Pistes pour débuter dans la traduction professionnelle
Thread poster: Hélène B.

Hélène B.
France
Italian to French
Jan 31

Bonjour à tous,

Je poste mon premier message sur le forum de Proz afin de bénéficier de vos conseils de traducteurs aguerris. Je remercie vivement par avance ceux qui auront la gentillesse de prendre le temps de me répondre.

Avant tout, un bref aperçu de mon parcours : licence LLCE d'italien validée en 2014, puis master recherche spécialité italien obtenu en 2016 mention TB. Pour l'année scolaire 2016-2017, j'ai travaillé dans un collège italien en tant qu'assistante de langue française, et également en tant que lectrice pour deux autres établissements. Mon expérience en Italie fut formidable et particulièrement enrichissante, mais à mon retour en France j'ai commencé à voir les choses différemment : je ne me sentais pas spécialement faite pour enseigner, et la traduction m'attirait depuis longtemps. A l'époque, j'en avais abandonné l'idée, par peur des aléas du métier et de la précarité susceptible de s'ensuivre. Néanmoins, fin 2017, j'ai décidé d'écouter ce que me dictait mon coeur et de devenir traductrice.

J'ai fait beaucoup de recherches sur la question et suivi une formation de la SFT en décembre pour s'installer en tant qu'indépendant. Plus récemment, j'ai découvert Proz et assisté à quelques "webinars". Tout cela est fort intéressant, mais quelque chose m'empêche de sauter le pas : je ressens cruellement le manque de pratique. Certes, il faut bien commencer quelque part... Toujours est-il que je n'ai pas suivi de formation universitaire spécifiquement axée sur la pratique de la traduction professionnelle, et que je n'ai réussi à trouver aucune formation post-universitaire proposant l'italien et le français comme langues de travail, d'autant que dans la plupart des formations, une maîtrise impeccable du sacro-saint anglais est obligatoire ; or, je n'ai aucunement l'intention (ni les compétences, du fait de mon cursus axé uniquement sur l'italien) de travailler de l'anglais au français. J'aimerais avoir l'occasion de me former à la procédure complète, au-delà de la pratique purement linguistique, de la mise en relation avec le client jusqu'à la livraison de la traduction ; apprendre à maîtriser les logiciels de TAO ; toucher à une large diversité de thématiques pour pressentir celles dans lesquelles je me spécialiserai par la suite, etc. Je ne peux pas concevoir de me lancer maintenant, tout simplement parce que je refuse que mes premiers clients essuient les plâtres.

Dernièrement, j'ai découvert un webinar en italien regroupant des conseils aux traducteurs désireux de débuter dans la profession. Une partie a particulièrement retenu mon attention : la nécessité de pratiquer. Pour cela, la traductrice proposait trois pistes :

- s'adresser à des traducteurs pratiquants pour une formation directe (tutoring)
- effectuer un stage auprès d'une agence de traduction
- faire de la traduction bénévole

Je souhaiterais revenir avec vous sur ces trois possibilités.

- Pour le premier cas, je n'aurais jamais soupçonné que certains traducteurs acceptent de prendre un poulain pour le former de A à Z. Où trouveraient-ils le temps nécessaire ? Cette pratique est-elle donc monnaie courante ?

- Le stage en agence de traduction : une bonne option, semble-t-il, pour peu que le stage ne se résume pas à apporter le café aux collaborateurs et à classer les dossiers par ordre alphabétique. Néanmoins, je crains que l'on me claque la porte en nez en voyant que l'anglais ne fait pas partie de mes langues de travail. Du reste, j'habite à Lyon, une grande ville où j'ai la chance d'avoir pas mal d'agences à portée de main... Cela vaut-il la peine de tenter le coup ?

- La traduction bénévole : je me suis inscrite sur deux sites à mi-janvier. J'ai pour l'instant traduit un seul texte... qui au final n'a pas vu le jour à cause d'une erreur de contrôle éditorial sur l'article original. Je compte quoi qu'il en soit proposer mes services sur d'autres sites, dans la mesure où cette option me permet de conjuguer pratique et création de portfolio. Mais là encore, la pratique se résume à l'aspect linguistique...


