quelle filière/école pour devenir traducteur littéraire?
Thread poster: LAETICIA S

LAETICIA S  Identity Verified

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Oct 21, 2018

La fille d'une amie souhaiterait devenir traducteur littéraire. C'est un domaine très particulier. Est ce qu'un école de traduction, une filière LEA/LCE sont à conseiller? Quelles sont les études les mieux adaptées à ce projet pour après le bac?
Merci de votre aide


 

Nikki Scott-Despaigne  Identity Verified
Local time: 11:40
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Cela dépend Oct 22, 2018

L'étoffe d'un traducteur sera faite de sa passion pour le mot écrit, de son envie d'écrire, et, bien entendu de son talent d'écrivain. Il faut pouvoir comprendre la langue à partir de laquelle on travaille comme si c'était sa langue maternelle. En général, on travaille depuis cette langue, dite "langue source", vers sa langue maternelle, dite "langue cible". Selon bon nombre de traducteurs, c'est une règle d'or de la traduction.

Les bons traducteurs, techniques ou littér
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L'étoffe d'un traducteur sera faite de sa passion pour le mot écrit, de son envie d'écrire, et, bien entendu de son talent d'écrivain. Il faut pouvoir comprendre la langue à partir de laquelle on travaille comme si c'était sa langue maternelle. En général, on travaille depuis cette langue, dite "langue source", vers sa langue maternelle, dite "langue cible". Selon bon nombre de traducteurs, c'est une règle d'or de la traduction.

Les bons traducteurs, techniques ou littéraires, ont une grande culture générale, une curiosité insatitable et un côté presque maniac quand il est question de trovuer le mot juste. La traduction littéraire est notoirement plus difficile d'accès que la traduction technique. Elle est aussi plutôt moins bien rémunéré que la traduction technique, sauf si vous traduisez un bestseller et le contrat que vous avez négocié vous permet d'avoir des gains en rapport avec la vente du livre que vous aurez traduit. L'insertion professionnelle est plutôt difficile.

Dans le domaine de la traduction technique, on retrouve beaucoup de non-linguistes mais des spécialistes d'un domaine particulier - ingénieurs, médecins, scientifiques, juristes - qui ont travaillé à l'étranger ou qui sont nés dans une famille bilingue ou qui a passé de longues périodes à l'étranger. Il vaut mieux savoir de quoi on parle lorsqu'on traduit.

Il existe des formations niveau bac +5 pour en traduction, dont l'ISIT (Paris et Rennes, je crois). Il est aussi possible de poursuivre des études de langues appliquées et de choisir les options littéraires et de se spécialiser au fil des années. Mais il faut pas se leurrer. Le monde de la traduction littéraire est difficile d'accès et "faire son trou" peut prendre des années. Certains n'y arriveront jamais et devront faire beaucoup de compromis. A part être bilingue our trilingue, il faut pouvoir passer du temps à l'étranger pour s'imbiber de la langue et de la culture.
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Sheila Wilson
LAETICIA S
Sophie Dzhygir
 

LAETICIA S  Identity Verified

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Merci beaucoup pour cette réponse étoffée et riche en conseils, réaliste mais sans décourager : Oct 22, 2018

Nikki Scott-Despaigne wrote:

L'étoffe d'un traducteur sera faite de sa passion pour le mot écrit, de son envie d'écrire, et, bien entendu de son talent d'écrivain. Il faut pouvoir comprendre la langue à partir de laquelle on travaille comme si c'était sa langue maternelle. En général, on travaille depuis cette langue, dite "langue source", vers sa langue maternelle, dite "langue cible". Selon bon nombre de traducteurs, c'est une règle d'or de la traduction.

Les bons traducteurs, techniques ou littéraires, ont une grande culture générale, une curiosité insatitable et un côté presque maniac quand il est question de trovuer le mot juste. La traduction littéraire est notoirement plus difficile d'accès que la traduction technique. Elle est aussi plutôt moins bien rémunéré que la traduction technique, sauf si vous traduisez un bestseller et le contrat que vous avez négocié vous permet d'avoir des gains en rapport avec la vente du livre que vous aurez traduit. L'insertion professionnelle est plutôt difficile.

