Evaluons-nous correctement la durée d'une tâche ?
Thread poster: Paul VALET (X)

Paul VALET (X)  Identity Verified
France
Local time: 15:44
May 16, 2014

D. Latrobe, dans "Gérer votre temps pour en gagner" (EST éditeur, 2004), estime que nous sous-évaluons de moitié la durée d'une tâche, avec une tendance à sous-évaluer lorsque la tâche est longue et à la surévaluer lorsqu'elle est courte.

Avez-vous des expériences dans ce sens ?

Je pense que dans la traduction, cela devient de moins en moins vrai avec l'expérience.

Mais j'ai souvent observé que cette remarque est vraie dès qu'il s'agit d'un travail annexe dont nous n'avons pas l'habitude. On entend dire alors : "Ça se fait en deux minutes!", ou "Je ne vais pas facturer pour ça!" ou "Je ne vais pas compter le temps passé là-dessus!"

En général, ce genre d'écart entre l'idée qu'on se fait du temps à passer et la réalité n'a guère d'importance pour un salarié, s'il n'est pas payé à la tâche. Pour un indépendant, ça se traduit par de la fatigue gratuite.

[Modifié le 2014-05-16 18:40 GMT]


 

Carola BAYLE  Identity Verified
France
Local time: 15:44
Member (2005)
German to French
+ ...
Tenir un journal de bord - est-ce la solution ? May 16, 2014

Je viens de lire la même réflexion dans un magazine de la presse féminine, qui conseillait justement de tenir un journal pendant une semaine et de noter toutes les tâches et le temps consacrées à celles-ci, du repassage aux courses, de la cuisine à la lecture des mails.

Dans notre domaine, je constate que les petits jobs de rien du tout, "juste 200 mots", me prennent plus de temps en proportion qu'un travail plus conséquent. Souvent, le client ou l'agence ne pense même pas que nous devons d'abord : regarder le texte, créer un projet ou ajouter le fichier à un projet existant, importer la dernière TM du client, vérifier, le cas échéant, les instructions typologiques de ce dernier (je travaille beaucoup pour la Suisse), changer complètement de sujet (sortir d'une traduction technique par ex. pour traduire une newsletter, donc chercher les anciennes newsletter pour rester cohérent), etc.

Dans ces cas là, je me plante systématiquement sur la durée prévue pour la tâche, et donc du prix facturée, donc si c'est client régulier, je préfère même ne rien facturer que de le fâcher en facturant par rapport au temps réellement passé ou de facturer mon tarif minimum ce qui risque d'irriter ce client "fidèle" et ne correspondra en aucun cas au temps passé.

Dans d'autres cas, je préfère parfois décliner le job au lieu de me mettre en retard pour ce "mini job".


 

Paul VALET (X)  Identity Verified
France
Local time: 15:44
TOPIC STARTER
C'est représentatif de la réalité May 17, 2014

Carola BAYLE wrote:

Je viens de lire la même réflexion dans un magazine de la presse féminine, qui conseillait justement de tenir un journal pendant une semaine et de noter toutes les tâches et le temps consacrées à celles-ci, (...)

C'est un début incontournable. Mais à quoi cela servirait-il si nous ne sommes pas déterminés à facturer les temps de travail concernés ?

Dans notre domaine, je constate que les petits jobs de rien du tout, "juste 200 mots", me prennent plus de temps en proportion qu'un travail plus conséquent. (...)

Dans ces cas là, je me plante systématiquement sur la durée prévue pour la tâche, et donc du prix facturée, donc si c'est client régulier, je préfère même ne rien facturer que de le fâcher en facturant par rapport au temps réellement passé ou de facturer mon tarif minimum ce qui risque d'irriter ce client "fidèle" et ne correspondra en aucun cas au temps passé.


Mais alors nous fonctionnons à l'inverse du plombier ou de la société de dépannage qui ont la réputation de facturer un maximum les temps et frais annexes, quand bien même le cœur "technique" de leur intervention est marginal par rapport à l'ensemble de celle-ci. D'où des prix qui paraissent exorbitants, pour des indépendants qui vivent apparemment bien de leur métier. La vérité des coûts est de leur côté.

Comment se fait-il que nous ne sachions pas en faire autant, alors que nous avons souvent pour nous une légitimité acquise par des diplômes. N'est-ce pas dû à un déficit d'esprit gestionnaire ? A un refus de voir la réalité en face ? A une démission devant la perspective de défendre un prix raisonnable ?

Finalement, qui paie le temps passé non facturé, le conjoint salarié qui nous entretient ? L'état par des minima sociaux ? Nous-même par notre appauvrissement volontaire ?

[Modifié le 2014-05-18 06:23 GMT]


 


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