Navrée de m'être tant étendue ! Je suis preneuse de tous vos conseils...

Hélène.


 

Gerard de Noord  Identity Verified
France
Local time: 23:42
Member (2003)
German to Dutch
+ ...
Compliments d'un étranger Jan 31

Vous écrivez un français très soigné et agréable à lire. C’est déjà un bon point de départ pour notre métier.

Bonne chance,
Gérard


 

Hélène B.
France
Italian to French
TOPIC STARTER
Merci Jan 31

Gerard de Noord wrote:

Vous écrivez un français très soigné et agréable à lire. C’est déjà un bon point de départ pour notre métier.

Bonne chance,
Gérard



Merci du fond du cœur pour ce compliment Gérard !


 

nordiste  Identity Verified
France
Local time: 23:42
English to French
+ ...
trois pistes ... plus une quatrième Feb 1

Hélène B. wrote:

Je souhaiterais revenir avec vous sur ces trois possibilités.

- Pour le premier cas, je n'aurais jamais soupçonné que certains traducteurs acceptent de prendre un poulain pour le former de A à Z. Où trouveraient-ils le temps nécessaire ? Cette pratique est-elle donc monnaie courante ?

- Le stage en agence de traduction : une bonne option, semble-t-il, pour peu que le stage ne se résume pas à apporter le café aux collaborateurs et à classer les dossiers par ordre alphabétique. Néanmoins, je crains que l'on me claque la porte en nez en voyant que l'anglais ne fait pas partie de mes langues de travail. Du reste, j'habite à Lyon, une grande ville où j'ai la chance d'avoir pas mal d'agences à portée de main... Cela vaut-il la peine de tenter le coup ?

- La traduction bénévole : je me suis inscrite sur deux sites à mi-janvier. J'ai pour l'instant traduit un seul texte... qui au final n'a pas vu le jour à cause d'une erreur de contrôle éditorial sur l'article original. Je compte quoi qu'il en soit proposer mes services sur d'autres sites, dans la mesure où cette option me permet de conjuguer pratique et création de portfolio. Mais là encore, la pratique se résume à l'aspect linguistique...

Hélène.


1- Ce n'est pas très fréquent en fait, et pas forcément bénévole non plus. Proz avait un système de tutorat, cherche un peu sur le site s'il existe encore. La SFT a mis en place dans certaines régions un système de "parrainage/marrainage" de jeunes traducteurs récemment installés membres mais c'est encore peu développé. Attention il ne s'agit pas de former avant l'installation mais d'accompagner les débuts.
2 - le stage est une excellente option, mais pour être stagiaire au sens légal il faut être étudiant car le contrat de stage se signe entre l'université, le stagiaire et l'employeur. Les stagiaires en agence ne font pas forcément beaucoup de traduction (plutôt des relectures) mais c'est une bonne école pour voir l'envers du décor et comprendre en particulier comment est formé le prix de la traduction pour le client final ... et le traducteur à l'autre bout de la chaîne.
3 - concerne surtout les ONG, et ils cherchent plutôt des traducteurs expérimentés, et avec l'anglais. Mais il y a sans doute aussi de petites ONG locales. Ceci dit ce n'est pas eux qui te feront des retours sur la qualité de ton travail, ils sont en général débordés et ne connaissent rien à nos métiers.

De manière générale : l'anglais est incontournable, pas forcément comme langue de travail mais au minimum comme langue de communication avec les agences non situées en France. Si tu veux rester sur l'italien à 100% il va falloir démarcher des clients directs ou des agences locales. Ça vaut le coup d'aller voir les agences de ta ville, en profitant de la proximité pour les rencontrer "pour de vrai" et leur laisser ta carte. Les tarifs en Italie sont particulièrement peu attractifs donc en vivant en France il faut trouver des clients en France ou ailleurs pour s'en sortir.
Si tu envisages de suivre un Master en traduction il faudra le faire plutôt en Italie pour échapper à la paire anglais-français devenu obligatoire voire exclusive dans la plupart des formations.

