Off topic: Féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre : repartons sur des bases plus sereines.
Thread poster: Petitavoine

Petitavoine  Identity Verified
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Oct 14, 2014

- Voir circulaire de 1998 de Lionel Jospin (Premier ministre) et celle de Laurent Fabius (1986)

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000556183


"Dès maintenant et sans attendre le résultat des travaux de la commission générale de terminologie et de néologie, il convient de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu'il s'agit de termes dont le féminin est par ailleurs d'usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère). Je vous invite à diffuser cette pratique dans les services placés sous votre autorité et à l'appliquer dans les textes soumis à votre signature."


- et un petit rappel de Libé qui me semble pertinent :


"Elle l’accuse de lui manquer de respect, il se récrie invoquant l’Académie française, elle répond en estimant que «c’est le règlement de l’Assemblée nationale qui, ici, s’applique». «Je ne vois pas où il est précisé que l’on doive dire "Madame la présidente", mais enfin…» termine-t-il.

Une circulaire de Jospin…

Sur ce point, il n’a pas complètement tort. Dans le règlement de l’Assemblée nationale, on n’a rien trouvé de particulier sur la féminisation des fonctions. Cela n’empêche pas Sandrine Mazetier de pouvoir le sanctionner, et pour deux raisons. Selon l’article 71, «le Président seul rappelle à l’ordre» et «est également rappelé à l’ordre avec inscription au procès-verbal tout député qui se livre à une mise en cause personnelle». C’est ce que fait Julien Aubert, en s’obstinant à ne pas féminiser la fonction, malgré les demandes de la présidente et alors que tous ses collègues le font (tout comme les comptes rendus de séance).

De plus une circulaire du 6 mars 1998 émise par le Premier ministre Lionel Jospin ordonne «de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère)». Il indique que «pour accélérer l’évolution en cours, [il] a demandé à la commission générale de terminologie et de néologie de mener une étude» mais la féminisation doit être appliquée, tout de même, «dès maintenant et sans attendre le résultat des travaux de la commission générale de terminologie et de néologie».


[…] Sur ce point, lorsqu’il dit s’appuyer sur l’Académie française, Julien Aubert ne ment pas non plus, mais il sait très bien qu’il joue la carte de la provocation. De plus, la commission générale de terminologie et de néologie sollicitée par Lionel Jospin n’a jamais rendu son avis, parce qu’elle n’en a tout simplement pas les compétences ni l’envie.


[…] Preuve du «politique» de la question, si on laisse un instant ces vieux messieurs-dames de l’Académie dans leur coin, entre 1998 et aujourd’hui, il n’y eut presque plus de débats sur la question, l’usage de «Madame la» l’ayant globalement, emporté. Ce n’est qu’avec les retours sur le mariage pour des personnes du même sexe, dont Julien Aubert est un fervent opposant, que la question a ressurgi."

http://next.liberation.fr/sexe/2014/10/07/madame-la-presidente-madame-le-president-une-vieille-polemique_1116741


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giselavigy
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vieille polémique Oct 14, 2014

merci, Petitavoine,
vu l'insistance un peu ridicule de Julien Aubert défendant devant l'Assemblée son "Madame le Président", j'ai fait un peu le même chemin que vous et relu les différentes tentatives et avis à ce sujet. Ma décision: quand ça passe facilement, c'est bon, rien à redire. Mais je refuserai toujours:
Madame la cheffe de service (à l'écrit)
Madame la Pompière
Madame l'Assureuse (vous disiez essoreuse?)
Gisela


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Claire Dodé  Identity Verified
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Avis plus militant que professionnel Oct 14, 2014

Pour avoir dû entendre les sales versions de la simca mille et du bateau blanc (et pas les versions encore soft qu'on trouve sur internet en première recherche !), pour le plafond de verre et la réunionnite, je suis bien souvent IngénieurE civilE des Ponts et Chaussées.

(Mais bon, le boulot est fait à peu près pareil, la connerie de certains en moins, alors ce n'est effectivement pas le "e" qui y changera quelque chose - mais à ma connaissance, on voit bien plus rarement de mecs sous ghb aux soirées d'école que l'inverse ! Rien que cela mérite, quand ce n'est pas entièrement contre-productif à l'objectif premier de mes courriers, l'emploi du "e").

Alors si Madame la Présidente peut se permettre de faire savoir qu'elle entend bien qu'on l'a nomme comme elle le souhaite, que sa décision de sanction financière soit ou non cassée par un tribunal administratif sur des principes plus ou moins conservateurs, je la soutiens sans hésiter.

