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Question-réponse sur le métier de traducteur
Thread poster: Jean-Marie Le Ray

Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 09:12
Member
Italian to French
+ ...
Aug 13, 2006

Bonjour tout le monde,

je viens de recevoir ce courriel :


Bonjour,
Je m'adresse à vous car, visitant votre blog, je m'aperçois que votre métier est (sans doute) traducteur. J'aurais aimé avoir quelques informations sur ce métier. Je suis actuellement en licence LCE et je voudrais l'année prochaine entreprendre des études pour devenir traductrice.
Peut-être accepteriez-vous de me communiquer quelques conseils (études,
formations...) sur ce métier. On me dit qu'e c'est assez bouché, confirmez-vous cela ?
Je vous remercie et peut-être à bientôt de vous lire pour une éventuelle réponse de votre part.
Bien cordialement,


Ma réponse :


Merci pour votre confiance. Mon métier est bien traducteur, mais je suis probablement la dernière personne à qui s'adresser pour des conseils sur le métier de traducteur. J'aime la traduction, mais certainement pas les conditions dans lesquelles "le marché" voudrait nous obliger à travailler, à force j'en ai attrapé la nausée. Profonde et définitive. C'est d'ailleurs pour ça que je fais tout ce que je peux pour en sortir. Ceci étant, il y a encore beaucoup de traducteurs qui aiment leur métier et n'en changeraient probablement pour rien au monde. Je crois que c'est avant tout une question éminemment personnelle, et que c'est à chacun/e de trouver sa propre réponse. Ce n'est pas facile, ça demande du temps, de l'application, beaucoup d'énergie et d'investissement personnel à tous les niveaux.
En conclusion, voici le seul conseil que je juge vraiment utile : inscrivez-vous sur ProZ ( http://www.proz.com ) et prenez une semaine pour lire les archives du forum français. Vous y apprendrez énormément. Tout a déjà été dit, redit et traité sous tous les angles. Les mêmes sujets reviennent d'ailleurs assez régulièrement, c'est une mine d'or inépuisable si vous voulez approcher ce métier. Je répète : prenez une semaine de votre temps, et lisez tout le forum français. Après quoi vous aurez probablement les idées plus claires et de nouvelles questions, que vous n'hésiterez pas à poser sur ce même forum. Beaucoup de gens d'expérience vous répondront, qui sont certainement moins désabusés que moi.
Jean-Marie Le Ray
http://www.adscriptor.com


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ViktoriaG  Identity Verified
Canada
Local time: 03:12
English to French
+ ...
Oui, c'est un beau métier... Aug 13, 2006

...que le marché s'efforce à nous gâcher...

Je me fais toujours demander moi aussi si le métier est "bouché" et ça me fait tellement rire! Beaucoup se plaignent qu'il n'y a pas assez de travail, mais moi, je croule sous le travail et si j'acceptais tous les contrats qu'on m'offre, pourvu que j'aie le temps de les terminer, je serais millionnaire en deux ou trois années.

Ce que ça prend, selon moi, pour réussir dans ce métier, ce n'est pas tant le talent et les compétences (mais c'est quand même un prérequis). Le plus important, c'est le sens des affaires, et malheureusement, j'ai l'impression que les universités sont bien en retard pour ce qui est d'apprendre aux futurs traducteurs à mener leur barque et d'influencer le marché. La preuve: trop souvent, les nouveaux traducteurs fraîchement sortis de l'école sont prêts à charger trois fois moins que la norme pour obtenir du travail, parce qu'ils débutent dans le métier, avec les conséquences qu'on connaît. Quel beau gâchis!

Et c'est là que ProZ intervient - dans les deux sens. Oui, on obtient de l'information précieuse en lisant le forum et souvent, cette information nous donne un vrai coup de main pour nos carrières. D'un autre côté, il est aussi vrai que c'est sur ProZ qu'on rencontre les pires rapaces, qui cherchent souvent à discréditer notre métier et à baisser les taux autant que possible.

En bout de ligne, on doit savoir faire affaires - et discerner lorsqu'on entre dans le milieu.


