Fin de la profession?
Thread poster: Elena Pavan

Elena Pavan  Identity Verified
Local time: 09:13
Member (2005)
French to Italian
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Mar 21, 2007

Bonsoir à tous.
J'ai discuté aujourd'hui avec un client (agence de traduction) qui malheureusement va déposer son bilan.
Il m'a dit qu'il va abandonner définitivement le métier de la traduction, parce que d'après lui il s'agit d'une profession destinée à disparaitre. Les clients finaux cherchent de plus en plus le prix intéressant, en dépit de la qualité. C'est pour cette raison qu'il y aura de plus en plus de délocalisation, ou de machines ou autre, qui vont prendre notre place.
C'est vrai que j'ai remarqué une baisse dans le volume de travail, mais j'ai eu mon 4ème enfant, donc mes journée sont toujours aussi remplies. Ou alors ça marche par "vagues": des périodes de calmes et d'autres de stress.
En meme temps, je reçois aussi pas mal de messages d'agences de traduction qui veulent agrandir leur base de données de traducteur suite à une augmentation du travail.
Donc je me dis que la fin de notre profession n'est pas si proche, la qualité va enfin gagner sur le prix bas...
Mais j'aurais aimé connaitre l'opinione des autres confrères: combien d'entre vous sont plus optimistes, combien voient le futur plus noir?

[Edited at 2007-03-21 18:07]


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Nicolas Coyer  Identity Verified
Colombia
Local time: 03:13
Spanish to French
+ ...
Différents marchés de la traduction Mar 21, 2007

Personnellement, je crois qu'il y a toujours des clients qui recherchent la qualité, quand leur traduction sera exposé à un public exigeant.
D'autres secteurs d'activité sont exposés à cet effet "bulldozer" notamment face aux mastodontes (cf Chine, Inde...). Je me souviens avoir eu une discussion avec un ami qui se spécialisait dans les pièces détachées de freinage pour auto. La comparaison peut sembler déplacée à certains, j'en conviens. Je lui ai dit : comment faites-vous pour résister face aux déferlements de produits chinois ? Il me répondit : nous travaillons sur des marchés plus petits. La Chine ne sait pas faire dans les petites séries de qualité.
Voilà, je répondrais la même chose pour la traduction. Vous avez parfois des traducteurs (où qu'ils se trouvent) qui savent faire vite et pas cher, mais dans beaucoup de domaines, ceci va rarement avec "et bien".

Il y a toujours eu des traducteurs(rices) qui se bradent (faute de pouvoir "bien" traduire, ils misent sur le faible prix et la rapidité/quantité). Ils se reportent sur la traduction faute de mieux, car ce domaine n'est généralement très exigeant en terme de qualifications (enfin, en apparence), ou parce qu'ils (elles) se trouvent dans un pays où étranger=traducteur (à noter que ces deux présupposés vont souvent de pair).

Ce problème rejoint celui de la traduction automatique, dont on brandit régulièrement l'épouvantail. Certains clients se retrouvent avec une traduction qu'ils doivent faire revoir par un(e) traducteur(rice) compétent(e) parce que la machine ou le (la) traducteur(rice) pas cher a produit ce qui équivaut à son prix. Or, les traducteurs(rices) dignes de ce nom prêt à revoir ce type de charabia ne sont pas légion car : 1)ils ne sont pas prêts à cautionner ce genre de "flux de travail", 2)cela revient à traduire mais au prix d'une relecture. Bref, le client doit parfois se rendre à l'évidence que cela lui revient au final plus cher.

Pour faire une bonne traduction, il faut du travail à côté de la simple conversion de la langue A en langue B. Certains clients en sont conscients et veulent ce service "premium". D'autres s'en fichent car ils ne connaissent pas la langue d'arrivée. J'ai déjà entendu, dans une entreprise où j'ai travaillé, la sentence : "du moment que c'est en français, c'est le principal" prononcée par une responsable allemande (la nationalité n'a aucune importante ici) qui ne parlait pas un traître mot de français.