Dans le domaine de la traduction technique, on retrouve beaucoup de non-linguistes mais des spécialistes d'un domaine particulier - ingénieurs, médecins, scientifiques, juristes - qui ont travaillé à l'étranger ou qui sont nés dans une famille bilingue ou qui a passé de longues périodes à l'étranger. Il vaut mieux savoir de quoi on parle lorsqu'on traduit.

Il existe des formations niveau bac +5 pour en traduction, dont l'ISIT (Paris et Rennes, je crois). Il est aussi possible de poursuivre des études de langues appliquées et de choisir les options littéraires et de se spécialiser au fil des années. Mais il faut pas se leurrer. Le monde de la traduction littéraire est difficile d'accès et "faire son trou" peut prendre des années. Certains n'y arriveront jamais et devront faire beaucoup de compromis. A part être bilingue our trilingue, il faut pouvoir passer du temps à l'étranger pour s'imbiber de la langue et de la culture.



 

Nikki Scott-Despaigne  Identity Verified
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Merci! Oct 23, 2018

En me relisant, cela me démange de ne pas pouvoir corriger mes fautes de frappe!

Petite info supplémentaire, cette jeune fille qui voudrait devenir traductrice littéraire pourrait très bien se plaire dans la traduction de textes de type littéraire, sans nécessairement traduire de la "grande" littérature. "Littérature" peut s'entendre au sens large, donc elle pourrait travailler pour une grande diversité de clients, sans faire de la traduction technique, en vivre, et toujou
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En me relisant, cela me démange de ne pas pouvoir corriger mes fautes de frappe!

Petite info supplémentaire, cette jeune fille qui voudrait devenir traductrice littéraire pourrait très bien se plaire dans la traduction de textes de type littéraire, sans nécessairement traduire de la "grande" littérature. "Littérature" peut s'entendre au sens large, donc elle pourrait travailler pour une grande diversité de clients, sans faire de la traduction technique, en vivre, et toujours poursuivre son rêve. De toutes les façons, il faudrait qu'elle puisse "faire ses dents". En guise d'exemple, des petits guides touristiques édités à petite échelle sont parfois très bien écrits et nécessitent une traduction. Il faut être à la hauteur. Le tourisme, les dossiers de presse, le monde académique pourraient très bien lui satisfaire et lui permettre de gagner sa vie.

J'ai un profil atypique, le cas de bon nombre de traducteurs, d'ailleurs. En plus de 25 ans de carrière, j'ai eu l'occasion de traduire trois livres, dont deux destinés à des passionnés d'un domaine technique, mais dont le texte était plutôt littéraire. Je ne compte plus le nombre de guides, de petits livrets, de dossiers de presse que j'ai pu traduire et pour lesquels il fallait, certes, des connassances techniques, mais aussi un joli coup de crayon. Et puis il y a de temps en temps, des opportunités insolites, comme tout récemment, où j'ai eu l'occasion de travailler pour une maison d'édition en client direct, dans un cadre littéraire...mais comme interprète.
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Dominique Durand  Identity Verified
France
Local time: 11:40
Member (2005)
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ATLF = le site de référence Oct 24, 2018

L'ATLF (Association des traducteurs littéraires) donne sur son site une liste d'universités qui offrent une formation en traduction littéraire niveau master 2.
https://www.atlf.org/profession-traducteur/formations/formations-universitaires-initiales/
Il faut une formation en langue jusqu'à la licence et ensuite suivre un master de
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L'ATLF (Association des traducteurs littéraires) donne sur son site une liste d'universités qui offrent une formation en traduction littéraire niveau master 2.
https://www.atlf.org/profession-traducteur/formations/formations-universitaires-initiales/
Il faut une formation en langue jusqu'à la licence et ensuite suivre un master de traduction
En pratique :
- l'anglais est assez saturé, comme l'espagnol, avoir une autre langue de travail est un plus. Pensez au succès des polars nordiques par exemple !
- il faut connaitre non seulement la langue mais aussi l'histoire et la culture contemporaine du(des) pays dont on traduit la littérature. Un séjour prolongé dans le pays est indispensable.
- la traduction littéraire ne se limite pas aux romans. Il y a aussi des livres pratiques , des ouvrages économiques, des livres d'art. Il suffit de faire un tour dans une librairie pour voir !
- la concurrence est forte, il faut être capable de s'affirmer et de se démarquer, cultiver son réseau professionnel, se faire connaître des éditeurs.
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