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A-t-elle eu tort ou raison ?
Thread poster: Bruno Magne

Bruno Magne  Identity Verified
Local time: 00:35
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+ ...
Nov 27, 2004

Vous avez sans doute vu au journal télévisé l'histoire de cette interprète du langage des signes de la télevision publique ukrainienne "disant" en direct et simultanément que ce que disait la présentatrice du journal était un tissu de mensonges.

Professionnellement parlant, elle a commis le pire des péchés puisqu'elle a "trahi" son client.

Moralement parlant, les choses peuvnet s'interpréter de plusieurs façons et c'est là dessus que j'aimerais entendre votre avis.

Nota bene: le fait que cela se soit passé en Ukraine n'a aucune importance pour le débat. C'est le fait seul qui doit importer. Merci donc d'éviter tout commentaire sur la situation politique dans ce pays. Sinon JCEC se sentira, à juste titre, en droit de "cadenasser" le fil.

Amicalement
Bruno Magne


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 03:35
Member (2001)
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+ ...
Tort Nov 27, 2004

Je pense qu'elle a eu tort.
Pour moi, c'est une "escroquerie" de sa part.
Jusqu'à présent (je ne fais que supposer car je l'ignore) elle avait bien interprété le message de son client, mensonger ou pas ? Non ?
Brusquement, le vent tourne, et l'on tâche de se dédouaner un peu... On voit ça depuis toujours, a chaque fin de guerre ou changement de régime.

Je pense que si le traducteur ou l'interpréte se met à "censurer" son client, il le trahit.
C'est donc une escroquerie caractérisée.



[Edited at 2004-11-27 16:20]


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Emérentienne
France
Local time: 03:35
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Trahir pour ne pas se trahir Nov 27, 2004

Bruno,

Tu poses là un débat de fond dont il est difficile de discuter sans déraper dans le politique au sens premier du terme : l'organisation des pouvoirs dans la cité. On peut donc effectivement s'extraire du contexte immédiat et "chargé" et débattre d'un acte que l'on qualifierait sans doute de désobéissance civile dans nos démocraties occidentales.

A-t-elle bien fait, la dame interprète des signes, en trahissant son "client" ? C'est très mal de trahir son client sauf que, ce faisant, elle a mis son job sur le billot et peut-être beaucoup plus que ça, je n'en sais rien - risque-t-elle d'être poursuivie ? de ne plus pouvoir exercer son métier ? d'être condamnée à payer une amende ou pire ?

C'est donc que son acte est un engagement public et total de sa personne. Elle en répond complètement. Or tu voudrais qu'on discute de la seule relation prestataire de service/client. C'est un peu étroit, il me semble.

Ce cas de figure, je devrais dire ce cas de conscience, se pose à des milliers de personnes tous les jours qui sont témoins de malversations diverses dans le public ou dans le privé et qui se taisent par peur des représailles, de la perte du job, de déplaire au patron, que sais-je encore.

Cette personne est peut-être une de ces femmes admirables qui devraient figurer sur le fil de Lolotte, une qui ose dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et dont le devoir de conscience ou le sens civique ou le sens moral, comme on veut, prend le pas sur le devoir professionnel. Je dis "peut-être".

Or, si je te comprends bien, mais je peux me tromper, tu voudrais opposer devoir professionnel (la fidélité au client) au devoir citoyen ou quelque chose comme ça. Je pose une autre question : peut-on être véritablement fidèle au client si l'on n'est pas d'abord fidèle à soi-même ? On peut sans doute, dans une certaine mesure, mais le goût du travail bien fait doit être vite perdu.

Cécile


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Agnès Levillayer
Italy
Local time: 03:35
Italian to French
+ ...
Exercice d'un droit Nov 27, 2004

Je ne connais pas le statut de la personne en question mais dans les articles de presse que j'ai trouvés, on parle de "présentatrice" pour les malentendants qui commentait les chiffres "officiels" visibles à l'écran. S'il s'agit donc d'une présentatrice appartenant à l'équipe de rédaction du JT ukrainien dont le travail est de s'adresser à un public particulier (pour lesquels elle élabore peut-être elle-même les données sans traduire en fait la mouture d'un ou d'une collègue journaliste) je ne me prononcerais pas sur le fait qu'elle a tort ou raison: elle a tout simplement exercé un droit sacro-saint de protester contre la censure (et il semble qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé ces jours-ci parmi les journalistes ukrainiens).

