La post-édition (Machine translation Post-Editing)
Thread poster: Lisa Calmettes

Lisa Calmettes
France
Local time: 20:00
Member (2017)
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Mar 5

Bonjour à tous,

J'ai reçu récemment quelques propositions de missions pour effectuer de la post-édition de traduction automatique (il me semble que c'est l'équivalent français de Machine translation Post-Editing).

Néanmoins, je crains n'avoir pas beaucoup d'expérience dans ce domaine. Selon moi, le concept de la post-édition est le suivant: réviser,relire et modifier en cas de besoin les traductions effectuées automatiquement (sans intervention humaine - traduction automatique). Il me semble également que la traduction automatique s'effectue à l'aide des outils de TAO (SDL Trados etc...). J'ai une certaine expérience en ce qui concerne la révision, la relecture ainsi que la correction de textes. Cependant, il me semble que la post-édition ne se résume pas uniquement à de la révision.

Avez-vous de l'expérience dans le domaine de la post-édition de traduction automatique ? Quel est précisément le concept de la post-édition ?
Faut-il acquérir des compétences spécifiques pour pouvoir proposer cette prestation à ses clients ?


Je vous remercie par avance pour vos précieux retours ^^


Très bonne journée à tous


 

colstoun
Local time: 20:00
Il y a deux types de post-édition de traduction automatique Mar 5

Bonjour Lisa,

Il y a deux cas de figure :

1/ soit on vous donne un texte traduit automatiquement et il faut le post-éditer ;

2/ soit on branche un (ou plusieurs) traducteur automatique sur votre environnement de travail (Trados, Déjà Vu, etc.) et la traduction automatique n'est qu'une proposition de plus au milieu des full-match et fuzzy-match.

Dans le premier cas vous allez vous arracher les cheveux si la TA n'est pas de bonne qualité, dans le second plus la qualité de la TM est bonne et plus cela vous aide, mais si la qualité est mauvaise ça ne vous pénalise pas.

En tous cas il y a trois choses très importantes dans ces cas de figure :

a/ se méfier des propositions de la machine, si vous baissez votre attention vous vous laisserez abuser avec des faux amis ou des xxxicismes mal traduits, bref tous les inconvénients du calque et de la traduction trop littérale.

b/ savoir jeter rapidement une mauvaise TA pour réécrire à zéro, rien de pire que de s'épuiser à corriger une phrase mal débutée.

c/ ne pas faire que cela, revenir régulièrement à de la traduction qui n'utilise pas la machine, pour garder de la vivacité et de l'intérêt pour l'art de ce métier.

Que cela ne vous donne pas une mauvaise idée de la post-édition de TA, d'une part c'est une tendance lourde et il y en aura de plus en plus sur le marché et d'autre part cela vous apporte fréquemment des termes ou des tournures auxquels vous n'auriez pas pensé (à condition que le moteur de TA soit bien entraîné dans le domaine de la traduction en cours.)

Bon courage !


 

Sara Massons  Identity Verified
France
Local time: 20:00
Member (2016)
English to French
+ ...
Pas rentable d'après mon expérience Mar 5

Bonjour,

J'avais un assez mauvais a-priori sur la MTPE et j'ai récemment accepté un contrat pour me faire une idée précise. Il s'agissait de descriptifs produits pré-traduis par un moteur de traduction automatique. Le cahier des charges du client final était assez précis avec un certain nombre de points à vérifier de façon systématique sur la ponctuation, la conversion des mesures, des éléments à ne pas traduire qu'il fallait donc repérer et retirer, etc... Par ailleurs, le texte source lui-même était parfois (souvent) illisible, en particulier pour les titres, car généré automatiquement, sans ponctuation, sur la base d'une liste de mots-clés. Il fallait donc quasi-systématiquement rechercher sur Internet la fiche produit d'origine pour avoir à minima une photo et essayer de retranscrire au mieux le descriptif source.
J'ai trouvé ce travail largement aussi long qu'une traduction mais moins intéressant et surtout pas rentable car le tarif imposé par l'agence de traduction était très bas, inférieur à mon tarif habituel de relecture/révision et les délais étaient très courts. J'ai donc joué le jeu sur les premiers lots de fichiers (quelques dizaines de milliers de mots quand même) puis laissé tombé et je ne réponds plus à ce type de proposition.

