 21, 2012

Catherine GUILLIAUMET wrote:

Mais une nouvelle traduction devrait pouvoir être autorisée, moyennant paiement de droits à l'auteur / éditeur original ou à leurs ayants droit, et pas à l'éditeur/auteur de la première traduction, puisque pour faire une 2ème ou une 3ème traduction, on n'utilise pas la première (sinon : plagiat).



Peut-être est-ce le bon sens, mais ne connaissant pas le contrat initial, je ne peux commenter plus avant...

Si le nouveau traducteur qui nous préoccupe ici avait fait preuve d'un minimum de lucidité, il aurait peut-être trouvé une solution avec l'éditeur de la première traduction avec les bons arguments littéraires et financiers à la clé. Proposer une nouvelle version peut s'avérer très intéressant pour l'éditeur, même s'il la transfère à un autre. Tout contrat est à même d'être amendé si utile.

Question plagiat, nous avons quelques récents cas d'école et notamment l'un concerne une bio d'Hemingway. Vous avez dit bizarre ? Comme c'est étrange...

Olivier

http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-plagiat-de-ppda_949676.html

[Modifié le 2012-02-21 15:07 GMT]


 

Catherine GUILLIAUMET  Identity Verified
Local time: 21:25
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Toujours dans la série "y'a l'feu dans la maison littéraire"... Feb 22, 2012

Bonjour,

Un collectif d'auteurs et de traducteurs fait sécession et la joue façon les révoltés du Bounty.

Pensez donc, ils refusent d'être numérisés !

Pas de langage binaire dans leurs œuvres !

Certains diront peut-être qu'ils refusent le progrès et marchent à contre-courant au nom d'un droit d'auteur désuet. Pas si sûr ...

Voir sur Clubic.com :
http://www.clubic.com/livre-electronique/actualite-477024-numerisation-livres-indisponibles-editeurs-font-pression.html


Bonne journée
Catherine


 

Adrien Esparron
Local time: 21:25
Member (2007)
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Situation bien complexe s'il en est Feb 22, 2012

Salut Catherine, bonjour à tous,

Glouglou a été le premier à foutre les pieds dans le plat et les abus pratiqués devaient être dénoncés. Ce fut fait, avec effet ou pas, je ne sais pas. La BNF de son côté numérise également. Maintenant Europeana est dans la foulée. Il y en a de toute évidence bien d'autres.

Où est le problème ?

En fait il y en a des quantités.

Numériser pour mémoriser ?

Numériser pour remplacer le papier ?

Numériser pour lire à l'écran / tablette ?

Et plein d'autres considérations.

Je connais bien La Martinière, par le biais des Éditions du Seuil, et je pense qu'ils n'ont pas vraiment tort.

Le collectif, dont je respecte le point de vue, ne me semble pas avoir bien compris qu'un livre épuisé ne se vend plus (gag) et que l'auteur ne va de ce fait plus toucher le moindre doublezon (monnaie Boris Vian) en droits d'auteur.

Pourquoi un livre épuisé n'est pas réédité est une question purement et trivialement économique et commerciale.

En revanche, s'il est donné une nouvelle vie binaire à ce qui pourrait raviver des droits d'auteur ne me semble pas une perspective tordue.

Reste à voir comment opérer, genre SACEM et autres assimilés.

Le numérique n'est cependant pas plus éternel que le papier. Une vraie maintenance n'est pas "gratuite" à terme.

Il va de soi que, personnellement, je ne vais pas lire Foenkinos sur écran, mais lui, il a des chances d'être réédité.

Si je télécharge un livre, de manière légale cela va de soi et payante (coucou HADOPI...) je vais me l'imprimer de manière à avoir du "papier" sous les doigts. Vieux jeu et ringard sans doute, mais je suis en effet très pour la numérisation de ce que ma bibliothèque locale n'aurait pas fait l'acquisition ou qui ne serait pas mis en vente d'occasion sur des sites marchands.

Grand beau ici,

Olivier


 


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