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co.libri
France
Local time: 03:35
German to French
+ ...
Impossible Nov 27, 2004

Or tu voudrais qu'on discute de la seule relation prestataire de service/client. C'est un peu étroit, il me semble.

Cécile



effectivement d'isoler la prestation du contexte politique.
Je vois mal comment on peut débattre de ce sujet dans ce fil sans y faire allusion.

Ce serait comme faire la traduction d'une phrase sans avoir le paragraphe ou le texte en entier (comparaison obligée)...


[Edited at 2004-11-27 17:15]


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:35
Member (2002)
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+ ...
Je transpose Nov 28, 2004

cet évènement à d'autres lieux, d'autres situations, en essayant de m'éloigner d'une référence géographique ou politique trop précise, et je vois deux autres anecdotes qui m'ont fait me poser des questions semblables.

À l'ONU il y a eu un vote. On s'attendait à ce qu'un pays vote en faveur et il a voté contre (je ne peux pas dire à quel sujet) et cela le mettait en position vulnérable économiquement, puisque des accords devaient être signés avec un gros pays qui voulait qu'il vote en faveur.
Gros scandale dans les sphères diplomatiques. Explication officielle : l'ambassadeur à l'ONU du petit pays a agi en son âme et conscience et a désobéi au Président de la République. Il perd son poste immédiatement. Je ne sais pas si l'ambassadeur a vraiment désobéi ou s'il n'a pas suivi des instructions, en tout cas je trouve inadmissible la version officielle. Un ambassadeur représente un gouvernement. Si le gouvernement ne lui convient pas parce qu'il ne se sent pas représenté ou qu'il ne veut pas être le porte-parole et représentant d'un gouvernement dont il ne soutient pas les prises de position, il n'a qu'à démissionner. Je suis d'accord sur le terme trahison pouvant aller même jusqu'à espionnage, parce que dans sa position il a accès à des informations privilégiées.

Je suis d'accord avec Cécile qui pose une question qui pourrait faire un sujet de philo au bac, à savoir "peut-on être véritablement fidèle au client si l'on n'est pas d'abord fidèle à soi-même". Au-delà du client, je le ramène à un contenu, à des idées...Peut-on être porte-parole (en tant que traducteur, interprète, ambassadeur, délégué, représentant...) d'un contenu que l'on réprouve ?
Je pense que cela dépendra de la personne, d'abord. Plus elle aura besoin de cohérence et plus cette idée lui semblera impossible. D'autres feront la part des choses en séparant idées personnelles et gagne-pain. Et d'autres représenteront un danger potentiel parce qu'ils tolèreront cette idée jusqu'au jour où quelque chose les fera changer d'avis. Et là je me retrouve avec Thierry qui dit que cette dame a changé de position brusquement.

Si je fais un parallèle avec mon rôle de modératrice, qui consiste à faire respecter les règles du site, par exemple, et qu'un jour je décide de les rompre ou de les critiquer, je me sentirai obligée moralement de démissionner avant de le faire.
Si je n'aime pas le contenu d'une traduction, je refuserai de la faire (avant de m'y être engagée) et si au cours d'une interprétation je suis prise de court par un discours que je n'aime pas, je continuerai d'interpréter ce que dit l'exposant, non pas par fidélité au client mais par respect du contrat, de l'engagement pris.
Évidemment tout ceci est lié à la liberté d'action, mais dans tous les cas exposés les personnes avaient la liberté de quitter le job avant de le perdre en guise de sanctions.

Je ne pense pas que cela représente du courage. Peut-être que cela montre du désespoir ou la volonté de figurer quelque part comme celui qui a osé. Mais il y en a qui osent sans tout casser.


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sylver  Identity Verified
Local time: 10:35
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Elle a eu... Nov 28, 2004

...du bol, si elle n'est pas en tôle.

A mon avis, il est impossible de donner une réponse à ta question sans connaitre la nature exacte du mensonge (si ça en est un) et ses conséquences potentielles.