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 08:12
Flemish to English
+ ...
Quelques considérations Aug 13, 2006

Pour les francophones:

1.Écoles:
********
(de qualité)
www.unige.ch/eti/ (examen d'admission): la première école de traducteurs et interprètes au monde. Fondée en 1941.
http://www.univ-paris3.fr/esit (examen d'admission)

En Belgique
**********
www.ilmh.be
www.heb.be/isti/
http://w3.umh.ac.be/~eii/

2. On me dit qu'e c'est assez bouché, confirmez-vous cela ?

Oui, surtout dans les 3 combinaisons linguistiques suivantes : anglais/espagnol (sursaturée) et français/anglais (moins saturée), allemand/anglais (saturée).
Bien sûr que dans les combinaisons moins fréquentes, comme p.e. une combinaison avec les langues orientales (chinois, japonais) or slaves (français/polonais, tchèque, slovaque, slovène-j'ignore le russe) et certainement une combinaison avec les langues finno-ougriennes (finlandais, hongrois) ou baltes, la concurrence est moins. Je m'imagine que pour une combinaison linguistique avec une langue germanique tel que le danois, le suédois, il y a aussi moins de "joueurs" sur le marché.
--
Des sites comme celle-ci peuvent être des sources d'information et un moyen pour faire connaissance avec un nombre des gens intéressants, mais ils ont aussi faits que Jules et Marie peuvent devenir "traducteur" du jour au lendemain.
On y trouve des gens qui ont été illuminé par Saint-Jérôme et qui le jour au lendemain se sont mis à traduire.
Il y a des ingénieurs en retraite qui veulent gagner un extra, des spécialistes financiers à qui lorsqu'ils travaillaient pour une institution financière, on a demandé de traduire des textes financiers et qui ont continué à traduire ou commencé à gérer un bureau de traduction spécialisé en finances avec comme clients le monde financier.
Ils vendent leurs traductions à 0.15-0.20 eurocents le mot aux mêmes institutions financières.
Il y a des médecins qui en dehors de leur pratique de médecine gagnent un extra.
Mais la plupart des traducteurs doivent être content avec un prix qui baisse toujours.
Bonne blague: Il y 15 ans qu'on me proposait 0.07 eurocent le mot pour la traduction d'un cahier des charges. Maintenant on me propose 0.06 le mot + réductions pour l'utilisation de Trados et paiement après un délai de trois mois. Heureusement, je sais où trouver les clients directs qui ne prennent pas toujours le traducteur/traductrice le/la moins ch(è)re.
---------
En plus, on vous "impose" presque l'achat d'un outil TAO. Ce sont des mémoires de traduction qui retiennent les phrases ou parties de phrases utilisées antérieurement.
Ah, chouette. Un outil pour travailler plus vite et gagner plus vite. Oubliez-le.
Pour vendre son produit aux sociétés et comme outil de marketing, le producteur de cet outil a "imposé" au traducteur un schéma de réductions pour l'utilisation des même mots, pour des mots qui ne sont pas exactement les mêmes etc...
Surtout les bureaux de traduction gagnent sur ce système "Trados". Ils offrent un job et mentionnent: x% de répétitions, x% de fuzzies, % des matches exactes et... donnez votre mieilleur prix. Lorsque on fait le calcul on arrive a un prix desavantageux. Faut-même pas la peine de commencer à traduire.
Peut-être qu'avec l'achat de Trados par la société Sdlx, on ne fait plus passer ce système de réductions.

Le monde de la traduction:
Est-ce que vous avez déjà lu "Animal Farm" de George Orwell. C'est plus ou moins le monde de traduction.
Le mot "professionnel" (mot non défini) est utilisé à tort et a travers pour démontrer qu'on est monsieur (mademoiselle, madame) je-sais-tout et qu'on est mieux que la concurrence.
"Look how professional I am and look how "unprofessional" the other is".

Le monde normal : regarde le traducteur comme monsieur (mademoiselle, madame) je-sais-tout qui doit être capable de produire la traduction parfaite pour avant-hier au prix le plus bas. Vous êtes traducteur/trice. Donc vous êtes capable de l'impossible. Puis le monde "normale" va chercher l'aiguille dans la meuile de foin pour obtenir une réduction de prix/la facture.
--------------------
La plupart des traducteurs disent qu'ils sont "libres", mais dans quelle mesure est-on libre surtout si on vit dans un régime fiscale comme le régime fiscale de la France.
Il y a déjà une pression des prix vers le bas et si en plus un état impose un régime fiscal qui mange 50% de vos revenus, alors pourquoi travailler/traduire?