4- Une dernière piste : les maisons d'édition. L'italien est devenu une "langue rare" dans ce milieu car toutes les formations universitaires en France l'ont abandonné, ou presque. Il n'y a pas que la littérature de fiction, mais aussi l'architecture, la gastronomie, le vin, le tourisme, tous secteurs bien représentés dans la paire italien-français.


 

Hélène B.
France
Italian to French
TOPIC STARTER
Nordiste Feb 1

Merci pour ta réponse Nordiste.


Au sujet d'un éventuel stage, il se trouve que je suis encore inscrite à l'université pour cette année 2017-2018. Initialement, il s'agissait de préparer le Capes, mais mes objectifs ayant changé depuis... peut-être accepteraient-ils de me faire une convention ? J'avoue mon ignorance totale dans les mécanismes administratifs des stages. Toutefois, je doute que rédiger une convention de stage pour une agence de traduction soit inclus dans la formation dans laquelle je suis inscrite... bien que le lien avec l'italien demeure.


Dans l'hypothèse où je ne pourrais pas obtenir de convention de stage, il faudrait alors postuler auprès des agences de traduction et maisons d'édition pour un CDI/CDD et me former à la pratique sur le tas ?


 

Christophe Delaunay  Identity Verified
Italy
Local time: 23:42
Member (2011)
Spanish to French
+ ...
Et une autre piste Feb 1

Comme le dit très bien Nordiste, " les tarifs en Italie sont particulièrement peu attractifs" et les conditions des agences italiennes sont loin d'être attrayantes. Personnellement, dans cette unique paire de langues, je me trouverais fissa une (ou mieux deux!) spécialisation(s).
Cela dit, vouloir se lancer dans le monde de la traduction avec une seule paire de langues est, à mon sens, téméraire. Donc, bon courage!!


 

Sophie Dzhygir  Identity Verified
France
Local time: 23:42
Member (2007)
German to French
+ ...
Plusieurs choses Feb 1

Bienvenue, Hélène !
Je confirme plusieurs choses, et apporte des précisions sur d'autres :
- C'est vrai que tu as un bon français et que c'est déjà un très bon point, bravo !
- C'est vrai que l'italien comme seule combinaison, en plus sans spécialisation, ça semble un peu difficile... Mais bon, à cœur vaillant rien n'est impossible !
- C'est vrai que la SFT a un programme de tutorat dans certaines régions, en l'occurrence il fonctionne très bien en Rhônes-Alpes, mais il est réservé aux personnes 1/ déjà installées à leur compte ET 2/ membres de la SFT, bien entendu.
- Que ce soit à la SFT ou ailleurs, un programme de tutorat n'est pas du tout une formation !!! Comme tu le dis toi-même, personne n'aurait le temps ni la solidité financière pour former des débutants un par un... Il s'agit juste d'(entr)aide.
- Les agences à Lyon : tu peux toujours tenter ta chance, mais effectivement, va les voir ou appelle-les. Il y a très peu d'agences qui ont des traducteurs en interne, même à Lyon, et alors avec l'italien... Pas la peine d'envoyer des candidatures dans le vide et d'attendre des lustres une réponse, autant être fixée tout de suite.
- Pour une formation, as-tu regardé côté italien ? Sinon, il me semble que l'ITI-RI à Strasbourg permet une formation en italien seul, mais il me semble que c'est une formation payante... A vérifier.

[Modifié le 2018-02-01 17:48 GMT]


 

Nikki Scott-Despaigne  Identity Verified
Local time: 23:42
French to English
Stage et convention Feb 1

Hélène B. wrote:

Au sujet d'un éventuel stage, il se trouve que je suis encore inscrite à l'université pour cette année 2017-2018. Initialement, il s'agissait de préparer le Capes, mais mes objectifs ayant changé depuis... peut-être accepteraient-ils de me faire une convention ? J'avoue mon ignorance totale dans les mécanismes administratifs des stages. Toutefois, je doute que rédiger une convention de stage pour une agence de traduction soit inclus dans la formation dans laquelle je suis inscrite... bien que le lien avec l'italien demeure.