Ex: Une firme pharmaceutique omet de mentionner/minimise des effets secondaires graves pour vendre son produit. (Souvent le cas, malheureusement)

Le traducteur qui traduit tel quel sans intervenir est aussi coupable que la société en question. Il participe à la mise sur le marché d'un produit qui va tuer des gens.

Client ou pas, le traducteur a le droit de refuser de participer à un crime.

Maintenant, si le client exprimait simplement son opinion et que l'interprète - d'une opinion contraire - le qualifie de mensonge, c'est une autre paire de manches.

Sans avoir le contexte exact, il n'est pas possible de juger cette action. C'était peut être une démonstration de courage remarquable ou un manque total de professionnalisme.


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xxxsarahl
Local time: 18:35
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Tort/2 Nov 28, 2004

Je pense comme Thierry qu'elle a eu tort. Son travail consistait à transmettre une information fidèlement, et elle n'a pas respecté son contrat. Si l'information la dérangeait à ce point, elle pouvait toujours refuser cette mission. Dans ce cas précis, il s'agit de politique, elle savait quel genre de message son client allait transmettre.

En fait, je vois deux réactions possibles quand on nous propose une mission de ce type.
1. on refuse, on est en paix avec sa conscience.
2. on accepte, et on transmet le message le plus fidèlement possible, justement pour informer le reste du monde.

Par contre, donner (ou imposer) son opinion, je pense que ce n'est pas professionnel.

A chacun son métier...;-)


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Harry Bornemann  Identity Verified
Mexico
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+ ...
Peut-être pas Nov 28, 2004

Peut-être, elle n'a pas trahi sa cliente.
Peut-être, elle a aidé sa cliente directe à trahir sa supérieure, la cliente indirecte.
Peut-être, l'interprète est indépendante et sa cliente directe est employée ou fonctionnaire, alors dans une toute autre situation juridique.

Et si quelqu'un est en droit, cela ne s'appelle pas "trahir", mais "découvrir" (un crime).

Nous savons seulement :
l'interprète dut se décider, si elle voulut trahir sa communauté internationale des sourds-muets ou quelques-uns de ses hommes politiques corrompus.

Toutes les deux choix sont puni d'une manière ou d'une autre.


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sylver  Identity Verified
Local time: 10:35
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Pas d'accord Nov 28, 2004

Claudia Iglesias wrote:

cet évènement à d'autres lieux, d'autres situations, en essayant de m'éloigner d'une référence géographique ou politique trop précise, et je vois deux autres anecdotes qui m'ont fait me poser des questions semblables.

À l'ONU il y a eu un vote. On s'attendait à ce qu'un pays vote en faveur et il a voté contre (je ne peux pas dire à quel sujet) et cela le mettait en position vulnérable économiquement, puisque des accords devaient être signés avec un gros pays qui voulait qu'il vote en faveur.
Gros scandale dans les sphères diplomatiques. Explication officielle : l'ambassadeur à l'ONU du petit pays a agi en son âme et conscience et a désobéi au Président de la République. Il perd son poste immédiatement. Je ne sais pas si l'ambassadeur a vraiment désobéi ou s'il n'a pas suivi des instructions, en tout cas je trouve inadmissible la version officielle. Un ambassadeur représente un gouvernement. Si le gouvernement ne lui convient pas parce qu'il ne se sent pas représenté ou qu'il ne veut pas être le porte-parole et représentant d'un gouvernement dont il ne soutient pas les prises de position, il n'a qu'à démissionner. Je suis d'accord sur le terme trahison pouvant aller même jusqu'à espionnage, parce que dans sa position il a accès à des informations privilégiées.

Je suis d'accord avec Cécile qui pose une question qui pourrait faire un sujet de philo au bac, à savoir "peut-on être véritablement fidèle au client si l'on n'est pas d'abord fidèle à soi-même". Au-delà du client, je le ramène à un contenu, à des idées...Peut-on être porte-parole (en tant que traducteur, interprète, ambassadeur, délégué, représentant...) d'un contenu que l'on réprouve ?
Je pense que cela dépendra de la personne, d'abord. Plus elle aura besoin de cohérence et plus cette idée lui semblera impossible. D'autres feront la part des choses en séparant idées personnelles et gagne-pain. Et d'autres représenteront un danger potentiel parce qu'ils tolèreront cette idée jusqu'au jour où quelque chose les fera changer d'avis. Et là je me retrouve avec Thierry qui dit que cette dame a changé de position brusquement.