Avant l'arrivée des sites web type Proz.com, Aquarius.net et Translatorscafe.com, je n'avais jamais entendu parler de la traduction à sense unique, c-à-d uniquement dans la langue maternelle. Surtout les anglophones sont le plus grands défenseurs de ce point de vu. Mais quand on a grandi avec à 15 minutes de sa maison la pancarte "Brusselse regio - Région bruxelloise", ce point de vu paraît bizarroide.

En plus, dans le pays en Europe du Sud, la traduction fait figure de parent pauvre : pris bas et paiement après 60 jours (entre-autres : une tradition françaises, italienne,), 90 jours (la dolce vita) et même plus.

D'une part, il y a l'état qui frappe à votre porte pour votre contributions sociales, impôts et d'autre part il y des clients qui veulent la traduction pour avant-hier, mais qui vous paient quand ils auront envie.
La plupart certainement pas avant 45 jours, ceci malgré une loi européenne qui prescrit paiement dans le 30 jours.
Cette loi fût transformée en loi nationale partout dans l'UE, mais uniquement pour la bonne et due forme, pas pour être appliquée.

Dans quelle mésure est on libre si on vit sous un stress constant de finir la traduction avant/à la date convenue? Oui, on est libre de travailler jour et nuit.

Le rêve institutions internationales: Concours numéro X de l'UE pour des personnes ayant la langue française comme langue maternelle: 1600 personnes s'y présentent pour 100 postes libres. Bien sûr, avec de combinaisons rare comme maltais/français, finnois/français, slovène/français, finlandais/français etc... la chance d'être un merle blanc augment.

Bref, faites autre chose. Si vous n'êtes pas bien en maths, étudiez le droit. Parce que parfois, il y a des concours UE pour traducteurs-juristes auxquelles peuvent participer uniquement ceux ayant une formation en droit (français, belge, finnois, danois) et pas ceux qui ont une formation en traduction.

L'informatique est une autre possibilité.
Au plus haut niveau, l'informatique se divise entre les réseaux et l'entretien d'un parc d'ordinateur et la programmation (des sites web).
La programmation (freelance) paie mieux que la traduction et dans ce monde d'informatique freelance/pigiste il ne faut pas courir après le paiement des factures.

La traduction est une route de solitude, de monotonie et beaucoup de misère (miseria y esplendor de la traducción).
Si vous voulez la prendre, je vous souhaite bonne chance.




[Edited at 2006-08-14 06:18]


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Jean-Marie Le Ray  Identity Verified
Italy
Local time: 09:12
Member
Italian to French
+ ...
TOPIC STARTER
De la théorie à la pratique Aug 13, 2006

Williamson wrote:

...



Williamson, je vais pas tout reprendre, mais ça me fait penser à ce que j'ai défini quelque part comme la quadrature du triangle : c'est plus théorique, certes, mais le résultat est le même...
J-M

P.S. Je sais très bien qu'un certain nombre de traductrices/traducteurs s'en sortent bien, d'autres très bien, d'autres encore très très bien, etc. Je suis content pour eux, mais il ne faut nier pour autant que dans une grosse partie du marché beaucoup de leurs collègues SOUFFRENT de cette situation. Williamson a mentionné l'Italie, je persiste et je signe : les prix sont risibles, et même, dans l'absolu et bien souvent, plus bas qu'en 1986, année de ma première traduction ! Comme si en 20 ans le coût de la vie avait diminué...

Une anectode, si besoin était. Il y a quelques temps, une collègue de ProZ m'a demandé de lui faire une traduction, en me faisant comprendre entre les lignes qu'une remise aurait été la bienvenue. Je lui ai proposé 0,07 € le mot, proposition restée sans réponse. Comme on se connaît, je l'ai relancée plus tard, certes pas pour avoir le boulot, j'avais déjà compris, mais juste parce que je n'aime pas cette manière de faire. La moindre des politesses, c'est de répondre, que ce soit oui, non ou merde.
Réponse : il aurait fallu que je descende à 0,05 ! Il est clair que si elle ne m'a pas répondu, c'était juste pour éviter ma réaction...