Voilà ce que j'en pense en qq mots ;o)))

[Modifié le 2007-03-21 18:58]

[Modifié le 2007-03-21 19:36]


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sylver  Identity Verified
Local time: 16:13
English to French
expérience similaire Mar 21, 2007

Nicolas Coyer wrote:
... J'ai déjà entendu, dans une entreprise où j'ai travaillé, la sentence : "du moment que c'est en français, c'est le principal" prononcée par une responsable allemande (la nationalité n'a aucune importante ici) qui ne parlait pas un traître mot de français.


De mon coté, j'ai déjà eu la réponse "c'est nul, mais les utilisateurs finaux ne se sont jamais plaints alors ça peut pas être si mauvais que ça" - Venant d'un constructeur automobile, dont les voitures disposent , d'après le manuel, d'un "gonfleur à gonflage de coussin d'air latéral sur le coté", et dont le slogan, claironné à tue-tête sur les chaînes de TV françaises, reste probablement inintelligible pour la majorité des téléspectateurs.

Je crois que la mort de la profession viendra plutôt de l'adoption à terme d'une langue commune - c'est pas pour demain, mais dans quelques générations...


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xxxmediamatrix
Local time: 05:13
Spanish to English
+ ...
Je suis optimiste... Mar 21, 2007

... dans le sens que je suis absoluement sûr que d'ici peu la traduction aurait disparu comme activité 'gain-pain'.

Et au cas où je viverais encore le jour du décès de la traduction-métier (métier dans le sens du métier à tisser, machine infernale), j'aurais enfin le temps nécessaire pour faire des choses de bien plus interessantes.

Le seul hic est que mon optimisme est parfois débordant. Il se peut, donc, que mon d'ici peu se transformera en d'ici plusieurs siècles.

MediaMatrix

[Edited at 2007-03-21 20:21]


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Ihatetrados
Local time: 09:13
English to French
La traduction c'est comme la cuisine Mar 22, 2007

Le marché de la traduction n'a jamais été aussi florissant. C'est vrai que la notion de qualité en prend un coup au passage, car seule compte la "bottom line".

Mais n'en déplaise aux déclinologues, la traduction c'est comme la gastronomie, malgré le nombre sans cesse croissant de fast food, les trois étoiles ne désemplissent pas. Il y aura toujours des gens exigeants capables de se payer la qualité.

Le challenge (joli anglicisme bien pratique) est pour nous de faire de la qualité. Les bradeurs, souvent des gens arrivés à ce métier par défaut, finiront par mettre la clé sous la porte.


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ViktoriaG  Identity Verified
Canada
Local time: 03:13
English to French
+ ...
Parfaitement d'accord avec le message ci-dessus Mar 22, 2007

J'ai certains clients qui posent des questions sur les termes que j'utilise, et bien que la plupart du temps, ils l'acceptent après explication, je vois bien qu'ils ne sont pas indifférents devant la qualité. Ce sont des gens qui aimeraient bien payer moins, mais savent que la qualité a son prix, et étant donné qu'ils en ont les moyens, ils dépensent pour des traductions qui feront bonne impression car ils y tiennent.

De tels clients, il y en aura toujours. Des traducteurs qui chargent des pacanes et de cacahuètes aussi. Mais les deux ne sont pas sur le même marché. Je ne joue pas sur le marché des gens qui vendent de la traduction médiocre à petit prix.

Lorsque j'ai commencé à avoir à 90% des clients réguliers, j'ai compris que j'étais sur un marché constant qui n'a pas tendance à changer. Lorsqu'on vit de contrat à contrat et on travaille chaque fois avec un client différent, ça en dit long. Le marché à petit prix a un taux de roulement de "personnel" incroyablement étourdissant. Je crois qu'on sait tous pourquoi. Éventuellement, la qualité l'emporte.