Si je fais un parallèle avec mon rôle de modératrice, qui consiste à faire respecter les règles du site, par exemple, et qu'un jour je décide de les rompre ou de les critiquer, je me sentirai obligée moralement de démissionner avant de le faire.

Tu connaissais les règles avant d'avoir pris le rôle, et les règles n'ont pas connu de changement majeur.

Imagine qu'il y ait une nouvelle règle qui limite les posts des femmes à 5 mots. Si tu démissionnes, tes posts sont limités à 5 mots, tu n'es donc plus capable de présenter ton opinion, ni de rectifier la balance avec les gens qui t'ont trahi en changement l'essence, l'esprit de ton poste.

Sur Proz, c'est relativement sans importance, mais quand il s'agit de ton pays et des conditions de vie -voire même la vie- d'autres personnes....

Pour l'ambassadeur, même topo. Ca dépend vraiment de la situation. Je ne dis pas que c'était le cas, mais considèrons le scénario suivant.

Le gars est assigné à un poste où il représente sa nation auprès de la communauté internationale. Supposons que le gars soit honnête et croit réellement aider à la prospérité de son pays. I croit en son gouvernement et à ses idéaux.

Si son gouvernement prend une décision qui trahit son peuple et ses idéaux (comme d'accepter un gros dessous de table, hum, pardon, ça m'a échappé..."des aides au développement*") en échange d'une action qui est contraire aux meilleurs intérêts de ses administrés, l'ambassadeur a trois possibilités:

- Fermer sa gueule (et collecter sa part du gateau)
- Se retirer discrétos, en laissant le champ libre pour quelqu'un d'autre de plus corrompu
- Utiliser sa position pour créer autant d'opposition que possible et mettre en évidence la corruption des personnes concernées. (et se faire virer et probablement foutre en tôle/tuer)

La trahison, dans ce scénario, vient d'un gouvernement qui prétendait gouverner pour son peuple, mais qui gouverne en réalité en regardant son compte en banque perso.

Je pense que si le gars agit en son âme et conscience, et non pas pour son intérêt personnel, si il défend les idéaux de son poste, il ne saurait être accusé de trahison.

Quand au pays qui achète des votes de façon aussi flagrante...


Si je n'aime pas le contenu d'une traduction, je refuserai de la faire (avant de m'y être engagée) et si au cours d'une interprétation je suis prise de court par un discours que je n'aime pas, je continuerai d'interpréter ce que dit l'exposant, non pas par fidélité au client mais par respect du contrat, de l'engagement pris.

Ca dépend l'enjeu. Est ce que tu serais prête à continuer à traduire pour un diplomate qui est en train de provoquer une guerre?

Suppose que tu traduises pour un diplomate qui insulte et provoque le représentant d'un autre pays. Continuerais tu à traduire parce que tu as un contrat?

Évidemment tout ceci est lié à la liberté d'action, mais dans tous les cas exposés les personnes avaient la liberté de quitter le job avant de le perdre en guise de sanctions.

Je ne pense pas que cela représente du courage. Peut-être que cela montre du désespoir ou la volonté de figurer quelque part comme celui qui a osé. Mais il y en a qui osent sans tout casser.


Je pense que toute action où une personne met sciemment sa réputation, son travail, sa liberté et peut être même sa vie en jeu par respect pour ses convictions personnelles demande du courage. Il faut du courage pour faire quelque chose comme ça.

Le diplomate n'était pas stupide au point de ne pas savoir que la chose ne serait pas découverte. Il connaissait les conséquences. Son acte est une démission de facto.

Pareil pour l'interprète qui annonce brusquement que son client ment. Son audience sait qu'elle ne traduit plus les paroles de son client. Son client le saura également dans les minutes qui suivent. C'est également une sorte de démission.