Il y a peut-être des domaines où la MTPE serait rentable, j'utilise pour certains projets un outil de TAO qui intègre la MT et la TM pour faire une proposition de traduction et je dois reconnaître que pour des textes assez simples du point de vue stylistique, le résultat est plutôt intéressant ce qui me fait gagner beaucoup de temps sur une traduction. C'est néanmoins inutilisable pour de la traduction marketing ou littéraire.

Dans un cas comme dans l'autre, il me semble que la concentration demandée est supérieure a celle de la relecture car l'automate de traduction n'a pas l'intuition humaine et peut donc sortir des phrases tout à fait correctes du point de vue grammatical, orthographique et même parfois dans un style plutôt fluide qu'on aurait donc facilement tendance à laisser telles-quelles lors d'une relecture d'une traduction humaine mais qui pourtant sont un non-sens total par rapport au texte source. Je cite souvent un exemple qui m'a semblé vraiment cocasse sur un texte qui décrivait la vie de moines : l'un d'eux parle de son activité quotidienne et des moments où il porte ou non l'habit monastique (habit en anglais). La MT avait proposé "Lorsque je fais les lits ou le ménage, je n'ai pas l'habitude de porter des vêtements"... J'ai rencontré le même type d'incohérence sur les descriptifs produits qui pouvait parfois porter un préjudice important comme une confusion entre des jouets érotiques et les poupées pour enfant dans une phrase plutôt correcte que j'aurais pu laisser passer facilement.

Ma conclusion : méfiance et surtout, exiger un tarif plus élevé que celui de la relecture de traduction humaine.

Bonne continuation,
Sara


 

Kay Denney  Identity Verified
France
Local time: 20:00
Member (Apr 2018)
French to English
Comme Sara Mar 5

Comme Sara, j'en ai fait une fois. Le client ne me l'avait pas bien précisé.

C'était une liste de domaines de brevets pour une chaîne de magasins de sport. Finalement, j'avais trouvé un site web officiel. Le site était multilingue et comportaient les traductions consacrées pour ces domaines.
Le moteur de traduction avait parfois trouvé la bonne traduction, souvent c'était n'importe quoi. Au bout de quelques heures, j'ai contacté le client pour lui dire que finalement, il fallait vérifier chaque terme et copier le bon terme si ce n'était pas bon, ce serait tout aussi rapide de le refaire à partir de 0 que de relire.
On a essayé de me faire croire que je devrais pouvoir le faire en en rien de temps puisque ce n'était que du copier-coller. Comme la liste n'était pas dans le même ordre que sur le site web, et que les domaines étaient listés dans plusieurs rubriques différents, je passais beaucoup de temps à chercher, alors je leur ai dit que soit ils me payaient comme si je traduisais de zéro, à mon tarif au mot, soit ils me payaient à mon tarif horaire, pour le nombre d'heures que ça me prenait. La traduction était finalement moins cher.

Plus jamais plus jamais.


 

Lisa Calmettes
France
Local time: 20:00
Member (2017)
French to German
+ ...
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La post-édition (Machine translation Post-Editing) Mar 6

Bonjour Sara,

Merci pour votre retour et le partage de votre expérience.


Très cordialement,

Lisa


 

Philippe Etienne  Identity Verified
Spain
Local time: 20:00
Member
English to French
Il vaut mieux ne pas confondre MTPE et édition d'une traduction humaine Mar 6

Sara Massons wrote:
Ma conclusion : méfiance et surtout, exiger un tarif plus élevé que celui de la relecture de traduction humaine

Exactement. Mais déterminer un prix au mot est un peu compliqué tant qu'on n'est pas dans la viande du projet. Un peu comme un prix au mot pour relire une traduction humaine sans savoir si le traducteur (genre neutre) est un vrai ou un illettré. Car l'objectif, c'est un revenu horaire qui tient la route.
Ensuite, personne n'est obligé de prendre des projets de PEMT, et tout le monde n'est pas nécessairement "câblé" pour être productif à cet exercice.
Et puis il y a MTPE et MTPE: Google Translate et al. (pas besoin d'agences pour l'utiliser ou non) ou des vrais gros projets de MTPE gérés en interne par les agences, avec des résultats bien plus performants.