Remarque sur les moteurs de traduction automatique en ligne. Ce n'est pas tout le travail qui va disparaître, seulement le travail mal payé où la qualité n'est pas importante du moment que le prix y est. Mais le travail voué à disparaître ne se trouve pas sur mon marché. En général, il y aura moins de travail - mais ce sera moins de travail pour les traducteurs "par défaut", et ce sont donc eux qui disparaîtront du marché. Non seulement il sera plus facile de filtrer les contrats qu'on nous offre, mais en plus, il n'y aura plus beaucoup de poseurs pour nous donner un mauvais nom. Alors, pourquoi je m'en ferais? Tant mieux si cette tendance se maintient!


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Anne Diamantidis  Identity Verified
Germany
Local time: 09:13
Member (2007)
English to French
+ ...
Optimiste Mar 22, 2007

Je suis tout à fait d´accord... la machine n´est pas prete de remplacer l´homme ! Meme si les outils de TA dépssant la TAO et deviennent les traducteurs, il y aura toujours besoin du cerveau humain... les langues sont vivantes, elles évoluent sans cesse... et ce sont les gens qui les font évoluer.... une de mes enseignantes, traductrice free-lance, avait écrit un article très intéressant sur la Post-Edition, l´avenir du traducteur ? - je crois qu´il était paru dans Traduire mais je ne suis pas sure. Pour moi en tant que "bébé traductrice" c´est rassurant, d´une certaine manière : le métier change et évolue, mais je ne crois pas qu´il disparaitra
Donc pour te répondre... je sus optimiste


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Cecilia Merino Navas
Local time: 09:13
French to Spanish
+ ...
Ça fait du bien... Mar 22, 2007

... et ça soulage énormément de lire vos réponses !!!!

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remyrosf
Local time: 09:13
English to French
Rien à ajouter Mar 22, 2007

Vous avez parfaitement résumé ma pensée !

Cordialement,

Rémy

Ihatetrados wrote:

Le marché de la traduction n'a jamais été aussi florissant. C'est vrai que la notion de qualité en prend un coup au passage, car seule compte la "bottom line".

Mais n'en déplaise aux déclinologues, la traduction c'est comme la gastronomie, malgré le nombre sans cesse croissant de fast food, les trois étoiles ne désemplissent pas. Il y aura toujours des gens exigeants capables de se payer la qualité.

Le challenge (joli anglicisme bien pratique) est pour nous de faire de la qualité. Les bradeurs, souvent des gens arrivés à ce métier par défaut, finiront par mettre la clé sous la porte.


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Brice Harel
Local time: 09:13
English to French
+ ...
lagom optimist (mi-figue/mi-raisin optimiste) Mar 22, 2007

Étant spécialisé dans un domaine bien précis (bâtiment et génie civil) dans lequel les clients exigent une qualité que les machines ne peuvent aujourd'hui garantir, j'ai donc du travail régulier.

Mais la menace technologique est là.

Et je suis donc obligé de me diversifier et de proposer mes services dans d'autres domaines et dans plusieurs langues pour pouvoir vivre de mon métier. J'étudie le japonais depuis 3 ans... avec l'envie d'atteindre un très bon niveau!!! (C'est pas gagné.)

Je donne aussi des cours ce qui me permet de boucler les fins de mois.

En conclusion:

oui je suis optimiste et j'espère continuer de travailler à mon compte jusqu'à la retraite mais je sais que j'ai intérêt à être flexible et à m'adapter à l'évolution du marché et des technologies.