Dans l'hypothèse où je ne pourrais pas obtenir de convention de stage, il faudrait alors postuler auprès des agences de traduction et maisons d'édition pour un CDI/CDD et me former à la pratique sur le tas ?


Tu peux toujours essayer, mais les règles à respecter pour les stages sont plutôt strictes. Un stage doit être obligatoire pour la formation pour laquelle tu es inscrite et pour que la fameuse document soit signé, il faut que la fac, le lieu d'accueil etc. soient d'accord. Comme tu dis, Capes et traduction, ce ne sont pas vraiment pareils.

Mais il y a d'autres possibilités parfois (Pôle Emploi, etc).

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F16734


 

Adrien Esparron
Local time: 23:42
Member (2007)
German to French
+ ...
Une idée de plus Feb 2

Bonjour,

Pour compléter ce qui a déjà été bien dit, vous pourriez tirer avantage de l'expérience de CI3M :

http://ci3m.fr/

Cela ne concerne pas l'italien, mais peut aider à mieux cerner bien d'autres aspects des métiers de l'écrit, et avant tout de la traduction.

Ce n'est certes pas gratuit, mais c'est à distance et de très haut niveau, si j'en juge par les avis de personnes de ma connaissance ayant mené à bien la formation en traduction vers l'allemand.

D'autres membres de ProZ.com ont validé des formations en anglais auprès de cet organisme situé à Rennes.

Voyez ce qu'il en est et n'hésitez pas à prendre contact avec eux.

Très bonne continuation !

PS - Je n'ai personnellement aucun lien avec CI3M, ni aucun intérêt à faire référence à cet organisme, autre que celui d'essayer de rendre service.


 

Lisa Calmettes
France
Local time: 23:42
Member (2017)
French to German
+ ...
Quelques éléments de réponse Feb 7

Bonjour Hélène,

Je viens de lire votre message.

Tout d'abord, je souhaiterais vous donner mon point de vue quant à votre désir de vous former dans le domaine de la traduction (l'activité en elle-même mais aussi l'aspect commercial et la relation clientèle).
Avant de m'installer en tant que traductrice indépendante, j'ai fait de nombreuses recherches sur internet afin d'obtenir une vue d'ensemble sur le métier ainsi que sur le marché de la traduction. J'ai également obtenu quelques témoignages provenant de traducteurs professionnels, des réseaux professionnels et des organismes de formation. Tout cela m'a permis de comprendre le fonctionnement du métier de traducteur indépendant. J'ai obtenu les réponses aux différentes questions que je me posais (métier de traducteur, collaboration avec les agences et autres types de clients, l'aspect administratif et commercial). Ainsi, je pense que toutes les sources d'informations "fiables" sont d'une grande utilité lorsque l'on débute dans le métier.

En ce qui concerne la pratique, les trois possibilités proposées peuvent se révéler être très efficace. Le stage auprès d'une agence de traduction peut être une piste à explorer. Je ne pense pas que l'absence de pratique de l'anglais soit un frein. Selon moi, vous pouvez tout à fait candidater auprès d'une agence pour effectuer ce stage.

Effectuer des traductions de manière bénévole peut également être très intéressant car cela vous permet de traduire et de pratiquer de façon régulière. Si vous le souhaitez, vous pouvez ensuite faire relire vos traductions par les professionnels du métier. D'une manière générale, le simple fait de réaliser des traductions régulièrement est une bonne chose. Pour vous perfectionner, vous avez également la possibilité de lire régulièrement différents textes et articles (rédigés dans un français et un italien soigné).

En ce qui concerne les formations proposées par des traducteurs professionnels, je ne peux malheureusement pas trop m'avancer sur le sujet. Néanmoins, si ce type de prestation vous est proposée, cela peut-être un excellent moyen de se préparer au métier de traducteur.


Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre parcours professionnel ^^


 


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