[Edited at 2006-08-13 18:51]


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 08:12
Flemish to English
+ ...
1986 Aug 13, 2006

on a commencé la même année. En effet, le prix n'ont pas augmentés depuis 1986

[Edited at 2006-08-14 06:22]


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Beatrice Einsiedler  Identity Verified
Local time: 09:12
English to French
+ ...
moi aussi... Aug 14, 2006

comme Jean-Marie, je fais tout pour en sortir...
Mais, ça risque de prendre du temps...

Et actuellement, je peux dire que l'"aventure" du job de traducteur aura été un échec financier pour moi.

Des points de vue personnel et relationnel, le bilan est bien plus positif.
J'ai appris énormément de choses sur l'activité de freelance, sur ma manière de gérer le temps, j'ai 'rencontré' beaucoup de traducteurs-trices très sympathiques et serviables et à ce niveau-là, je ne regrette absolument rien.

En revanche, comme ce ne sont pas tous ces aspects qui pourraient me permettre de payer mon loyer et de manger, ils ne sont pas suffisants. Et tout en cherchant ailleurs, je continue à travailler quand on me propose du travail

Donc, je retourne peu à peu à la case-départ, enrichie de cette nouvelle expérience, mais malgré tout un peu amère...

Ceci dit, je suis certaine qu'il y a moyen de réussir dans ce métier, j'en connais qui s'en sortent très bien...
Et je n'ai qu'un conseil à donner: tournez-vous vers le technique plus que vers le rédactionnel qui, en fin de compte, ne paie pas.


Béatrice


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Adrien Esparron
Local time: 09:12
Member (2007)
German to French
+ ...
Splendeur et misère des courtisanes ... Aug 14, 2006

Williamson wrote:

La programmation (freelance) paie mieux que la traduction.



Ayant l'expérience approfondie des deux, et ce depuis bien avant 1986, j'ai la certitude du contraire ! Pas du tout la même expérience ... et financièrement je touche bien mieux en traduisant le code des autres qu'en le faisant moi-même ... et en plus je ne prends pas la tête !



La traduction est une route de solitude, de monotonie et beaucoup de misère (miseria y esplendor de la traducción).



Comme chez Balzac, finalement : un petit café et cela passera !

Pourquoi la traduction ferait-elle exception à la difficulté d'être tout simplement crédible et pertinent ?

Même si j'ai eu, comme tous, en dehors de ceux qui n'ont pas les yeux en face des trous, ou n'ont pas bien analysé ce qu'était d'être indépendant et quelque part artiste, de sérieux coups de calgon, je n'ai jamais sinistrosé tout en maudissant naturellement l'univers entier !!! Qui d'ailleurs me l'a bien rendu.

Il y a eu un fil passionné sur la coupe de boule (pardon la coupe de la mappemonde) de Zizou. J'ai pas participé parce que cela fait partie du quotidien de sports musclés qu'on n'ose pas encore montrer du doigt. Rien que du normal.

Mais lorsqu'à la reprise du championnat du fautre français, je vois le petit de Marseille, qu'a pas fait grand chose dans le Mondial si ce n'est de faire parler de lui, dire que Marseille c'est pas vraiment pour lui, je me dis qu'il a compris à 23 ans qu'il ne ferait pas carrière dans la traduction.

Tout, tout de suite ?

Ah ?

D'autres témoignages lus entre temps, dont celui de Béatrice qui m'attriste, me confortent cependant dans l'idée que la traduction c'est tout sauf justement un "job".

Ce que c'est : un art de vivre pour faire dans les phrases sans le moindre sens.