Si Julien Aubert prouve qu'il n'a pas fait la sourde oreille et a justifié de son choix avant de continuer à l'employer, alors, il gagnera peut-être (si tant est qu'il intente une action, recours gracieux ou contentieux). Si, comme le laissent à penser les éléments dont nous disposons actuellement, il est simplement passé outre une demande, et ce de façon répétée, c'est un manque de respect. Il n'a que ce qu'il mérite.

Quant à la circulaire invoquée, il faut voir à qui elle s'applique. Une circulaire n'est pas la loi, elle a, en gros, la même valeur qu'une note de service. Elle est une communication du gouvernement ou d'un ministère à des employés, elle n'est, sauf exception, pas applicable en dehors de l'administration concernée (lorsqu'une circulaire créé du droit applicable, elle peut généralement être attaquée en Conseil d'État qui l'abroge ou la "supprime" (la différence étant une question de rétroactivité ou non de la suppression - supprime n'est pas le terme juridique exact)).

Le règlement de l'AN lui, s'applique et il est ici : http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/reglement_0609.pdf (apparemment, le dernier ? À vérifier). Il comprend effectivement (art. 71 al. 5) la possibilité d'un rappel à l'ordre pour mise en cause personnelle. Resterait à définir la "mise en cause personnelle" en droit français.


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Catherine De Crignis  Identity Verified
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Bon sens Oct 15, 2014

Petitavoine wrote:

- Voir circulaire de 1998 de Lionel Jospin (Premier ministre) et celle de Laurent Fabius (1986)

"Dès maintenant et sans attendre le résultat des travaux de la commission générale de terminologie et de néologie, il convient de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu'il s'agit de termes dont le féminin est par ailleurs d'usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère). Je vous invite à diffuser cette pratique dans les services placés sous votre autorité et à l'appliquer dans les textes soumis à votre signature."



"dès lors qu'il s'agit de termes dont le féminin est par ailleurs d'usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère)"

=> Voila une simple recommandation de bon sens !


"Madame le Président" est aussi désuet et dépassé que le "M. et Mme Raymond Machin" des boîtes aux lettres de nos grands-parents.
"chercheure au CNRS" me fait tiquer. Il existe déjà un terme ("chercheuse") qui remplit bien son rôle.
Mais c'est l'usage qui décidera.


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Petitavoine  Identity Verified
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Liste indicative - à partir de la page 58 Oct 17, 2014

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/994001174/0000.pdf

Eh oui, Gisela, on y mentionne bien les pompières


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Arnaud HERVE  Identity Verified
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Fatigué Oct 17, 2014

Que l'on trouve n'importe quoi mais de grâce que l'on arrête de me faire écrire les -e-s et autres E, ce que j'ai encore du faire récemment pour une association médicale.

Cela n'a l'air de rien comme ça mais quand on ajoute les "patients et patientes", "amis et amies", "parents et parentes" le texte devient d'une lourdeur pas possible.

Je suis novateur et je dis que l'on invente carrément un genre neutre pour la langue française. Puisque cela correspond à une réalité : non seulement il y a des femmes dans toutes les fonctions, mais après quelques dizaines d'années on peut constater que les femmes ne modifient pas fondamentalement les fonctions.

Les plus anciens d'entre nous se souviennent sans doute qu'on disait que les femmes allaient féminiser les métiers. Par quoi on entendait qu'elles seraient plus émotives et ne sauraient pas raisonner, qu'elles seraient toutes très gentilles avec les collègues et n'arriveraient pas à comprendre un graphique, etc. J'exagère mais c'était l'esprit. Finalement il s'avère que les femmes ne modifient pas du tout les métiers. Ni en bien ni en mal, ni en féminité ni en virilité. Aucune amélioration, aucune détérioration.

D'ailleurs, au-delà de la querelle sur les mots, on voit bien que Madame la présidente n'a changé en rien le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Dans les métiers les femmes ne viennent pas de Vénus ni les hommes de Mars. Les femmes militaires tuent, les hommes docteurs guérissent. C'est la fonction qui commande.

Donc, créons un genre neutre pour les fonctions, qui sont de fait neutres, et gardons les genres pour la vie privée.


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Paul VALET  Identity Verified
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Je propose un recadrage Oct 17, 2014

Je suis étonné de cette reprise du sujet avec une dénomination voisine, alors que cette pratique est interdite quand le fil précédent sur le même sujet a été clôturé.