Il n'y a pas de "concept" de MTPE. On te fixe un objectif à atteindre à partir du contenu de départ (raw output). Par exemple: le résultat doit être grammaticalement correct, traduire fidèlement l'original et se limiter aux changements indispensables. Ou bien avoir l'air d'une traduction humaine, avec articulation du discours, synonymes et phrases fluides, mais là à mon avis la MT n'apporte strictement rien. Et tout le nuancier entre ces deux extrêmes, on te parlera de "light" et "full" post-editing, l'un demandant plus de temps que l'autre, mais aucun n'aboutissant à une traduction "naturelle".

Pour moi, il n'y a pas de recette miracle, le mieux c'est d'essayer. C'est ce que j'ai fait.

Il y a une petite dizaine d'années, j'ai donc fait de la "post-édition" (quelques centaines de milliers de mots en tout) pour une agence avec laquelle je travaillais depuis mes débuts.
Pas n'importe quel contenu, pas n'importe quel moteur de traduction, une préparation en amont (glossaires, apprentissage par des TM "humaines"), du personnel affecté spécialement à l'amélioration du "raw output", bref des projets où le client savait ce qu'il faisait et où l'application de MT pouvait se comprendre.
On m'a proposé la moitié de mon tarif traduction, j'ai pris le risque et mon rendement horaire s'est révélé supérieur à de la traduction normale.
Je n'ai donc pas été repoussé par les tarifs, bien au contraire. D'autant qu'un projet de MT doit être conséquent pour que la MT ait un intérêt, et ce sont des commandes de plusieurs milliers d'euros à chaque fois. C'était bien le minimum pour ne pas mourir d'ennui après quelques jours.

Plus tard, il y a une petite cinquaine d'années, une autre agence m'a proposé de la post-édition. Comptant parmi les mammouths cotés en bourse que j'évite comme la peste, je n'avais jamais travaillé avec elle, mais comme mon expérience précédente avait été concluante, j'ai demandé à faire un essai sur 2000 mots. Là aussi, le projet et les attentes semblaient raisonnables, et l'agence m'a proposé 70% de mon tarif normal.
Mais patatras! Rendement horaire médiocre et FAIL au QA! d'après les erreurs relevées, le relecteur (genre neutre) semblait s'attendre à une traduction moins mécanique. Ben tiens. Le mammouth est un animal vicieux, il faut le savoir.

Mon expérience PEMT s'est donc terminée là. J'en sais assez à ce sujet pour savoir que c'est épouvantablement répétitif et inintéressant, et qu'en plus on ne sait jamais ce que contient la boîte de chocolats.

Donc tant qu'on aura besoin de vrais traducteurs (et c'est pas la demande qui manque), je préfèrerai promouvoir les avantages d'une base de données, exprimer naturellement l'interface d'un tableau de bord ou écrire des cours de math en ligne pour enfants que m'occuper de textes prémâchés régurgités par une machine.

Philippe

[Edited at 2018-03-06 14:10 GMT]


 

Li-Hsiang Hsu  Identity Verified
France
Local time: 20:00
Member (2014)
French to Chinese
+ ...
Le tarif doit au moins égal à celui de la traduction Mar 6

Bonjour,

Il y a quelques années, une agence m'a confié une mission visant à tester la faisabilité de la post-édition à partir de la Machine Translation.

Mon expérience était que l’édition n’est pas plus rapide que la traduction humaine voire parfois plus lente à cause de la traduction de très mauvaise qualité fournie par la Machine.

J’ai donc parlé clairement à l’agence que je ne vois pas l’intérêt de faire ça et que si je reçois une tâche de Post-édition, je facturer soit au même tarif que la traduction soit plus cher si la Machine Translation est de piètre qualité qui va sans doute faire baisser ma productivité horaire.

Et oui, j’accepte les propositions de Post-édition à condition que le tarif soit égal ou supérieur à mon tarif de traduction. Du coup, je ne reçois plus jamais la proposition de post-édition de cette agence et je refuse tout bêtement de prendre les projets de post-édition à partir des résultats donnés par les logiciels de traduction si le tarif proposé ne me convient pas.