Olivier


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 08:12
Flemish to English
+ ...
Pas de philosophie, mais des chiffres: le copain-programmeur freelance Aug 14, 2006

1994: Un copain devient ingénieur en informatique. Il cherche du travail et devient programmeur de télévisions chez une société multinationale hollandaise.
1995 : Le copain a assez de son salaire de base de 1150 euro par mois et part pour quelques mois au Canada
Sept 1995 : Le copain revient, loue un appartement meublé à Bruxelles avec une chaise, une table, un bureau et s'achète deux ordinateurs d'occassion.
Pour entamer : Il décida de donner cours de Windows 95 pour rien. Après quelques mois, il demande €50 par jour.
Une ou deux mois plus tard €100 pour donner Word 95
Encore quelques mois plus tard €200 pour donner Excel 95 et la base d’ Access95.
En mars 96, il demanda et obtint 350 euros par jour pour donner Access 95: débutants et avancés.
Mai 96 : 400 euros par jour pour donner Access Programmation +450 pour quelques projets de programmation chez des entreprises multinationales qui durent jusqu’à septembre 96, c-à-d: 450*20 jours de travail * 4 mois.
Septembre 96 : Via une agence de détachement d’informaticiens, il obtint un contrat chez une banque importante. Programmer les risques des taux d'échange. Un contrat renouvelable annuellement. Prix par jour €450 euros x16 jours de travail x 12 mois x 4 ans.
Pendant le weekend (vendrédi-samédi-dimanche) il accepte encore un autre projet à un prix forfaitaire.
Septembre 97: La banque élimine l'intermédiaire en lui demandant s'il ne doit pas signer son contact annuel et s'il ne désire pas une augmentation d'honoraire. Il perd un mois, parce que l’intermédiaire ne veut pas lui payer son honoraire d’un mois comme indemnité. Le copain et l'intermédiaire entament un procès (qu'il gagne quelques années plus tard).
En deux ans, il a gagné assez pour lui acheter une maison, financé par la banque où il « travaille » en tant qu’indépendant. Dans cette maison, située sur un lieu stratégique, il installe des salles de formation et de réunion qu’il loue à 200 euros par jour.
Une fois la maison était payé, il quitte la banque et recommence la même histoire- se louer un vieux studio- dans la capitale britannique où le prix par jour est 600 euros. But : gagner assez pour s'acheter une maison avec quartres appartements à louer pour augmenter sa pension d’indépendant.
Sur ce site, il y a quelques Proz qui gagnent à peu près les €100.000 que le copain gagne annuellement avec la programmation (sans compter le revenu de sa salle), mais ils sont rares.


[Edited at 2006-08-14 17:21]


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Adrien Esparron
Local time: 09:12
Member (2007)
German to French
+ ...
Si le copain veut devenir célèbre en plus de riche ... Aug 14, 2006

Williamson wrote:

................



Donc n'importe quoi sur la success story de son pote.

... J'ai une bonne adresse dans une télé que nous garderons sous le coude.

Oh ?

Le rapport avec la programmation et l'informatique ? A moins que, comme signalé une fois par ailleurs l'on confonde programmateur de machine à laver avec programmeur, autrement dit développeur, alias informaticien.

A moins que le pote ne soit un organisateur d'événements, ce qui maintenant explique le tout.

Toujours pas trouvé le lien avec la trad, mais c'est programmé pour un autre jour probablement ?

Bye,

Olivier

[Edited at 2006-08-14 17:58]


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ViktoriaG  Identity Verified
Canada
Local time: 03:12
English to French
+ ...
Mais moi, j'ai réussi Aug 14, 2006

Je suis fière de dire - et anticipe donc les tomates pourries - que j'ai réussi, même beaucoup mieux que je croyais au départ.

Plus je compare mes affaires avec celles des autres, plus je me dis que beaucoup font l'erreur de penser qu'on n'a qu'à avoir du talent, des diplômes et (ou) de l'expérience pour réussir dans ce métier. Si on travaille "in-house", ça peut être vrai. Mais lorsqu'on est à son compte, ce n'est pas suffisant de fournir des services de qualité.

Je me suis rendue compte que les clients, en plus d'un travail bien fait, aiment les belles personnalités, les personnes qui sont prêtes à mettre la main à la pâte quand il y a besoin, mais surtout, ils aiment un bon service à la clientèle. Aussi, pour les clients avec qui on entre en contact pour la première fois, la présentation compte beaucoup plus qu'on ne le pense. Lorsqu'on applique pour un contrat sur ProZ, si on écrit une véritable lettre de présentation au lieu de simplement dire qu'on charge tant et on livre dans X nombre de jours, le client va nous remarquer.