Si je n'avais pas abordé ce sujet et utilisé un fait récent, ainsi qu'un titre racoleur comme en utilisent certains journaux, dont Libé, que vous citez, vous n'auriez pas un lecteur pour votre fil. Le sujet intéresse donc. Pourquoi ?

Il faut surtout recadrer le débat par rapport à notre métier.

Dans ce contexte, la question qui se pose est celle des choix que nous sommes amenés à faire dans nos traductions et de ce que va accepter ou refuser le client. La justification de ces divers choix est également au cœur du sujet.

La façon dont le client va juger/noter nos traductions, quand une perspective de ce genre est sous-jacente, comme avec certaines institutions de l'Union européenne, est également à considérer.

Les références sont essentielles à ce sujet, pour ce qui est de la justification. Car au moment de se faire payer, il peut être utile d'avoir des arguments plus objectifs que nos goûts personnels.

Il ressortait clairement de mon fil qu'il y a deux sources de référence reconnues : l'Académie française et la loi ou la réglementation. C'est mieux qu'une seule, mais moins bien que trois.

Mais le français n'existe pas qu'en France. Les Belges, les Suisses et autres Canadiens ou Sénégalais ne sont pas plus obligés par les lois françaises que nous par les leurs.

Sachant que le goût personnel et la sensibilité restent essentielles en matière de choix terminologique, une loi en la matière n'aura pas plus d'effet, à mon avis, mais pas moins, que la loi Toubon.

Personnellement, la féminisation des noms de fonction ne me gêne pas, comme je l'ai montré dans le fil précédent.

Ce qui me gêne c'est l'entrée en force de législateurs et de gendarmes dans ce domaine. Et l'absence d'esthètes.

Par exemple, une commission de fonctionnaires a défini un certain nombre de féminisations de noms de métiers et de fonctions. J'avais remarqué que cette commission avait naturellement pris une voie aristocratique pour les noms de fonctions de l'administration qu'elle prétendait féminiser.

Par exemple, cette commission éliminait souvent pour les fonctions de l'administration la terminaison en -euse, assez peu élégante dans la langue française.

C'était bien vu, car pour la prononcer il faut avancer les lèvres en cul de poule, les laisser ainsi un certain temps et souffler longtemps dans ce cul de poule pour produire le sens escompté : gueuse, pétroleuse.... La terminaison en -eur, au contraire, s'arrête franchement et assez vite, après une légère ouverture de la bouche.

Quand la même commission affuble de terminaison en -euse des fonctions qui la concernent moins, voire pas du tout, je ne peux que m'y opposer et encourager à la résistance à ce sujet.

La mimique de la prononciation semble avoir été le cadet des soucis de ces technocrates (du moins pour les fonctions qu'ils méprisent), alors qu'elle est décisive en matière de goût, de style, d'élégance linguistique.

Cette mimique de prononciation doit d'ailleurs être considérée dans l'ensemble de la prononciation d'un mot, la terminaison n'est pas tout. Même pour la terminaison en -euse.

Par exemple, pour prononcer acheteuse, il faut ouvrir grand la bouche sur ach' pour la refermer délicatement sur teuse. Ce n'est pas disgracieux.

Sur contrôleuse, au contraire, il faut mettre une première fois la bouche en cul de poule pour prononcer con, avancer davantage les lèvres dans cette position pour prononcer trôl et encore davantage pour souffler le euse dans le cul de poule. Ce n'est plus une bouche, mais une trompette !

[Modifié le 2014-10-18 18:34 GMT]


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Petitavoine  Identity Verified
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Laissons faire le temps, le bon sens, et redonnons ses lettres de noblesse à la politesse Oct 18, 2014

Arnaud, tout à fait d'accord avec vous pour parents et parentes, etc.
Le rapport cité ci-dessus est tout à fait contre aussi. Voir italiques grasses.

Paul, le sujet m'intéresse parce que je déteste la mauvaise foi. Il suffit de réitérer quelques principes de bon sens et laisser faire le temps. En tout cas, j'ai été obligée de relancer le sujet – pour citer en pensant à notre métier quelques textes de base ayant surtout une valeur indicative – puisque votre fil, parti en quenouille, avait été fermé.


http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/994001174/0000.pdf

Vouloir féminiser les noms de métiers, titres, grades et fonc-
tions ne relève pas d’une sorte de mode, ni du goût de
quelques femmes féministes ou politiques. Non seulement,
comme le souligne la Commission générale de terminologie et
de néologie6, la féminisation « n’est pas interdite par la
langue », mais elle est avant tout l’expression naturelle qui
permet de rendre compte – puisque les mots existent pour
dire les choses – d’une situation désormais irréversible

6 - Commission générale de terminologie, Rapport sur la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, Paris, novembre 1998, p. 51.