 

Sheila Wilson  Identity Verified
Spain
Local time: 19:00
Member (2007)
English
+ ...
Moi aussi - une fois en 2010 Mar 6

Texte Style wrote:
Comme Sara, j'en ai fait une fois. Le client ne me l'avait pas bien précisé.

Je ne me rappelle pas le contenu exacte mais le client était dans le e-commerce. J'ai reçu quelques textes à traduire (tout à fait normaux) et un fichier .PO, c'est à dire généré par GNU Gettext. Heureusement, le client m'a parlé de l'édition de ce fichier ; alors je lui ai donné mon tarif par heure. Mon commentaire au moment de la livraison : cela aurait été beaucoup moins cher si j'avais traduit le tout.

Il y a 2 ou 3 ans, Traducteurs sans Frontières m'a demandé de collaborer sur un projet de post-édition, mais je me méfiais de la motivation, le chef de TSF à cette époque étant aussi le chef d'une grande agence avec leur propre système de traduction automatisée ...


 

Adrien Esparron
Local time: 20:00
Member (2007)
German to French
+ ...
Vous avez dit concept ? Mar 6

LisaCalmettes a écrit :

Quel est précisément le concept de la post-édition ?



Il serait assez simple de répondre que ce concept n'existe pas et que la postédition est une invention de gens ne connaissant rien à ce qu'est la traduction. En foi de quoi, il pourrait s'agir, si l'on ose le qualifier ainsi, d'un métier qui n'a aucun rapport avec celui de traducteur. En disant cela, je ne dis pas que la traduction automatique n'existe pas pour autant.

Les théoriciens peuvent s'exciter à définir des notions de full, light, ou je ne sais quoi d'autre, arguties aussi fumeuses que les barèmes de pénalités des outils de TAO, rien n'y fera : c'est une lubie dans laquelle certains donneurs d'ordre se font un plaisir de s'engouffrer pour maltraiter plus encore des traducteurs qui ne comprennent pas qu'ils n'ont rien à faire dans cet univers qui n'est pas le leur. La question ne serait donc pas de se dire je fais ou je ne fais pas, mais je suis traducteur ou je ne le suis pas (plus).



Faut-il acquérir des compétences spécifiques pour pouvoir proposer cette prestation à ses clients ?



En fonction de ce qui précède, c'est évident, mais ce ne sont pas des compétences de traducteur, je ne reviens pas dessus. Ce sont sans doute des compétences, certes intéressantes, d'écrivain fantôme ou de prête-plume (voir définitions), en d'autres termes, de ceux qui écrivent à la place des autres. Peu importe à ce niveau l'origine du document, et donc pourquoi pas d'une machine.

Rien ne s'oppose donc à proposer ce type de prestation aux machineurs, tout comme à des people ou autres célébrités qui ne savent pas tenir un stylo, mais cela ne devrait pas se faire en tant que traducteur.

PS - Toujours pas trouvé la technique de redimensionnement des photos ?


[Modifié le 2018-03-06 21:59 GMT]


 

Carla Guerreiro  Identity Verified
France
Local time: 20:00
French to Portuguese
+ ...
Entièrement d'accord avec Adrien Mar 9

Bonjour à tous

Pour ma part, tant que je pourrai, je ne ferai pas de post-édition.
Faire de la post-édition c'est comme nettoyer la saleté (pour ne pas dire autre chose) des toilettes de quelqu'un d'autre. Nettoyer mes toilettes me suffit amplement.


 

flore7
Local time: 20:00
German to French
+ ...
Plus jamais de MTPE Mar 20

Bonjour à tous,

je viens de faire un travail de post-édition pour une agence qui avait fait une offre de collaboration récemment via proz. Je n'en avais jamais fait et je me suis dit pourquoi ne pas essayer.
Le résultat a été très décevant : la qualité des traductions était effroyable, parfois c'était franchement illisible et j'ai eu l'impression d'avoir besoin de plus de temps que pour une traduction normale. Le problème c'est que le tarif ne correspond même pas au tiers de mon tarif pour des traductions. Je déconseille fortement tous les traducteurs de s'adonner à ce type d'exercice qui n'a rien à voir avec nos compétences.
Cordialement,

Flore


 


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