Un "freelancer", c'est bien plus qu'un traducteur, c'est un ensemble de connaissances, de compétences, de comportements, de logique et de tant d'autres choses. Par exemple, j'ai croisé des traducteurs qui étaient excellents en traduction, mais malheureusement n'étaient pas capables de suivre de simples instructions et n'étaient pas à l'écoute du client. Si j'étais leur client, après le premier contrat, je ne les rappellerais plus.

Oui, c'est possible de très bien réussir dans ce métier, mais il faut savoir se vendre, savoir être à l'écoute, s'exprimer clairement et de manière plaisante et surtout donner au client ce qu'il veut vraiment: la tranquillité d'esprit. Sans ça, vous pouvez être le meilleur des traducteurs, vous ne réussirez jamais.

C'est à méditer...

Ah oui, et il faut savoir se démarquer du reste, ne serait-ce que sur la qualité du travail.


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 08:12
Flemish to English
+ ...
Oui, mais... Aug 14, 2006

"Hungarian to (and vice-versa) n'importe quelle langue est une combinaison linguistique rare. Et pour les "non-natives", la famille "finno-ougrienne" est difficile à apprendre.

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ViktoriaG  Identity Verified
Canada
Local time: 03:12
English to French
+ ...
Oui, mais... Aug 14, 2006

...dans mon cas, les contrats sont presque exclusivement EN-FR, une combinaison dite "saturée". Pour être honnête, j'ai peut-être un ou deux contrats par année qui impliquent le hongrois. Le problème avec toute combinaison impliquant le hongrois est que les gens là-bas ne travaillent pas encore sur Internet et il est rare qu'on affiche des projects en ligne - en effet, on dirait qu'ils ne le font vraiment que lorsqu'ils sont désespérés. Étant donné que je suis au Canada, je suis trop loin pour travailler en hongrois - mais il y a un voyage en vue, avec peut-être un peu de prospection

Je suis une bonne traductrice - je me base sur la rétroaction ici - mais je ne suis pas meilleure que la majorité de ceux qui sont des traducteurs sérieux. Je suis en plein dans les normes, avec des erreurs occasionnelles et tout. Je crois que la longueur d'avance que j'ai sur bien des traducteurs est donc plutôt dû à ma façon de rouler ma bosse plutôt qu'à mon talent ou mes connaissances. Je regarde ce que je fais du point de vue d'un vendeur et d'un préposé au service à la clientèle. Pour moi, ce n'est pas une question de traduire, mais plutôt une question de vendre et d'aider où je peux, une question de vouloir satisfaire mon client. Je ne cherche pas à me glorifier, à me faire donner des tapes dans le dos, à me faire féliciter - je cherche plutôt à tout faire pour mon client tout en restant plaisante et disponible. Et les tapes dans le dos s'en suivent peu après.

Bref, c'est une questions d'affaires - et on n'enseigne pas assez les affaires à l'université, d'où la timidité des nouveaux diplômés et l'échec de nombreux traducteurs expérimentés. En effet, je recommande à quiconque se lance d'aller chercher une formation professionnelle en gestion de petite entreprise et en vente. Je suis certaine que beaucoup pourraient du coup aller chercher beaucoup plus de satisfaction dans leur carrière.

Toujours selon moi, bien entendu. Il existe peut-être des facteurs que je ne vois pas, il existe peut-être des raisons autres qui font en sorte que ça ne fonctionne pas aussi bien pour d'autres. Mais si je compare ma carrière à celle des autres, j'en arrive à la conclusion que ce qui fait la différence entre réussir et échouer, c'est le sens des affaires et la motivation à rendre le client heureux - et peut-être un peu aussi le fait de refuser d'effectuer des travaux gratuitement pour "acheter" le client et se faire payer pour tout ce qu'on fait, tout en donnant l'occasion au client d'apprécier chaque item de la facture.