A mon avis, l'aspect éthique de cette décision dépend des circonstances et des implications réelles de l'action. Ce n'est pas "noir ou blanc".

Le contexte complet est nécessaire pour déterminer le bien fondé de l'action.

Et bien sûr il est tout à fait possible que l'ambassadeur ait été "acheté", ou que l'interprète soit une tête de mule qui veut se faire de la pub.

Sans vue d'ensemble, il est impossible de dire qui si l'ambassadeur ou l'interprète sont en faute.


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Claudia Iglesias  Identity Verified
Chile
Local time: 23:35
Member (2002)
Spanish to French
+ ...
Sylver Nov 28, 2004

Tu n’as pas à être d’accord, de même que je n’ai pas à être d’accord avec toi, puisqu’il s’agit de donner notre avis, bien personnel et subjectif au possible.

Je ne connaissais pas les règles avant d’avoir pris le rôle, puisque les règles se sont forgées au fur et à mesure que les problèmes se présentaient.
Mais quand les règles ont été annoncées clairement et qu’on nous a demandé d’accepter de les appliquer il y a eu des gens courageux (parce qu’ils étaient cohérents avec leurs idées) qui ont dit qu’ils ne se sentaient pas capables de les appliquer, ou qu’ils ne soutenaient pas ces règles, et qui ont choisi de démissionner. Si cela avait été mon cas, j'aurais fait de même.

Imagine qu'il y ait une nouvelle règle qui limite les posts des femmes à 5 mots. Si tu démissionnes, tes posts sont limités à 5 mots, tu n'es donc plus capable de présenter ton opinion, ni de rectifier la balance avec les gens qui t'ont trahi en changement l'essence, l'esprit de ton poste.

En cohérence avec ce que je dis, je quitterais le site et essaierais de trouver un endroit où pouvoir m’exprimer, quitte à le créer. Si le cadre ne me convient pas, je sors du cadre, mais je ne profite pas du cadre.

Pour l'ambassadeur, même topo. Ca dépend vraiment de la situation. Je ne dis pas que c'était le cas, mais considèrons le scénario suivant.

- Fermer sa gueule (et collecter sa part du gateau)
- Se retirer discrétos, en laissant le champ libre pour quelqu'un d'autre de plus corrompu
- Utiliser sa position pour créer autant d'opposition que possible et mettre en évidence la corruption des personnes concernées. (et se faire virer et probablement foutre en tôle/tuer) [/Quote]

Je connais des noms de ministres qui ont démissionné parce que le gouvernement qu’ils représentaient ne correspondait pas/plus à ce qu’ils voulaient et à ce qu’ils avaient cru quand ils ont été élus.

Ca dépend l'enjeu. Est ce que tu serais prête à continuer à traduire pour un diplomate qui est en train de provoquer une guerre?

Suppose que tu traduises pour un diplomate qui insulte et provoque le représentant d'un autre pays. Continuerais tu à traduire parce que tu as un contrat?


Je ne sais pas ce que je ferais, je dis quels sont mes principes et les circonstances pourraient me faire envoyer valser ces principes. Je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas du noir et blanc, que le contexte est nécessaire, etc. Je me sens incapable de dire « elle a eu tort ou raison », je ne peux pas juger de son action et pas seulement pour manque de contexte. Qui suis-je pour juger ? Tout ce que je peux dire c’est ce que je pense que je ferais.

Claudia (un peu carrée par moments)


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Emérentienne
France
Local time: 03:35
English to French
Ne pas juger Nov 28, 2004

Je reviens sur le parallèle que Claudia établit entre la nécessité morale de démissionner avant de critiquer le cadre professionnel auquel on appartient et l’acte de cette interprète. Dans l’absolu, ce parallèle est pertinent. Dans un contexte historique et politique particulier, quel qu’il soit, il n’est plus pertinent car les valeurs avec lesquels on apprécie les actes des individus sont complètement bouleversées par une situation de crise.