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Elena Pavan  Identity Verified
Local time: 09:13
Member (2005)
French to Italian
+ ...
TOPIC STARTER
Merci à tous... Mar 23, 2007

... pour vos réponses, ça me rassure!
C'est vrai que, comme je disais, je suis plutot optimiste sur le futur de la traduction, mais on se pose toujours la question: "Tu es optimiste ou.. tu n'a encore rien compris???"
Toutes vos réponses me rassurent d'avantage, donc bon travail à tous et à bientot!
Elena


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Jeanne Innocenti
Germany
Local time: 09:13
Member
German to French
+ ...
Une note d'optimisme Mar 23, 2007

Je rajoute une dose d'optimisme supplémentaire:

Hormis la question de la combinaison linguistique (certaines n'étant pas très rentables), je pense qu'on est loin de désespérer. Malgré les nombreux problèmes éco. et sociaux dans nos pays, l'économie est en pleine expansion (la répartition étant un autre problème) et on devrait avoir de plus en plus de documents (commerciaux et techniques) à traduire.

Quant aux tarifs, ceux-ci ont certes baissé par rapport à il y a 15 ans, mais les moyens sont plus importants: Internet, traitement de texte, programme reconnaissance de voix (pas cher et efficace à 95%).

Et la qualité dans tout ca: oui, certaines agences ne sont pas super soucieuses de la qualité. Je le remarque d'après la facon de procéder de certains clients. Beaucoup ne font même pas relire les travaux et évacuent l'étape de relecture. Cependant, je ne crois que cela puisse fonctionner comme ca à long terme. Les phénomènes sont souvent cycliques, celui-là l'est aussi, et je ne crois pas que nous soyons voués à disparaître.

Les traductions automatiques? Un collègue a déjà répondu: AUCUN traducteur sensé n'accepterait de se faire payer un tarif de relecture pour reprendre le boulot. Ces programmes peuvent être stupéfiants parfois, mais dans les deux sens. Aussi intelligent que puisse être un programme, la limite est claire, à savoir la sensibilité humaine qui reste très importante.

Cependant, une chose est sûre: comme dans beaucoup de professions, il faut constamment se former, investir et apprendre. C'est motivant aussi. C'est peut être le meilleur moyen de ne pas se laisser dépasser par les événements, de les anticiper et de réagir le moment voulu au lieu d'attendre gentiment et de se rendre compte un jour qu'il existe une nouvelle technologie, une nouvelle norme de qualité ou je ne sais quelle exigence dans la profession.

ET SURTOUT: à toi d'influencer les critères, d'imposer tes exigences au quotidien et de t'assurer de bien faire passer le message, auprès des collègues, des agences, des clients. Surtout pas de misérabilisme du style "traducteurs anonymes précaires" qui se lamentent sur leur sort, ca fait du tort à l'image de la profession (et à sa propre image au passage), même si c'est tentant de partager cette humeur avec d'autres collègues. (D'ailleurs, j'étais hésitant à ouvrir ce forum!).


Voilà pour ma contribution. Bonne chance!
Patrick


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Angie Garbarino  Identity Verified
Local time: 09:13
Member (2003)
French to Italian
+ ...
Une langue commune Mar 24, 2007

Je crois que la mort de la profession viendra plutôt de l'adoption à terme d'une langue commune - c'est pas pour demain, mais dans quelques générations...


Je suis d'accord Sylver, dans quelques générations, tous le monde parlera l'anglais (ou le chinois?).

Je ne crois pas que les traductions automatiques pourront un jour remplacer la sensibilité humaine.

Bon samedi à tous!


[Edited at 2007-03-24 13:29]


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Carola BAYLE  Identity Verified
France
Local time: 09:13
Member (2005)
German to French
+ ...
Une note d'optimisme Mar 24, 2007

J'ai la chance d'avoir régulièrement (trop) de travail avec des clients fidèles, qui ont accepté mes augmentations de prix car ils tiennent à la qualité de mes traductions. Quelqu'uns sont revenus après avoir testé des collègues moins chers que moi (où il se sont souvent mordus les doigts). Je suis persuadé qu'il y aura toujours du travail pour des traducteurs de qualité qu'aucune machine ne saura remplacer.
Bon week-end à tous


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