Beaucoup sur le forum disent que la profitabilité du marché pour les traducteurs dépend uniquement de l'offre et la demande. Eh bien, la demande est ÉNORME - mes clients veulent me cloner, ils disent qu'ils ne trouvent pas assez de gens talentueux et sérieux dans une paire aussi saturée que EN-FR (je répète que je ne suis pas plus talentueuse qu'un autre). Les contrats sont là et les taux aussi - mais il faut faire preuve d'ambition, de persévérance et d'un peu de bon sens pour les cueillir.

[Edited at 2006-08-14 21:55]


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Williamson  Identity Verified
United Kingdom
Local time: 08:12
Flemish to English
+ ...
La trad vs. le dev. Aug 15, 2006

Oui, « programmeur » en Spécicold et « développeur » en VB.net
Ce que la trad et le « développement » ont en commun : eh, ben, les SOUS, le business.
Bien sur, On traduit tous pour « l'amour des lettres » et avec « l'amour des lettres et langues » on paie tous ses frais. Utopie dans un monde où le chiffres sont plus importants.

Et dans le monde de la trad, on demande l’effort, mais on impose une date d’échéance illégale (+30 jours).
Le pote était et est toujours payé fin du mois, comme un salarié.

Ce que la trad et le développement n'ont pas en commun, c’est que le job du pote était et est un job de 9-5 (nine to five). Il a uniquement remplacé les conditions imposées par les négociateurs salariales (gouvernement, syndicats) par ses propres conditions. Le pote a augmenté son tarif pas à pas, dans la trad on essaie de le diminuer pas à pas.
La trad. commence quand on se réveille jusqu’à ce que la traduction soit finie. On ne peut pas laisser le travail à 5 heures de l’après-midi pour continuer à un projet pour un autre client.

Et c'est un fait que dans le monde réel, non virtuel, les chances de carrière sont mieilleures avec le dev. qu'avec le trad.


[Edited at 2006-08-16 07:59]


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Jonathan Faydi  Identity Verified
Netherlands
Local time: 09:12
Dutch to French
+ ...
les chiffres toujours les chiffres... Aug 18, 2006

Les chiffres sont plus importants pour ceux qui leur accordent plus d'importance...
La traduction et le développement ont le business en commun comme l'ostréiculture et la planche à voile ont la mer en commun...

Être traducteur c'est difficile et l'aspect financier n'est à mon avis pas la plus grande des difficultés. Il faut être capable d'évoluer sans filets, d'avancer seul sur le chemin sans compter sur des congés payés, du travail assuré... mais en étant, d'une certain façon, libre.

Mais libre ça ne veut pas dire être allongé sous les cocotiers les pieds en éventail, c'est travailler pour donner un sens à sa vie. Beaucoup n'ont pas cette chance et se retrouvent enfermés, de gré ou de force, dans des métiers aliénants.

Cela fait seulement 2 ans que je fais ce métier en j'en vis bien. Je suis conscient que la qualité de ma vie s'est améliorée et l'aspect financier n'y a joué qu'un rôle mineur.

Il n'y a pas une seule façon de voir et de vivre ce monde et ceux qui ne jurent pas que par les chiffres ne sont pas nécessairement des utopistes... Ce sont peut être bien eux les réalistes...


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Jean-Luc Dumont  Identity Verified
France
Local time: 09:12
English to French
+ ...
De profundis Aug 19, 2006

Salut

Offre : Ostréipige pour traducteur fesse d'huître platement accroché à son fauteuil qui ne verra la mer que par son Windows.
Oh les ronds, vous savez ! Si en plus il fallait "taper" dans le froid, le vent et la pluie...

Jonathan Faydi wrote:

Les chiffres sont plus importants pour ceux qui leur accordent plus d'importance...
La traduction et le développement ont le business en commun comme l'ostréiculture et la planche à voile ont la mer en commun...


Sauf que moins on trouve de perles et de coquilles dans nos traductions, mieux c'est. Et, il faut aussi qu'elles ne soient ni creuses ni plates...

Enfin, merci pour cette fraîcheur Marennes, euh, marine. Jusqu'alors le fil de la profession fleurait plutôt "marée noire" que navicule bleue... pas de quoi se fendre... la pêche... Sombre avenir pour les claires ?


JL conquilit-o-cculteur

[Edited at 2006-08-19 16:25]


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