Quand on évoque une notion générale ou conceptuelle, le masculin générique est d’usage :

Un ministre, ça ferme sa g... ou ça démissionne.

Cette question relève du préfet, pas du président du conseil
général.

Cet emploi est fréquent dans la langue juridique et règlemen-
taire. Comme l’a souligné avec raison la Commission générale
de terminologie : « le sujet de droit est une personne, pas un
individu »
13; une fonction doit donc être définie (statut, dési-
gnation, etc.) au masculin générique, car elle est prise dans sa
compréhension générale et maximale :

Article 1 : « Le ministre de la Culture a dans ses attributions... »,
que ce soit un homme ou une femme (en l’occurrence, un ou
une ministre) qui occupe les fonctions visées par le texte règle-
mentaire. Un texte de loi, de décret, d’arrêté, qui traite généri-
quement de fonctions ou de titres, sera donc rédigé au mas-
culin, selon un usage que l’on peut qualifier de « républi-
cain ». Par suite, on ne suivra pas certaines habitudes franco-
phones qui consistent à décliner les fonctions selon le sexe :
Recrutement d’un ou une attaché(e) parlementaire
dès lors que la généricité de la fonction est visée.

En revanche, quand on désigne une personne précise, singu-
lière et spécifique, en particulier quand on la nomme, il
convient d’adopter le genre qu’implique son sexe :

Mme X est la ministre de la culture.

Mme Y est nommée directrice de l’administration centrale.
Mme Z, inspectrice générale des bibliothèques, présidera la
réunion.
tout comme Mme X est la boulangère ou Mme Y la nouvelle
factrice du village. Une hiérarchie sociale établie entre les deux
séries ne relève pas de la langue française.

Pour conclure
Imposer un prétendu « bon » (et en tout cas récent) usage
du masculin dans toutes les situations où l’on utilise un nom
de métier, titre, grade ou fonction fait perdre une richesse de la
langue, qui joue très finement de l’opposition du générique et
du spécifique.
Ainsi, en contrastant les deux visées, on peut
dire :

Dans cet hôpital, les fonctions de chirurgien (générique) sont
occupées par une chirurgienne (spécifique).


Utiliser un générique afin de désigner une personne singu-
lière est une erreur logique ; employer un masculin générique
pour nommer une femme particulière est une agression. Dire
« mon avocat », « le ministre », en parlant d’une femme, c’est
nier la singularité de sa personne.
L’expression « Madame le
Ministre » est contraire :
– à la logique : elle emploie un générique dans un énoncé
spécifique ;
– à la grammaire : le genre est d’abord l’accord des détermi-
nants ;
à la civilité : elle impose un masculin à une personne
féminine singulière.

39


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Arianne Farah  Identity Verified
Canada
Local time: 16:09
Member (2008)
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Et v'lan dans les dents! Oct 20, 2014

Comme on dirait chez nous

Rubrique "Antidote et la féminisation" du logiciel de correction du même nom :

"Antidote endosse les recommandations de l’Office québécois de la langue française, qui préconise la féminisation des titres, des noms de professions et autres appellations de fonctions lorsqu’il est question d’une femme. Vous trouverez donc dans le dictionnaire les formes féminines recommandées par l’OQLF comme une ingénieure, une boulangère, une écrivaine, une médecin, une docteure, une avocate, une programmeuse, une sous-traitante, etc. Cette féminisation, courante au Québec, est également officiellement encouragée en Suisse et en Belgique. Nous la considérons comme participant de la logique profonde de la langue française, qui féminise tout naturellement les professions plus traditionnellement « féminines ». En France, l’Académie demeure réticente, mais l’usage et les grammairiens devraient très bientôt reléguer cet archaïsme aux oubliettes, comme dans le reste de la francophonie.

Si vous écrivez elle est un ingénieur compétent, Antidote corrigera donc en remplaçant par elle est une ingénieure compétente. Libre à vous de refuser cette correction si vous tenez à écrire elle est un ingénieur compétent, mais c’est en connaissance de cause que vous le ferez. Vous saurez qu’un féminin existe pour le mot que vous employez."