Sinon, que penseriez-vous par exemple de Maxime L., médecin au Havre pendant la deuxième guerre mondiale, qui rédigeait autant de faux certificats de santé qu’il pouvait pour éviter aux hommes de partir au STO ? Ils ont dû être des centaines de médecins en France à l’époque à essayer d’en faire autant. Ils ont trahi les ordres de leur hiérarchie, effectivement. Puisqu’ils n’étaient pas d’accord avec ces ordres, ils auraient dû démissionner ou prendre le maquis et ils ne l’ont pas fait ou pas tous. Pourquoi ? parce que justement leur action aurait été suspendue par leur départ. On peut dire qu’ils n’agissaient pas de manière professionnelle. J’affirme cependant que Maxime L. était par ailleurs un homme d’une conscience professionnelle et d’une rigueur morale exceptionnelles.

Les crises génèrent ce genre de situations limites et de désobéissances inattendues. C’est pourquoi on ne peut pas plaquer un jugement moral sur les actes de cette interprète. Il faudrait démonter et analyser tout le contexte politique du moment dans son pays pour pouvoir évaluer cet acte à sa juste mesure. Et encore, souvent il faut le recul des années pour y voir clair.

Cécile


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xxxsarahl
Local time: 18:35
English to French
+ ...
Alternative Nov 28, 2004

sylver wrote:
Suppose que tu traduises pour un diplomate qui insulte et provoque le représentant d'un autre pays. Continuerais tu à traduire parce que tu as un contrat?


Je peux te dire ce que font les interprètes dans ce genre de situation. Déjà, on ne peut pas quitter la cabine comme ça en plein milieu de la conférence, ça ne se fait pas. On dit bien : "L'orateur dit que, l'intervenant dit que...", ensuite on restitue les propos exacts en les atténuant un peu, mais en gardant le sens. A l'arrivée, il faut que le mec en face sache
qu'on est en train de l'insulter pour réagir en conséquence. Ce n'est pas toi, l'interprète, qui vas pouvoir prendre les mesures qui s'imposent, éventuellement. Je dis bien éventuellement, parce que ce n'est pas ton métier, et ce que toi tu considères comme des insultes, c'est peut-être tout à fait autre chose. Ils ont tout un song and dance (comment on dit en français ? ) à eux, qui nous échappent complètement. C'est pour ça que le meilleur moyen de faire avancer le schmilblik à notre niveau c'est encore de faire passer le message le mieux possible.

Cela dit, il y a des gens pour qui je refuserais obstinément de travailler.

Bonne journée !


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Thierry LOTTE  Identity Verified
Local time: 03:35
Member (2001)
English to French
+ ...
Beau sujet Nov 28, 2004

Cécile a dit :




Ils ont trahi les ordres de leur hiérarchie, effectivement. Puisqu’ils n’étaient pas d’accord avec ces ordres, ils auraient dû démissionner ou prendre le maquis et ils ne l’ont pas fait ou pas tous. Pourquoi ? parce que justement leur action aurait été suspendue par leur départ.



Beau sujet pour Pierre Corneille...


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xxxSaifa
Local time: 03:35
German to French
+ ...
Raison et tort... Nov 28, 2004

Cécile a dit :




Ils ont trahi les ordres de leur hiérarchie, effectivement. Puisqu’ils n’étaient pas d’accord avec ces ordres, ils auraient dû démissionner ou prendre le maquis et ils ne l’ont pas fait ou pas tous. Pourquoi ? parce que justement leur action aurait été suspendue par leur départ.



C'est à ce genre de situation que j'ai pensé tout au cours de la lecture de vos messages (peu de temps en ce moment)...

En Allemagne aussi, pendant la guerre, il y a eu des gens dans l'administration, ou ailleurs, ayant "trahi" dans l'exercice de leurs fonctions, pour sauver des vies. Démissionner? Ils auraient été arrêtés et fusillés illico. Et puis, justement, ils n'auraient pu plus continuer à aider.
A l'école, j'ai appris que ces gens étaient des héros ayant fait preuve de courage civique.

Bien sûr, la situation n'est pas comparable avec celle de l'interprète ukrainienne.

Je pense aussi que du point de vue strictement professionnel, elle a eu tort.

Mais vis-à-vis de sa conscience, si cette dernière lui dictait cette conduite, elle a eu à mon avis raison (peu importe si nous, nous trouvons qu'elle a eu raison ou pas).


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