Perso, je féminise tout et partout - lorsque les gens ont des noms étrangers et que je ne suis pas certaine du sexe, je prends les quelques secondes nécessaires pour faire une recherche photo sur google - histoire de trouver la photo de la personne (si elle occupe un titre important et possède donc une présence en ligne) ou de voir si la majorité des gens portant ce prénom sont du sexe masculin ou féminin.

Il faut aussi tenir compte des noms qui ont un genre différent d'une langue à l'autre : Jean Grey risque d'être une femme et Jean Côté, un homme... donc mieux vaut vérifier le nom et le prénom ensemble lorsque possible.

Sinon, c'est 'la chef de service' et non 'la cheffe de service'; je dirais 'l'assureure' plutôt que 'l'assureuse' pour que le poste garde la même phonologie bien que les deux formes soient permises. J'avoue que pompière me dérange... mais je me pose la question, est-ce que pour cause de féminisation du terme ou parce que je n'ai jamais connu de pompière? J'avais une colocotaire policière et ce terme ne me fait aucunement sourciller...

Autrefois l'étudiante était la maîtresse de l'étudiant et la doctorante, celle du doctorant, car il n'y avait pas d'étudiant ou de doctorant de sexe féminin. Je crois que la féminisation des titres traditionnellement masculin, comme 'la présidente', 'la médecin', 'la chef', 'l'entrepreneure', etc. crée un cercle vertueux où la féminisation des postes et celle de leurs titres respectifs vont main dans la main - s'il y avait plus de pompières, le terme sonnerait-il toujours aussi mal? Il y 30 ans, le terme 'une policière' clochait-il de la même manière? Et il y a 300 ans, 'une étudiante'...


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Carla Guerreiro  Identity Verified
France
Local time: 22:09
French to Portuguese
+ ...
La langue comme reflet de l'évolution de la société Oct 20, 2014

Arianne Farah wrote:

Comme on dirait chez nous

Rubrique "Antidote et la féminisation" du logiciel de correction du même nom :

"Antidote endosse les recommandations de l’Office québécois de la langue française, qui préconise la féminisation des titres, des noms de professions et autres appellations de fonctions lorsqu’il est question d’une femme. Vous trouverez donc dans le dictionnaire les formes féminines recommandées par l’OQLF comme une ingénieure, une boulangère, une écrivaine, une médecin, une docteure, une avocate, une programmeuse, une sous-traitante, etc. Cette féminisation, courante au Québec, est également officiellement encouragée en Suisse et en Belgique. Nous la considérons comme participant de la logique profonde de la langue française, qui féminise tout naturellement les professions plus traditionnellement « féminines ». En France, l’Académie demeure réticente, mais l’usage et les grammairiens devraient très bientôt reléguer cet archaïsme aux oubliettes, comme dans le reste de la francophonie.

Si vous écrivez elle est un ingénieur compétent, Antidote corrigera donc en remplaçant par elle est une ingénieure compétente. Libre à vous de refuser cette correction si vous tenez à écrire elle est un ingénieur compétent, mais c’est en connaissance de cause que vous le ferez. Vous saurez qu’un féminin existe pour le mot que vous employez."

Perso, je féminise tout et partout - lorsque les gens ont des noms étrangers et que je ne suis pas certaine du sexe, je prends les quelques secondes nécessaires pour faire une recherche photo sur google - histoire de trouver la photo de la personne (si elle occupe un titre important et possède donc une présence en ligne) ou de voir si la majorité des gens portant ce prénom sont du sexe masculin ou féminin.

Il faut aussi tenir compte des noms qui ont un genre différent d'une langue à l'autre : Jean Grey risque d'être une femme et Jean Côté, un homme... donc mieux vaut vérifier le nom et le prénom ensemble lorsque possible.

Sinon, c'est 'la chef de service' et non 'la cheffe de service'; je dirais 'l'assureure' plutôt que 'l'assureuse' pour que le poste garde la même phonologie bien que les deux formes soient permises. J'avoue que pompière me dérange... mais je me pose la question, est-ce que pour cause de féminisation du terme ou parce que je n'ai jamais connu de pompière? J'avais une colocotaire policière et ce terme ne me fait aucunement sourciller...

Autrefois l'étudiante était la maîtresse de l'étudiant et la doctorante, celle du doctorant, car il n'y avait pas d'étudiant ou de doctorant de sexe féminin. Je crois que la féminisation des titres traditionnellement masculin, comme 'la présidente', 'la médecin', 'la chef', 'l'entrepreneure', etc. crée un cercle vertueux où la féminisation des postes et celle de leurs titres respectifs vont main dans la main - s'il y avait plus de pompières, le terme sonnerait-il toujours aussi mal? Il y 30 ans, le terme 'une policière' clochait-il de la même manière? Et il y a 300 ans, 'une étudiante'...


Bonsoir à tous et à toutes,

Je suis entièrement d'accord avec les deux commentaires précédents et j'ajoute ceci: la langue est le reflet de l'évolution de la société et, donc, une "entité" vivante, qui évolue.
Ceux et celles qui refusent de comprendre cela me donnent l'impression d'oublier cette dimension vivante des langues.


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Arnaud HERVE  Identity Verified
France
Local time: 22:09
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Dorures Oct 20, 2014


Autrefois l'étudiante était la maîtresse de l'étudiant et la doctorante, celle du doctorant, car il n'y avait pas d'étudiant ou de doctorant de sexe féminin.


Si l'on avait vraiment l'esprit moderne on commencerait par supprimer tous les titres signifiant "épouse de". Déjà on y verrait plus clair et cette objection ne serait plus mentionnée.

Donc que Madame l'ambassadrice devienne réservé à celles qui occupent cette fonction.

Mais bon c'est comme les palais de la république à Paris, il y a quand-même beaucoup de dorures de l'ancien régime.

A vrai dire je doute que la France ait une réelle volonté de clarifier les choses. On s'est peut-être figés dans les années 70, à une époque où l'arrivée des femmes dans les professions était vécu comme un évènement.

Quant à la dite Académie française, elle a pris le pli d'accueillir les gens qui sont connus et vaniteux plus que les écrivains qui peinent à la tâche pour produire une œuvre.

Et puis... je préfèrerais que l'on s'occupe du sort des femmes pauvres plutôt que d'attribuer de nouveaux titres à celles qui sont tout en haut. Il ne me semble pas que Madame la présidente ou Mme le président soit menacée d'expulsion par huissier, ou n'ait pas les moyens de changer sa voiture pour aller bosser.


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Catherine De Crignis  Identity Verified
France
Local time: 22:09
Member (2012)
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Oui et non et... Oct 22, 2014

Arnaud HERVE wrote:

Et puis... je préfèrerais que l'on s'occupe du sort des femmes pauvres plutôt que d'attribuer de nouveaux titres à celles qui sont tout en haut.


Argument de taille auquel j'adhère en grande partie mais le combat n'est pas l'apanage des privilégiées : les statistiques montrent que les violences conjugales ne connaissent pas de barrières sociales. Mais effectivement, l'engagement, limité à une symbolique voyelle, des "auteures" d'une certaine presse féminine parisienne, prête à sourire.
Vouloir imposer "du haut" toute une batterie de modifications politiquement correctes relève me semble-t-il de la violence. Les problèmes de fond sont les mêmes dans les pays anglo-saxons et les pays du Nord, mais l'optique est différente (la France n'est pas la Suède).
Je continue de penser que le point de vue de l'Académie est le plus sage (sans jeu de mot), mais c'est sûr, Arnaud, ces messieurs-dames ne "galèrent" pas (enfin à leur âge, je ne voudrais pas non plus ).
Je considère aussi que dire "attendre un enfant", "avoir un bébé", c'est utiliser un neutre (déguisé en masculin ; à quoi bon le déguiser en féminin ou inventer une improbable 3e forme ? Les vrais problèmes ne sont-ils pas ailleurs ?). Vision particulièrement discutable au plan grammatical, certes, mais qui peut se défendre au plan sémantique.
Et si l'usage de déterminants masculins pour désigner des femmes est heureusement indéfendable aujourd'hui, je crois que la féminisation systématique des substantifs est excessive et peu utile. On pourra éventuellement en reparler quand les femmes gagneront autant que les hommes et que le rôle économique des mères de famille sera vraiment reconnu.
La langue est un outil, pas un guide. Elle décrit les choses et les concepts et non l'inverse (vouloir la bousculer pour des raisons idéologiques ou parce qu'on croit que c'est "resté figé" n'est pas sans danger). Rien ne peut jamais se figer. Sauf à penser que la langue française (de France, je précise) est aujourd'hui à la traîne (en décalage par rapport à une société qui aurait bougé plus vite), mais ce n'est pas mon point de vue. Je crois qu'elle est au contraire bien vivante, preuve en est cette discussion.

Et on peut ne pas être (du tout ou entièrement) d'accord, voire même changer d'avis au fil du temps... ça n'en est que plus intéressant.


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